01 février 2018

2040, Sauver ceux que j’aime

GSM

« Lorsque l'on voit
Loin devant soi 
Rire la vie 
Brodée d'espoir 
Riche de joies
 Et de folies
 Il faut boire jusqu'à l'ivresse 
Sa jeunesse
 
Car tous les instants
De nos vingt ans
Nous sont comptés
Et jamais plus
Le temps perdu
Ne nous fait face
Il passe
 
 Souvent en vain
On tend les mains
Et l'on regrette
Il est trop tard
Sur son chemin
Rien ne l'arrête
On ne peut garder sans cesse
Sa jeunesse… » *
 
J'ouvre les yeux…
 
La nuit est probablement tombée. Je me réveille avec cette chanson dans la tête…
 
Que s'est-il passé ? J'ai du m'endormir, épuisé par la peur…
 
Je n'entends que le crépitement des brasiers que cette guerre allume partout sur son passage. Il n'y a plus de mouvement perceptible. Je me redresse doucement sans faire de bruit. J'ai mal partout, d'avoir dormi sur ces gravats…
 
Qui aurait dit qu'un jour, tout ce que je connaissais du monde serait impitoyablement détruit ?
 
Je pense à mes enfants, à ma femme, que sont-ils devenus ? Sont-ils encore vivants ?
 
Je me dois de les retrouver, si je peux ! Je ne sais pas où se trouve mon unité, si elle existe encore… Rien ne me lie plus à cette solidarité d'armes. Pour moi, à cet instant, plus rien ne compte que de tenter de retrouver ma famille, pour les protéger jusqu'à mon dernier souffle…
La providence m'a épargné cette fois encore. Je crois que c'est pour réaliser ce seul et simple but : aller protéger ceux que j'aime. Je pense un moment à tous ces gens que j'ai connu. Amis, (faux-amis), connaissances… Ce qu'ils sont devenus, après tout que m'importe… Ils étaient des gens cyniques, veules, égoïstes… Si le monde s'écroule, c'est bien de leur faute ! Je ne vois pas pourquoi je porterais leur deuil !
 
Il me faut penser uniquement à sauver mes êtres les plus chers, s'il est encore temps…
 
2040, Que s'est-il passé ?
 
Nous sommes en 2040. Je repense à tout ce qui s'est passé depuis la fin du 20ème siècle…
 
L'Europe qui commençait à se structurer, n'a jamais réussi à s'unir vraiment. Financièrement, oui. Mais l'Europe est restée une entité sans aucune union politique, militaire, ni diplomatique. L'abandon de souveraineté de chacun des membres s'est fait sans contrepartie. L'Europe, démocratie, n'a de moins en moins su ni eu envie de faire respecter les principes fondamentaux des démocraties. Elle n'a pas su empêcher les guerres en Europe (Ex Yougoslavie), elle n'a pas su appliquer un droit d'ingérence qu'elle avait pourtant su adopter. Elle n'a pas su se faire respecter. Elle a commercé avec des dictatures, n'ayant que l'intérêt marchand comme principe moral. Et surtout l'Europe n'a pas vu qu'elle était engagée dans une guerre économique et n'a pas compris que si elle perdait cette guerre elle perdrait toutes les autres. L'Europe a évidemment perdu la guerre économique parce qu'elle n'a pas compris que tous les coups sont permis.
 
Six blocs se formèrent au fil des années :
 
-L'Europe (sans la Russie).
-La coalition Indonésienne qui regroupe la Birmanie, la Malaisie, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge, le Vietnam, l'Indonésie, les Philippines, la Nouvelle-Guinée.
-La Chine, avec ses possessions Mongole et Tibétaines à laquelle se sont réunies la Corée du nord et le Kazakhstan.
-L'Inde avec ses alliés un peu contraints, Bengladesh et Népal
-La coalition ou ligue Musulmane qui va du Maroc au Pakistan et comprend également le Sri Lanka et le Soudan
-Le continent Américain qui est, bon gré, mal gré derrière son leader : les USA.
 
Les guerres de conquêtes commencèrent dans les années 2025.
 
C'est ainsi que tombèrent La Corée du sud, Taïwan et le Japon tout récemment (à force de rester dans la démilitarisation forcenée), dans le Giron Chinois.
 
Parallèlement La coalition Indonésienne signa un pacte tripartite avec la coalition musulmane et la Chine. « L'Axe Arabo-Asiatique ». Fort de sa puissance nouvelle l'Axe s'empara de l'Australie et des Pays sub-sahariens.
 
Mais les Blocs Occidentaux Américains et Européens affaiblis, manquants de sources d'énergies, ne prirent que trop tard la mesure de la menace qui pesait sur eux.
 
La Russie en 2038 signait avec l'Europe un traité de défense mutuelle. Il n'était que temps pour elle de le faire. L'Occident commençait à réarmer, mais en manquant de matière première, la sidérurgie ayant disparu depuis longtemps…
 
La situation en 2038 était la suivante :
 
Les Forces Militaires Occidentales regroupaient l'Amérique avec 30 millions d'hommes et l'Europe-Russie qui pouvait compter sur 36 millions de soldats ayant une moyenne d'âge de 36 ans.
 
Les Forces de l'Axe Arabo-Asiatique comptaient 180 millions d'hommes de 23 ans d'âge moyen.
 
L'Inde mobilisait 50 millions d'hommes.
 
Depuis 2039, l'Inde avait fort à faire contre les attaques de l'axe (sans déclaration de guerre) sur toutes ses frontières et face au blocus maritime imposé par la marine de guerre Indonésienne. Dans tout l'occident, des attentats étaient commis par la cinquième colonne fanatisée de la coalition musulmane.
 
C'est en mai 2039 également, que la Russie fut attaquée en Sibérie, sur toutes ses frontières avec la Chine, le Kazakhstan, l'Ouzbékistan, l'Iran et la Turquie.
 
Le déferlement de 80 millions de soldats chinois renforcés par 6 millions d'Arabes et 4 millions d'Indonésiens, soit 9000 divisions, anéantirent en 3 mois les 600 divisions Russes.
 
Pourquoi trois mois ? Parce que les distances à parcourir sont considérables pour les forces de l'Axe. Ces trois mois furent le seul délai de grâce accordé à l'Europe.
 
Il y a un an l'Axe attaquait l'Europe et les survivants de l'Armée Russe sur 4000 km de front (Est, Sud-est, Sud-ouest).
 
Depuis un an nous reculons partout. Les poches de résistance s'organisent en milieu montagneux.
 
En plaine, les cohortes de réfugiés sont souvent dépassées et anéanties par l'ennemi.
 
Les pertes civiles sont atroces, plusieurs capitales ayant subi le feu nucléaire. L'Armée Française peut s'enorgueillir d'avoir anéanti la deuxième attaque Chinoise par l'emploi des bombes à neutrons. Mais les troisième et quatrième vagues d'assaut Sino-arabe ont débordé le dispositif Européen…
 
Après avoir reculé de plusieurs milliers de kilomètres, je suis seul au milieu de nulle part. Où sont les autres ? Il n'est aucune âme qui vive et je veux tout simplement aller retrouver les miens…
 
Note : Mon post va déclencher une avalanche de lectures cybernétiques. Cela proviendra des algorithmes d'espionnage qui vont détecter les mots clés et je peux dire qu'il y en a beaucoup dans le texte ci-dessus…
 
* Chanson de Charles Aznavour.

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31 janvier 2018

(19) Une histoire d'Amour

GSM

Laissons-le raconter lui-même sa passion...
 

« Mon amour, je crois que cette nuit, le cours de notre histoire a basculé... Basculé, vers l'Amour véritable...
 
Nos bouches nos mains et nos sexes, ont dansé un ballet de volupté... Mieux que les autres fois, ta gorge s'est offerte, tes reins se sont cambrés, plus ouverte que jamais à la douceur de mes caresses.
 
Sous la lune complice, nous avons vu des gerbes d'étoiles, comme mille soleils de notre amour...
 
J'accélérai et ton visage crispé, ton souffle court, décuplaient mon désir. Je ralentissais, tes yeux en attente me suppliaient... Puis mes cuisses sur ta croupe, la chaleur de nos corps, près du plaisir ultime, me firent comprendre, que cette fois, je t'avais bien conquise, ramenée dans l'envie de moi, dont j'avais peur qu'elle te quitte...
 
Tu as dit, mais t'en souviens-tu, au moment ultime "Tu es un merveilleux amant, je t'aime"...
Aphrodisiaques puissants, tes mots enfiévrés ont précipité l'orgasme commun, si apaisant...
 
Je crois que j'ai gagné la partie et que ton amour m'est acquis. Fallait-il que ton amour pour moi, passe par la sensualité et la volupté ?.. Sans doute... De fait ta tendresse est venue ensuite...
 
Mon parcours est inverse. La tendresse et les sentiments m'amenèrent au désir de toi...
 
Qu'importe. L'essentiel est que j'aie trouvé le chemin de ton coeur. Il passe par la volupté de l'orgasme...
 
Tu m'a prodigué, nombreux, dès ce petit matin, des mots d'amour, des mots tendresse, que j'ai apprécié, même si mon esprit vaincu par la fatigue, les percevait dans un semi coma féerique...
 
Oui, j'ai gagné, nous avons gagné cette bataille de l'amour.
 
En nous levant, je t'ai demandé, non pas " Alors Heureuse ? ", mais plutôt " Es-tu heureuse avec moi ? ". Tu m'as répondu " Merveilleusement heureuse, mon amour ! Je t'aime ". J'ai compris que j'avais enfin percé toutes les barrières qui nous séparaient.
 
Nous avons gagné cette bataille mais pas la guerre de la vie. Nous n'aurons plus qu'à entretenir chaque jour ce feu enfin devenu brasier, par cette tendresse, ces attentions que je revendique, comme absolument nécessaires...
 
Je pense à ce jour au loin, où je devrais te rendre ta liberté, où notre écart d'âge sera obstacle à ta plénitude, ou même au jour où je perdrais l'ultime combat de la vie...
 
Il me faut fixer des objectifs. Mais ne t'ai-je pas trompé en gardant pour moi ce que j'aurais du révéler ? Je crois être égoïste, je n'ai pensé qu'à mon bonheur et pas à ton avenir...
 

Oui, je vais te rendre heureuse, en sachant maintenant qu'un jour, je te causerai du tourment...
 
Et c'est à ce moment crucial que je prends conscience de tout cela... »

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27 janvier 2018

2040, Le début de la fin

GSM

Les sacrifiés.
 
Il n’est plus de bonheur, il n’est plus d’espoir. La vie les effaçait en même temps que la vie s’effaçait elle-même, dans un élan morbide d'autodestruction.
Et le bout du tunnel était toujours devant.
On les voyait arriver harassés, hirsutes, couverts de boue, sales…
Ils passaient devant nous. Les plus jeunes, trop tôt arrachés à l’enfance, avaient le regard terrifié, de ceux qui ont vu la mort en face.
 
A les regarder, nous éprouvions un sentiment d’angoisse grandissant.
Au loin le fracas des canons se rapprochait sournoisement, mais sûrement.
 
L’horizon rougeoyait et nous envoyait d’âcres fumées, teintées de l’odeur de cette mort qui venait vers nous.
 
Un instant nous crûmes que la guerre s’éloignait alors que le fracas s’apaisait. Mais tout n’était que répit fallacieux. Les longues cohortes des soldats étaient désormais derrière nous. Maintenant il n’y avait qu’un espace de temps et de distance entre l’ennemi et nous.
 
Certains grillaient, en la savourant, leur dernière cigarette. D’autres, fébriles, remontaient le mécanisme de leur arme après l’avoir soigneusement nettoyé.
 
Je me penchais en arrière pour laisser couler sur ma langue, la dernière goutte de ce flacon de Cognac. Trop vite fini.
 
Probablement comme notre destin qui allait s’achever. Nous savions que les forces de la coalition étaient colossales. Chacun de nous comprenait que ses heures étaient comptées.
 ..........
Derrière le mur, j’entends passer les hordes sauvages.
Il fait jour, il fait nuit, je ne sais pas. Une odeur âcre flotte sur la ville en flamme. Une odeur de chair calcinée et de toutes matières enflammées qui prend à la gorge et se répand sur les campagnes où les moissons brûlent, elles aussi. La fumée est si dense qu’elle obscurcit le ciel.
 
Combien reste-t-il d’entre nous ?
Je pense un instant à ces nuées ardentes qui effacèrent Pompéi et Saint Pierre. J’envie cette mort si rapide que des milliers d’humains avaient eu.
Nous, cela fait des mois que nous battons en retraite. Cela fait des mois que nous perdons, bataille après corps-à-corps, escarmouche après embuscade, tous les combats que nous livrons. Certes nous avons infligés de lourdes pertes aux forces de la coalition. Mais ils sont si nombreux que le rapport de force est de plus en plus en leur faveur.
 
Ils ont constamment des troupes fraiches, nombreuses, bien équipées, pour assurer la relève. Nos troupes sont décimées, fatiguées, démoralisées. Nous commençons à manquer de munitions. Les manufactures d’armes ont été prises par l’ennemi. Il ne reste que quelques dépôts cachés. Si un de nos hommes tombe entre leurs mains, nous tâchons de l’abattre afin qu’il ne révèle le secret de nos maigres réserves.
 
Ma gélule de cyanure à la main, j’attends fébrilement, alors que passent à quelques mètres de moi, des ennemis pressés d’en finir avec nous. Si je suis découvert, je sais ce qu’il me reste à faire. J’ai peur. J’ai très peur. Je regarde tout autour de moi. Il ne s’agirait pas que l’on m’attrape vivant. Je sais que je ne résisterai pas à la torture et j’ai très peur de la souffrance qu’ils pourraient m’infliger. J’ai peur de mourir aussi, mais le cyanure sera le moindre mal.
 
Je crois que je tremble de tous mes membres, que j’ai froid, que je grelotte… En même temps, je suis trempé de sueur.
Ce mois d’Août sera mon dernier été, sera le dernier été pour moi, pour mes camarades, pour tous ceux que j’aime. Je n’aurai pas été capable de protéger ma famille…

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08 janvier 2018

La main de Valparaiso (3)

GSM

L’homme qui vient d’entrer rejette les pans de sa cape sur ses épaules.

« Je suis Henri de la Tour d’Auvergne, Capitaine des Chevaux légers du Roy, à charge héréditaire ! Veuillez annoncer ma visite à Monsieur le surintendant des finances ! ».
Le petit clerc engoncé dans son costume sombre tente bien de demander quelques explications. Mais devant l’attitude fermée du Capitaine, il renonce dans un soupir « Bien Monsieur le Capitaine ! », se tourne et part en claudiquant annoncer la visite à son maître…
Le visiteur ombrageux, regarde la pièce alentour dont, malgré les dorures et les tapisseries, il trouve le décor banal et de fort mauvais goût. Il esquisse une moue de dégoût. Pourquoi fallait-il donc que l’on lui confia cette mission ?

Le boiteux revint, la bedaine en avant et pria l’officier de sa Majesté de le suivre…
Henri le suivit et entra dans une pièce sombre. Il ressenti une vive douleur et s’affala sans un cri…

………………..

Je me réveillais en sursaut… Putain ! Que j’ai donc mal à l’occiput !… Pendant que j’entreprenais de faire cesser cette douleur et le carillon qui sonnait dans ma tête, en me tenant le crane à deux mains, les souvenirs me revenaient un à un…
Je mis un certain temps à y mettre de l’ordre… Avec ce foutu cauchemar !…

Alors… Oui c’est cela… J’avais entrepris de suivre les deux hommes de mains dans le port… La filature m’avait conduit dans les petites rue du vieux Valparaiso, traversant les odeurs de tortillas et de feijoada, qui témoignaient du passé colonial varié de cette ville légendaire…

Les deux zigotos s’étaient engouffrés dans l’entrée discrète d’une petite impasse…
Je résolus de ne rien tenter et de rester à distance suffisante par prudence. Ainsi donc je m’approchais de Manterola. Je ne laisserais pas passer cette chance. Il a gagné la première manche, la seconde sera pour moi !

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20 décembre 2017

L'histoire du vieux fol (fin)

GSM

L’onirique vision qu’il eut cette nuit là, l’emmena en un siècle fort différent et lui fit vivre la vie d’un personnage qui avoit existé. Toute une vie, dont, à son réveil il se souvint encore. Il lui étoit permis de revivre durant la journée dans son esprit cette vie d’un autre, à seule fin de soulager sa peine. La seule condition à lui imposée étoit de ne point succomber aux appels du malin…
 
De fait il se mit à vivre et à ressentir l’existence de ce grand personnage en resve entrevu… Et pendant dix jours, ses tourments ne l’accablèrent plus, tant son existence à travers celle d’un autre lui rendoit une énergie pour affronter les mille tracas de sa courante vie.
 
Hélas, le malin savoit se cacher et prendre toute forme. Notre pauvre homme, n’y voyant nul mal, commerça avec le roi des ténèbres. Instantanément, toute cette vie par procuration qu’il étoit censé vivre, disparut en un instant de sa mémoire emportant en même temps l’énergie et le bonheur éphémère qui lui avoit été accordé.
 
Cette chute brutale fit replonger le vieil homme dans un état pire qu’avant. De plus les questions des nombreux « amis » qu’il se fit pendant ce court laps de temps furent nombreuses.
Il s’aperçut que ces questions étoient parfois fort inquisitrices, parfois entachées de curiosité malsaine.
Il compris qu’encor une fois, les amis, n’étoient pas de vrais amis. Amis seulement pour la joie qu’il leur avoit apporté, mais pas pour le soutenir dans le tourment où il étoit retourné et où l’on préféroit l’enfoncer davantage.
 
Le vieil homme, qui accusant le coup, sembloit (semblait) vieilli un peu plus, prit une décision, dans l’urgence où la situation le tenoit. Il s’en fut loger tel un troglodyte en une modeste grotte loin des lieux habités, afin de préserver ce qu’il lui restoit de vie.
 
Chaque jour il prioit le ciel de ne point revivre semblables évesnements.
 
De fait, il ne refusoit point la civilisation, car des promeneurs, il ne pouvoit éviter les venues éventuelles. Il tenoit simplement à se protéger. Cela n’empeschast (n’empêchât) point certaines anciennes connoissances de venir quérir de ses nouvelles, afin de colporter ragots et méchancetés.
 
Depuis lors, le vieil homme aigri essaya de réapprendre à parler tout seul, de faire ce qu’il vouloit, blanc le matin ou noir l’après-midi, sans avoir de compte à rendre à tel ou tel seigneur, à tel ou tel mécréant. Si quelques passants, manants ou gueux, venoient lui rendre visite, il les recevoit céans en son logis, se réservant le droit de les expulser, si leur comportement n’étoit pas conforme à la politesse des lieux.
 
Bien des tourments l’assailloient, surtout depuis que le haut mal s’étoit emparé de sa cervelle.
 
Sa seule devise dorénavant, fut « Il vaut mieux estre seul que mal accompagné ! »

 

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19 décembre 2017

Dans la chaleur de harlem (suite)

GSM

A la manière de Spillane...
 
- Qu'est-ce qui vous fait croire que vous abattrez l'homme de fer ?
- J'ai un régime à base d'épinards !
La p'tite pute s'imaginait p'têt pas qu'elle avait affaire avec le plus redoutable des privés de New York. En tous cas le lendemain, elle ne s'imaginait plus rien allongée dans les ordures, pour un sommeil définitif...
Je n'avais aucune piste à part l'homme de fer, auquel je décidais de rendre une petite visite de courtoisie...

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17 décembre 2017

L’histoire du vieux fol... (début)

GSM

Il estoit (était en vieux François (vieux Français)) un vieux sage, qui à l’après-midi de sa vie, accumula les problèmes et soucis qu’il n’avoit (n'avait) point prévus.
Or, sa descendance étoit jeune et inexpérimentée. Ses problèmes d’argent qui vinrent se greffer étoient pour lui un dilemme sans fond, car pour sa filiation il craignoit le pire.
 
Or donc dans l’époque où il vivoit, la vie étoit rude et ne faisoit pas de cadeau. Il résolu de prier le ciel, afin que Dieu en sa clémence lui accorda la mort, à condition toutefois que la vie de ses enfants soit préservée et qu’ils puissent se développer dans l’harmonie.
 
Las pour le vieux sage, qui ne l’était pas suffisamment, on ne conclut point de pacte avec le ciel. Et de fait, c’est satan qui pris en compte sa requeste.
 
L’enfer lui envoya le haut mal. Cette maladie qui s’appeloit différemment, il fut obligé d’en changer le nom pour des raisons d’anonymat que l’on verra par la suite.
 
De fait cet homme de bon conseil et de bon esprit, qui auparavant avoit des amis, des compagnons, étoit estimé pour son savoir-faire et sa sagesse.
 
Mais l’ensemble des tourments qui accabloit ensuite ce vieil homme, sappa son entendement, sa confiance en lui-mesme, affecta sa mémoire et son caractère…
 
Il se tourna vers ses amis, pour tenter de quérir le réconfort, afin que la chaleur humaine d'yceux allégeast un tant soit peu le fardeau de ses souffrances.
 
C’est ainsi qu’il vit se détourner d’un seul bloc tous ses amis d’un jour. Le pire fut atteint, lorsque ses amis de longue date s’éloignèrent aussi et lui tournèrent définitivement le dos.
 
Il estoit dans la foule. Il lui sembloit crier, mais nul estre n’entendoit sa voix.
Il résolu de quitter la ville et se reclut un moment. Tout appliqué à réfléchir, sur l’humaine condition et sur sa propre situation, une nuit il fit un resve (rêve)…

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11 novembre 2017

Le trou d'obus (2)

GSM

La terre tremble sous le bombardement. Je ne sais même plus si je tremble aussi... A chaque explosion tout mon corps se crispe, mon visage n'est que rictus, ma peur n'est que sueur et effroi...
 
Je suis seul avec ce Français... Hier, il a sauté dans mon trou d'obus. J'ai sorti ma baïonnette et je lui ai transpercé le ventre, deux fois... C'est de sa faute, il m'a fait peur... Il arrive avec son fusil, ses grenades... Je ne lui avais rien demandé. Je ne lui voulais pas de mal. Mais j'ai eu peur, alors je l'ai frappé le premier...
 
Il a agonisé toute la nuit... J'ai pleuré... Il aurait pu vivre... Il aurait pu se faire tuer cent mètres plus loin... Toute la nuit, je n'avais plus un ennemi près de moi, mais un humain qui souffrait terriblement... A cause de moi... A cause de cette foutue guerre...
 
Au petit matin, j'ai essayé de panser ses plaies avec de la charpie... Au moment où je m'approchais, il a cessé de respirer et s'est immobilisé, les yeux et la bouche grands ouverts... Je n'ai plus osé le toucher...
 
J'ai ramassé son portefeuille qu'il avait perdu dans la boue...
 
J'ai trouvé des photos... J'ai tué un père de famille... J'ai ouvert une lettre où j'ai lu le mot « chérie »... Je regrette ma curiosité morbide, car je ne parviens pas à chasser ces images...

 

Zalandeau à tous nos grands pères morts pour que vive la France.

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10 novembre 2017

Le trou d'obus (1)

GSM

Les explosions se précèdent, se succèdent et se répètent, parfois proches, parfois plus éloignées. Il arrive que les tirs cessent… J’ouvre les yeux… Le mort, bleu vêtu, à deux mètres de moi, bouge… Ce sont les rats qui festoient… Un cri d’horreur muet ne parvient pas à sortir de ma gorge… C’est ainsi que nous finirons tous : Dévorés par des rats ! Je referme les yeux et je détourne la tête pour éviter de regarder à nouveau… Triste tentation de l’horreur, qui mène à la fin de toute vie…
Les canons se réveillent soudain. Les rats doivent se cacher. Ils se cachent toujours quand il y a du bruit… Nous aussi, nous sommes comme des rats, nous nous cachons dans des trous.
 
Chaque obus trop proche, me donne des sueurs froides… Chaque explosion est la dernière, mais hélas, jusqu’à la suivante… Chaque fois, je suis surpris d’être encore vivant…
Me rendrais-je compte de ma mort ? Y a-t-il une différence ? Surtout ne pas être blessé ! La souffrance peut être atroce… Comme celle du Soldat Français près de moi. Il a gémi pendant longtemps, très longtemps… J’ai cru devenir fou… J’ai été très content qu’il meure enfin…
Zalandeau en hommage à nos grands pères morts pour que vive la France.

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15 octobre 2017

(26) Comment le dire ? Comment l’écrire ?

GSM

Ce soir-là, il avait le cœur battant et espérait tout de ces retrouvailles…
 
Mais ce soir-là, il n’y eut plus de baiser fougueux et enflammé… Juste une jeune femme qui voulait raconter sa peine, qui voulait un ami pour maintenant et pour après…
Elle ne savait pas qu’il lui était très dur d’écouter sa peine d’avoir été trompée et abandonnée, alors qu’il avait subi le même sort de sa part, quelques mois auparavant…
Elle avait seulement besoin d’une oreille pour l’écouter et de mots apaisants, qui se coinçaient en travers de la gorge de son ancien amant… A aucun moment il ne put la serrer dans ses bras…
Comment n’être que son ami, alors que c’est son amour qu’il veut…
Cette soirée fut difficile à encaisser… Il essayait de ne pas montrer sa déception, alors qu’il avait envie de hurler… Comment une femme peut-elle être aussi machiavélique ou inconsciente à ce point ?
Non, ce soir du 1er janvier 2009 ne fut pas un nouveau départ à deux, mais une nouvelle rupture…
 
« Qu’elle aille vers ses nouvelles aventures sans moi. Je ne tiendrai pas la chandelle ! », dit-il amèrement…
 
Il était libéré de son asservissement amoureux. Enfin débarrassée d'une inutile déchéance, sa vie allait devenir pour toujours "normale" !...

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