05 décembre 2016

Les vacances (1)

GSMAoût 2014

Notre fils ainé est reparti mardi dernier. Pour nous les vacances sont finies. Nous étions contents de le voir avec nous, même s’il était plus souvent avec ses copains d’enfance, comme à chaque fois qu’il vient. Il est si dévoué, si gentil. Il nous a cuisiné des recettes à lui, qu’il nous a mijoté, même si j’étais un peu horrifié par le prix des ingrédients qu’il m’a fallu débourser… Il nous a aidé et a rangé la salle de bains, plusieurs nuits de suite (six sacs poubelles à jeter)… Et poutant, il y a toujours auttant de bordel, c'est à n'y rien comprendre !
Nous l’avons donc accompagné à la gare ce jour-là. Et quand le train a démarré, Ma femme était émue et moi, j’ai carrément pleuré… Ce n’est pas la première fois et surement pas la dernière.
 
Il y a plus de dix ans, c’était mes parents qui pleuraient à leur portail en nous regardant partir. Nous, bien qu’émus, nous étions contents de retourner chez nous.
 
La roue tourne. Je suis maintenant le patriarche d’une lignée qui s’arrêtera probablement à mes enfants. L’horloge tourne inexorablement et à mi-août, mon cœur prend déjà ses quartiers d’hiver.
 
Je sais à présent très exactement la vie qu’à mon ainé dans cette grande ville. Un revenu de misère, beaucoup d’heures de travail, aucune sécurité d’emploi, une vue qui baisse, un achat de lunettes différé depuis des années...
Heureusement qu’il n’a pas de charge de famille, heureusement qu’il est optimiste.
 
Mais je suis si inquiet. Sa survie est si précaire. Il se passe parfois de manger, ne nous le dit pas, mais un relevé de banque qui trainait et le non-contenu de son frigo nous en ont appris bien plus qu’il ne veut nous dire.
Lui si généreux, qui a rapporté des jeux, des livres à ses frères, qui s’est privé pour eux, alors qu’il n’a pas un flèche…
 
Alors, je pleure de plus belle, j’ai honte d’exister, ma vie a été et est inutile.
 
Alors il est parti… Je souhaite si fort qu’un jour il puisse progresser et avoir une vie « normale », avec un foyer, éventuellement des petits loupiots, mais surtout un avenir…
..........
C’est l’hiver et je vais prier, car il mérite d’avoir sa chance. « Aide-toi, le ciel t’aidera ». Il s’aide beaucoup et je pense que son Papy, de là haut, lui enverra le coup de pouce. Mon père m’a promis qu’il serait toujours là dans l’au-delà pour nous. Il y aura le déclic, ce que tout un chacun appelle : "un coup de pot", "le hasard" ou "le cul bordé de nouilles"…
 
Les vacances sont finies.
Début d'un nouveau récit biographique dans les inclassables :
http://zalandeau3.canalblog.com/

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26 novembre 2016

L’aventure en terre inconnue

GSM2010 :

J'ai récupéré mon Nono à la sortie du Lycée. L'extraction n'a posé aucun problème. Je l'ai engagé comme conseiller technique. Notre unité était alors constituée The "ZALANDEAU COMMANDO"...
 
Mission : Profiter de l'accalmie entre Zalandeau et sa femme pour relancer l'opération coup de charme.
 
Stratégie : Constituer les stocks nécessaires à l'opération "ZALANDEAU'S WIFE BIRTHDAY" qui aura lieu dans deux jours.
 
Jour J-2 :
 
- Nous sautâmes à terre. Nono attaqua le dépôt de caddies et s'empara d'un véhicule en excellent état.
- Nous fîmes notre jonction au rayon pâtisserie.
- Le conseiller technique désigna rapidement les deux pâtisseries compatibles avec les goûts de sa mère.
- Je remplis le caddie avec une de chaque. Déjà Nono avait démarré sur les chapeaux de roues...
- Le CHECK POINT CANDLE fut atteint en un temps record ! Personne ne tenta de nous empêcher de nous emparer des bougies d'anniversaires que nous prîmes sans coup férir.
- Le raid suivant très délicat au BIRTHDAY CARD POINT nous tenait en haleine... Je fis le guet comme prévu, alors que Nono, en fin consultant technique se chargeait se sélectionner les deux cartes d'anniversaires les plus performantes.
 
Ouf ! La réussite était à nos cotés !
 
Nous n'eûmes pas de mal à nous fondre dans la queue de la caisse, à payer et à regagner notre camp de base.
 
Le succès de la mission fut total !
 
Il reste à espérer que le D-Day se passera aussi bien, sans grognement, sans jappement et dans la bonne humeur...
 
Je tiens ici à honorer tous les participants à l'opération et notamment je salue mon fils Nono, qui montra ses qualités de conseiller technique au plus haut de ce que j'attendais de mes personnels ! Il honore ainsi les traditions de compétences et d'efficacité de notre unité !
 
A tous, je dis Merci !

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24 novembre 2016

Dépression du retraité : Tel père, tel fils

GSM

Lorsque mon père est parti à la retraite, il a très mal vécu cette étape. Il perdit sa force physique très rapidement.
Un jour, sa moto tomba. Il ne parvint pas à la relever sans l’aide de ses collègues de pétanque. Il en éprouvât une telle honte, que le lendemain il alla vendre son bolide à deux roues.
Il perdit aussi sa force psychique.
 
J’avais alors la trentaine et si je comprenais ce qui lui arrivait, je me jurais bien que je serai plus philosophe que lui et que je vivrai mieux que lui ce passage obligé.
Hélas, il n’en fut rien. On a beau se dire qu’on ne peut pas être et avoir été, qu’on savait tout cela d’avance, on ne parvient pas pour autant à échapper à ce traumatisme.
 
J'explique :
La retraite est un moment de changement de rythme de vie où l’humain peut perdre en gratification sociale : c'est donc une phase de grande vulnérabilité.
La perte du statut social et des relations professionnelles consécutive à la prise de retraite peut provoquer un traumatisme si la personne ne recrée pas des rapports sociaux.
Mon travail était dans une région, ma maison dans une autre, sorte de maison dortoir dans une région de cons conservateurs ploucs (double pléonasme). Il est impossible de tisser des liens avec une population que je trouve aussi infecte, dans un cadre aussi vide et aussi peu attractif. Mais ça, j'aurais du l'appréhender bien avant , malheureusement je ne l'ai pas fait.
De plus, la perte de revenus amène des soucis inextricables et l’aliénation de ma liberté. 
 
Nota bene :
Inversement, beaucoup de travailleurs échappent plus souvent à ce syndrome :
- Soit, parce que leur rythme de vie de travail leur a laissé le temps d’avoir une vie sociale qui perdure lors de la prise de retraite et a sauvegardé l’entièreté de leurs capacités. On voit ainsi des retraités se mettre à travailler au black, tellement pleins de l’énergie économisée pendant toute leur vie précédente.
- Soit parce la quantité de stress subi passivement au travail, cesse au moment de la prise de retraite. On voit alors des retraités devenir en meilleure santé psychique et également physique, puisque les maladies étaient souvent psychosomatiques.
 
Il ne faudrait jamais se donner à fond dans un travail dont on attend tout et qui est tout pour nous.
J'ai bien compris que ce choc affectif majeur de la rupture, ce déclin des capacités physiques, intellectuelles, ces disgrâces physiques, suscitent un sentiment de perte, des blessures narcissiques, un traumatisme psychologique et génèrent une dépression entraînant la résignation progressive à notre propre mort.
 
 Je cite des statistiques : 
« 10 à 15 % des personnes âgées de plus de 65 ans souffrent de dépression,
20 % des plus de 75 ans souffrent de dépression majeure.
Fréquente chez les jeunes retraités, la dépression est souvent ignorée des proches et sous-estimée par le médecin, ce qui explique le fort taux de suicide au troisième âge :
En France : un taux de 50 pour 100 000 habitants parmi les hommes âgés de 65 à 74 ans,
Avec ce taux, la France se situe au 2e rang en Europe, derrière l'Autriche (55 pour 100 000 habitants).
En constante augmentation dans les pays développés, le suicide des personnes âgées représente environ 1/3 des suicides. » 
 
Je reviens à mon sujet :
Ce n'est pas parce que je savais et que je comprenais le mal dont je souffrais, que j'ai pu y échapper. Le seul moyen aurait été que je puisse y porter remède. Il m'aurait fallu trouver une solution, bâtir un projet, mais surtout essayer de retrouver suffisamment de ce courage, de cette combativité qui furent les miens et qui avaient disparu. J'ai bien cherché. Je n'ai pas trouvé. Tout m'emprisonnait, l'environnement, l'argent, moi-même.
 
Je subissais, subissais, subissais, chose que je n'avais jamais faite auparavant. Ce renoncement forcé rajoutait au mal qui me rongeait...
 
Aujourd'hui je comprends mon père, parce que je vis ce qu'il a vécu. Aujourd'hui, je suis sorti de cette révolte contre la vieillesse... mais le présent et l'avenir n'ont plus d'attrait ! La vie n'est plus qu'un mal, au mieux nécessaire, au pire transitoire...
 

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04 novembre 2016

Mémoires et radotages (74) – Grand Nono mais petit enfant

GSM

Profitant de l’absence de sa mère et du fait qu’il s’était levé plus tôt pour avoir un entretien par Webcam interposée avec pôle emploi, j’ai parlé le 3 novembre à mon Nono. Faisant mine de m’inquiéter sur la teneur des propos qu’il venait d’échanger au sujet de sa recherche d’emploi, il me fut facile de dériver vers le sujet qui me préoccupait…
 
Il a bien reçu le message et a bien compris la problématique qui me taraudait !
Je pense qu’il va intensifier ses recherches d’emploi, c’est un garçon raisonnable !... Quoique !...
De plus, je lui ai suggéré d’étendre ses recherches à une beaucoup plus grande zone géographique, en lui citant mon exemple à son âge… Je n’avais pas hésité à l’époque à changer de région et à déménager plusieurs fois…
Il a bien compris le propos, là encore et aussi quand j’ai abordé sa surqualification par rapport au marché de l’emploi et aux sacrifices d’ego et de salaires qu’il lui faudrait consentir…
 
La seule chose, qui l’a fait se rebiffer, c’est mon insistance sur quelque notion de mort que ce soit, même en tant qu'éventualité ! Au point de la nier avec véhémence !
Il est dans cette période de sa vie où il refuse encore l'idée que l’un ou l’autre de ses parents puisse disparaître un jour. Il serait capable de se boucher les oreilles afin de ne point entendre ces propos…
Cela me rappelle mon attitude quand en 2004, à mon père qui me disait « Tu sais, je crois que c'est la dernière fois qu'on se voit », j’avais hypocritement répondu « Mais non Papa, ça n’est pas pour bientôt, voyons ! », alors que la suite lui avait donné raison, une fois de plus…
 
Sauf que dans mon cas c’était un mélange de négation et d’hypocrisie, alors que dans la voix de mon fils j’ai carrément entendu de la révolte… Comme chez un enfant… Je crois qu’il aura beaucoup de mal à l’admettre le jour où cela se produira… Il avait d’ailleurs beaucoup pleuré en 2005 quand je suis revenu des obsèques de son Papy. Je l’avais surpris caché dans un coin en train de pleurer à chaudes larmes… Mon petit garçon, mon petit dernier… Pour ce que tu es, pour ton grand cœur si bien caché, je t’aime !
 
Enfin, l’essentiel, c’est qu’il ait compris qu’il y avait une urgence pour lui… Mission accomplie : Plus tôt il aura un taf, mieux je pourrai l’aider… Mais cependant... Je sais qu'il est rebelle et parfois un peu obstiné... L'histoire n'est pas close à mon avis...
 
Pauvres enfants de cette génération, condamnés à des boulots sous-qualifiés, sous-payés, ou à pas de boulot du tout !
 
Nos dirigeants devraient avoir honte d’avoir mené le bateau France vers le naufrage !
En attendant, ils n’ont aucun remord, aucun état d’esprit perturbé par quoique ce soit, alors que les enfants de leurs concitoyens sont stressés face à un avenir sans visibilité et que nous, les parents, sommes angoissés et emplis d’une culpabilité diffuse…

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02 novembre 2016

Mémoires et radotages (73) – Mon grand Nono

GSM

Quand on a appris le 1er octobre dernier, que tu avais obtenu ta conduite, donc ton permis, j’ai ressenti un grand soulagement ! Tu avais eu la chance d’obtenir ton code en février, avant que ces pourritures du gouvernement ne « simplifient » soi disant cette épreuve en avril, ce qui a eu pour effet de faire passer le taux de réussite de 70% à 17 % ! Ils sont toujours autant, soit abrutis, soit de sales menteurs pervers, ceux-là ! La patronne de l’auto-école catastrophée m’a révélé que 1000 questions super-vicieuses avaient été rajoutées ! Bref !
Enfin, tu étais armé pour la vie, du moins dans le domaine de mes attributions : Je ne pouvais plus rien faire d’autre pour toi…
Depuis, je t’ai entrepris au sujet du travail ! Je t’ai alors dit que maintenant, le temps de la recherche de boulot était enfin venu, puisque tu n’avais plus d’excuse pour l’éloignement éventuel d’un taf dans cette putain de région au taux de chômage double du taux national. Tu as 24 ans maintenant et il faut que tu prennes ta vie en mains !
A mes demandes répétées, tu as évasivement répondu que tu n’avais pas encore commencé…
……….
J’ai causé à sa mère… Elle n’a pas eu de discussion avec notre fils et malgré mes demandes elle n’a rien fait à ce sujet…
Je vais donc tâcher de trouver un moment propice pour lui reparler plus en détail…
 
C’est une simple question d’opportunité… Il me faut trouver une circontance où, sans son ordinateur, sans télé, sans ses frères, je pourrai capter entièrement toute son attention.
 
Je me donne une semaine pour ‟organiser” ce moment afin de lui dire ceci :
 
« Mon grand Nono, tu sais que ma santé ainsi que celle de ta mère déclinent ! Nous ne sommes pas tous égaux devant la vieillesse. Certains sont sveltes et en bonne santé jusqu’à 90 berges, mais d’autres s’éteignent bien plus tôt, comme un de tes oncles qui vient de canner il y a quelques jours à 61 ans, par exemple !
Pour ma part, chaque mois, chaque semaine, je constate que ma santé se dégrade à cause de mes pathologies actelles. De plus à mon âge les risques sont importants d'une mort rapide par AVC (tu sais que j'en ai déjà eu un petit), crise cardiaque, cancer fulgurant, etc... Ce qui risque d’arriver, c’est soit la dépendance, soit la mort…
 
C’est bien un risque comportant des inconvénients très importants pour ton avenir. Dans un cas comme dans l’autre, ta mère serait dans une vraie merde ! Avec une retraite estimée de 578 €uros qu’elle n’obtiendra que dans deux ans et :
-Soit une pension de réversion (si je meurs) qui risque d’être au minimum si ma première femme est encore de ce monde,
-Soit ma retraite absorbée (si je suis placé en EHPAD), par ma dépendance et qui ne pourrait plus vous faire vivre,
ta mère ne pourrait pas t’aider et elle-même ne pourrait pas s’en sortir toute seule financièrement.
 
Enfin, tout ça pour te dire que le risque est que tu sois pris dans la tourmente et que le porte-avion coule avant que tu l’aies quitté. Alors ce que je voudrais, c’est que du aies un boulot afin de pouvoir te prendre en charge tout seul…
 
Dès que tu auras un taf, je te donnerai ma voiture… Je t’aiderai à t’installer comme je l’ai fait pour ton grand frère Toto et jadis pour Kiki… Mais il faut que cela se fasse tant que je peux le faire ! Chaque mois je tape dans mon livret A pour compléter mes revenus insuffisants. Et ça fond à vue d’œil ! Il faut que tu te dépêches, tant que je peux encore t’aider, parce que bientôt je n’aurai plus les moyens de le faire, même si ma santé me le permettait et parce que selon moi, sur tous les plans, je pense qu’il y a urgence…
 
Bon je sais, c’est pas facile de trouver un job, mais commence à chercher et soit motivé, car tu n’auras pas forcément la chance d’avoir l’aide de tes parents comme Toto pendant quatre ans… Tu ne sais pas quoi faire ? Ce n’est pas grave ! Réponds aux annonces si tu penses que tu as le niveau et fais des candidatures spontanées en proposant celles de tes compétences que tu penses en adéquation avec le métier des entreprises ciblées !
Tu sais, moi, je n’ai pas fait ce que je voulais faire dans la vie ! Je n’ai fait que ce que j’ai pu faire, en me plongeant dans le boulot au point de finir par aimer ce qui me semblait stupide ou inintéressant…
 
Je t’aime très fort mon Nono et je ne veux pas que te retrouves dans la merde !
Alors, s’il te plait, il y a urgence ! »
 
Bon ! Comment vais-le piéger pour avoir une demie heure avec mon Nono en tête à tête ?

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29 octobre 2016

Maman est morte (1er novembre 2011)

GSM

Elle a rendu aujourd'hui son dernier souffle sans aucun de ses enfants autour d'elle. Elle est partie rejoindre Papa... Elle s'est débrouillée pour disparaitre le 1er Novembre, le jour de la Toussaint... Moi qui disais que c'est une sainte... Meilleure que toi maman, cela n'existe plus...
 
On peut résumer ainsi, Toussaint 2011 : Décès de Maman... Toto et Nono ont pleuré. Il reste à prévenir Kiki... Qu'est-ce que mes enfants aimaient leur Mamie ! J'ai appelé mon frangin, il se charge de contacter notre saloperie de soeur...
 
Je suis groggy, comme si on m'avait mis KO... Et pourtant hier j'avais sorti mon costume noir, je savais que cela était pour bientôt...
 
Maman, tu ne souffres plus et de ça je suis content. J'avais si mauvaise conscience de ne pouvoir rien faire...
 
Toi et Papa, vous serez à jamais mes idoles, pleins de souvenirs, de regrets, de remords, d'attendrissements, de larmes, de chagrins mais aussi de rires enfantins...
 

JE T'AIME POUR TOUJOURS MAMAN...

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21 octobre 2016

Tu sais mon fils

GSM

Tu sais mon fils, mon espoir, c’est que tu aies des enfants un jour. Tu verras comme c’est merveilleux ! On n’a pas eu beaucoup d’occasions de discuter ensemble, mais ce voyage nous en donne la possibilité…
 
Un jour, ça arrivera, tu connaitras une fille avec qui tu fonderas une famille, du moins je l’espère. Ce n’est vraiment pas facile de vivre avec une femme. Il faudrait habiter chacun de son coté et ne se voir que pour le sexe... Oui... Je sais, t'as raison on a déjà inventé les putes, pour ça...
Le mieux ça serait d’avoir une amie que tu fréquenterais sans amour, mais seulement par amitié, pendant des années, le temps de vous connaitre.
Mais est-il possible d’avoir une ami-e ? Je n’en suis pas vraiment certain : Un homme et une femme, hormis au sein de la famille, c’est la séduction, le désir et le sexe.
Mais enfin, supposons. Ce serait le seul moyen pour que vous ne jouiez pas le jeu de la séduction qui est une comédie masquée et empêche de connaitre vraiment les personnes. Ce serait le mieux.
Et si un jour, vous connaissant et vous entendant bien en tant qu’amis, l’amitié se transformait en amour, je crois que votre couple aurait plus de chances d’équilibre que celui que je forme avec ta mère.
Il faut connaitre bien ta future femme et également ses ascendants, c’est très important. Il vaut mieux choisir quelqu’un qui ait le même niveau d’études que toi, qui ait des centres d’intérêts semblables aux tiens et un caractère qui s’accorde au tien.
Si par exemple, tu aimes l’opéra et qu’elle le déteste, ça pétera un jour. Tu finiras par aller voir « Il Trovatore » tout seul et tu ressortiras au bras d’une amatrice d’opéra. Alors autant choisir ta femme à l’opéra, plutôt que de la faire cocue. Enfin tu vois, c’est un exemple que tu peux répéter avec le sport, le loisir, le travail, la politique, etc…
 
Tu vois, si moi, j’avais vu ton pépère et ta mémère avant de m’amouracher et bien j’aurais évité la connerie commise : Voir un type qui passe sa vie à fureter dans les décharges et qui garde toute la merde qu’il trouve, ça m’aurait évité d’avoir une souillon aussi tête de mule et con que son père. Moi, j’ai fait tout le contraire de ce que je t’explique et on voit le résultat : On ne va pas du tout ensemble, c’est n’importe quoi ! C’est aussi en vertu de cette erreur monumentale que je me sens qualifié pour te conseiller sur ce qu’il faudrait faire, puisque je sais ce qu'il ne faut pas faire…
 
Une fille de riche, va te mettre sur la paille et/ou te dédaignera, à moins que tu joues le gigolo, mais ce n’est pas ton genre ni le mien… Une fille de pauvre s'accrochera à toi par intérêt, et ainsi de suite... Du moins, c'est le risque... Il y a 3 chances sur 4 qu’une fille d’imbéciles soit imbécile. Très important de voir la fille et les parents. Dans la famille de ta mère, il y a déjà eu deux folles… Tu as compris ce que je veux dire ? Je sais que tu aimes ta mère, mais je sais que tu vois et comprends ce qui se passe à la maison, parce que tu as comparé en voyant ce qui se passe chez tes copains et que tu t’es fait une idée…
 
Alors bon, je sais que les conseils sont bons à donner et pas bon à prendre, car les jeunes n’écoutent pas les conseils… Tâche quand même de te souvenir de ce que je viens de t’expliquer…
 
Tiens ? On est bientôt arrivés…

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18 septembre 2016

Un homme de bien

GSM

Il me faut laisser une nouvelle trace formelle, de cet homme formidable qui a rempli mon enfance…
 
Nous sommes allés à Saïgon de 1954 à 1955.
Terre colonisée par les blancs, où la France et l’Indochine ont cohabités dans un rapport de dominant à dominé…
Certes, bon nombre de fonctionnaires de l’administration coloniale s’acquittaient de leur tâche, sans animosité envers les autochtones. Certes, bien des religieux et des hommes de bonne volonté ont contribué à la compréhension mutuelle des deux peuples.
Mais dans un pays où la couverture sociale était l’apanage des colons, dans un pays où les petits chefs Français, devenaient soudain des contremaîtres avec des pouvoirs illimités, dans un pays, où l’accaparation des richesses se faisait sans vergogne, la morgue de certains a précipité l’indépendance.
L’arrogance de cette grosse minorité de blancs, minables en France, devenus tout-puissants en Indochine, certains d’une légitimité, que la démocratie à deux vitesses leur accordait implicitement, a mené cette région comme toutes les autres à la haine, au rejet et à la guerre.
Les chantiers navals de Saïgon n’échappaient pas à cette règle de domination.
 
Les coques des bateaux mis en cale sèche, étaient calfatées et repeintes sur un budget défini par la société Denis-Frères, par des équipes de coolies aux ordres de contremaîtres qui empochaient parfois négligemment une partie des payes destinées à leurs « esclaves ».
Ces chefs au pouvoir divin allaient au cinéma, à la piscine ou pratiquer le tennis, laissant à un cabot (caporal), c'est-à-dire un coolie un peu moins mal payé, la responsabilité du chantier…
Ils venaient chaque vendredi soir distribuer la paye, avec toujours quelques griefs fallacieux, permettant de réduire le montant de l’aumône versée en liquide.
 
Un homme, n’a pas voulu entrer dans ce système arbitraire. Partant du budget alloué par l’entreprise de carénage, il faisait bloquer 20%, en provision dans la caisse de l’entreprise, avec plusieurs coolies représentants leurs collègues comme témoins visuels.
Puis il annonçait à son équipe, combien d’argent ils allaient toucher chacun (sans absence), pour l’ensemble du travail exécuté dans les règles de l’art.
 

1954 002 Saigon

 
Ses équipes furent rapidement celles qui exécutaient le meilleur travail, dans des délais records et qui gagnaient le plus de tout l’arsenal.
 
Quand au 20% ? C’était le système de « sécurité sociale », que cet homme avait improvisé. Quand un ouvrier était malade ou blessé et bien évidemment sans revenu, ce contremaître allait porter généralement à la femme ou à la famille du coolie, un peu de cet argent de la cagnotte, pour subvenir aux besoins et aux soins.
 
Il poussa, ce processus plus loin, lorsqu’il s’aperçu que la majorité des ouvriers dépensaient leur paye dès le vendredi soir en beuverie et au jeu…
Pour les coolies mariés, il versât alors la paye à leurs épouses, qui en faisaient meilleure gestion…
 
Ce contremaître était aimé de ses ouvriers et en voici la preuve…
 
Harcelé pour ses procédés anticonformistes et poursuivi par la jalousie haineuse de ses pairs, il quitta l’arsenal pour une place de gérant des cinémas de Saïgon. La partie dangereuse de ce métier était le transport quotidien des recettes vers la banque.
Un jour ce qui devait arriver, arriva… Porteur d’une grosse recette, cerné par une cinquantaine de coolies, il se préparait, matraque en main, à vendre chèrement sa peau…
 
Quand soudain, un de ses nombreux ex-employés de l’arsenal passa par là. Celui-ci s’adressa à la meute d’assaillants et leur dit simplement : « Lui, chef très bon avec nous et très juste ! ».
En quelques secondes la ruelle fut déserte et mon père acquis davantage de renommée et de sécurité… Oui ! L’homme dont je parle… était mon père… Un homme sensible, fort, juste, intègre et surtout humain…
Il avait compris que ce peuple en souffrance n’était pas sauvage et barbare, mais reconnaissant et sentimental, pour peu qu’on lui accordât un peu de dignité et d’intérêt !
 
Si nos « colons » avaient eu le dixième de cette humanité, l’indépendance se serait déroulée sans violence, dans la paix et la coopération…
 
Mais le genre humain est ainsi fait, qu’il génère la violence par son iniquité et son dédain…
 
C'est un autre épisode de la vie de mon père, ce héros de l’ombre, mais qui sera pour toujours dans la lumière de mon cœur !

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09 septembre 2016

Mémoires et radotages (66) – Le plus heureux du monde bientôt en colère

GSM

J’ai eu les parents les plus formidables du monde. Dévoués, aimants, ils se sont toujours sacrifiés pour nous. Parfois, il n’y avait à manger que pour nous, mais c’est avec joie qu’ils se privaient, parce que nous étions leurs trésors, les amours de leur vie…
 
Maintenant, j’ai les enfants les plus formidables du monde. Aimants, fidèles en amitié et en amour, d’une honnêteté absolue, scrupuleux, généreux. Bien qu’avec de faibles moyens financiers, qui les amènent à se priver, ils s’offrent des cadeaux entre frères, où ils mettent tout leur amour. Même nous, avons droit à des cadeaux, alors que nous leur avions dit de ne pas faire cela, que leur présence est le seul cadeau que nous désirions. Je leur avais dit que je n’avais plus les moyens de leur offrir comme avant… Ils n’en ont cure ! Même le petit dernier, économise sur son argent de poche et ne manque jamais de nous offrir, malgré nos protestations, un cadeau et quand celui-ci est modeste, il y joint un magnifique dessin dédicacé…
 
Quel bonheur ! Je suis l’homme le plus heureux du monde !...
 
… En même temps, je me cache parfois pour pleurer… Tant d’amour de leur part, moi qui ne le mérite pas ! Qu’ai-je fait pour eux ? Les mettre sur terre dans un monde sans travail, sans avenir, sans espoir… N’est-ce pas criminel ? Pas coupable ?... En tous cas responsable…
 
Responsable de ne pas avoir tissé de réseau pour les caser à la fin de leurs études.
 
Responsable de ne pas avoir réussi à amasser suffisamment d’argent pour les aider, ne pas avoir réussi à conserver mon entreprise pour leur donner un emploi en famille et assurer leur avenir… Je pense à toi Toto qui à dix ans, m’avait demandé : « Est-ce que je pourrais travailler avec toi plus tard ? »… Et je t’avais répondu « Oui », comme un gros con que je suis ! Alors que quelques mois après, la loi Besson dont le décret d’application tardait, me privait de travail, les promoteurs différant leurs opérations, alors que quelques autres mois après, la loi Aubry faisait plonger la rentabilité de mon entreprise… Je t’avais promis mais je n’ai pas tenu, j’ai cessé mon activité…
 
Responsable de ne pas avoir fait la révolution pour chasser ces minables dirigeants de gauche puis de droite, qui ont laisser s’effondrer le tissu industriel et tout le cortège d’emplois y rattachés…
 
Responsable de ne pas avoir deviné les intentions féodales qui seraient petit à petit imposées aux Français et à vous mes petits…
Mon Kiki, mon aîné, tu survis comme tu peux dans la précarité et avec un salaire de Roumain…
Mon Nono, mon benjamin, toujours sans emploi à 24 ans, harcelé par le pôle emploi qui cherche tous les prétextes pour te rayer de leur liste de demandeurs d’emplois, alors qu’ils ne sont pas foutus de te proposer un seul emploi réel… Les seuls emplois qu’ils ont, c’est les leurs et ils osent te considérer de leur hauteur avec morgue et dédain…
Mon Toto, tu gagnes ta vie au smic, mais forcé à faire des heures supp… Avec ce patron qui veut t’obliger à travailler le week-end, dans des conditions pas très salubres. Tu viens brusquement de perdre un peu d’acuité visuelle de ton œil gauche. Ton emploi est précaire, car on t’a bien fait comprendre où était la porte. Je vois également que les propositions faites au personnel dont tu fait parti, sont empreintes de cette loi travail initiée par cette gauche de merde, dont le décret d’application n’est même pas encore voté, que les patrons la mettent déjà en œuvre…
 
En même temps, comment feraient-ils ces petits patrons sous-traitants de dernier rang, manipulés par leur client unique, pour ne pas être obligés de serrer leurs prix et de se retourner contre la main-d’œuvre qui devient corvéable à merci ?…
 
Pour tout cela, que je n’ai pas su empêcher, je me sens coupable, mes chers petits…
 
Je vous aime, mais je souffre pour vous et vos avenirs que je souhaitais radieux, le jour où je vous ai pris dans les bras pour la première fois…
 
Heureux ? Mais aussi le plus malheureux du monde !
 
Mais quand chassons-nous ces politiciens qui sacrifient nos enfants ?...
 
Ma tristesse pourrait bien se transformer en colère incontrôlable un jour !

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L'argent n'achète pas l'amour

GSM2014

Je me suis saigné non pas aux quatre veines, mais disons, aux 3 veines et j'ai acheté un mobile pour chacun de mes enfants pour leur anniversaire (le même modèle pour chacun).
Pourquoi ai-je mis autant de pognon hors de mon budget déjà déficitaire ?
Je voulais qu'il n'y ait pas de jalousie (tous le même), mais pourquoi si cher ? Je crois que d'une certaine manière, je cherche à acheter leur amour. Cela est stupide, je sais.
Je me sens si coupable de n'avoir pas su les élever. Je me sens responsable de n'avoir pas su leur donner une bonne orientation scolaire, de n'avoir pas su les faire résider dans une région pleine d'activité et d'embauches, de n'avoir pas su leur communiquer un tempérament d'aventurier et de fonceur, de n'avoir pas su leur donner le goût du travail et de l'effort, de n'avoir pas su leur donner l'exemple, tout simplement.
Je les ai trop protégés.
Rempli de remords, je veux au moins leur montrer mon amour. Mais est-ce que cette débauche d'argent atteindra son but ? Je ne le crois pas.
 
Mon cœur saigne d'avoir été si peu leur modèle, d'avoir été si peu présent et si peu disponible

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