13 octobre 2018

Dans la chaleur de Harlem (suite 3)

GSM

 A la manière de Spillane...
 
Évidemment, la porte était fermée. Mais mon père m’avait appris que les fenêtres n’étaient pas faites pour les chiens… Je n’eus pas grand mal à faire rendre gorge à l’une d’entre elle, avant de pénétrer chez ce truand si redouté par ma cliente…
J’avais à peine eu le temps d’apercevoir une ombre que je me retrouvais au tapis, sonné pour le compte… 
A mon réveil, j'avais l'impression d'être passé sous un rouleau compresseur. La chaise qui me retenait de ses liens, ne voulait rien savoir…
 
-  Alors, mon pote ? Tu t’es gouré d’adresse ?
 

 L’armoire à glace qui me dévisageait n’avait qu’un défaut : Elle ne reflétait pas ses intentions… Mais je pensais que celles-ci n’étaient pas bonnes…

 

- T’es p’t’être en fer mais tu peux repasser !
 
Il m’envoya une dégelée de derrière les fagots. Ca tombait bien, ça m’avait réchauffé…
 

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06 octobre 2018

Dans la chaleur de Harlem (suite2)

GSM

A la manière de Mickey Spillane décédé en 2006...
 
L’amour, ça n’existe pas. Je regardais la jolie croupe de ma compagne d’une nuit, tandis qu’elle se rhabillait… Elle était bien roulée… Grâce à ses bons soins, la nuit avait été très courte… Je lui donnais une claque sur la fesse : «  Dépêche-toi, je n’ai pas que ça à faire, poupée ! »…
 

Je retrouvais Lee-Roy dans son abominable gargote, mais qui servait le meilleur café de New York… Ce café m’avait remis les idées en place… Je décidais d’aller donner un coup de pied dans la fourmilière de « l’homme de fer ». J’aurais du mettre des pompes à coquille d’acier…

 

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05 avril 2018

2040, Epilogue

GSM

A Moissac, Sylvie enlace langoureusement le beau Major Autrichien. Ils sont nus, debout dans la chambre, corps contre corps. Ils viennent de faire l’amour toute la nuit.
« Heureusement que ton Mari est loin », dit l’homme.
« Il s’est mis en tête de revenir, ce con ! Comme si l’armée allait le laisser partir ! Ne t’en fais pas, on est tranquille mon amour… », répond suavement Sylvie…
 
Dans la rue principale de Moissac, trois adolescents jouent à la pétanque…
« Tu crois que le vieux va revenir ? »
« Papa ? Qu’est-ce que ça peut foutre, on n’a pas besoin de lui ! »
Le troisième surenchérit : « On s’est bien passé de lui jusqu’à présent. ! »
 
En haut de la Vallée Française, le cadavre d’un vieillard à la tenue militaire trop grande, se décompose dans l’herbe sous ce chaud soleil du 30 août 2040.
Il est mort, comme trois milliard d’êtres humains.
 
Cent millions d’Européens retranchés dans les massifs montagneux résistent vaillamment, mais sans guère d’illusions aux forces Sino-Arabo-Indonésiennes.
L’Inde ne réussit pas à forcer le blocus imposé par les forces de l’axe. Bien qu’elle résistât avec courage, dépourvue de sources d’énergie, elle succombera bientôt aux moyens matériels des forces de l’axe.
Après sa défaite dans le Pacifique, l’Amérique n’est restée maître que du seul océan Atlantique.
 
Mobilisant beaucoup de moyens pour empêcher son invasion sur ses côtes Ouest, elle pourra seulement livrer des approvisionnements à l’Angleterre, aux pays scandinaves, et aux résistants Européens, prolongeant ainsi l’agonie de ces derniers.
 
Après le début d’incursions navales de l’Axe en Atlantique, une seconde vague d’attaques nucléaires sera déclenchée par l’Amérique. Immédiatement suivie d’une forte riposte Chinoise, seuls cinq cents millions d’êtres humains survivront, dans des conditions précaires, à la fin des hostilités.
 
En 2042, les radiations nucléaires mettront un terme définitif à l’histoire de la vie humaine et à une grande partie du règne animal sur la planète bleue…

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29 mars 2018

2040, Tout ça pour rien...

GSM

J’entends les oiseaux, je sens la fraîcheur… J’ouvre les yeux. Je vois le ciel….
J’éprouve du mal à me redresser. J’ai mal partout en fait…
Je suis sur la petite corniche. J’ai du y passer la nuit. Je ne me souviens pas m’y être endormi.
 
Je tente de me relever, avec beaucoup de peine. J’ai des douleurs partout…
 
Que se passe-t-il ? Je me tiens péniblement à la paroi rocheuse. Je regarde ma main. Elle est toute ridée. L’autre aussi. Bon sang ! Je parviens à m’adosser à la falaise. Je soulève ma manche gauche, avec difficulté… La peau de mon bras pend et est flasque et tachetée comme celle d'un vieux.
 
La jauge de mon JE45 est à zéro ! A zéro ! A zéro !
 
J’ai eu l’injection d’hormone d’ HBJ, quand, déjà ? C’est si loin… J’étais entre Dresde et Berlin dans la 3ème division AAA (d’assaut aéroportée par aéronef).
Je ne me souviens plus. Je me baisse, des douleurs plein les articulations. Je sors d’une pochette, mon carnet, que je feuillette frénétiquement. J’ai du mal à lire…
 
Oui, c’est ça… C’était le 8 juin… Et nous sommes fin août. J’ai dépassé la date…
Il fallait renouveler le traitement au bout de deux mois, comme je le fais depuis des années et je n’y ai pas pensé…
Trop de combat, trop de lutte pour survivre… Et maintenant, je vais vieillir à toute vitesse et de manière irréversible.
 J'essaye de soulever mon harnachement. Je n’y arrive pas, il est devenu trop lourd… Mon MiniMI lui aussi est par trop pesant…
Je devrais me passer de l’un et de l’autre. Il faut que je parvienne à gravir les quelques mètres jusqu’au plateau. Aurais-je la force même sans fardeau à porter ?
 
J’entreprends l’escalade. Chaque mouvement d’ampleur trop importante provoque des douleurs dans mes articulations.
Avec beaucoup de mal, de gémissements de douleur, je parviens dans un ultime effort à rejoindre le plateau…
Les bras affalés sur le bord, je reprends mon souffle avant de me rétablir sur le sol.
Je vois sous mon nez, des mégots de cigarettes de marques différentes et qui dégagent encore une odeur de tabac froid…
Ainsi, ils sont venus jusqu’ici… Heureusement, ils ne m’ont pas repéré dans mon sommeil !
 
Je me hisse enfin sur le plateau.  Je me mets debout avec difficulté. Je suis voûté. J’ai les mains qui tremblent. Merde ! Mais pourquoi n’ai-je pas pensé à mon traitement ?
Je me mets en chemin en claudiquant et je ne vais guère très vite.
Il me restait une journée de marche pour retrouver les miens. A cette allure, je n’y parviendrai jamais…
 
Le trajet est long. Je ne m’embarrasse plus à essayer de me cacher. J’emprunte les routes, au risque d’être mitraillé par les aéronefs ennemis.
Je n’ai plus grand-chose à perdre…. Je tremble de plus en plus… Mon allure diminue… 
 J’aurais du rester me battre jusqu’au bout avec les autres. Ma mort aurait servi à quelque chose. Alors que là, je vais perdre la vie pour rien.
Je voulais revoir ceux que j’aime, mais je n’y parviendrai pas…
 
Des grondements de turbines se font entendre. Je vois des avions dans le ciel. Ce ne sont pas des Chinois. Ils arborent l’étoile à cinq branches. Ce sont des avions de transport de l’U.S. Air Force.
Ils plongent dans la vallée qui s’étend à présent devant moi.
Des centaines et des centaines de corolles s’ouvrent retenant chacune un container.
 
Les Américains viennent à notre secours.
Je vois un panneau indicateur et je m’approche pour le lire … Sainte-Croix, Moissac et Saint Etienne Vallée Française.
La Vallée Française est à mes pieds. Trente kilomètres pour Moissac…
 
Je m’accroche au panneau. Mes jambes se dérobent… Je regarde devant moi, les corolles continuent de descendre vers le fond le la vallée. Je crie « Vive les Américains ».
Qui a dit ça ? J’ai entendu une voix chevrotante qui disait « Vive les Américains ». Une voix de vieillard… C’est ma voix…
Je n’arrive plus à m’accrocher au panneau et je me laisse glisser au sol sur l’herbe près de la route…
 
Je suis allongé. Il fait froid… Je regarde le ciel. D’autres avions passent et d’autres corolles s’ouvrent. C’est joli, toutes ces fleurs dans le ciel…
 
Je ne sais pas si mes enfants jouent aux petites voitures dehors. Il faudrait que je les appelle pour venir voir les jolies fleurs…
 
Je ne les vois plus, les jolies fleurs. Je ne vois plus rien…
 
C’était beau…C’était beau… C’était…
 

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23 mars 2018

2040, Retour dangereux

GSM

Je suis éveillé en sursaut par le passage des avions de l’axe.
Je range mes affaires à la hâte et j’enfile mon harnais avec tout son équipement.
Je nettoie mon MiniMI, j’enclenche un chargeur et je me mets en route.
 
Je dévale les pentes abruptes et je gravis des sentiers escarpés. La respiration haletante, mon cœur se met à battre plus fort lorsque j’entends les bruits sourds des bombardements au loin. Avec l’écho, il est impossible de distinguer la direction d’où proviennent ces explosions…
Je suppose que c’est devant moi, dans le sens où se dirigeaient les aéronefs ennemis…
J’espère seulement et égoïstement que Moissac n’est pas leur objectif…
 
La journée se passe en une marche forcée avec en tête un seul but : Moissac !
 
Je contourne des batteries de missiles et des campements de la force Européenne.
Je guette à la lunette, chaque massif avant d’en entreprendre la montée par des chemins abandonnés.
A chaque détour, je me plaque, dos à la paroi et je guette le moindre mouvement suspect.
Le chant régulier des oiseaux m’indique souvent qu’il n’y a pas d’activité humaine alentour.
 
Le plus dangereux, ce sont les descentes. Bien souvent, emporté par l’élan et préoccupé à ne pas chuter, je fais moins attention à l’environnement et donc au danger.
C’est pourquoi, je m’assieds à mi-pente et scrute le paysage, attentif à la moindre anomalie, puis, je repars…
Le soleil continuant sa trajectoire, je marche, treillis collé au corps par la sueur…
Puis la transpiration cesse peu à peu. J’ai soif, il me faut boire…
Au bout d’une demi-heure, un petit ruisseau traverse ma route. Je cours, me jette à plat ventre dans l’eau et je bois comme un fou…
 
Je m’extrais péniblement du cours d’eau, lorsque tout près de moi, le ricochet d’une balle, suivi d’une détonation, me fait comprendre que je suis repéré.
Par qui ? Peu importe ! Le tireur est sur le coteau qui me surplombe ! J’attrape mon arme et bondit en direction du tir, pour me mettre à l’abri du relief qui nous sépare.
J’entends des éclats de voix, mais ne parviens pas à comprendre. Amis ou ennemis ? En tant que déserteur, cela ne fait pas de différence !
Sortant la tête de ma cachette, je vois des silhouettes dévaler le sentier à flanc de coteau au dessus de moi. Ils me tournent le dos. Je prends la direction inverse tout en longeant les anfractuosités du schiste de cette montagne Lozérienne…
 
Je cours à perdre haleine. Au bout d’une heure, je m’arrête net, au bord d’une falaise.
J’aperçois à plusieurs mètres en dessous de moi un rebord. J’entreprends d’y descendre en m’agrippant comme je le peux…
 
Le lieu présente la particularité d’avoir une niche invisible du sommet. Quelle chance !
Je me serre au fond du trou et je vais enfin manger. Je n’ai même plus faim. Mais je sais que c’est indispensable si je préfère poursuivre ma route plutôt que de mourir épuisé…
 
Je crois que je les ai semés…

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15 mars 2018

2040, une idée fixe qui me guide

GSM

Le petit matin me réveille par ses doux chants d'oiseaux.
Je mange ma dernière provision, puis je pars. A travers champs, à travers bois, il fait beau, en cet été de fin du monde. Je marche et pour rythmer mes pas je me mets à chanter...
 
L'écho de ma voix me revient par les montagnes répété. Je n'ai plus que trois ou même deux jours de marche pour retrouver ceux que j'aime.
Femme aimée, enfants chéris, pourvu que l'hydre ne vous ait pas atteint.
Pourvu que je puisse mourir avec vous, c'est mon dernier vœu. Vous revoir s’il en est encore temps. Me dépêcher, oui presser le pas…
 
Le nord de la France est anéanti. Anéantis toux ceux que j’aimais et aussi tous ces idiots qui pensaient pouvoir négocier leur misérable vie avec un ennemi implacable…
 
Je n’ai plus de pitié. Je ne sais plus ce que c’est. Je me dis que les obséquieux, les collabos se sont fait massacrer et que c’est bien fait pour eux. Qu’ils aillent rôtir en enfer !
La pitié ? Oui, sûrement, pour les innocents qui ont payé de leur vie l’incapacité de nos dirigeants, lesquels ont fui leurs responsabilités et sont partis se réfugier en Amérique. La mort du vieux continent ne les regarde plus. Mais s’ils avaient été clairvoyants ils nous auraient évité notre triste destin.
 
J’ai emmené ma femme de Maubeuge à Moissac Vallée Française, avant de monter au front en Russie. Et mon rêve depuis un an, qui me soutient contre toutes les adversités, c’est de les revoir tous. Maubeuge est rasée, il n’en reste rien.
Je me demande combien de centaines de millions de morts nous avons eu.
 
Je pense aussi, toujours en marchant, l’œil aux aguets, que les Chinois ont subi des pertes, qu’ils sont dispersés, pour occuper et massacrer les territoire conquis, que leur lignes de ravitaillement sont très étirées et mobilisent beaucoup de leur effectif. Il n’y a peut-être plus que trente ou quarante millions de soldats ennemis qui nous encerclent…
 
Si les Américains pouvaient nous aider comme pendant les deux premières guerres mondiales, tout ne serait pas encore perdu…
 
Les toits en schiste d’un hameau au fond de la vallée apparaissent au loin dans la brume matinale…
Je contourne le village. Déjà fatigué de ma marche matinale, je cherche un abri dans des fourrés.
 
Je me couche et m’endors…

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08 mars 2018

2040, Adieu l’honneur, bonjour l’instinct

GSM

Le soir venu, alors que je bivouaque près d’un ruisseau, j’écris mon vécu de ce jour. Quelle connerie cette guerre. Les forces de l’Axe massacrent nos civils, nos alliés violent nos femmes et moi je tue les nôtres… Il n’y a plus de règle. Je l’ai fait car je savais que le poteau d’exécution aurait été mon destin si je ne l’avais pas fait. L’autodéfense, liée à l’instinct de survie : Je suis devenu un animal…
 
Au front c’est moi, ou celui qui est en face. A l’arrière aussi maintenant. Mes principes, je les ai piétinés, moi aussi, comme les autres. Je fais passer l’amour de ma famille avant mes devoirs envers l’union Européenne, avant les lois édictées par mon Pays. C’est moche… J’ai tué des gens qui ont peut-être encore une famille… Je ne vaux pas mieux qu’eux. Je sais bien qu’eux n’auraient pas eu de scrupule à m’exécuter pour l’exemple, mais cela m’excuse-t-il ?
 
Machinalement, j’ai mis le canon de mon arme sous mon menton et déverrouillé le cran de sûreté…
Je suis seul, comme jamais j’ai été. Seul contre tous, rebelle contre l’autorité, je suis devenu un paria. Tout ce qui a fait mon idéal, s’est écroulé. J’ai tué ceux de mon camp ! Qui aurait dit qu’un jour j’en viendrais là ? Je n’ai plus qu’un avenir limité, puisque je serai attrapé un jour ou l’autre au moment où mon attention sera mise en défaut, comme cela a bien failli être le cas ce matin…
 
J’éclate en sanglots… Je pose mon MiniMI et je sors de mon portefeuille la photo de mes enfants et de ma femme… Je ne les ai pas revu depuis un an…Je les ai mis à l’abri dans la Vallée Française…
 
Je ne vais pas abandonner maintenant… Je suis à la hauteur de Saint Chely d’Apcher… Plus que 100 km à tenir, plus que trois jours…
D’une façon ou d’une autre, la mort est au bout du chemin, car les forces de l’Axe sont en train de gagner cette guerre et nous extermineront jusqu’au dernier…
 
Alors à quoi bon ces remords ? Épuisé, je serais incapable de ne dormir que d’un œil, cette nuit.
Je m’endors, conscient que je suis à la merci du destin. A la grâce de Dieu…

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01 mars 2018

2040, le déserteur

GSM

Je descends la côte vers la vallée, empruntant les sentiers qui m’ont été indiqués.
J’arrive à une fourche. J’hésite un instant. Je prends le chemin de gauche car je pense qu’il mène plus vers le sud que l’autre.
 
Malheureusement les virages sont à flancs de coteaux et je n’ai pas grande visibilité. La pente abrupte m’interdit de sortir du sentier. J’enlève la sûreté de mon MiniMI et j’avance arme à la hanche, doigt sur la gâchette.
 
Heureusement tout se passe bien. Mais soudain à la sortie d’un tournant, apparaît une bâtisse.
Je marche en crabe sans quitter la cabane en pierre de ma ligne de tir.
Une fois fait le tour, je suis rassuré et je lâche la gâchette.
Hélas le danger arrive dans mon dos, car une voix m’interpelle en Français.
 
Je me retourne lentement, les bras légèrement écartés. Deux gendarmes Français et deux policiers militaires Anglais se tiennent devant moi, la main sur leur holster. La question qui m’est posée est assez inopportune et je sais que ma réponse va me valoir beaucoup d’ennuis. J’arbore alors un large sourire, je fais semblant de tomber et je fais un roulé boulé arrière, l’arme contre la poitrine.
 
Lorsque je me relève, devant mes interlocuteurs surpris, je tire une rafale de la gauche vers la droite. Les quatre hommes s’écroulent. Je m'avance et me baisse vers eux. Je tâte leur pouls. Deux vivent encore. Je me relève et je finis le travail. Il n’y aura pas de témoin de mon passage ici.
 
Je repars sans demander mon reste, au pas de gymnastique, persuadé que le bruit de la fusillade pourrait attirer d’autres visiteurs, que je ne tiens pas à rencontrer…

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22 février 2018

2040 : Voyage vers l'arrière

GSM

Je marche à travers bois et forêts, évitant les routes et chemins d’où pourrait surgir le danger.
Les collines du Morvan se succèdent. Je suis parfois à découvert. Je presse alors le pas pour rejoindre des zones moins risquées.
 
Lorsque je rencontre de  nombreux campements de fortunes, c’est que je ne suis pas loin d’une ville, d’un village, voir d’un hameau.
Je fais alors un détour pour éviter toute rencontre éventuellement inopportune.
 
Les jours passent… Je suis dans le massif central… J’observe au loin par ma lunette de visée l’autoroute que le Génie fait sauter en de nombreux endroits et notamment tous les ouvrages d’arts.
 
Il me faut faire attention. Ma décision de retrouver les miens sera considérée comme une désertion par l’armée alliée. Ma chance réside dans le fait que l’on ne me recherche pas.
Je vais poursuivre ma route jusqu’au soir avec pour but de gravir cette montagne herbeuse propice au pâturage. J’y rencontrerai peut-être un troupeau de mouton…
 
En fait, arrivé sur le plateau, un berger près de ses moutons m’accueille d’un ton bourru, mais avec toute l’hospitalité bienveillante des gens de la campagne.
Le soir n’est pas encore tombé. Nous mangeons autour des braises du feu qui achève de se consumer. Le berger a compris, sans que je ne lui dise rien, ma situation.
 
Il se lève, piétine le feu, le recouvrant de terre afin de l’étouffer « Faudrait pas qu’on nous repère ! », me lance-t-il.
 
Il me fait signe de le suivre. Il dirige avec son chien, son cheptel vers un versant abrité des regards, pour ne pas être repéré par les vols de reconnaissance de l’Axe. Nous rejoignons son campement de fortune à couvert sous la frondaison. Il m’explique que sa cabane, que nous avons laissée derrière nous, fait l’objet de tir à chaque fois que les avions ennemis passent.
 
Je m’installe et je m’endors terrassé de fatigue.
 
Le lendemain matin après un bon casse-croûte, je prends chaleureusement congé de mon hôte, qui m’a donné des provisions et souhaité une bonne route.
 
Il s'est démuni de nourriture, pour moi, ce n'est pas banal en cette période de guerre... Je suis content d’avoir rencontré un être humain…
 
Suivant les indications verbales de l'homme rude du plateau, j'emprunte les sentiers qu’il m’a recommandés…

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16 février 2018

2040, Tenir, tenir !

GSMJ’écris pour toute chose. J’écris pour dire. J’écris sur mon carnet pour laisser la trace de ce que fut notre époque. Les avions de l’Axe passent en rase-mottes et je me baisse pour écrire et écrire encore…
Le bruit sourd des bombardements lointains couvre ma pensée d’un voile de tristesse. Je sais que la fin est proche.
 
La petite radio que j’écoutais ce matin, collée à l’oreille, m’a dit que l’Amérique résistait en Nouvelle Zélande, contre les attaques aéronavales des marines Sino-Indonésiennes. La guerre dans le pacifique fait rage et les Américains y déploient toutes leurs forces.
 
Les Anglais, à part un petit corps expéditionnaire envoyé sur le continent, ont gardé leurs 3 millions d’hommes pour protéger leur île…
Paris n’existe plus depuis cette nuit.
 
Il n’y aura pas de secours à attendre, cette fois.
Il n’y a pas de bouteille à jeter à la mer. Il n’y a plus que des armées fantômes, dans les Alpes, dans les Pyrénées, dans les Balkans, dans le Massif central et en Grèce…
 
Les seuls territoires encore épargnés sont les Pays Nordiques, les îles et la Grande Bretagne.
 
Nous sommes 100 millions de réfugiés dans le sud de la France.
Nous avons la chance d’être au contact de l’ennemi sur un territoire peu vaste. Nous ne risquons donc pas une attaque nucléaire de l’Axe, qui sacrifierait des dizaines de millions de leurs soldats autour de nous.
 
Que nous résistions ou pas, notre sort est scellé. C’est la mort qui nous attend, comme elle a frappée toutes les populations massacrées sur les territoires envahis.
Partout une odeur de chair brûlée nous rappelle ce que sera notre futur. Futur bien proche, je le crains…
 
Nos dirigeants n’ont jamais voulu comprendre ce qui adviendrait. D’ailleurs ne se sont-ils pas réfugiés aux Etats-Unis pour sauver leur peau ?
 
Je range mon carnet dans ma poche gauche sur ma poitrine, comme si ce carnet pouvait empêcher les balles ennemies d’atteindre mon cœur…
Je me lève, remets mon harnais, ramasse mon MiniMI et je repars vers le sud, vers les miens que je n’ai pas vu depuis plus d’un an…

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