12 mai 2018

Le bonbon

GSMEcrit le 3 mars 2015

C’était hier, un hier intemporel, un hier qui pourrait être aujourd’hui ou demain, un hier d’il y a soixante ans, un hier qui a peut-être existé, on ne sait pas.
Souvenir si fugace et si présent, dont on se demande parfois s’il a jamais existé. En tous cas, il ne reviendra jamais… Cette petite rue sinueuse, souvent sans trottoir, qui serpentait sur les hauteurs de Nice, c’était un Boulevard. À Nice, les voies ont des qualifications grandioses. Ainsi une impasse était-t-elle baptisée Avenue… Démesure des gens du midi…
 
Nous remontions ce Boulevard, ma mère me tenant par la main. Nous rasions les hauts murs de pierre d’un coté, ou les murets surmontés d’un grillage de l’autre coté. Puis arrivés au belvédère situé dans un lacet, nous empruntions un escalier de pierre raide et vertigineux sans main courante ni rampe, pour descendre vers la petite école. Ma mère m’embrassait et me souhaitait de bien travailler.
Cette petite école, dans laquelle j’ai passé mes premières années à user mes fonds de culotte sur des bancs de bois, penché sur le pupitre, à écrire d’une plume sergent-major maladroite ce que le maître ou la maîtresse nous dictait, dans une odeur d’encre dont j’ai encore la nostalgie, cette petite école, elle n’existe plus.
 
Je l’ai vu sur Google Earth ! C’est comme un couperet qui nous dit « Ceci n’existe plus. Ceci n’a peut-être existé que dans ton imagination. Ceci ne fait pas partie du monde actuel »…
 
Ma mère venait me chercher à la sortie de cette école qui a existé dans une autre vie, à la mi-journée, comme le soir. Des bisous, donner la main au moins les deux premières années et c’était le retour. L’escalier infernal dans la montée et le belvédère…
 
Un jour pendant la halte au belvédère pour reprendre notre respiration, maman m’a donné un bonbon en forme de quartier de mandarine de ces bonbons durs que l’on suçait après l’avoir déroulé du papier transparent qui l’enveloppait.
Hélas, nous reprîmes la route, alors que je tirais sur les deux cotés de l’emballage. Le bonbon, catapulté tomba dans la grille du caniveau…
J’ai beaucoup pleuré, bien que ma mère me dit qu’elle m’en donnerait un autre. C’était celui-là que je voulais, celui qu’elle m’avait donné spontanément, pas celui de remplacement, pas la roue de secours, mais le vrai, celui que ma Maman m’avait donné de manière si aimante et prévenante…
 
Aujourd’hui, il n’y a plus cette petite école. Il n’y a plus de bonbon dans le caniveau.
 
Aujourd’hui, il n’y a plus ma petite maman.
 
Il y a ce souvenir presque irréel teinté de tendresse et parfumé de tant de nostalgie…

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29 avril 2018

Mort de mon héros (21 février 2005)

GSM

Le lendemain, la famille était rassemblée autour du lit, dans la chambre 26 de l’hôpital.
Il y avait la mère dans sa chaise roulante, qui regardait le sol et semblait n’exprimer aucun sentiment, le fils ainé, la fille et la petite fille…
Seul manquait le plus jeune des fils, qui était sur l’autoroute blanche de la neige tombant à gros flocons…
 
La fille s’approcha de sa mère par derrière et se mit à l’accuser de ce qui arrivait, à la culpabiliser de ne pas pleurer et elle se mit à secouer le fauteuil roulant en scandant ses mots qui devenaient bientôt des cris de haine…
 
Le fils qui s’était contenté, avec l’aide de sa nièce, d’essayer de lui dire de se calmer et de respecter la solennité de l’instant, attrapa sa sœur et lui envoya une paire de gifles magistrales…
 
Sa sœur continua un moment ses vomissements de haine mais sans toutefois secouer la mère qui s’était mise à pleurer…
 
Puis le silence revint peu à peu… Chacun parlait en chuchotant devant l’homme qui respirait faiblement, les yeux fermés et la bouche ouverte… Chacune de ses inspirations de plus en plus faibles était ponctuée de graillonnements…
 
Le médecin de garde expliqua que l’eau avait envahi les poumons…
 
Soudain, il y eut un moment comme magique, comme surnaturel… Ils se regardèrent tous les uns les autres, sans comprendre ce qui se passait. Un peu comme si la tristesse avait disparu, comme s’ils étaient ailleurs, dans un autre contexte, sans mort qui plane, dans la vraie vie…
 
Puis, après ce bref instant, ils revinrent à eux, ils scrutèrent leur mari, leur père, leur grand-père…
 
L’ainé soudain, pointa son index tremblant : « Il ne respire plus ! ».
Sa cadette tenta de capter le souffle, puis de prendre le pouls, en vain.
« Papa est mort ». Il était 20h17. C'était le lundi 21 février 2005…
 
Il alla prévenir les infirmières, puis revint. Il lui semblait que ses jambes ne le portaient plus…
Il s’était pourtant préparé depuis longtemps à cette échéance fatale. Il ne comprenait pas pourquoi cela faisait pourtant si mal…
Tous pleuraient à chaudes larmes, sauf la mère qui était triste, mais sans larme et contemplait le sol, résignée sur 58 ans de vie commune qui s’achevaient…
 
Son téléphone vibra, il le sortit de la poche et répondit. C’était son frère, qui lui déclara glisser sur la neige de l’autoroute et lui demanda comment leur père allait…
Il fit un énorme effort sur lui-même pour maitriser le ton de sa voix et lui répondit que tout allait bien, de ne pas se presser, de rouler en toute sécurité…
 
Il raccrocha en espérant que son petit-frère lui pardonnerait ce mensonge…
 
Sa sœur enleva l’alliance du père mort et la donna à leur mère. La mère insista pour la donner au fils ainé…
 
Il la porte toujours, depuis ce si triste soir…

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21 avril 2018

Mon père, ce héros (20 février 2005)

GSM

L’homme entra dans la chambre. Il vit son père, les poignets entravés, sur le lit d’hôpital.
 
Son père âgé de  plus de 86 ans était allongé. Il geignait et tentait de se débarrasser des liens qui l’empêchaient de tomber de son lit. Malgré son peu de liberté de mouvement il essayait d’enlever la couche qui le faisait baigner dans ses excréments et qui lui ôtait toute dignité…
 
Il tentait de parler mais ses mots étaient déformés et difficilement compréhensibles.
 
Ce fils ainé était là, qui essayait de comprendre, de répondre, de savoir… Il voyait le corps d’athlète de son père, ses cuisses et biceps encore musclés, (car celui-ci enlevait constamment drap et couverture en pédalant de ses jambes libres) et il ne parvenait pas à concevoir qu’une maladie put ronger ainsi tous les organes, sans altérer notablement la musculature et la carrure de son père, qui restait en ce moment encore, cet homme si fort et si exemplaire…
 
Sa nièce l’avait prévenu la veille ainsi que les deux autres enfants du vieil homme, que le diagnostic était mauvais…
 
Il avait voyagé toute la journée et se retrouvait près de son père, perplexe, ne sachant si le pronostic n’était pas un peu exagéré et pensant que tant qu’il y avait de la vie, il y avait de l’espoir…
 
Son père s’était aperçu de sa présence et essayait de communiquer… Mais les paroles étaient par trop déformées et entrecoupées de gémissements… D’après les gestes, il comprit que son père voulait être détaché et qu’on lui enlève cette couche…
Pour avoir discuté avec l’infirmière, il savait que son père était déjà tombé de son lit en arrachant son goutte à goutte ce qui justifiait les entraves…
Tentant désespérément de lui faire comprendre que les attaches devaient rester en l’état, il avait une envie folle de les lui enlever pour accéder à son désir de liberté et de dignité… Il éprouvait de la honte à résister à la demande implicite de son père et sa gorge se noua…
 
Les yeux de son père étaient tournés vers lui, mais ne le suivaient pas, le regard était fixe…
Alors, il pensa qu’il ne lui avait jamais dit qu’il l’aimait, à cause de cette pudeur imbécile, qui n’était plus de mise en cet instant… Il dit alors très fort, presque en criant « Je t’aime, Papa ! ».
 
Le vieil homme répondit en un souffle, quelque chose qui ressemblait à « moi aussi ! ».
 
Puis il se mit à geindre de douleur de plus en plus et appela sa maman dont il avait été orphelin à l’âge de deux ans, certainement pour lui dire qu’il allait la rejoindre…
 
Le fils se souvint de cette confidence de son père six mois plus tôt : « Dieu a sauvé ma vie deux fois. Mais maintenant je sais qu’il n’y aura pas de troisième fois »…
 
Il eut du mal à réprimer un sanglot… Il commençait à comprendre que la fin était inéluctable…
 

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19 avril 2018

Mémoires et radotages (169) – Macron sur BFMTV – Mes enfants réunis !

GSM

Écrit le 18 avril 2018
 
Dimanche 15 avril sur BFMTV, le Macron a donné une interview au couple de journalistes Bourdin et Plenel… A quoi a servi cette mascarade ?
 
J’ai eu l’impression de regarder un de ces matchs de catch entre Chéri Bibi et Roger Delaporte dans les années 65… J’ai aussi eu l’impression de trois candidats aux érections pestilencielles qui s’affronteraient sans animateur… Enfin, bref, une foire d’empoigne ou l’on essaie par tous les moyens de faire toucher les épaules de l’adversaire au sol, mais sans y parvenir… Une cacophonie… pas possible !
 
Enfin quand je dis regarder… Je n’ai pas vu le début… Je revenais de ramener mon fils aîné chez lui, parce qu’il n’y avait pas de correspondance, parce que la SNCF était en grève… Parce qu’ils font grève, encore grève et toujours grève… Donc, mon fils a payé un billet de train pour que dalle ! Et moi j’en ai eu pour une pincée de pognon à me taper l’aller et le retour en bagnole…
 
Mais je suis si content d’avoir vu mes trois fils réunis pendant une journée et demie ! Ils étaient si heureux et moi, pareillement !
Et c’est cela l’essentiel… L’amour de mes enfants…
 
Et non ces trois cons qui essayaient de se déstabiliser les uns, les autres… Il faut reconnaître que le Macron a le don d’avoir réponse à tout. Je n’ai pas dit qu’il avait raison dans ses propos, car très souvent, il a tort, mais il sait rebondir et avoir la répartie nécessaire permettant de faire croire aux idiots qu’il a raison… De fait, il n’accepte la contradiction que s’il croit avoir gagné la joute verbale… Il s’y emploie et fort bien… Mensonges, hypocrisie, fausse innocence, cynisme, ironie moqueuse sont les caches sexes de sa politique néolibérale exacerbée… Il sait diviser pour régner… Comme Sarko le faisait et certainement même, encore mieux que Sarko…
 
Les vrais sujets n’ont pas été abordés, alors je n’ai vraiment pas envie de revoir le débat sur internet. C’était de la merde ! Quoique, comme match de catch, c’était pas mal…

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14 avril 2018

Mes chers fils…

GSM

Écrit le 18 juillet 2011
 
Souvenez-vous que je vous aime et que vous êtes ceux que j'ai aimés le plus dans ma vie...
 
Mais dans la vie tout ne se déroule pas suivant l'ordre naturel des choses...
 
Je croyais avoir fondé une famille avec une femme et des enfants que l'on fait et qu'on élève...
 
En fait mon couple est un trio, avec votre grand-mère... Ma femme est polygame…
 
Je pensais enfin pouvoir vivre un peu avec votre mère, maintenant que vous êtes grands...
Mais la belle-doche (et pourquoi dire belle ???), disons, la moche-doche nous empêche de vivre... Enfin, mettons que cela ne gêne pas votre mère, puisqu'elle est déjà l'esclave des 8 chats de sa mère, des chats de sa sœur, de ses deux sœurs, de la voisine, alors pourquoi pas être la boniche de sa mère, après tout ?
 
Mais si ça lui plait, moi, pas du tout ! Il n'y a aucun avenir pour moi ! Seulement un grand trou noir sans fond...
Et cette vieille bique, n'a même pas l'amour-propre de voir qu'elle gêne et brise mon couple ! Elle prive Nono de chambre à coucher, qui dort dans notre chambre à 19 ans... Elle a une baraque et trotte comme un lapin, bref, elle pète la santé, malgré le cinéma qu'elle fait de petite vieille qui a besoin de se faire servir comme un coq en pâte... Et elle OCCUPE ma maison ??? Les Boches sont partis en 44, alors fini l'occupation ! Qu'elle se casse !!!... Parce que si ça continue comme ça, quand elle cassera sa pipe, je serai dans un état de santé qui ne me permettra plus de profiter de la vie, ou même serais-je décédé avant cette squatteuse de longue durée, mais toujours écornifleuse de présence humaine constante alors qu'elle se porte comme un charme... Elle n'a qu'à prendre des aides ménagères, elle a du pognon, merde ! Jamais je ne pourrais partir en vacances avec votre mère, à cause ce cette vieille comédienne...
 
Je suis heureux d'avoir sacrifié ma vie pour vous mes enfants, mais pas ma retraite à cause de cette vieille saleté qui s'incruste comme un morbac dans les poils de couilles !
 
Ma femme ça lui plait, c'est sa mère... Elle préfère sa mère à moi. C'est son choix !
 
Moi ou votre grand-mère de merde est de trop dans MA maison qui sera VOTRE maison...
 
L'un ou l'autre partira bientôt dans l'au-delà, car je ne sais plus supporter cette situation...
 
N'hésitez pas à demander de l'argent à cette vieille p... pour terminer les études du petit... car il faudra bien qu'elle paye (si c'est elle qui reste), pour réparer le mal qu'elle aura fait...
 
Mais sachez que je vous aime pour toujours...
 
NDLA : Quelques jours après le texte ci-dessus, après plus de sept années de squattage, j'ai ordonné le départ pour le soir même de cette belle-doche de merde ! Ce qui fut fait ! Les voisins l'hébergèrent une nuit. Une des soeurs de mon épouse la pris pour un mois, mais dans des conditions proches du camp de concentration et ne chercha qu'à s'en débarrasser au plus vite en dégoûtant la vieille bique.
Enfin ma meuf lui trouva un petit deux pièces en face de l'hôpital...

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07 avril 2018

Pas de squatteuse dans MA maison !!!

GSM

Écrit le 13 mai 2011.
 
J'ai une invitée non désirée par moi à mon mariage demain...
J'ai demandé à mon fils comment on pourrait être, au moins sur quelques photos à cinq, sans la vieille bouque... Il l'a mal pris et sa mère aussi...
Putain ! Je tolère cette vieille squatter, OK ! Mais j'ai bien le droit d'avoir quelques photos sans elle, afin d'avoir au moins un bon souvenir de MON mariage, Merde ! Si je dois avoir cette saloperie sur toutes mes photos, je les brûle. Bordel !
Ambiance, ambiance... C'est leur mère et grand-mère, ils l'aiment, je le comprends fort bien ! Mais qu'on m'impose sa présence sur toutes les photos, NON, NON et NON ! Fait chier !
Supposons que ma "fiancée" me dise "je ne me marie plus"... Admettons, vu l'ambiance électrique... Et bien la vieille bouque hors de chez moi. Dès lundi je la benne chez elle et si ma future ex-fiancée reste avec elle et bien tant pis !
Si je voulais me marier c'était pour la protéger elle, pas pour qu'elle vienne avec ses ascendants qui s'accrochent comme des morpions dans les poils du pubis !!!
Plein le cul ! Ma nuit de noce à Cabourg, j'irais la passer tout seul à Cabourg, histoire de ne pas gaspiller une fortune pour rien !!!
Maintenant, c'est à eux de voir, cette bande qui a un mauvais père, mauvais fiancé et mauvais gendre !!! Je suis chez moi ! Je les emmerde !

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17 mars 2018

Mon frangin et mon fiston, aujourd’hui…

GSM

Ecrit le 9 mars 2010
 
Ce midi, je suis allé manger un Kébab avec Toto, parce que je ne voulais pas qu’il mange un sandwich dehors par ce froid sibérien… Il n'a pas le droit à la cantine, parce qu'il est étudiant !!!
On a parlé de son avenir, j’ai tâché de le conseiller. Il passe son BTS blanc toute la semaine…
J’ai profité du moment où il était au petit coin, pour appeler mon frangin… Il n’avait pas trouvé le temps d’appeler Maman, quand j’avais découvert le lieu où ma sœur l’avait bennée comme une merde. Alors je lui ai expliqué mon appel à Maman : Les rires, les rires et rien d’autre…
Quand il a compris, il s’est mis à pleurer. J’entendais ses sanglots à l’autre bout du fil. Il m’a dit qu’il n’avait pas le courage de l’appeler. Que ça lui ferait trop mal…
Lui aussi m’a dit que notre sœur n’était qu’une salope, un diable, un être nuisible…
 
La dernière fois que mon frère a pleuré, il sortait de sa voiture, nous étions enlacés et je venais de lui apprendre que notre père était décédé… et que je le lui avais caché afin qu’il n’ait pas d’accident sur la route…
 
Comme je ramenais Toto à son Lycée, nous avons parlé de sa Mamie… Il avait les yeux brillants. Les larmes n'étaient pas loin… Il m’a dit en s’excusant presque, que ma sœur ne valait pas grand-chose…
 
Il est descendu de voiture et je lui ai souhaité bonne chance pour son épreuve de cet après-midi…
 
Mon petit bonhomme de vingt ans et demi…

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11 mars 2018

Ma chère Maman (mai 2011)

GSM

Ma chère Maman, quand on est jeune on est con, on ose pas dire que l'on aime ses parents. Il faut que j’atteigne 61 ans pour te dire que je t'aime ma petite Maman, que j'aurais du te le dire depuis longtemps et que je t'aimerai toujours.
 
A toi qui nous a élevés, nourris, soignés, chéris, qui t'es sacrifiée pour nous, je viens souhaiter une bonne fête des Mères.

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03 février 2018

La meilleure petite maman du monde, seule pour attendre la fin

GSMEcrit en Juillet 2010

 

Je suis allé voir Maman avec mon fils mardi 20 juillet, dans cet hôpital de Lozère...
Nous avons été très émus. Toto a éclaté en sanglots. Il m'a fait promettre de ne pas le dire à sa mère...
 
Finalement Maman essaie de communiquer mais il est très difficile de comprendre... Elle ne sait pas répondre par oui ou non. Dans les deux cas cela donne "Buuu", ou même pas de réponse. Elle ne sait plus hocher de la tête non plus...
 
Ma sœur, qui par hasard était là, a traduit quelques paroles, car elle est davantage habituée que nous... Mais elle est cependant loin de comprendre tout...
 
Maman se rend compte qu'on ne la comprend pas, je crois.
Elle m'a demandé des nouvelles de mes 3 enfants (le signe 3 étant fait par sa main gauche, seule valide)...
 
Elle ne pleure plus... Elle rit, à la place... Elle rit aussi quand elle ne comprend pas et peut-être aussi quand elle comprend. Car on ne sait pas toujours si elle a compris...
 
Mais pour qui l'observe, on voit qu'elle est parfois triste... Elle savait que nous allions partir mercredi matin... Même si son attention retombe très vite... Il parait qu'elle sait encore lire... Je vais donc lui écrire...
 
Mais il ne faut pas faire compliqué...
 
Toto et moi, sommes heureux de l'avoir revue, car c'est toujours la merveilleuse mamie et la bonne maman que nous avons toujours connue. Nous avons été réconforté qu’elle nous ait reconnus… Mais la prochaine fois ? Ce ne sera peut-être plus le cas. D’ailleurs y aura-t-il une prochaine fois ?
 
La mort est si injuste, qu’elle nous prend petit à petit, les êtres que l’on aime, dans un naufrage qui n’en finit pas…
 

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28 janvier 2018

Mémoires et radotages (20) – Kikson et Nono

GSMEcrit le 11 novemre 2015

Kikson (suite) : Et puis… Je réalise que le RSA étant dégressif… à chaque fois qu’il déclare ses 200 euros de gains… il en touche 80 de moins en RSA… Travailler tant pour si peu… Quel courage il a !… Affichant un abord décontracté et nonchalant… Mon grand fils… Pourquoi je t’ai laissé faire ces études de merde ?... Pourquoi je t’ai laissé te foutre dans cette branche sans avenir… A moins d’un coup de chance… Beaucoup d’appelés… Peu d’élus… Ah, que je voudrais tant qu’un jour, tu deviennes réputé dans la bande dessinée… et que tu gagnes plein de sous… Et que tu pisses au cul de tous ces enculés qui t’exploitent actuellement…
 
Et j’ai encore mon benjamin derrière… Il ne faut pas que Nono soit le dindon de la farce !
 
Toi mon tit Nono, dépêche-toi d’avoir ton permis alors que je peux encore te le payer… Et trouve un boulot… Je t’ai promis de te payer une bagnole… une occase, bien sur… une vieille chiotte… le jour où tu auras un taf !... Oui, parce que pour l’entretien, l’assurance, etc… Ce sera à toi d’assurer… Mais dépêche-toi ! Car j’aide tes frères et… Bon… J’espère que je pourrais tenir ma promesse ! Bon ! Toto, je ne l’aiderais plus… pour le moment, il est tiré d’affaire… Mon tit Nono… Je me fais vieux, j’ai peur de ne pas tenir le coup… Si ta mère restait seule, elle ne pourrait pas tenir ma promesse…
 
Il y a deux jours, ou trois, j’ai cru que j’allais revivre 2007… Je n’ai rien dit à personne… Cela n’allait pas bien du tout… Les mêmes symptômes… Enfin… c’est ce que j’ai cru… Et toi, tu n’as pas besoin de savoir et je ne t’en parlerai pas… Je me souviens quand ton Papy est mort, comme tu pleurais caché dans un coin quand je suis revenu des obsèques. Certes tu n'avis ue treize ans, mais je te sais très sensible… Alors… Il vaut mieux que personne ne sache… Même le toubib nie ce que j’ai… Ah, ça, pour soigner mon diabète il est fort !... Mais pour le reste, il fait un déni sur l’AVC… Je ne risque pas d’avoir un traitement… Il n’obéit même pas aux consignes que la Pitié Salpêtrière lui avait transmises… Il est gentil… Il m’aime bien, ce médecin… Mais quel con !
 
Il m’aime peut-être mieux mort que vivant… va savoir…
J’avoue que quand j’ai eu ces malaises l’autre jour… j’ai eu peur… Je me suis dit que rien n’était carré… Mes objectifs n’étaient pas atteints… Partir maintenant était prématuré, tant que tu n’es pas casé mon Nono… Mon petit dernier préféré… Comme j’ai un cadet préféré et un aîné préféré…
 
Parviendras-tu à valoriser ton BTS ?... Maudit monde pourri !

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