12 janvier 2017

Mémoires et radotages (84) – Papa - La patrie

GSM

Aujourd'hui, je voulais publier un autre texte... Et puis non ! J'ai écouté à nouveau mon père chanter et pour lui rendre hommage, à son patriotisme ainsi qu'au patriotisme de tous les Français qui ont donné ou failli donner leur vie pour défendre leur pays, les écrits attendront. Voici ce que mon père chantait sur le dvd ce matin... interprété par Armand Mestral...

 

chansons historiques de France 124 : ce que c'est qu'un drapeau ! 1909

 

 

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27 décembre 2016

L’amitié n’est pas tout pour devenir un homme

GSM

Expliqué à mon Nono en 2007...
 
Tu sais qu’un homme doit avoirs des valeurs dans la vie.
Toi, tu as des valeurs. Par exemple l’amitié. C’est très bien de placer l’amitié très haut dans tes valeurs, avec tout ce que ce la comporte : La fidélité en amitié, l’entraide, l’union ; la solidarité. C’est très bien.
 
Mais cependant, tu sais qu’il y a amitié et amitié. Il y a une graduation dans l’amitié. Il ne faut pas confondre vague connaissance, voisin, collègue, copain et ami.
 
De plus untel que tu penses être ton ami, peut n’éprouver que de la sympathie pour toi, ou peut faire semblant d’être ton ami. Ce sentiment d’amitié peut donc ne pas être réciproque. Il y a des faux amis.
 
Le gros problème, en amitié, c’est « est-ce que l’amitié justifie tout ? ». Souvent un ami te demande de l’aide. Tu l’aides, c’est bien. Mais si ce que tu es appelé à faire pour l’aider ne rentre pas dans tes valeurs, dois-tu l’aider ? Si tu es amené à participer à quelque chose d’illégal, dois-tu l’aider ?
Dans la vie, il y a d’autres valeurs que l’amitié. Le respect de toi-même et de ta conscience est la première des valeurs. Et c’est au nom de ce respect de toi-même que tu aides ton ami. Mais si une de tes valeurs est l’honnêteté, tu ne dois pas renoncer à cette valeur au nom de la fidélité à un soi-disant ami.
Un vrai ami, te demanderait-il de faire quelque chose d’illégal ou de malhonnête ?
L’amitié doit-elle primer sur ta morale ? Non, bien évidemment.
 
L’amitié s’arrête à la limite de tes valeurs. Il ne faut pas hésiter à dire « Non, je ne le ferais pas, c’est malhonnête, je ne serais pas ton complice ». Et si l’amitié cesse et bien tant pis. Est-ce un ami perdu quand on considère qu’il a voulu te pervertir et abuser de tes valeurs ? Non !
 
Tu vois, les vrais amis, sont ceux qui partagent les mêmes valeurs que toi. Il t’appartient donc de les sélectionner et de ne pas retenir ceux qui ne sont pas sur le même chemin que toi.
La vie, ce n’est pas que l’amitié, c’est la dignité, l’honneur, le respect de toi-même.
C’est aussi une force de caractère. On ne doit pas céder à des actes que l’on réprouve, par la seule force des sentiments. C’est cela être un homme.
 
L’amitié vient juste après, mais elle ne doit pas se substituer à ce que tu es ni à ce que tu penses. Être un homme, c’est faire des choix, ce n’est pas se laisser entraîner. C’est parfois difficile de faire des choix. Mais c’est le prix pour garder ta conscience pour toi-même. D’ailleurs il n’y a pas que l’amitié qui soit susceptible d’influencer les gens. Doit-t-on obéir à un ordre malsain, suivre une tendance, se laisser influencer ? Non ! C’est une leçon à apprendre de la vie.
 
Beaucoup de gens se sont laissés entraîner par amitié, ou par faiblesse.
Combien de délits n’auraient pas été commis si les gens avaient écouté leur conscience plutôt que leur amitié ?
 
Les trois quart des prisons sont peuplés de gens qui n’ont pas su prendre leurs responsabilités : Être un homme !

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25 décembre 2016

Mémoires et radotages (83) – Joyeux Noël mon bon Kiki

GSM

Tu sais, j’aurais tant aimé emmener tes petits frères pour aller te voir, parce que je suis si heureux quand vous êtes ensemble (et j’aime tant vous voir ensemble… Tu es un tel papa-poule pour Toto et Nono)… Malgré le fait que votre tit’man ne vienne plus nulle part, à cause de la charge de votre mémère… Mais cette année trop de choses arrivent : les pannes à répétition de la voiture de ta mère. J’ai explosé le budget réparation cette année…
Et puis il y a cette série d’éléments à prendre en compte : Ta mère avec son omoplate fracturée et son orthèse, qui doit aller s’occuper de sa mère et des chats de merde. Le rendez-vous pour la voiture pour la nouvelle panne, le rendez-vous à prendre pour la radio de ta mère, la radio à faire si ça tombe la semaine entre Noël et le jour de l’an…
 
Et par-dessus tout, toute cette série d’événements et d’accident fâcheux provoquent chez moi une panique… Et j’ai peur d’en rajouter en allant te voir : Et si la voiture tombe en panne ? Et si J’ai un accident avec des petits frères ?
 
Alors je regrette de ne pas venir te voir (et tes frères aussi)… J’espère que tout ira mieux dans quelque temps et qu’on pourra recommencer à venir te voir, mon Kiki !
 
Je te souhaite de passer un joyeux Noël ! Toto est là. Ta mère, Toto et Nono ont préparé une raclette le 24 au soir…
 
J’espère que tu viendras en Janvier…
 
Je t’aime. On t’aime tous !
 
Papa

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23 décembre 2016

Si ému et si honteux… (Noël 2012)

GSM

Les autres années, c'est nous qui offrions des cadeaux à nos enfants pour Noël...
Mais cette fois-ci nous étions à sec...
 
Cette année, c'est mon Toto qui a offert des cadeaux à tout le monde (A ses frères et à nous)...
 
Je savais depuis longtemps que sous sa carapace se cachait un cœur en or massif. Je savais sa générosité et sa tendresse...
 
D'autre part, mon kiki nous a préparé un excellent repas pour ce réveillon de Noël. Il a acheté de sa poche, alors qu'il est au RSA...
 
Nono nous a mis un DVD rigolo... On a passé une excellente soirée, si heureux d'être entourés de nos trois enfants...
 
Cependant, je ne peux empêcher l'émotion qui m'étreint... Tant d'amour de la part de nos enfants !
De plus, j'ai un peu honte de n'avoir plus les moyens de leur offrir des cadeaux. J'ai juste donné un peu d'argent au petit dernier, parce qu'il est le seul sans ressource...
 
J'ai un peu honte de n'être plus un super Papa...
 
PUTAIN DE RETRAITE DE MERDE !!!

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17 décembre 2016

Mon fils

GSM

Sais-tu que l’amour n’obéit pas à toutes les règles des mathématiques ?
 
On peut classifier l’amour qu’on a pour l’un ou pour l’autre. « J’aime A plus que B mais moins que C et autant que D ».
 
L’amour pour mes enfants s’additionne, mais ne se soustrait pas, se multiplie mais ne se divise pas.
 
Je t’aime mon fils comme je n’aime personne. Mais j’aime tes frères autant que je t’aime. L’amour que j’ai pour eux, je ne te l’enlève pas à toi et inversement.
Vous êtes chacun la personne à qui je tiens le plus, chacun celui qui me manque dès qu’il n’est pas là…
 
C’est pour cela que je m’inquiète tant pour ton avenir et tu dois le comprendre. C’est parce que je t’aime que je suis inquiet pour toi.
 
Mais l’inquiétude que j’ai pour vous trois obéit, elle, aux mathématiques, hélas.
Je me fais trois fois plus de mauvais sang pour vous trois ensemble.
 
Essaye de réussir ta vie, tant que je puis t’être d’un quelconque secours.
 
Cela serait un tel baume pour mon cœur !
Quand tu es devenu adulte tout à changé. J’ai cru t’avoir bien élevé, mais aujourd’hui je ne sais plus. Vous vous êtes élevés tout seul, si facilement ! Je n’ai peut-être pas fait ce qu’il fallait lorsque toi et tes frères êtes devenus grands.
 
Je t’ai transmis en patrimoine, ainsi qu’à tes frères, cette révolte contre l’injustice.
Deux d’entre vous réagissent en se coupant du monde et de la vie d’adulte. Le troisième devient violent et se dirige vers la révolte, la marginalité et l’exclusion…
 
Quand vas-tu prendre conscience de tes responsabilités ? La solution n’est dans aucune de ces attitudes.
Pour toi qui refuse de m’écouter, qui refuse le dialogue, comme pour toi qui n’as pas franchi ton cocon familial, j’envoie ce mail en espérant que tu le liras.
 
On ne répond pas à l’injustice par l’injustice et la marginalité.
On ne répond pas à l’injustice par le rejet du monde du travail.
 
L’honnêteté, l’équité, la pugnacité et le courage sont les vertus qui vous permettront de réussir votre vie.
 
Ne perds pas les deux premières et cultive les deux autres…
 
Je t’aime
 
Papa

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05 décembre 2016

Les vacances (1)

GSMAoût 2014

Notre fils ainé est reparti mardi dernier. Pour nous les vacances sont finies. Nous étions contents de le voir avec nous, même s’il était plus souvent avec ses copains d’enfance, comme à chaque fois qu’il vient. Il est si dévoué, si gentil. Il nous a cuisiné des recettes à lui, qu’il nous a mijoté, même si j’étais un peu horrifié par le prix des ingrédients qu’il m’a fallu débourser… Il nous a aidé et a rangé la salle de bains, plusieurs nuits de suite (six sacs poubelles à jeter)… Et poutant, il y a toujours auttant de bordel, c'est à n'y rien comprendre !
Nous l’avons donc accompagné à la gare ce jour-là. Et quand le train a démarré, Ma femme était émue et moi, j’ai carrément pleuré… Ce n’est pas la première fois et surement pas la dernière.
 
Il y a plus de dix ans, c’était mes parents qui pleuraient à leur portail en nous regardant partir. Nous, bien qu’émus, nous étions contents de retourner chez nous.
 
La roue tourne. Je suis maintenant le patriarche d’une lignée qui s’arrêtera probablement à mes enfants. L’horloge tourne inexorablement et à mi-août, mon cœur prend déjà ses quartiers d’hiver.
 
Je sais à présent très exactement la vie qu’à mon ainé dans cette grande ville. Un revenu de misère, beaucoup d’heures de travail, aucune sécurité d’emploi, une vue qui baisse, un achat de lunettes différé depuis des années...
Heureusement qu’il n’a pas de charge de famille, heureusement qu’il est optimiste.
 
Mais je suis si inquiet. Sa survie est si précaire. Il se passe parfois de manger, ne nous le dit pas, mais un relevé de banque qui trainait et le non-contenu de son frigo nous en ont appris bien plus qu’il ne veut nous dire.
Lui si généreux, qui a rapporté des jeux, des livres à ses frères, qui s’est privé pour eux, alors qu’il n’a pas un flèche…
 
Alors, je pleure de plus belle, j’ai honte d’exister, ma vie a été et est inutile.
 
Alors il est parti… Je souhaite si fort qu’un jour il puisse progresser et avoir une vie « normale », avec un foyer, éventuellement des petits loupiots, mais surtout un avenir…
..........
C’est l’hiver et je vais prier, car il mérite d’avoir sa chance. « Aide-toi, le ciel t’aidera ». Il s’aide beaucoup et je pense que son Papy, de là haut, lui enverra le coup de pouce. Mon père m’a promis qu’il serait toujours là dans l’au-delà pour nous. Il y aura le déclic, ce que tout un chacun appelle : "un coup de pot", "le hasard" ou "le cul bordé de nouilles"…
 
Les vacances sont finies.
Début d'un nouveau récit biographique dans les inclassables :
http://zalandeau3.canalblog.com/

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26 novembre 2016

L’aventure en terre inconnue

GSM2010 :

J'ai récupéré mon Nono à la sortie du Lycée. L'extraction n'a posé aucun problème. Je l'ai engagé comme conseiller technique. Notre unité était alors constituée The "ZALANDEAU COMMANDO"...
 
Mission : Profiter de l'accalmie entre Zalandeau et sa femme pour relancer l'opération coup de charme.
 
Stratégie : Constituer les stocks nécessaires à l'opération "ZALANDEAU'S WIFE BIRTHDAY" qui aura lieu dans deux jours.
 
Jour J-2 :
 
- Nous sautâmes à terre. Nono attaqua le dépôt de caddies et s'empara d'un véhicule en excellent état.
- Nous fîmes notre jonction au rayon pâtisserie.
- Le conseiller technique désigna rapidement les deux pâtisseries compatibles avec les goûts de sa mère.
- Je remplis le caddie avec une de chaque. Déjà Nono avait démarré sur les chapeaux de roues...
- Le CHECK POINT CANDLE fut atteint en un temps record ! Personne ne tenta de nous empêcher de nous emparer des bougies d'anniversaires que nous prîmes sans coup férir.
- Le raid suivant très délicat au BIRTHDAY CARD POINT nous tenait en haleine... Je fis le guet comme prévu, alors que Nono, en fin consultant technique se chargeait se sélectionner les deux cartes d'anniversaires les plus performantes.
 
Ouf ! La réussite était à nos cotés !
 
Nous n'eûmes pas de mal à nous fondre dans la queue de la caisse, à payer et à regagner notre camp de base.
 
Le succès de la mission fut total !
 
Il reste à espérer que le D-Day se passera aussi bien, sans grognement, sans jappement et dans la bonne humeur...
 
Je tiens ici à honorer tous les participants à l'opération et notamment je salue mon fils Nono, qui montra ses qualités de conseiller technique au plus haut de ce que j'attendais de mes personnels ! Il honore ainsi les traditions de compétences et d'efficacité de notre unité !
 
A tous, je dis Merci !

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24 novembre 2016

Dépression du retraité : Tel père, tel fils

GSM

Lorsque mon père est parti à la retraite, il a très mal vécu cette étape. Il perdit sa force physique très rapidement.
Un jour, sa moto tomba. Il ne parvint pas à la relever sans l’aide de ses collègues de pétanque. Il en éprouvât une telle honte, que le lendemain il alla vendre son bolide à deux roues.
Il perdit aussi sa force psychique.
 
J’avais alors la trentaine et si je comprenais ce qui lui arrivait, je me jurais bien que je serai plus philosophe que lui et que je vivrai mieux que lui ce passage obligé.
Hélas, il n’en fut rien. On a beau se dire qu’on ne peut pas être et avoir été, qu’on savait tout cela d’avance, on ne parvient pas pour autant à échapper à ce traumatisme.
 
J'explique :
La retraite est un moment de changement de rythme de vie où l’humain peut perdre en gratification sociale : c'est donc une phase de grande vulnérabilité.
La perte du statut social et des relations professionnelles consécutive à la prise de retraite peut provoquer un traumatisme si la personne ne recrée pas des rapports sociaux.
Mon travail était dans une région, ma maison dans une autre, sorte de maison dortoir dans une région de cons conservateurs ploucs (double pléonasme). Il est impossible de tisser des liens avec une population que je trouve aussi infecte, dans un cadre aussi vide et aussi peu attractif. Mais ça, j'aurais du l'appréhender bien avant , malheureusement je ne l'ai pas fait.
De plus, la perte de revenus amène des soucis inextricables et l’aliénation de ma liberté. 
 
Nota bene :
Inversement, beaucoup de travailleurs échappent plus souvent à ce syndrome :
- Soit, parce que leur rythme de vie de travail leur a laissé le temps d’avoir une vie sociale qui perdure lors de la prise de retraite et a sauvegardé l’entièreté de leurs capacités. On voit ainsi des retraités se mettre à travailler au black, tellement pleins de l’énergie économisée pendant toute leur vie précédente.
- Soit parce la quantité de stress subi passivement au travail, cesse au moment de la prise de retraite. On voit alors des retraités devenir en meilleure santé psychique et également physique, puisque les maladies étaient souvent psychosomatiques.
 
Il ne faudrait jamais se donner à fond dans un travail dont on attend tout et qui est tout pour nous.
J'ai bien compris que ce choc affectif majeur de la rupture, ce déclin des capacités physiques, intellectuelles, ces disgrâces physiques, suscitent un sentiment de perte, des blessures narcissiques, un traumatisme psychologique et génèrent une dépression entraînant la résignation progressive à notre propre mort.
 
 Je cite des statistiques : 
« 10 à 15 % des personnes âgées de plus de 65 ans souffrent de dépression,
20 % des plus de 75 ans souffrent de dépression majeure.
Fréquente chez les jeunes retraités, la dépression est souvent ignorée des proches et sous-estimée par le médecin, ce qui explique le fort taux de suicide au troisième âge :
En France : un taux de 50 pour 100 000 habitants parmi les hommes âgés de 65 à 74 ans,
Avec ce taux, la France se situe au 2e rang en Europe, derrière l'Autriche (55 pour 100 000 habitants).
En constante augmentation dans les pays développés, le suicide des personnes âgées représente environ 1/3 des suicides. » 
 
Je reviens à mon sujet :
Ce n'est pas parce que je savais et que je comprenais le mal dont je souffrais, que j'ai pu y échapper. Le seul moyen aurait été que je puisse y porter remède. Il m'aurait fallu trouver une solution, bâtir un projet, mais surtout essayer de retrouver suffisamment de ce courage, de cette combativité qui furent les miens et qui avaient disparu. J'ai bien cherché. Je n'ai pas trouvé. Tout m'emprisonnait, l'environnement, l'argent, moi-même.
 
Je subissais, subissais, subissais, chose que je n'avais jamais faite auparavant. Ce renoncement forcé rajoutait au mal qui me rongeait...
 
Aujourd'hui je comprends mon père, parce que je vis ce qu'il a vécu. Aujourd'hui, je suis sorti de cette révolte contre la vieillesse... mais le présent et l'avenir n'ont plus d'attrait ! La vie n'est plus qu'un mal, au mieux nécessaire, au pire transitoire...
 

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04 novembre 2016

Mémoires et radotages (74) – Grand Nono mais petit enfant

GSM

Profitant de l’absence de sa mère et du fait qu’il s’était levé plus tôt pour avoir un entretien par Webcam interposée avec pôle emploi, j’ai parlé le 3 novembre à mon Nono. Faisant mine de m’inquiéter sur la teneur des propos qu’il venait d’échanger au sujet de sa recherche d’emploi, il me fut facile de dériver vers le sujet qui me préoccupait…
 
Il a bien reçu le message et a bien compris la problématique qui me taraudait !
Je pense qu’il va intensifier ses recherches d’emploi, c’est un garçon raisonnable !... Quoique !...
De plus, je lui ai suggéré d’étendre ses recherches à une beaucoup plus grande zone géographique, en lui citant mon exemple à son âge… Je n’avais pas hésité à l’époque à changer de région et à déménager plusieurs fois…
Il a bien compris le propos, là encore et aussi quand j’ai abordé sa surqualification par rapport au marché de l’emploi et aux sacrifices d’ego et de salaires qu’il lui faudrait consentir…
 
La seule chose, qui l’a fait se rebiffer, c’est mon insistance sur quelque notion de mort que ce soit, même en tant qu'éventualité ! Au point de la nier avec véhémence !
Il est dans cette période de sa vie où il refuse encore l'idée que l’un ou l’autre de ses parents puisse disparaître un jour. Il serait capable de se boucher les oreilles afin de ne point entendre ces propos…
Cela me rappelle mon attitude quand en 2004, à mon père qui me disait « Tu sais, je crois que c'est la dernière fois qu'on se voit », j’avais hypocritement répondu « Mais non Papa, ça n’est pas pour bientôt, voyons ! », alors que la suite lui avait donné raison, une fois de plus…
 
Sauf que dans mon cas c’était un mélange de négation et d’hypocrisie, alors que dans la voix de mon fils j’ai carrément entendu de la révolte… Comme chez un enfant… Je crois qu’il aura beaucoup de mal à l’admettre le jour où cela se produira… Il avait d’ailleurs beaucoup pleuré en 2005 quand je suis revenu des obsèques de son Papy. Je l’avais surpris caché dans un coin en train de pleurer à chaudes larmes… Mon petit garçon, mon petit dernier… Pour ce que tu es, pour ton grand cœur si bien caché, je t’aime !
 
Enfin, l’essentiel, c’est qu’il ait compris qu’il y avait une urgence pour lui… Mission accomplie : Plus tôt il aura un taf, mieux je pourrai l’aider… Mais cependant... Je sais qu'il est rebelle et parfois un peu obstiné... L'histoire n'est pas close à mon avis...
 
Pauvres enfants de cette génération, condamnés à des boulots sous-qualifiés, sous-payés, ou à pas de boulot du tout !
 
Nos dirigeants devraient avoir honte d’avoir mené le bateau France vers le naufrage !
En attendant, ils n’ont aucun remord, aucun état d’esprit perturbé par quoique ce soit, alors que les enfants de leurs concitoyens sont stressés face à un avenir sans visibilité et que nous, les parents, sommes angoissés et emplis d’une culpabilité diffuse…

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02 novembre 2016

Mémoires et radotages (73) – Mon grand Nono

GSM

Quand on a appris le 1er octobre dernier, que tu avais obtenu ta conduite, donc ton permis, j’ai ressenti un grand soulagement ! Tu avais eu la chance d’obtenir ton code en février, avant que ces pourritures du gouvernement ne « simplifient » soi disant cette épreuve en avril, ce qui a eu pour effet de faire passer le taux de réussite de 70% à 17 % ! Ils sont toujours autant, soit abrutis, soit de sales menteurs pervers, ceux-là ! La patronne de l’auto-école catastrophée m’a révélé que 1000 questions super-vicieuses avaient été rajoutées ! Bref !
Enfin, tu étais armé pour la vie, du moins dans le domaine de mes attributions : Je ne pouvais plus rien faire d’autre pour toi…
Depuis, je t’ai entrepris au sujet du travail ! Je t’ai alors dit que maintenant, le temps de la recherche de boulot était enfin venu, puisque tu n’avais plus d’excuse pour l’éloignement éventuel d’un taf dans cette putain de région au taux de chômage double du taux national. Tu as 24 ans maintenant et il faut que tu prennes ta vie en mains !
A mes demandes répétées, tu as évasivement répondu que tu n’avais pas encore commencé…
……….
J’ai causé à sa mère… Elle n’a pas eu de discussion avec notre fils et malgré mes demandes elle n’a rien fait à ce sujet…
Je vais donc tâcher de trouver un moment propice pour lui reparler plus en détail…
 
C’est une simple question d’opportunité… Il me faut trouver une circontance où, sans son ordinateur, sans télé, sans ses frères, je pourrai capter entièrement toute son attention.
 
Je me donne une semaine pour ‟organiser” ce moment afin de lui dire ceci :
 
« Mon grand Nono, tu sais que ma santé ainsi que celle de ta mère déclinent ! Nous ne sommes pas tous égaux devant la vieillesse. Certains sont sveltes et en bonne santé jusqu’à 90 berges, mais d’autres s’éteignent bien plus tôt, comme un de tes oncles qui vient de canner il y a quelques jours à 61 ans, par exemple !
Pour ma part, chaque mois, chaque semaine, je constate que ma santé se dégrade à cause de mes pathologies actelles. De plus à mon âge les risques sont importants d'une mort rapide par AVC (tu sais que j'en ai déjà eu un petit), crise cardiaque, cancer fulgurant, etc... Ce qui risque d’arriver, c’est soit la dépendance, soit la mort…
 
C’est bien un risque comportant des inconvénients très importants pour ton avenir. Dans un cas comme dans l’autre, ta mère serait dans une vraie merde ! Avec une retraite estimée de 578 €uros qu’elle n’obtiendra que dans deux ans et :
-Soit une pension de réversion (si je meurs) qui risque d’être au minimum si ma première femme est encore de ce monde,
-Soit ma retraite absorbée (si je suis placé en EHPAD), par ma dépendance et qui ne pourrait plus vous faire vivre,
ta mère ne pourrait pas t’aider et elle-même ne pourrait pas s’en sortir toute seule financièrement.
 
Enfin, tout ça pour te dire que le risque est que tu sois pris dans la tourmente et que le porte-avion coule avant que tu l’aies quitté. Alors ce que je voudrais, c’est que du aies un boulot afin de pouvoir te prendre en charge tout seul…
 
Dès que tu auras un taf, je te donnerai ma voiture… Je t’aiderai à t’installer comme je l’ai fait pour ton grand frère Toto et jadis pour Kiki… Mais il faut que cela se fasse tant que je peux le faire ! Chaque mois je tape dans mon livret A pour compléter mes revenus insuffisants. Et ça fond à vue d’œil ! Il faut que tu te dépêches, tant que je peux encore t’aider, parce que bientôt je n’aurai plus les moyens de le faire, même si ma santé me le permettait et parce que selon moi, sur tous les plans, je pense qu’il y a urgence…
 
Bon je sais, c’est pas facile de trouver un job, mais commence à chercher et soit motivé, car tu n’auras pas forcément la chance d’avoir l’aide de tes parents comme Toto pendant quatre ans… Tu ne sais pas quoi faire ? Ce n’est pas grave ! Réponds aux annonces si tu penses que tu as le niveau et fais des candidatures spontanées en proposant celles de tes compétences que tu penses en adéquation avec le métier des entreprises ciblées !
Tu sais, moi, je n’ai pas fait ce que je voulais faire dans la vie ! Je n’ai fait que ce que j’ai pu faire, en me plongeant dans le boulot au point de finir par aimer ce qui me semblait stupide ou inintéressant…
 
Je t’aime très fort mon Nono et je ne veux pas que te retrouves dans la merde !
Alors, s’il te plait, il y a urgence ! »
 
Bon ! Comment vais-le piéger pour avoir une demie heure avec mon Nono en tête à tête ?

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