18 mai 2017

Mon Indochine

GSM

Nous marchions sur le trottoir de la rue Catinat. Il faisait très chaud. Les semelles de crêpe de nos souliers collaient sur le sol brulant. L’homme qui me tenait la main était aussi bronzé que j’étais pâlot… Il s’appelait Henri… Ce qui me frappait, c’est qu’il n’était pas habillé entièrement de blanc, comme les autres européens qui lui reprochaient de ne pas respecter leur code vestimentaire imbécile et arrogant, ni comme les Vietnamiens plutôt culottés de noir… A part sa chemisette blanche, tout était à l’avenant : Short beige, chaussettes de couleur et chaussures noires… J’étais très content de me promener avec cet homme dans cette rue de Saïgon. Ce nétait pas n’importe qui, c’était mon Papa…
 
J’avais passé ces derniers mois à l’hôpital pour vaincre ce ver qu’on disait solitaire puis ensuite la dysenterie, la jambe suspendue en l’air, avec un petit tuyau ou je voyais couler le liquide transparent, goutte à goutte… Bien sur, ma maman et mon Papa venaient me voir le matin, le soir et toute la coupure consacrée à la sieste, qu’ils me consacraient…
Je n’étais encore pas sorti en ville depuis notre arrivée dans ce pays si chaud… J’étais si content de donner la main à mon Papa. Il me parlait. Je ne sais plus ce qu’il me disait, mais j’écoutais et il me rassurait.
 
Nous nous dirigions vers la cathédrale après avoir déambulé dans le boulevard Charner…
Avisant un marchand ambulant, il m’offrit une glace que je ne mis guère de temps à laper, tant j’étais assoiffé…
Nous avions à peine repris notre chemin qu’un photographe nous prit en photo. Papa mit le ticket dans sa poche…
Notre séjour dans la cathédrale me parut très court, lorsqu’il fallu ressortir dans la chaleur étouffante de la rue Catinat…
 
Nous retournâmes sur le quai du commerce, où nous attendait la moto de Papa. Nous fîmes un crochet pour prendre Maman à la sortie de son Bureau, qui me couvrit de gros bisous et me donna un bonbon au citron. Bien calé entre mon Papa (dont j’entourais la taille de mes bras) et ma Maman, nous reprîmes alors la route de Cholon pour rentrer à la maison.
 
Ce soir là, j’étais très fatigué et je ne mis pas longtemps à m’endormir dans les bisous de mes parents…

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07 mai 2017

En manque

GSM

Mon papa préféré est parti un beau jour,
Beau et resplendissant, au ciel il s’en allait.
Il a tiré sa révérence, en montrant bien qu’il nous aimait,
Il a rejoint sa chère maman, qui lui manquait depuis longtemps.
Lui, il manque à mon cœur, mais je sais qu’au beau temps,
Au jour le plus  éblouissant, je le reverrai pour toujours.

1945 mardi 8 mai 1945 Quartier Rochambeau Cie de port Cherbourg

 

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30 avril 2017

Le bonheur à portée de souvenir

 

GSM

 

Pour revenir dans le monde ancien du bonheur enfui, une seule méthode :

 





... Regarder les photos datant de 25 à 29 ans, de mes amours, les plus grands amours de ma vie... Mes petits garçonnets... Epoque d'espoir en l'avenir que je croyais pouvoir bâtir pour eux...

 

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23 avril 2017

Souvenirs d'enfance : C'était, je ne sais plus... Je devais avoir entre 8 et 10 ans...

GSM

Note de la rédaction : Je pourrais dire "Père" ou "Mère", comme les gros Kakous qui se la pètent... Mais non ! J'étais petit garçon. Et quand je repense à ça, je le suis à nouveau... Dans cette attente des résultats des présidentielles, qui de toute façon seront catastrophiques, il est si doux de penser à ce qui appartient à la douceur de l'enfance...
 
Maman était partie faire les courses avec ses filets à provisions. (Elle n'avait pas encore de panier à roulettes, ça coûtait cher).
 
Mon papa, qui n'avait pas de chantier, (et ça se produisait souvent), était à la maison à bricoler...
 
On sonne. Il va ouvrir. Un camelot lui fait l'article pour lui vendre des draps...
 
Mon Papa, qui se rappelait que Maman avait dit qu'on aurait besoin d'acheter des draps a demandé les prix au marchand.
 
Les deux draps 20.000 francs (anciens francs).
 
Il va dans la pièce d'à coté, retire le dernier billet de 10.000 francs dans la boite à biscuits en fer. Puis il revient
 
Le Camelot récupéra un drap et s’en allât.
 
Quand ma mère revint, elle constatât que le drap était de qualité médiocre, de couleur grège, tout rêche et de dimension insuffisante pour un lit de deux personnes. De plus quand elle s’enquit du prix, elle se mit en colère, parce qu’un seul drap de bonne qualité valait 2500 francs. De plus, il n’y avait plus d’argent à la maison (ni sur le compte  d’épargne de la poste bien entendu).
 
C’est la seule fois de ma vie, où j’ai vu mon Papa tout penaud, devant ma Maman.
 
Il connaissait bien les prix de la peinture, de l’enduit, de l’essence, mais en ce qui concerne la gestion familiale, il n’y connaissait rien. C’était Maman qui gérait tout cela…
 
A chaque fois qu’un client le payait, il ramenait l’argent à Maman. Il lui demandait à chaque fois l’argent nécessaire pour ses achats de chantier.
 
Maman avait tout dépensé en faisant ses courses. Elle comptait sur le dernier billet de 10.000 francs pour les jours suivants. Il y avait comme un problème…
 
Heureusement l’après-midi même, un client habituel téléphonait pour un chantier urgent et proposait un acompte pour les matériaux, que mon père s’empressât d’aller chercher.
 
Nombre de fois, l’argent vint à manquer, mais à chaque fois, ce genre de providence accompagnât mon Papa.
 
J’avais conscience que mes parents n’étaient pas riches… Je voyais bien les soucis d’argent qu’ils avaient…
 
Mais jamais nous n’avons manqué de rien.

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21 avril 2017

A penser en homme libre

GSM

A penser en homme libre, on n'est point écouté.
A dire des mots à soi, hors la pensée unique, on est ignoré. A aborder des sujets hors consensus, on est dans le désert au milieu de la foule. Si j'aime la meringue en 1er et le caramel en second, alors, là c'est intéressant, c'est primordial, c'est l'essentiel de la vie. Car la vie de nos contemporains, c'est la futilité et l'absence de pensée profonde, surtout en dehors des sentiers battus !

Et bien mes fils, continuez à être comme votre père. Continuez de nager contre les vagues. Je vous ai conté mon histoire. Elle est celle de quelques uns qui ont su dire non. De ceux qui ont traversé la foule à contresens. De ceux qui ont dit : "Non, à part en droit, un homme n'en a jamais valu un autre". Galilée ne peut être égal au grand inquisiteur. Guy Môquet n'est pas équivalent au chef de la gestapo.
 
M'opposer à l'injustice m'a coûté très cher.
- Démontrer que j'avais seul la solution d'un problème, que le professeur et tous les autres élèves étaient dans l'erreur, a été très dur. Ce furent de grands moments de solitude...
Tous ont de la hargne contre vous. Mais quand vous apportez une démonstration imparable parce que mathématique, vous êtes porté aux nues et même jalousé. La victoire a souvent été amère, car la satisfaction n'est jamais à la mesure de l'épreuve psychologique qu'on a traversée pour y parvenir.
Et là, vous vous rendez compte de la nature grégaire de beaucoup d'humains.
- Quand la question ne relève pas d'une démonstration avec des preuves, mais relève de l'affectif, donc du subjectif, vous n'aurez aucun moyen de faire valoir vos thèses. La bataille se livre contre des moulins à vents.
J'ai eu dans le passé, à soutenir un ami, parce que je le savais innocent de ce qu'on l'accusait. Ca m'a coûté ma place, on m'avait prévenu ! Quand j'y repense, je sais que je le referais encore s'il le fallait.
Ça coûte très cher, mais quand je me regarde dans une glace, je n'ai pas à baisser les yeux : l'homme qui me fait face est digne de mon estime. Et jespère que je suis digne de la vôtre...
 
Mais quand une autorité morale connue vous apporte sa caution, cela m'est également arrivé, là encore, la foule en délire ou en haine, ne vous apporte que peu de réconfort.
C'est à ce moment que vous comptez vos très rares amis.

On apprend ainsi, que l'amitié, comme le respect, ça se mérite.
 
Faites vous-même vos expériences, mes enfants, cela vous endurcira, mais vous montrera combien la plupart du temps on est seul, au milieu de la foule...
 
Peu de gens ont compris la parabole de Don Quichotte de la Manche. Ils n'y voient que le coté ridicule et farce de cette œuvre.
Pour ma part, elle rouvre des blessures anciennes.
 
Avoir raison et parfois triompher est souvent infiniment beaucoup plus difficile à vivre que de se laisser perdre...
 
Je vous conseille la lecture de "Amère victoire" de René Hardy... C'est un peu l'histoire de la vie de votre Père... Puissiez-vous y puiser la force mentale nécessaire pour résister à la foule des cons !

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11 avril 2017

L'étranger (7 novembre 2011)

GSM

Ambiance surréaliste. On est là sans être là. On ne sait plus ce qui se passe, si on est dans un monde vrai ou dans un cauchemar… On découvre la famille qui nous reste sous un autre jour : Une bande de jeunes qui n’avait plus son patriarche et qui vient de perdre celle qui fut ce pilier d’amour, d’exemplarité, de conscience et de morale universelle ; une bande qui n’a plus de repère…
Nous étions comme sur une nouvelle planète. Le Lot et Garonne n’est plus qu’une terre étrangère sans Papa ni Maman. Cette terre des pruneaux n’est plus rien à présent qu’une terre sans attrait, sans espoir, mais pleine de passé, de regret et d’amertume… Comme si la tempête du présent avait dévasté tout notre passé...
 
C’était un Lundi 7 novembre, la fin d’une époque formidable, la fin d’un couple de gens qui ont éclairé mon monde pendant 61 ans…
 
Mon Poupa et ma Moumouse, Papi et Mamie de mes enfants, reposent en paix ensemble et j’espère qu’ils sont réunis à nouveau dans un au-delà que les mécréants dénient dans leur orgueil de savoir tout…
 
Je ne sais rien. Je doute mais j’espère qu’un autre monde se construit ailleurs avec ces personnes formidables dont j’ai eu la chance insigne d’être l’un des enfants.
 
J’espère que ce n’est qu’un au revoir. Mais la prochaine fois, je vous jure que je n’hésiterai pas à vous serrer dans mes bras et à vous dire ; « Mes chers Parents je vous aime. Vous êtes les gens les plus merveilleux que j’ai connu »…

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10 avril 2017

Ma pauvre maman (mars 2010)

GSM

Je n’avais pas de nouvelle de toi, depuis très longtemps. Parce que ma sœur fait obstacle, parce que je ne peux lui parler sans me mettre en colère, parce que je ne peux la supporter…
Mais, là je n’en pouvais plus, alors j’ai enquêté par téléphone. J’ai trouvé une piste auprès de l’organisme curateur.
J’ai ainsi appris que ta fille t’a fait emmener, sans nous informer, en ambulance (une fois nest pas coutume), au fin fond de la Lozère. Tu es depuis le 23 décembre à l’hôpital local de XXXXXXXX…
 
Ce matin, on t’a passé le téléphone… Tu n’arrêtais pas de rire… L’infirmière m’a dit que tu étais une patiente très agréable…
J’ai compris alors, que tu ne savais plus que rire… Que tu n’avais plus toute ta tête… J’ai contenu une bouffée de sanglots, lorsqu’à chacune de mes questions, tu répondais par des rires…
 
L’infirmière ne savait pas que tu avais deux fils. Elle m’a dit que tu devrais sortir bientôt et qu’il faudrait trouver une solution…
Nous revoilà dans la même situation qu’en 2006, à 700 km, sans pouvoir agir, face aux méfaits de ta garce de fille, qui nous a foutu des bâtons dans les roues, lorsque je mettais en œuvre les solutions d’accueil… Et qui te lâche, quand tout est réglé alors que l’on croit que tout tourne rond…
 
Je la hais. Tu ne mérites pas cela, ma Maman…
Quand j’ai raccroché, j’étais las et stressé.
 
Tu as été une maman formidable. Tu as veillé des nuits entières quand nous étions malades. Et maintenant, tu es seule, abandonnée dans cet hôpital. Quelle fin de vie de chien. Tu n’as pas mérité cela…
 
Papa l’avait dit. Il savait que s’il partait le premier, ta fille et ta petite fille t’en feraient baver… Il avait encore raison, une fois de plus…
 
Je ne sais plus comment gérer la situation. Il faut que je réfléchisse… Je suis si fatigué…

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09 avril 2017

Mémoires et radotages (98) – Deuil étranger

GSM

Écrit le 8 avril 2017.
 
Il y a des choses qui m’effraient énormément… Des choses qui sont dans le cerveau…
 
Hier, j’ai appris le décès de ma sœur dans la nuit du 6 au 7 avril… Ma nièce était en sanglots. J’ai éprouvé beaucoup d’émotion au contact téléphonique de son chagrin… Au départ, j’étais même très inquiet, car ne comprenant rien à ce qu’elle disait, j’avais eu subitement très peur qu’il soit arrivé quelque chose à l’un de mes petits neveux… Je la pressais donc de se calmer… Quand enfin, elle a pu s’exprimer de manière compréhensible et que j’appris ainsi le décès de ma sœur, cela m’a rassuré… Certes, j’étais très ému par le chagrin immense de ma nièce, mais concernant ma sœur… je n’éprouvais rien… absolument rien…
 
Dans les heures qui suivirent, je me suis posé plein de questions… Etais-je véritablement un monstre ? C’était ma petite sœur quand même…
J’ai ainsi constaté que je ne pouvais pas pardonner et découvert que j’avais une rancune tenace chevillée au cœur… Une de ces haines qui, même lorsqu’elles sont calmées, ne s’effacent jamais… Qu’on ne me dise pas que je ne suis pas un bon Chrétien, je ne prétends pas suivre les préceptes de cette foi… Je ne suis que ma propre foi, celle que je me suis forgée au fil des années… qui a peut-être des points communs avec la religion qu’ont pratiqué mes aïeux, mais sans plus.
 
Mais quand même, il est très impressionnant de constater la profondeur d’une rancune qui va jusqu’à exclure du champ de mon affection, une personne si proche en théorie : Une sœur, ma sœur…
 
Certains feraient semblant d’être peinés… Je ne sais pas et ne veux pas faire cela… Bien sur, j’irai aux obsèques, bien sur, je participerai à la couronne, mais seulement par respect pour ceux de ma famille que j’aime et qui eux l’aimaient… Car je suis très ému par leur chagrin et c’est cela qui me fait beaucoup de peine… C’est à eux que vont ma solidarité et ma compassion…
 
Mais je ne pardonnerais jamais le comportement de ma sœur, envers ma pauvre maman. Elle a traînée ma mère grabataire de droite et de gauche à travers la France, sans soins appropriés, dans le froid de squats innommables, l’abandonnant chez des inconnus et oubliant de la rechercher… L’histoire des méfaits de cette garce, j’en ai oublié la chronologie, mais elle est très fournie.
Je me souviens de ce stress énorme que j’avais en enquêtant par téléphone, en prévenant gendarmes et Services publics pour essayer de retrouver sa trace. Il me revient mon organisation téléphonique de récupération de ma mère par un hôpital, lorsque ma mère avait encore la parole et que j’avais été prévenu. Je me souviens de tous ces voyages-commandos éloignés de 700 à 900 km, que j’ai fait pour tenter de remettre les choses dans une situation normale. Il me revient la plainte d’une maison de retraite lorsque ma sœur avait forcé la pharmacie de l’établissement et s’était barricadée à l’intérieur revendiquant d’emmener ma mère, en contradiction avec les décisions du juges des tutelles. J’avais demandé l’intervention de la gendarmerie… Jamais je n’avais réussi à faire enfermer ma sœur, pour l’empêcher de nuire à ma maman…
Cette sœur… elle n’est pas pour rien dans mon accident vasculaire et dans l’arrêt de mon activité professionnelle…
Les griefs sont encore bien plus nombreux que cela.
 
Alors je suis peut-être un monstre, mais je n’en ai nul regret… J’ai seulement le regret de ne pas avoir de regret… Une sorte de sentiment de culpabilité de ne pas avoir de regrets ni de remords...
 
Ma chère nièce et mes petits neveux, eux par contre, je vais aller les voir avec beaucoup de commisération et j’espère leur rapporter un tout petit peu de réconfort… Ils n’ont pas eu beaucoup de chance dans la vie et je les aime comme s’ils étaient un peu mes enfants… Cela compensera-t-il ?

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29 mars 2017

Mes enfants, je vous aime

GSM

Mes enfants, je vous aime, je veux vous protéger,
De la vie, de la mort et du mal à venir.
Si je le pouvais, je serai bouclier,
Pour vous, sang de mon sang, j'arrêterais les balles.
Quel sera votre destin, vers quel avenir ?
Je frémis à l'idée que l'on vous fasse du mal.
 
Ô Seigneur, je vous prie, protégez mes enfants
Et toi mon père, du ciel, apporte ton appui
Tu les aimes, tu es très fier d'eux et très content,
Tu me l'as dit un jour, avant que de partir.
Pour eux, fut-ce à Satan, je donnerais ma vie,
Satisfait pour mes fils, même s’il me faut périr.
 
A quoi sert la vie, si l’on ne peut la donner ?
Dernier gage d’amour, à ceux qu’on sait aimer.
Mais hélas la vie ne permet tel compromis.

Ma peur pour vous, sera compagne de mes nuits.

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19 mars 2017

Souvenirs enfouis

GSM

Je devais avoir sept ans. Nous étions partis en pique nique, un Dimanche, à la montagne au dessus de Nice avec ma petite sœur qui avait un an environ.
Il faisait beau.
Mais, soudain la température de ma sœur est montée à 41°C (ma mère avait toujours un nécessaire médical dont le thermomètre faisait partie). Ma sœur faisait une convulsion thermique. C’était impressionnant. On ne voyait plus que le blanc de ses yeux. Ses heures étaient comptées.
Nous sommes redescendus à une vitesse incroyable. Les pneus de la voiture crissaient à chaque virage de cette route en lacets. Mon père doublait les gêneurs avec une habileté insoupçonnée.
Nous nous arrêtions dans chaque village. Mon père tambourinait à chaque pharmacie, chez chaque médecin.
Au 4ème ou cinquième arrêt, enfin, un médecin entrouvrit ses volets, en disant que c’était dimanche et qu’il était de repos.
Mon père, fut si convaincant, (et c’est un doux euphémisme), que le Médecin, motivé par la peur, plus que par la conscience professionnelle, s’exécuta promptement, d’autant que mon père entreprenait de défoncer la porte.
Ma sœur fut sauvée…Ma sœur ne peut s’en souvenir, mais moi, je m’en souviens…
 
Je me souviens surtout de la panique de mes parents, de leur angoisse, de cette course folle dans la 203 noire, de ces menaces, de ce ton méchant et déterminé de mon père, prêt à tout pour sauver sa fille, à l’encontre de ce médecin sans conscience…

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