05 mai 2016

Mémoires et radotages (42) – La sagesse ?

GSM

J’ai souvent évoqué, depuis ces quelques dernières années, le naufrage incroyable que constitue la vieillesse. D’autre part, on dit que la vieillesse amène la sagesse… Je me pose également des questions sur ce concept…
 
Qu’est-ce que la sagesse dans mon cas ?
Je constate parfaitement, bien que je n’y puisse porter remède, l’amoindrissement de mes propres capacités tant physiques que cognitives… Par contre, certains de mes copains et amis, qui, conscients de leurs diminutions de performances physiques, ne se rendent pas compte de leur régression intellectuelle… qui est pourtant réelle, puisque je le constate en les observant…
Si la sagesse est de s’apercevoir de notre décrépitude, alors je suis sage… mais s’il s’agit de s’y résigner sans maugréer, alors je n’en suis pas un… contrairement à mes copains et amis… Mais eux, ont-ils mérite de supporter une déchéance intellectuelle qu’ils ne constatent pas ? Leur manque de lucidité ne peut être de la sagesse ! Quoique !
 
La sagesse, signe d’un certain sérieux affecté, ce n’est pas moi, non plus… Je suis resté un enfant, émerveillé par mes propres enfants. Je les vois comme la huitième merveille du monde… Dans ce cas, un tel manque de lucidité n’est pas, je crois, un signe d’une quelconque sagesse !
Il en va de même des grosses vannes pourries, qui me font rire… J’aime ça et tant pis pour les grenouilles de bénitiers et autres censeurs de la morale et du bon goût ! Futilité n'est point sagesse non plus !
 
Alors la sagesse, en ai-je ?
 
Je crois que j’ai possédé une certaine sagesse, à une certaine période donnée… Cette période est celle qui a culminé mon évolution, avant la redescente vers le crash final. C’était une époque où j’avais acquis le maximum de compréhension des mécanismes du monde qui m’entourait. Je ne veux pas dire que j’avais atteint toute la compréhension universelle… d’autres en ayant acquis davantage que moi… mais, disons que j’avais acquis mon maximum, atteint mon seuil d’incompétence… D’ailleurs, on devrait dire « mon plafond de compétence »…
 
C’est la période où j’ai été le plus efficace, le plus juste, essayant de maintenir les exemples pris chez mon père, chez de Gaulle, mon père spirituel et à la diffusion de Zorro, véritable modèle de justice…
 
Chimères, idéalisme… ne constituent pas de la sagesse… Peut être de l’imbécillité… Guère plus...

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29 mars 2016

Mémoires et radotages (15) – Le laxisme mortifère

GSM

C’était le bonheur, mais on ne le savait pas… moi-même, je ne le savais pas… Ce temps où j’avais des parents, pas riches, mais avec qui nous vivions heureux… Et le 1er Novembre… c’est l’anniversaire du décès de ma mère… Le jour de la Toussaint… Cela a-t-il un sens, de partir le jour de la fête de tous les saints ?… Et je crois que ma mère devait être une sainte. Elle qui n’a jamais éprouvé de haine, de jalousie, de méchanceté… Elle qui n’a prodigué que de l’amour maternel… Oui, je crois…
Ce jour de la toussaint 2011 marquait la fin de cette génération de l’espoir… Depuis, c’est sur moi que repose l’imposante charge d’être le patriarche de la famille… Suis-je assez sage pour mériter cet honneur ? Ai-je accompli mon devoir, comme le firent mon père et ma mère jadis ? Serai-je à leur hauteur ?
Ma mission n’est pas terminée. Je sais que bientôt des évènements adviendront… J’espère en être partie prenante et servir à quelque chose… Au moins à sauver mes enfants…
 
Le monde n’a pas envie d’être sauvé. Le monde va vers sa perte. Le monde veut crever la gueule ouverte… Ou s’il ne veut pas… Du moins il se laisse faire par des apprentis sorciers, dont il ne parvient pas à se débarrasser… par des gens nuls, inutiles et malfaisants…

 

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17 mars 2016

Mémoires et radotages (14) – Le bon vieux temps

GSM

Le désespoir et la colère, pourraient être les moteurs d’un changement dans ce pays. Si au moins on avait des dirigeants couillus et honnêtes au lieu des éternels sodomiseurs de peuple ! Que n’avons-nous pas un président qui réformerait notre pays comme Lula et qui tiendrait la dragée haute aux américains comme Hugo Chavez ? Cela changerait bien des choses…
 
J’espère que mes enfants connaitrons un nouveau de Gaulle, un mec intègre, courageux, volontariste, soucieux de la France, c'est-à-dire de l’intérêt général des Français et non pas de l’intérêt des seuls privilégiés. Quand réentendrons-nous des phrases comme « je ne fais pas ma politique à la corbeille (de la bourse) » ?
 
Je réalise que j’ai vraiment vécu une des périodes les plus passionnantes de l’histoire Française. J’ai fort heureusement eu la bonne idée de naitre bien après (10 ans), la honteuse débâcle de 1940 et de cette indignité collaborative qui a suivi. Mais quel bonheur d’avoir vécu cet espoir né en 58, d’une renaissance de la France, sociale, solidaire, qui a fini par réussir une décolonisation forcément inéluctable. Une France à la pointe de son influence dans le monde, véritable modèle, où il n’y avait plus de misère, mais de l’espoir et de l’impatience…
Certes j’étais petit, mais l’oreille collée à la radio, je savais que je vivais des moments historiques. J’ai vécu ainsi l’opération de suez en 56, l’accession de de Gaulle au pouvoir en 58, son discours à Alger avec le célèbre « je vous ai compris »…
J’ai ressenti cette fierté nationale avec le caravelle, le France, le Concorde, nos deux porte-avions, nos progrès scientifiques et techniques divers et variés qui unissaient nos scientifiques, nos entrepreneurs et nos ouvriers dans un destin plein de promesses… Même si toutes ces réalisations n’ont pas été des succès (le France et le Concorde), la France se réindustrialisait et savait créer ce que nous appelions alors ‘le progrès’…
 
Il n’est plus rien de tout cela. Deux Français viennent d’inventer des cellules photovoltaïques transparentes… et aussi sec ils l’ont fait produire en Chine ! C’est moi qui ai eu l’idée : Le pognon, c’est pour moi. Tant pis pour la société qui m’a payé des études, qui m’a soigné, qui m’a donné le jour… Rien à foutre ! Tout pour ma gueule !
Que la société Française est devenue vile et méprisable !
 
Comme la vie est devenue une honte pour des millions de nos concitoyens !
 
La peur, la tristesse, la désespérance, la résignation ont remplacé l’insouciance et l’enthousiasme de ma génération…
Tant d’images de cette joie de vivre me reviennent en mémoire comme autant de flashs. Car même si mes parents n’étaient pas riches, même si on ne pouvait pas s’offrir tout et tout de suite, on savait que l’on y parviendrait… Tout n’était qu’affaire de temps… Nous n’avions aucune incertitude sur l’avenir… Nous avions tous de quoi manger et un toit sur nos têtes, tous un travail, tous un destin programmé dans nos pensées…
 
C’était ça le bonheur, mais on ne le savait pas… Combien j’aurais voulu que ces années se prolongent !...

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28 janvier 2016

Mémoire et radotages (32) – Jésus

GSM

Je disais bien qu’à force de voir s’étaler l’islamisme devant tout le monde, j’étalerai MON DIEU à moi… Merde, quoi ! Il faut bien faire contre-feu à ces imbécillités moyenâgeuses…
 
Dieu, je l’ai déjà dit, pour moi, c’est une nécessité scientifique, pour expliquer le mystère de la vie, qu’aucun homme n’a jamais su expliquer et dont je crois qu’il ne sera jamais expliqué… Nous, humains, savons faire avec quelque chose… Seule l’existence d’une force supérieure, à mon avis, peut créer à partir de rien… Cela justifie Dieu comme Joker de l’Univers…
Bien évidemment je n’ai aucune preuve tangible (comme d’ailleurs les tenants de la thèse de la non-existence de Dieu)…
 
D’ailleurs, souvent je doute. Ma foi s’inscrit dans le doute et n’existe que par le doute…
 
Quant au reste ? La religion ? Piège à cons ! Comment croire à des inventions nées de cerveaux féconds en imagination, prosélytisme et manipulations ?
 
Jésus ? Mon père croyait au « petit Jésus », comme il disait… Et il y a des coïncidences dans le destin de feu mon Papa qui laissent bien des mystères à cet égard et posent de vraies questions… Mais, bon !
 
Le Jésus des uns n’est pas le Jésus des autres. Il y a Jésus et Jésus !
 
Le Jésus réel est celui qui a existé. Il n’y a aucun doute possible, des preuves historiques en témoignent.
Mais le Jésus des évangiles… Là on se retrouve dans une histoire romancée, dans laquelle merveilleux, extraordinaire et prestidigitation ont été rajoutés, d’autres trucs soustraits par soucis du qu’en dira-t-on des différentes époques de la Chrétienté… Je trouve cela scandaleux, d’ailleurs, parce qu’il n’avait pas besoin de cela… C’est vrai : Raconter de telles sornettes sur ce gars, c’est vraiment lui manquer de respect…
 
Le respect, il le mérite ! C’était dans l’ensemble un bon gars, qui a été turbulent comme tous les gosses, mais il fallait bien même à l’époque, que jeunesse se passe… Il a eu une vie honnête, même s’il a vécu avec une ancienne pute, mais qui peut l’en blâmer ? Au contraire, je dis qu’il n’avait pas de ces préjugés qu’ont tous ses groupies dont la curetonnnerie, compris Papes et Sous-papes, entretenant la fausse pudibonderie et l’hypocrisie…
 
Jésus était un homme et je crois que c’est cela sa plus grande qualité… Il est mort pour ses idées, par delà les faiblesses qu’il a ressenties et surmontées et cela en fait à mes yeux quelqu’un d’admirable… Le Jean Moulin des Chrétiens !
 
Mais de grâce, qu’on arrête de le voir marcher sur l’eau sans planche de surf, réveiller les morts ou faire faire un jogging à un grabataire… Gérard Majax n’était pas encore né, quoi !
 
Grosso modo, il a dit des bonnes choses. Ces choses d’ailleurs ont structuré toute la morale occidentale depuis deux mille ans… Il n’y a qu’une chose que je désapprouve formellement, c’est de tendre l’autre joue ! C’est un truc pour rendre servile les andouilles qui le suivaient… L’a-t-il dit d’ailleurs ? Il est tout à fait possible que ce soit cette hiérarchie chrétienne, apôtres compris, qui aient rajouté cette obligation de docilité idiote, si commode pour rendre fidèles les fidèles…
 
Enfin, ce qui est bien, c’est qu’on ait la liberté de jurer, de manquer de respect, de dessiner Dieu ou son messie (Merci à la laïcité !)… Même si la religion chrétienne commande de ne pas manquer de respect, car dans son fondement initial, elle pardonne, elle, contrairement à une religion mahométane islamique radicale, qui veut étendre son voile noir sur nos vies… Ceci dit la religion dit tant de conneries...
 
Mais on leur pisse au cul à ces Daesh qui puent !

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24 janvier 2016

Mémoires et radotages (5) – Amour, Dieu etc…

Tout cela pour dire que ceux que nous aimons le plus, ce sont nos enfants puis nos parents, en général… puisqu’il y a

GSM

des ‘anomalies’, des exceptions, des amplitudes différentes selon les individus…
Il y a une chose que je constate et que je ne comprends pas mais qui est ainsi… C’est, dans notre processus de vieillissement, le fait que tout en nous s’affaiblit : force, maîtrise de soi, aussi bien de nos sentiments que de nos caractères, on a davantage de peur à propos de tout….
Mais il est une chose, une seule chose, qui ne faiblit pas, c’est notre amour… L’amour s’additionne et se multiplie, jamais il ne se soustrait ni ne se divise… Curieuse mathématique, inconnue dans le monde scientifique…
 
Que ce soit du premier jour de leur naissance, jusqu’à notre propre disparition, nous aimons nos enfants, toujours autant (sauf si, bien sûr, des changements dans la nature des êtres aimés, vient à perturber la vision que l’on a d’eux)… Sinon, c’est un feu qui brûle sans s’éteindre… Peut-on croire que la mort peut briser ce feu sacré ? Parfois j’en doute… Il est possible que cet amour soit éternel. Qui sait ?
 
Parfois, je pense à ces parents qui perdent un enfant et je me dis que c’est la chose la plus angoissante au monde, plus que notre propre mort, plus que notre propre agonie…
 
Et si Dieu existait ? Pour moi, douter de son existence, c’est croire en lui !
Mais il n’est pas là, s’il existe, pour s’occuper de chacun. Il est partout et nulle part, pour ordonnancer la vie… La vie qui est le seul secret, que nous n’avons pas percé et dont je pense que nous ne découvrirons jamais le principe ultime…
Qui sommes-nous pour croire que nous saurons un jour créer tout, absolument tout, à partir de rien, du néant ?
Alors pourquoi mourir ? Parce que cela fait partie de la vie, qui a un début et forcément une fin. C’est une des lois fondamentales que Dieu a créées… Même si nous essayons d’en repousser les limites, bravement, avec nos petits moyens…
Les ‘miracles’ ? Ils ne sont pas là où on essaye de nous les faire voir… Jésus surfant sur le lac Tibériade… C’est n’importe quoi ! Les miracles sont dans le quotidien, personne ne les voit, ou bien si peu de gens…
Les religions ont été créées par ceux qui voulaient manipuler de grandes masses de gens. Elles ont créé des règlements, des dogmes, imbéciles, non démontrés parce qu’indémontrables ! S’emparer de Dieu et lui prêter des intentions, des volontés codifiées, des dictats… c’est comme essayer d’emprisonner le vent pour se l’accaparer…
 
Dieu n’est à personne et à tout le monde. Dieu ne tue pas, ne dis pas de tuer. Il laisse tout un chacun libre, avec sa conscience, de décider s’il veut faire le bien ou le mal.
Dieu… enfin, s’il existe, donne probablement parfois des coups de pouces au destin… Mais il laisse les hommes s’occuper de leur vie, il les laisse décider ce qui est bien ou mal. Rien n’est écrit dans le petit carnet de Dieu… Tout est possible, même si le pire n’est jamais certain… La seule chose qui soit certaine c’est la vie qui continuera avec ou sans ceux qui décideront de la supprimer.
 
La seule chose qui nous rapproche de Dieu, c’est l’amour et certainement pas les curés, les imams, les bonzes et autres révérends, avec leurs histoires à dormir debout.
 
Nous avons à décider qui est nuisible, qui est utile. Nous avons à décider si nous nous unissons, contre un danger. Nous ne sommes pas obligés de tendre l’autre joue ! C’est un choix qui relève de notre libre arbitre personnel…
« Aide-toi, le ciel t’aidera ! », c’est, selon moi, la transcription du fait qu’il est probablement en nous et que nous n’avons qu’à le rechercher… Plus nous nous prenons en mains, plus nous nous rapprochons de lui, je crois...

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23 janvier 2016

Mémoires et radotages (4) - L'amour etc...

GSM

Ce sont des souvenirs formidables, vraiment… Et c’est peut-être les seules choses qui ont valu le coup dans la vie… Sinon, la vie, le reste de cette vie, c'est-à-dire la plus grande partie, à quoi sert-t-elle ? La vie ne vaut rien… Elle est terne et sans attrait… Il n’y a que ces souvenirs si doux, si réconfortants qui nous maintiennent la tête hors de l’eau…
 
Oui, la vie valait d’être vécue quand l’adrénaline était à son plus haut niveau, quand on prenait des risques les plus fous, attentifs à autrui, avec un but… Aider… son prochain, sans attendre de remerciement… Que nous étions cons ! Maintenant on regrette de n’avoir pas eu de remerciements, de reconnaissance…de gloire, finalement, je crois… On a des remords aussi… des remords d’avoir hypothéqué nos avenirs en des aventures folles sans penser à qui… les mériteraient, ces folies… Gaspiller nos forces et nos efforts pour qui nous n’aimions pas, avec cette certitude de l’absolue nécessité de notre abnégation…
 
Idée complètement folle ! Il n’y a que ceux que l’on aime, qui aient le droit à toutes nos attentions… Tout le reste est de la fumée qui se dissipe sans aucune trace…
 
Aimer, aimer… C’est le grand mot, le seul mot peut être, qui vaille quelque chose ! D’ailleurs comme il est galvaudé par la langue Française… Au moins les Britishs ont fait la différence entre ‘I love une femme’ et ‘I like camembert’… Mais nous, Français si fiers de notre langue… On n’a même pas su le faire : On aime tout avec le même mot…
 
Mais que ce soient les Angliches ou nous, on est aussi cons d’avoir mis le même mot pour aimer et pour baiser ‘faire l’amour’, ‘to make love’… N’importe quoi !
Comment peut-on faire un amalgame entre aimer qui est relatif à l’amitié, et une utilisation de ce même mot pour un simple désir sexuel… Même si forniquer est un moyen de resserrer provisoirement les liens d’un couple… mais si artificiellement… à coup d’hormone… Une jouissance = une dose de drogue, une jouissance = une dose de drogue et ainsi de suite…
 
C’est pitoyable ! Enlève la baise… et il n’y a plus de couple, plus rien !
 
Sauf quand il y a de l’amour, le vrai amour, celui qui n’est pas vicié par le simulacre de la reproduction…
Comment la langue Française dont nous sommes si fiers, a pu laisser une pareille abomination de langage ? Et d’ailleurs, notre langue si riche est parfois très pauvre lorsque nous disons certains mots qui veulent dire des choses complètement opposées et ce dans le même contexte. Par exemple ‘hôte’… C’est a la fois celui qui reçoit et celui qui est reçu…
Et ‘louer’. Le propriétaire comme le locataire proclament avoir ‘loué’ l’appartement…
 
Il y a plein de mots comme cela, j’y pensais ce matin… Mais j’ai oublié…
Bon, je veux bien que dans certains cas le même mot puisse avoir deux ou plusieurs significations différentes, mais seulement lorsque qu’il ne peut y avoir de confusion…
Par exemple, si le docteur dit ‘Allez-vous à la selle ?’… on sait très bien qu’il ne parle pas d’équitation… Remarque… cela nous a valu de bon gros vaudevilles, basés sur la confusion des mots… A toute chose malheur est bon…

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11 novembre 2015

Mémoires et radotages (2)

GSM

Cher Papa, que de choses j’aurais à te demander. C’est au moment où nous avons beaucoup d’expérience commune, au moment où nous pourrions en parler, que nous ne pouvons plus le faire.

Je crois que c’est au moment où mes enfants sortent de l’enfance, que je sors de la mienne. La béatitude niaise que j’avais à voir et admirer mes enfants laisse place à une douleur lancinante de voir que leur avenir n’est pas assuré. Leur vie sera extrêmement difficile.

J’ai d’énormes remords de les avoir mis sur terre. Et pourtant, dès le merveilleux choc de leur venue au monde, je m’étais promis de respecter leurs personnes, leurs identités. Je ne devais que les protéger, que les aider, pas empêcher leur développement ! Mais je n’ai pas su créer un environnement privilégié et pérenne. Et ça, je n’y ai pas pensé ! Je n’ai pas pensé une seule minute, que je ne pourrais pas leur assurer un empire financier, ou bien un environnement sociétal fait de réseaux, de renvois d’ascenseurs, sorte de communautarisme entre privilégiés…
Et pourtant, j’aurais du y penser ! C’était mon devoir ! Et si j’avais eu cette démarche intellectuelle, j’aurais compris que n’étant pas capable d’atteindre de tels objectifs, il aurait été plus prudent de ne pas se hasarder d’engendrer des enfants, futurs malheureux sur terre !

Alors maintenant, j’me trimbale avec ces remords et ces souffrances, d’être impuissant pour l’avenir de ceux qui comptent plus que moi.

Finalement, l’égoïsme est parfois une vertu ! Ne pas faire d’enfant n’aurait pas été qu’une insensibilité aux autres, mais en l’occurrence, plutôt une prévenance, une bienveillance envers mes prochains…

Mon égoïsme, en fait, a été de les faire venir sur cette terre sans avenir ! De ça Papa, j’aurais bien voulu débattre avec toi. Oh, je sais bien, tu aurais dit « Mais tu ne pouvais pas savoir ! Ce n’est pas de ta faute ! Tu as fait tout ce que tu as pu ! Et puis, c’est à eux de se démerder ! ».

Tu les aimais tant, mes petits ! Un jour, tu as dit que tu n’en revenais pas, le jour où je t’ai mis Toto dans les bras, quand il était un tout petit nourrisson. Et Maman non plus ! Vous bichiez comme des vieux poux ! Quelle drôle d’expression, d’ailleurs. Elle vient de vous deux. Belle époque de ma jeunesse, insouciante, confiante en vous et en l’avenir, pressé que j’étais de devenir grand, de partir, d’aller m’envoler vers les cimes… Quelles drôles de cimes d’ailleurs ! Le soleil pas si haut que ça, a du me brûler les ailes, sûrement !
Mais j’étais resté pendant cinquante sept ans un enfant, dans ma tête. Un enfant rempli de rêves et d’espoirs, confiant en moi-même, confiant dans le destin que nécessairement mon opiniâtreté me ferait obtenir, à la force des poignets… Ou plutôt à la force de ma volonté, de ma capacité de raisonnement, de mes dispositions techniques, organisationnelles…

N’était-ce pas très puéril ? J’ai vécu dans l’illusion imbécile… Enfin disons que cette illusion a fonctionné pendant cinquante sept ans… Et puis, depuis… depuis huit ans… La réalité est là, sous mon nez ! Triste réalité, implacable ! Prisonnier que je suis de mes incapacités nouvelles !
Tiens par exemple : Cela fait plus d’une semaine que je ne parviens toujours pas à trouver une solution technique pour réaliser le supportage de mon tuyau de descente d’eaux pluviales… Putain de merde ! Dans le temps, le lendemain, au réveil, j’aurais eu la solution. Je suis certain que la solution est simple ! Mais putain ! Je ne la trouve pas !

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09 novembre 2015

Mémoires et radotages (1)

 

GSM

Je le vois bien, ma quantité d’écrits diminue, chaque jour un peu plus. Je m’efforçais à écrire chaque jour, certains ne le comprenaient pas d’ailleurs, arguant que le plaisir c’est d’écrire quand on le veut et non de se forcer à le faire. Mais moi, j’estimais que m’astreindre à cet exercice, c’était entraîner mon cerveau et donc, que l’exercice serait salutaire pour ma santé mentale.
D’autant que, je dois l’avouer, le plaisir d’écrire et la fécondité étaient au rendez-vous et donc la contrainte n’était que théorique.
Ce besoin d’écrire est venu subitement après mon accident hémorragique cérébral. Je suppose que l’amoindrissement de la région de mes fonctions cognitives (situées dans l’hémisphère gauche) m’a fait basculer sur un fonctionnement plus poussé avec l’hémisphère droit… Ceci est d’autant plus plausible que l’inspiration qui me venait soudainement était entièrement de nature affective, motivée par les sentiments et plus du tout par le coté factuel et cartésien de ce que je fus auparavant (de l’Odéon)…
J’ai donc depuis 2007 mis en œuvre une partie créatrice de moi-même que j’avais totalement ignorée pendant 57 ans de ma vie antérieure.

Mais le temps joue son œuvre. Je ne serai pas le d’Ormesson ni le Dutourd du blog, (de toute façon mes dons sont infiniment moindre que les leurs et je n’aurais pas l’impudence de me comparer à eux), mais disons que je parlais plutôt de leur continuité dans l’espace temps. Ma longévité créatrice s’amoindrit au fil de la perte de mon vocabulaire, de ma vivacité et de ma mémoire.

Les sujets me venaient lors d’insomnies et j’étais capable de les transcrire dans la journée.
Maintenant, j’ai oublié les objets de mes pensées, au moment où je suis devant mon clavier.

De plus, mon cerveau ne sait plus ‘défragmenter’ les réflexions diverses qui sont générées en temps partagé. Et mêmes si certaines réflexions sont bonnes, elles ne connaîtront jamais le développement et la formalisation qu’elles méritent.

C’est pourquoi, sur le point de décider d’arrêter l’écriture, et par conséquent le blog, je prends une autre décision, provisoire, bien évidemment. Je vais me laisser écrire ce qui me passe par la tête. Je pensais que ce seraient des mémoires de ma vie que j’écrirais, mais finalement, ce sera un mélange de présent et de passé, de faits authentiques, de sentiments et de sensations. Ma capacité de classement et de rangement étant désormais très basse, les écrits seront les reflets de ce que sera ma pensée au fur et à mesure de sa régression funeste…

Franchement… Ne vieillissez pas ! J’admire mon père dans son talent oral ! Lui qui a si bien su conter son histoire de manière verbale ! Mon talent oral n’est pas au rendez-vous ! Je préfère écrire. Bien entendu, la spontanéité y perd, puisque les exclamations, les hésitations, les erreurs seront forcément moins fréquentes, mais j’essayerai autant que faire se peut, de laisser mon cerveau faire ses erreurs en direct, cela sera plus tristement humain. Quant aux fautes d’orthographe, en ayant une sainte horreur, je tenterai de les corriger. Mais si le niveau de celles-ci venait à augmenter (ce qui est inéluctable), et bien, là encore ce sera un indice de plus sur ce naufrage qui a déjà commencé.

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