29 octobre 2016

Maman est morte (1er novembre 2011)

GSM

Elle a rendu aujourd'hui son dernier souffle sans aucun de ses enfants autour d'elle. Elle est partie rejoindre Papa... Elle s'est débrouillée pour disparaitre le 1er Novembre, le jour de la Toussaint... Moi qui disais que c'est une sainte... Meilleure que toi maman, cela n'existe plus...
 
On peut résumer ainsi, Toussaint 2011 : Décès de Maman... Toto et Nono ont pleuré. Il reste à prévenir Kiki... Qu'est-ce que mes enfants aimaient leur Mamie ! J'ai appelé mon frangin, il se charge de contacter notre saloperie de soeur...
 
Je suis groggy, comme si on m'avait mis KO... Et pourtant hier j'avais sorti mon costume noir, je savais que cela était pour bientôt...
 
Maman, tu ne souffres plus et de ça je suis content. J'avais si mauvaise conscience de ne pouvoir rien faire...
 
Toi et Papa, vous serez à jamais mes idoles, pleins de souvenirs, de regrets, de remords, d'attendrissements, de larmes, de chagrins mais aussi de rires enfantins...
 

JE T'AIME POUR TOUJOURS MAMAN...

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21 octobre 2016

Tu sais mon fils

GSM

Tu sais mon fils, mon espoir, c’est que tu aies des enfants un jour. Tu verras comme c’est merveilleux ! On n’a pas eu beaucoup d’occasions de discuter ensemble, mais ce voyage nous en donne la possibilité…
 
Un jour, ça arrivera, tu connaitras une fille avec qui tu fonderas une famille, du moins je l’espère. Ce n’est vraiment pas facile de vivre avec une femme. Il faudrait habiter chacun de son coté et ne se voir que pour le sexe... Oui... Je sais, t'as raison on a déjà inventé les putes, pour ça...
Le mieux ça serait d’avoir une amie que tu fréquenterais sans amour, mais seulement par amitié, pendant des années, le temps de vous connaitre.
Mais est-il possible d’avoir une ami-e ? Je n’en suis pas vraiment certain : Un homme et une femme, hormis au sein de la famille, c’est la séduction, le désir et le sexe.
Mais enfin, supposons. Ce serait le seul moyen pour que vous ne jouiez pas le jeu de la séduction qui est une comédie masquée et empêche de connaitre vraiment les personnes. Ce serait le mieux.
Et si un jour, vous connaissant et vous entendant bien en tant qu’amis, l’amitié se transformait en amour, je crois que votre couple aurait plus de chances d’équilibre que celui que je forme avec ta mère.
Il faut connaitre bien ta future femme et également ses ascendants, c’est très important. Il vaut mieux choisir quelqu’un qui ait le même niveau d’études que toi, qui ait des centres d’intérêts semblables aux tiens et un caractère qui s’accorde au tien.
Si par exemple, tu aimes l’opéra et qu’elle le déteste, ça pétera un jour. Tu finiras par aller voir « Il Trovatore » tout seul et tu ressortiras au bras d’une amatrice d’opéra. Alors autant choisir ta femme à l’opéra, plutôt que de la faire cocue. Enfin tu vois, c’est un exemple que tu peux répéter avec le sport, le loisir, le travail, la politique, etc…
 
Tu vois, si moi, j’avais vu ton pépère et ta mémère avant de m’amouracher et bien j’aurais évité la connerie commise : Voir un type qui passe sa vie à fureter dans les décharges et qui garde toute la merde qu’il trouve, ça m’aurait évité d’avoir une souillon aussi tête de mule et con que son père. Moi, j’ai fait tout le contraire de ce que je t’explique et on voit le résultat : On ne va pas du tout ensemble, c’est n’importe quoi ! C’est aussi en vertu de cette erreur monumentale que je me sens qualifié pour te conseiller sur ce qu’il faudrait faire, puisque je sais ce qu'il ne faut pas faire…
 
Une fille de riche, va te mettre sur la paille et/ou te dédaignera, à moins que tu joues le gigolo, mais ce n’est pas ton genre ni le mien… Une fille de pauvre s'accrochera à toi par intérêt, et ainsi de suite... Du moins, c'est le risque... Il y a 3 chances sur 4 qu’une fille d’imbéciles soit imbécile. Très important de voir la fille et les parents. Dans la famille de ta mère, il y a déjà eu deux folles… Tu as compris ce que je veux dire ? Je sais que tu aimes ta mère, mais je sais que tu vois et comprends ce qui se passe à la maison, parce que tu as comparé en voyant ce qui se passe chez tes copains et que tu t’es fait une idée…
 
Alors bon, je sais que les conseils sont bons à donner et pas bon à prendre, car les jeunes n’écoutent pas les conseils… Tâche quand même de te souvenir de ce que je viens de t’expliquer…
 
Tiens ? On est bientôt arrivés…

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18 septembre 2016

Un homme de bien

GSM

Il me faut laisser une nouvelle trace formelle, de cet homme formidable qui a rempli mon enfance…
 
Nous sommes allés à Saïgon de 1954 à 1955.
Terre colonisée par les blancs, où la France et l’Indochine ont cohabités dans un rapport de dominant à dominé…
Certes, bon nombre de fonctionnaires de l’administration coloniale s’acquittaient de leur tâche, sans animosité envers les autochtones. Certes, bien des religieux et des hommes de bonne volonté ont contribué à la compréhension mutuelle des deux peuples.
Mais dans un pays où la couverture sociale était l’apanage des colons, dans un pays où les petits chefs Français, devenaient soudain des contremaîtres avec des pouvoirs illimités, dans un pays, où l’accaparation des richesses se faisait sans vergogne, la morgue de certains a précipité l’indépendance.
L’arrogance de cette grosse minorité de blancs, minables en France, devenus tout-puissants en Indochine, certains d’une légitimité, que la démocratie à deux vitesses leur accordait implicitement, a mené cette région comme toutes les autres à la haine, au rejet et à la guerre.
Les chantiers navals de Saïgon n’échappaient pas à cette règle de domination.
 
Les coques des bateaux mis en cale sèche, étaient calfatées et repeintes sur un budget défini par la société Denis-Frères, par des équipes de coolies aux ordres de contremaîtres qui empochaient parfois négligemment une partie des payes destinées à leurs « esclaves ».
Ces chefs au pouvoir divin allaient au cinéma, à la piscine ou pratiquer le tennis, laissant à un cabot (caporal), c'est-à-dire un coolie un peu moins mal payé, la responsabilité du chantier…
Ils venaient chaque vendredi soir distribuer la paye, avec toujours quelques griefs fallacieux, permettant de réduire le montant de l’aumône versée en liquide.
 
Un homme, n’a pas voulu entrer dans ce système arbitraire. Partant du budget alloué par l’entreprise de carénage, il faisait bloquer 20%, en provision dans la caisse de l’entreprise, avec plusieurs coolies représentants leurs collègues comme témoins visuels.
Puis il annonçait à son équipe, combien d’argent ils allaient toucher chacun (sans absence), pour l’ensemble du travail exécuté dans les règles de l’art.
 

1954 002 Saigon

 
Ses équipes furent rapidement celles qui exécutaient le meilleur travail, dans des délais records et qui gagnaient le plus de tout l’arsenal.
 
Quand au 20% ? C’était le système de « sécurité sociale », que cet homme avait improvisé. Quand un ouvrier était malade ou blessé et bien évidemment sans revenu, ce contremaître allait porter généralement à la femme ou à la famille du coolie, un peu de cet argent de la cagnotte, pour subvenir aux besoins et aux soins.
 
Il poussa, ce processus plus loin, lorsqu’il s’aperçu que la majorité des ouvriers dépensaient leur paye dès le vendredi soir en beuverie et au jeu…
Pour les coolies mariés, il versât alors la paye à leurs épouses, qui en faisaient meilleure gestion…
 
Ce contremaître était aimé de ses ouvriers et en voici la preuve…
 
Harcelé pour ses procédés anticonformistes et poursuivi par la jalousie haineuse de ses pairs, il quitta l’arsenal pour une place de gérant des cinémas de Saïgon. La partie dangereuse de ce métier était le transport quotidien des recettes vers la banque.
Un jour ce qui devait arriver, arriva… Porteur d’une grosse recette, cerné par une cinquantaine de coolies, il se préparait, matraque en main, à vendre chèrement sa peau…
 
Quand soudain, un de ses nombreux ex-employés de l’arsenal passa par là. Celui-ci s’adressa à la meute d’assaillants et leur dit simplement : « Lui, chef très bon avec nous et très juste ! ».
En quelques secondes la ruelle fut déserte et mon père acquis davantage de renommée et de sécurité… Oui ! L’homme dont je parle… était mon père… Un homme sensible, fort, juste, intègre et surtout humain…
Il avait compris que ce peuple en souffrance n’était pas sauvage et barbare, mais reconnaissant et sentimental, pour peu qu’on lui accordât un peu de dignité et d’intérêt !
 
Si nos « colons » avaient eu le dixième de cette humanité, l’indépendance se serait déroulée sans violence, dans la paix et la coopération…
 
Mais le genre humain est ainsi fait, qu’il génère la violence par son iniquité et son dédain…
 
C'est un autre épisode de la vie de mon père, ce héros de l’ombre, mais qui sera pour toujours dans la lumière de mon cœur !

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09 septembre 2016

Mémoires et radotages (66) – Le plus heureux du monde bientôt en colère

GSM

J’ai eu les parents les plus formidables du monde. Dévoués, aimants, ils se sont toujours sacrifiés pour nous. Parfois, il n’y avait à manger que pour nous, mais c’est avec joie qu’ils se privaient, parce que nous étions leurs trésors, les amours de leur vie…
 
Maintenant, j’ai les enfants les plus formidables du monde. Aimants, fidèles en amitié et en amour, d’une honnêteté absolue, scrupuleux, généreux. Bien qu’avec de faibles moyens financiers, qui les amènent à se priver, ils s’offrent des cadeaux entre frères, où ils mettent tout leur amour. Même nous, avons droit à des cadeaux, alors que nous leur avions dit de ne pas faire cela, que leur présence est le seul cadeau que nous désirions. Je leur avais dit que je n’avais plus les moyens de leur offrir comme avant… Ils n’en ont cure ! Même le petit dernier, économise sur son argent de poche et ne manque jamais de nous offrir, malgré nos protestations, un cadeau et quand celui-ci est modeste, il y joint un magnifique dessin dédicacé…
 
Quel bonheur ! Je suis l’homme le plus heureux du monde !...
 
… En même temps, je me cache parfois pour pleurer… Tant d’amour de leur part, moi qui ne le mérite pas ! Qu’ai-je fait pour eux ? Les mettre sur terre dans un monde sans travail, sans avenir, sans espoir… N’est-ce pas criminel ? Pas coupable ?... En tous cas responsable…
 
Responsable de ne pas avoir tissé de réseau pour les caser à la fin de leurs études.
 
Responsable de ne pas avoir réussi à amasser suffisamment d’argent pour les aider, ne pas avoir réussi à conserver mon entreprise pour leur donner un emploi en famille et assurer leur avenir… Je pense à toi Toto qui à dix ans, m’avait demandé : « Est-ce que je pourrais travailler avec toi plus tard ? »… Et je t’avais répondu « Oui », comme un gros con que je suis ! Alors que quelques mois après, la loi Besson dont le décret d’application tardait, me privait de travail, les promoteurs différant leurs opérations, alors que quelques autres mois après, la loi Aubry faisait plonger la rentabilité de mon entreprise… Je t’avais promis mais je n’ai pas tenu, j’ai cessé mon activité…
 
Responsable de ne pas avoir fait la révolution pour chasser ces minables dirigeants de gauche puis de droite, qui ont laisser s’effondrer le tissu industriel et tout le cortège d’emplois y rattachés…
 
Responsable de ne pas avoir deviné les intentions féodales qui seraient petit à petit imposées aux Français et à vous mes petits…
Mon Kiki, mon aîné, tu survis comme tu peux dans la précarité et avec un salaire de Roumain…
Mon Nono, mon benjamin, toujours sans emploi à 24 ans, harcelé par le pôle emploi qui cherche tous les prétextes pour te rayer de leur liste de demandeurs d’emplois, alors qu’ils ne sont pas foutus de te proposer un seul emploi réel… Les seuls emplois qu’ils ont, c’est les leurs et ils osent te considérer de leur hauteur avec morgue et dédain…
Mon Toto, tu gagnes ta vie au smic, mais forcé à faire des heures supp… Avec ce patron qui veut t’obliger à travailler le week-end, dans des conditions pas très salubres. Tu viens brusquement de perdre un peu d’acuité visuelle de ton œil gauche. Ton emploi est précaire, car on t’a bien fait comprendre où était la porte. Je vois également que les propositions faites au personnel dont tu fait parti, sont empreintes de cette loi travail initiée par cette gauche de merde, dont le décret d’application n’est même pas encore voté, que les patrons la mettent déjà en œuvre…
 
En même temps, comment feraient-ils ces petits patrons sous-traitants de dernier rang, manipulés par leur client unique, pour ne pas être obligés de serrer leurs prix et de se retourner contre la main-d’œuvre qui devient corvéable à merci ?…
 
Pour tout cela, que je n’ai pas su empêcher, je me sens coupable, mes chers petits…
 
Je vous aime, mais je souffre pour vous et vos avenirs que je souhaitais radieux, le jour où je vous ai pris dans les bras pour la première fois…
 
Heureux ? Mais aussi le plus malheureux du monde !
 
Mais quand chassons-nous ces politiciens qui sacrifient nos enfants ?...
 
Ma tristesse pourrait bien se transformer en colère incontrôlable un jour !

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L'argent n'achète pas l'amour

GSM2014

Je me suis saigné non pas aux quatre veines, mais disons, aux 3 veines et j'ai acheté un mobile pour chacun de mes enfants pour leur anniversaire (le même modèle pour chacun).
Pourquoi ai-je mis autant de pognon hors de mon budget déjà déficitaire ?
Je voulais qu'il n'y ait pas de jalousie (tous le même), mais pourquoi si cher ? Je crois que d'une certaine manière, je cherche à acheter leur amour. Cela est stupide, je sais.
Je me sens si coupable de n'avoir pas su les élever. Je me sens responsable de n'avoir pas su leur donner une bonne orientation scolaire, de n'avoir pas su les faire résider dans une région pleine d'activité et d'embauches, de n'avoir pas su leur communiquer un tempérament d'aventurier et de fonceur, de n'avoir pas su leur donner le goût du travail et de l'effort, de n'avoir pas su leur donner l'exemple, tout simplement.
Je les ai trop protégés.
Rempli de remords, je veux au moins leur montrer mon amour. Mais est-ce que cette débauche d'argent atteindra son but ? Je ne le crois pas.
 
Mon cœur saigne d'avoir été si peu leur modèle, d'avoir été si peu présent et si peu disponible

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03 septembre 2016

Mémoires et radotages (65) – Le travail ne court pas les rues

GSM

Hier, tu nous as expliqué ton envie de démissionner de ta boîte, sans même avoir trouvé un autre travail.
 
Est-ce que tu te souviens de ces quatre ans sans boulot ? Est-ce que tu as envie de revivre ce stress du gars qui se sent inutile ? Tu n’auras pas le droit au chômage ! Sans chômage, tu auras vite fait de croquer tes économies. Il te faudra vite quitter ton appart et ramener tes meubles chez nous… Nous t’accueillerons les bras ouverts, bien sûr…
 
Mais si je claque demain ? Y as tu pensé ? Ta tit’man sera dans une merde pas possible. Elle n’aura pas les moyens de t’entretenir et aura bien du mal à payer les frais de la maison (Impôts locaux, chauffage électrique, eau, assainissement).
Crois-tu que le RSA sera suffisant pour vivre en participant aux dépenses de la maisonnée (si encore le RSA n'est pas supprimé) ?
Et ta voiture ? Elle n'est pas toute jeune ! Si tu ne peux t'en procurer une ou la réparer, avoir un boulot devient mission impossible, hein, tu y a pensé ?
Crois-tu que c’est un avenir pour toi, dans la précarité pour te construire un avenir, un foyer, une famille à toi ?
Tu sais, il n’y a aucune meuf qui veuille se mettre en ménage avec un gars sans revenus, sans boulot.
 
Tu ne crois pas que bien que tu aies des difficultés avec ces horaires de dingue qu’ils vont t’imposer, tu as quand même un chez-toi et un certain confort matériel ?
Penses-y ! Ton stress de ne pas avoir des horaires permettant une vie sociale épanouie, c’est une chose, mais le stress de vivre dans la plus grande précarité sera bien pire ! Personnellement, je ne voudrais pas que tu deviennes SDF. As-tu réfléchi à ça ?
 
Et puis, les amis, c’est bien joli ! Ils ont été contents de venir te trouver, pour que tu leur donnes un coup de main, mais ils ne seront pas là pour t’aider financièrement quand tu seras dans la merde ! Ils ne te connaîtront plus !
 
Alors je comprends que faire en horaire de base, un samedi sur deux en poste, qui vont te gâcher le dimanche quand ce sera poste de nuit, sans compter les heures supp. qu’ils ne vont pas se gêner de parfois demander sur le reste du week-end, cela te stresse, cela te donne le sentiment de devenir un esclave qui, comme tu l’as dit, vit pour travailler au lieu de travailler pour vivre…
 
Alors, bien qu’on ne puisse comparer mes emplois au tien, serais-tu prêt à faire ce que j’ai fait pendant des années ? Serais-tu prêt à te lever à 4h1/4 du mat, et à revenir à des 20, 21, 22 heures, en ayant travaillé 12 heures, sans rémunération des heures supplémentaires, en ayant fait 300 kilomètres de trajet et tourné 20 minutes pour trouver à te garer ? Avec des frais de parcmètres exorbitants, des accrochages fréquents de ta bagnole à réparer de ta poche ?
 
Et pourtant, il fallait garder une volonté de fer, parce que qu’il y avait la petite nichée à nourrir ! Il fallait s’impliquer au point de finir par aimer ce genre de travail, pour le dominer et ne pas se laisser couler par lui…
 
Alors à ta place, que ferais-je ?
 
-Dans mon ancienne peau de père de famille, je m’accrocherais à mon taf ; plus je ferais d’heures plus je pourrais faire bouillir la marmite pour ma nichée…
-Si j’étais dans la peau d’un célibataire comme toi, je bosserais un maximum pour que la boite s’en sorte parce que ce serait mon intérêt d’avoir un emploi et un salaire, je mettrais le maximum de pognon de coté, je resterai dans la boite, tant qu’elle existe (parce que si cela se trouve, dans deux ans elle n’existera plus) et surtout tant qu’il n’y a pas de problème avec la hiérarchie. Parce que quand tu es harcelé, brimé au boulot, crois-moi, c’est terrible, c’est insupportable. Une fois, j’ai tenu deux ans avant de donner ma dém (mais j’avais créé mon propre nouvel emploi avant de me tirer de là)…
Toi, tu as la chance de ne pas subir ce genre de mise au placard, de harcèlement, de traîtrise, de vacheries répétées, on te paye tes heures supp (lorsqu’elles sont demandées par la boite) : c’est inappréciable, même s’ils ne payent pas les heures de débordements ni les heures de pauses !
 
Et si un jour t’es lourdé, t’as droit au chômedu, t’as des ronds de coté, t’as un CV en béton et tu peux plus facilement envisager de retrouver un emploi avec une certaine sécurité financière…
 
Tu n’y es que depuis 14 mois… C’est que dalle ! Et Marc, ton contremaître, qui est ingénieur en informatique, tu ne crois pas que s’il trouve une place à son goût, il ne se cassera pas ? S’il est remplacé par Eugène, tu pourrais bénéficier de la place de ce dernier ? Mais il te faut faire preuve de plus de niaque (de zèle)…
 
Parce que tu sais, de tous ceux qui gueulent à propos de ces horaires débordant sur le week-end, la grande majorité acceptera, laminée par la volonté du patron et parce que vous n’avez pas de syndicat pour vous protéger. Le peu qui refusera sera démissionnaire. Ne crois pas que tu seras soutenu jusqu’au bout dans ta révolte. Tu te retrouveras seul et en plus tu seras l’homme à abattre…
 
Alors toujours à ta place, si vraiment je voulais partir, je tiendrais bon et je chercherais avec une volonté d’enfer, un autre boulot (sans le dire à personne) ! Mais crois-moi, je préférerais encore bosser jusqu’à temps qu’on me lourde ou que la boite ferme…
 
Tu sais, mon Toto, le courage et la résilience, c’est ce qui fait l’homme…

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21 août 2016

Mémoires et radotages (3) - Papa

GSM

Drôle de situation que de se retrouver face à soi-même, finalement…
Je me souviens en 2004, avec toi Papa… C’était l’été, les vacances. Je t’avais emmené à Sainte Livrade pour jouer ton loto… Tu avais oublié tes lunettes sur la tablette du buraliste… Je t’avais laissé à l’ombre du marché couvert avec ta canne… J’ai couru chercher tes lunettes… En revenant tu fouillais dans tes poches et faisait tomber un billet, je te le ramassais, pendant que tu en perdais un autre, puis encore un autre, en retirant ta main de ta poche… Tu réalisais que tu avais joué 50 euros au lieu de 20… Il ne fallait pas le dire à ‘Maman’… Je t’ai aidé à grimper dans la voiture… Que j’étais ému… Toi qui était si fort, si costaud… Pendant que je bouclais ta ceinture… Tu m’as dit… « Cette fois-ci, tu sais, il n’y aura pas de troisième fois… Jésus m’a sauvé la vie deux fois déjà… C’est peut-être la dernière fois qu’on se revoit… »… Moi, bêtement, « mais noooonn, Papa, voyons ! »… Qui étais-je pour m’en sortir par une pirouette devant ta lucidité ?…
 
Toi si fort, si réaliste, si… En février je t’ai revu sur ton lit de mort… Là où, enfin, je t’ai dit « Je t’aime, Papa », bravant cette pudeur imbécile… Tu m’avais dit « Moi aussi »… Ce furent tes derniers mots… Comment pouvais-je comprendre ? Toi qui à 81 ans début 2000 étais monté sur ton toit pour le réparer suite à la grande tempête… Sans demander d’aide à personne… Quel homme ! Que j’ai été fier que tu sois mon père ! l’hépatite C a été la plus forte ! Saloperie de maladie refilée par l’hôpital Saint Roch à Nice, par des transfusions, du temps où … Une trentaine d’année auparavant… Sinon, je suis sur que tu serais encore là… Et on rigolerait…
 
Je parle de toi aux enfants… Ils se rappellent bien des histoires que tu leur racontais à table et qu’ils écoutaient la bouche ouverte, oubliant de manger. Tu faisais le clown et te déguisais pour les faire rire… Je crois que pour eux aussi, tu es impérissable…
 
 
Tu appelais ta mère à l’hosto en cette dernière journée de conscience, cette mère qui t’a tant manquée… Un jour sur un chantier, quand j’étais jeune, tu m’avais dit, perché sur ton échelle… que tu pensais à ta mère et que  tu pleurais, mais toujours quand tu étais seul… Je t’écoutais et je me souviens… Cela marque l’esprit, un homme si solide mais si sensible, si aimant… Un formidable père, en tous cas…

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30 avril 2016

Dur d'être un parent

2 Août 2013.

GSM

Coup de poignard dans le cœur ! Mon pauv'Nono n'a pas été reçu au BTS (Brevet de Technicien Supérieur).
 
Il y avait 10 ans que je n'avais pas vécu ça. Kikson avait alors raté son bac. Depuis lors, deux bacs et un BTS se sont heureusement bien passés.
 
Pourquoi faut-il tant souffrir d'évènements négatifs qui marquent nos enfants ?
Parce qu'on les aime. Parce que leur vie est la nôtre par procuration. Parce qu'ils sont tout pour nous; nous avons placé tous nos espoirs en eux. J'ai mal, peut-être davantage que s'il s'agissait d'un de mes propres échecs.
 
Quand j'échouais, je rebondissais, j'avais la hargne de triompher, de prendre ma revanche ! Mais eux, ils sont différents ! Ils n'ont pas cette volonté, ils encaissent mal. Alors, moi-aussi j'encaisse mal, dans une sorte de mimétisme avec mes enfants.
Comme si souffrir avec eux pouvait les aider à se reconstruire...

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03 avril 2016

Mémoires et radotages (17) – Toto

GSM

Enfin, les choses bougent… Le cadet est dans son logement social de deux pièces… Il fait des heures supplémentaires, il fait attention à ses dépenses… sauf pour ses jeux sur console… ma foi, après tout !...
L’autre jour, enfin, je dirais plutôt l’autre soir, il avait percuté un faon avec sa bagnole… Je l’ai cru très stressé. Le lendemain matin je me suis précipité et « Ouf ! »… Il y avait plus de peur que de mal ! … Enfin pour lui et sa voiture, du moins… Parce que le faon… Il est canné, le pauvre ! C’est la faute de ces putains de chasseurs ! C’est la pleine saison de leurs traques en forêt… Les bestiaux fuient… Et c’est les automobilistes et les animaux qui en font les frais…
 
Heureusement que quelques semaines avant je lui avais parlé longuement de l’attitude à avoir envers la présence inopinée de petits animaux sur la route : Pas de coups de volant, seulement le freinage… Il est vrai que je m’en suis farci un bon nombre de bestioles au cours de ma vie… Involontairement bien sur…
Quant à mon cadet, il était ému d’avoir écrasé un animal (surtout qu’il a perdu son chat il y a une dizaine de jours)… Ça va l’endurcir…
Il va comprendre qu’un accident, n’est pas un crime, qu’on n’y peut rien, c’est la vie… Mais qu’il faut tout faire pour éviter de mourir soi-même, pour éviter de faire mourir ceux qu’on aime, puis secondairement de faire mourir les autres… Il y a une hiérarchie, dans la vie… Par exemple, je donnerai ma vie pour protéger mes enfants, mais je la donnerai beaucoup moins volontiers pour sauver mes voisins…
 
Il a fait des heures sup le dernier mois et il a ainsi augmenté sa paye qui passe du niveau smicard au niveau technicien supérieur débutant… C’est pas mal pour un boulot d’ouvrier sur machine… Cela va le consoler un peu de n’avoir pas pu valoriser son diplôme… Il sait très bien que le contexte actuel est défavorable…
 
Je l’aide à refaire son appart (plafond de cuisine tout écaillé, mur de chambre aussi). J’y vais tous les lundis… Mais on attend les bons d’achats de peinture de la société de logements sociaux… Ils ne sont pas pressés de les envoyer… Ils sont chiés, quand même : On leur évite d’avoir recours à un artisan… Ils pourraient quand même faire diligence !
 
Les défauts de mon Toto ?... Chaque matin, à son réveil, il est d’une humeur de chien… et cela dure… Mais le reste de la journée… Il est d’une gentillesse à nulle autre pareille…
 
J’attends demain, pour voir Toto revenir au bercail… Il nous manque…

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31 mars 2016

Mémoires et radotages (16) – Honnêteté et enfants

GSM

C’est pour cela que je me replie sur ma famille et plus précisément sur ma famille proche… Elle me déçoit moins que ces dirigeants sans conscience, sans valeur humaine… Et pour tout dire, cons comme des bites !
Je me lâche ? Et pourquoi pas ? Après tout la vie est courte, " passe, passe le temps, il n’y en a plus pour très longtemps " (comme disait Moustaki)… Et puis je ne me suis jamais engagé à être poli… Et puis il faut dire que maintenant je radote, alors j’ai des excuses…
 
Je suis le patriarche comme je le disais précédemment : Plus de parents, plus de famille de ma mère, plus de famille du demi-frère de mon père… Cela fait tout drôle quand même !
J’ai des responsabilités, ou du moins je les prends comme telles… Je me fais du mouron pour mes petits garçonnets… Oui enfin… ils ont de 23 à 32 ans, mes moufflets !... Je n’ai pas réussi à dire " mes grands garçons ", contrairement à mes parents, qui savaient que respecter leurs enfants c’était aussi ne pas les infantiliser… J’ai des progrès à faire en la matière…
 
Y’a un truc qui me fascine, c’est les qualités de mes petits… grands garçons !... Tiens, prenons l’honnêteté, par exemple ! C’est incroyable, ce qu’ils sont d’une honnêteté scrupuleuse ! Et je suis si fier d’eux !... Parce que, finalement ils sont comme moi. Je peux avoir une confiance absolue en eux… Je n’en reviens pas… Et pourtant… Leur ai-je donné des leçons de morale ?... Leur ai-je appris ?... Je ne crois pas… Je ne m’en souviens pas… Est-ce une histoire de gènes ?... Est-ce une sorte d’imprégnation ?... Peut-être l’exemple, alors ?
Disons que, peut-être dans leur tendre enfance, je leur aurais peut-être emprunté quelque chose et rendu en leur disant « il faut toujours rendre ce qu’on nous prête » ? Ou bien « Ça, c’est l’argent des courses pour Maman, il ne faut pas y toucher » ? Vas savoir ?
J’ai demandé à ma femme… elle non plus ne se souvient pas…
Nous ne leur avons jamais donné d’argent de poche quand ils étaient petits, alors que beaucoup de leurs copains en avaient… Et pourtant, jamais ils n’ont piqué quoique ce soit dans un porte-monnaie…
Je leur ai donné des sous quand ils m’aidaient, quand ils ont été un peu plus grands… Peut-être ont-ils compris que l’argent, cela se gagnait ?... Peut-être aussi ressentaient-ils cet amour qu’on leur prodiguait et qu’ils en étaient reconnaissants ?... Quoique je connaisse autour de moi des familles où les enfants sont devenus de petits prétentieux, malhonnêtes, cons… que leurs parents laissaient tout faire, soi-disant pour " l’épanouissement de leur personnalité "…
 
Finalement… je pense qu’on a pas du leur laisser tout faire… finalement non… On a du leur expliquer… Et je sais qu’ils m’ont craint… Cela m’a servi d’autorité… Comme cela, je n’ai pas eu à sévir… Et puis… certainement qu’ils avaient un bon fond…
 
Je suis très fier d’eux ! Pour ces qualités, qu’ils ont… et aussi surtout parce que ce sont mes enfants, bien sur !...
 
Ce ne sont pas pour autant de petits anges. Ils ont leurs défauts… Mais ceux-ci sont si minimes et si véniels…

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