12 novembre 2017

Je ne l'ai jamais raconté, parce que parfois, les gens sont trop cons !

GSM

Le 9 novembre 1970, je n'y étais pas bien sûr...
 
Par contre le 12, j'y étais...
 
Nous avions fini notre petit déjeuner ce matin-là (ce devait être le 10 novembre) et nous avions emprunté l'allée gravillonnée qui menait à nos salles d'études...
Le sous-directeur de l'école des mines, André Lefebvre, professeur agrégé de mathématiques, nous fit réunir...
Cet ancien résistant avait les yeux rouges...
Il nous dit d'une voix mal assurée (et c'est bien la seule fois où nous le sentîmes désemparé), que cette journée serait une journée de deuil et que tous les cours étaient supprimés.
Nous étions tous consignés dans l'école et pouvions faire ce que bon nous semblait, mais en silence...
 
Tout remué par ce que je venais d'apprendre quelques heures auparavant aux informations, (le Général était décédé le 9 novembre dans sa demeure de Colombey), j'ai demandé à celui que nous surnommions « Dédé », l'autorisation de me rendre à l'enterrement du Grand Homme... Ce qu'il m'accordât bien volontiers...
 
Mes collègues de promotion savent cet épisode me concernant... Et me le resservent à chacune de nos retrouvailles... sans moquerie, avec peut-être un peu de respect, bien que de Gaulle, représentât à leurs yeux, un vieux bonhomme du passé secret leur parents... Je partis l'après-midi même en moto...
 
Je ne pus que m'approcher très loin du petit cimetière de Colombey les deux églises... Ce devait être le lendemain du 11 novembre... Mais beaucoup de larmes inondèrent les chaussées de cette petite bourgade...
 
Ce que personne ne sait, c'est que la vallée du Rhône était bloquée par la neige cette année là ! Seule l'autoroute A7 était dégagée. Roulant la nuit entière, je suivis un semi-remorque à 110 km/h, pendant des centaines de kilomètres, aspiré par la dépression d'air de son sillage jusqu'à ce que ce que nos chemins se séparent sur la A6... Heureusement qu'à aucun moment il ne freinât...
 ..........
À Colombey, je dormis comme je pus, transi de froid, près de ma moto dans un petit bois... Il n'y avait aucune neige...
 
Après notre hommage et notre recueillement, partagés par des milliers de fidèles de la France combattante et reconnaissante, je repartis pour Alès. Encore par l'autoroute en dessous de Lyon... Il faisait encore plus froid, je n'avais pas de camion pour « m'aspirer », cette fois là... J'ai fini le parcours avec les pieds près du sol tant cela glissait avec le durcissement de la neige...
 
Épuisé, au dernier croisement avant le portail arrière des ateliers de l'école, je me payais de plein front, une voiture dont j'avais refusé la priorité, bien malgré moi d'ailleurs : Je dormais littéralement...
Après le valdingue par-dessus la voiture : Le constat... Et j'arrivais au milieu du repas dans la cantine, épuisé, barbu, sale, en tenue de moto, mon vêtement de pluie en lambeaux... Sous les acclamations, mêlées de huées, de mes camarades...
 
Je ne l'ai jamais raconté. Mes enfants le découvriront peut-être un jour dans mes écrits...
 
Après tout, le récit de mes aventures Zaïroises ne les a jamais intéressés, alors, pourquoi leur raconter une si banale aventure ???

Posté par zalandeau à 09:45 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :


18 août 2017

Mémoire de mon père (7)

GSM

On a quitté l’appartement de la rue de Lourmel, quoi ! On était en location… Pour aller sur la tombe de mes deux frères, hein ! J’avais… J’avais encore mon frère Léon qu’était là-bas. Il m’a accueilli, quoi !... Et on y a travaillé jusqu’en… J’ai trouvé du boulot à l’arsenal et chez Denis Frères. Ma femme aussi elle travaillait un peu chez Denis Frères, pour se faire un p’tit pécule… pour notre retour en France.
Et puis comme ça, on a habité Nice, hein ! On avait plus rien à Paris. On voulait habiter dans un pays de soleil… et… et de vacances, si on veut ! Beau pays, hein !
Et voilà ! Bon !
Aujourd’hui, on est à la retraite, ma p’tite mère, ma p’tite bonne femme… Ouais ! On passe une retraite (Enregistrement coupé et écrasé par le suivant)
………………….
J’écoute quoi, j’récoute quoi ! Je ré-écoute la… la cassette, là ! On est le 7 mai 92, hein ! (Six années se sont écoulées depuis l’enregistrement précédent)… Et je vais sur 74 ans… Le dix septembre, je les aurai. Et bien ça m’a fait quelque chose quand-même, hein ! Ca fait déjà presque 4 ans que j’avais enregistré ça (erreur : presque 6 ans). Ca passe tellement vite les années… Ouais ! Ca ne nous rajeunit pas, hein !
Moi, j’ai été opéré des yeux depuis. Ma p’tite bonne femme, elle a été opérée aussi. Ecoutez voir ça (bruits d’éternuement en fond sonore)… Ma ptite poule, elle m’a apporté à manger un pamplemousse, là, dans la caravane. Tu l’entends, vous l’entendez éternuer ?
Voix de ma mère : « Ah bon, parce que tu m’as enregistré ? »
Hum !...(Bruit de déglutition concernant le pamplemousse)
La bouche pleine : Puisque tu arrives et bien je t’ai enregistré !
Je t’enregistre, hein ! Hum ! Et c’est pas fini du tout, hum ! T’as qu’à parler là, tiens, tu vas être enregistrée !
« Ah bon ? Et ben, et ça tourne alors ? »
Ben oui, c’est normal, hein !
«  Ah bon ? »
D’puis l’temps que j’essaye de t’avoir avec moi dans mes
« Ha, ha »
… J’parle tout le temps tout seul
« ha, ha ! »
… comme un pauv’vieux.
« Oh la la la la ! »
Ben t’avais voulu que j’te raconte un peu ma vie d’étant gosse. Tu l’as, tu as écouté l’enregistrement ?
« Moi c’que j’aurais voulu écouter, c’est ce dont tu parles avant. Tu dis : je viens d… je réécoute, mais je sais pas ce que tu as ré-écouté ! »
Ben, c’est, c’est l’enregistrement, tu m’avais dit un jour : Et ben enregistre donc un petit peu, raconter… Tu veux toujours que j’te raconte mon enfance, ma vie. Et bien je l’ai raconté, sur la moitié de la cassette, jusqu’à… ça s’est arrêté jusqu’à, jusqu’à notre retour de Saïgon, p’t’être, hein ?
Enfin j’ai… j’en ai dit jusqu’à là et puis tac, ça a coupé parce que… Alors d’l’autre coté, l’aut morceau, j’avais enregistré des p’tites chansonnettes que j’avais appris à l’école… Et puis des p’tites récitations, des p’tits trucs, des comptines, des machins que… j’savais pas quoi mettre, alors, j’ai fait ça, avant ! Et j’suis en train d’effacer ça… les chansonnettes
« En ce moment ? »
Oui ! Pour nous enregistrer, puisque tu arrives
«  Allons bon ! »
J’allais dire autre chose tout seul… Dire heu… Ben oui…
« N’importe quoi ! »
On a vécu, Non ! J’aurai raconté un peu notre vie depuis heu depuis notre mar…
« Oui, ben moi j’aimerais bien, j’aimerais bien écouter le début de ta cassette ! »
Ah ben faudrait que tu, faudrait que j’la retourne
« Et bien arrête-la ! »
Hein ! Que j’la retourne et que j’te la… Mais tu l’as déjà entendue !
« Mais non, j’men rappelle pas ! »
Mais si, quand j’étais môme là !
« Bon raconte, écoute, mets-là »
 
C’est ainsi que l’enregistrement des mémoires de mon père se termine par l’intervention de ma mère. Ensuite, on entend mon père chanter…
 
…est reverdie,
Quand l’hirondelle est de retour,
J’aime à revoir ma Normandie,
C’est le pays qui m’a donné le jour.
 
Refrain à l’hamonica…
 
J'ai vu les champs de l'Helvétie,
Et ses chalets et ses glaciers ;
J'ai vu le ciel de l'Italie,
Et Venise et ses gondoliers.
En saluant chaque patrie,
Je me disais : aucun séjour
N'est plus beau que ma Normandie !
C'est le pays qui m'a donné le jour.
 
Refrain à l’hamonica…
 
Il est un âge dans la vie,
Où chaque rêve doit finir,
Un âge où l'âme recueillie
A besoin de se souvenir.
Lorsque ma muse refroidie
Aura fini ses chants d'amour,
 
TAC !
Fin de la cassette

Posté par zalandeau à 09:17 - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

11 août 2017

Mémoire de mon père (6)

GSM

C’est pas pour ça que… C’était vraiment quand même une injustice, parce que les vœux de c’temps-là, mon vieux, c’était l’grand honneur, hein ! L’enfant qui récitait ça, mon vieux, c’est qu’ça comptait à la campagne de c’temps-là ! Les gens étaient tellement croyants… et puis tout quoi !
 
Hé bien voilà ! Voilà ma vie de môme ! Enfin voilà, y’a tellement trop de détails que j’donne pas, ça serait trop long… Je disais à maman, à ma femme là, à votre mère, que, mais c’est par bribes… des jours ça me revient, des trucs, des machins, mais… tu vois c’est fini. J’ai soixante huit ans bientôt… Mais enfin, ça fait plaisir, quand je rappuie sur l’bouton, pour entendre tout c’que j’viens d’vous dire… Et pourtant, quand je parle de la Normandie, du pays, d’Heugueville, du marais, du pont de la Roque, enfin, la rivière, tout ça… Hagon-Coutainville, hein !... De la pêche au lançons, tout c’que, tout c’que j’ai pu faire… Hé bien des fois, des fois… j’en ai les larmes aux yeux, hein ?
 
J’aurais tellement voulu repartir habiter là-bas. Ma femme n’a pas voulu. J’crois que, malgré tout, j’aime ce pays, hein !
Comme j’ai dit, j’ai pas tellement été heureux, mais enfin, pendant la guerre quand-même, j’y suis retourné, quand j’ai été démobilisé en 41, j’ai revécu pendant quelques années, jusqu’en quaran… jusqu’à fin 44, fin décembre 44.
Parfois j’ai bien vécu. J’ai bien… J’ai revécu avec tous les gens de là-bas, que j’avais connus étant gosse… (Rémunéré par la mairie, afin d’échapper au STO, mon père a gardé le pont de la Roque, jusqu’avant sa destruction par l’aviation Anglaise en juin 44).
 
Mais, après, ben je suis r’parti début 45 et c’est là que j’ai eu mon plus grand bonheur de ma vie : C’est d’avoir rencontré une jeune fille… hein ! Fin… fin janvier 45. Une demoiselle, heu… qui travaillait dans un bureau, chez un marchand de charbon. Ils étaient plusieurs secrétaires. Moi, j’habitais rue Edgar Dupont (Edgar Poe en fait), juste à coté. Mon plus grand bonheur de ma vie, j’crois que c’est d’l’avoir rencontrée !
 
Ca fait 40 ans ! Je l’ai draguée ! Hé hé hé, On s’est connus bien… Je m’suis fiancé… Je suis retourné sous les drapeaux pendant huit mois… Et en rentrant, ma foi, on s’est fiancé. On s’est marié en 46, février… Hé bé, le mariage a bien tenu, parce que… c’était… c’était c’qu’on appelait l’grand amour, quoi !... Hein ! Quand on… L’honnêteté même, quoi, hein, tous les deux ! On s’est aimé vraiment honnêtement. Et, voilà, ça fait bientôt quarante ans que ça dure !
 
On a eu toutes les péripéties de la vie… J’vous redirai ça un autre jour, hein ! Notre mariage à Paris.
Habiter rue de Lourmel, c’est là qu’est né mon premier fils.
Quand j’ai retrouvé mon frère Jean et ah, François qu’était parti là-bas à Saïgon et Léon.
Notre départ pour Saïgon.
Après, au retour, en France on a habité à Nice… 25 ans. C’est là qu’est né ma fille et mon dernier fils : A Nice.
Et depuis, on habite à… depuis 80, on habite à Granges sur Lot. C’est là qu’on finira nos jours, certainement ! Et on ira faire un p’tit tour de temps en temps à Nice et à Heugueville en Normandie, pour se promener et revoir un petit peu de toute notre vie passée, quoi ! La nôtre et la mienne… de pauvre type, hein !
 
J’ai oublié de vous dire que quand nous sommes partis à Saïgon en cinquan… en 1953, j’ai oublié de vous dire que, mes deux frères Jean et François, ils étaient décédés en 1948.
Ils ont été accidentés à Saïgon ; tous les deux d’un coup, ils ont été écrasés par un camion.
C’est c’qui m’a poussé le plus fort, pour abandonner notre… notre pays (Pour retrouver l'assassin).

Posté par zalandeau à 09:12 - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :

04 août 2017

Mémoire de mon père (5)

GSM

Ma nourrice, elle en avait peur, du Maître d’école. Elle osait pas. Comme il savait que personne prenait ma défense, hé bien mon vieux, jusqu’à ce que j’quitte l’école, il m’en a fait voir.
Et j’étais tellement… j’en avais tellement marre, qu’un jour lui ai dit « Monsieur, quand je serais grand, je reviendrai, j’vous casserai la gueule ! ».
Il m’a foutu une de ces trempes ce jour là ! Et pis… je l’ai assuré que j’lui foutrai sur la gueule quand j’serai grand !
 
Et à vingt ans, quand j’suis revenu pour aller au régiment, mon vieux, j’étais décidé d’aller pour lui casser la gueule. Manque de pot, il était mort !
 
Le curé, pareil ! L’curé, j’étais aussi son souffre-douleur ! Il m’en a fait des vacheries ! Des punitions pour aller… lui aussi, pour sarcler son jardin, hein ! Lui faire ses corvées de bois, tout ça… Ah, c’était une bande de salauds, hein ! Ah ça, j’oublierai jamais !
 
Un jour, quand j’serai mort et bé, j’espère, mon vieux…
 
Le maître d’école qui m’avait promis de me donner un vélo d’courses avec des jantes de roues en bois, à condition qu’j’y fasse ceci, cela et que je le dise pas… que je dise rien à personne, qu’il me faisait faire toutes ces corvées à porter des fagots dans l’grenier et puis, hein, y’m’dit : « J’te l’donnerai ».
Quand je suis pour partir en vacances, j’y dis « Monsieur, faut m’donner l’vélo ! ». Parce que c’était l’année que j’quittais l’école.
Il m’a dit « On verra. Attends, attends. J’ai l’temps ? ». « Oui, oui », « Mais si on reste là ». Parce que sa famille habitait à Créance, mais il dit « Je m’en vais pas, heu, j’te le donnerai quand tu seras placé », qu’y m’dit !
Et puis quand j’suis revenu le voir, que j’étais chez… domestique chez Monsieur Homet, et ben, pas question qu’il me le donne, hein !
C’était vraiment une ordure finie, hein ! Ouais !
 
Voilà les gens qui m’ont… Hein ! L’curé qui le jour de l’examen de ma communion… J’suis sorti premier, hein ! premier de tout le monde. Alors les examinateurs, les autres curés, y disent « Vous êtes premier ! Vous aurez l’honneur de réciter les vœux ! ». Puis après ils sont partis.
En fait de vœux, ce con de curé, comme moi j’pouvais pas lui porter de j’ambon ni cochon, ni d’volaille, ni rien, il l’a donné à un autre, à un fils de péquenot qui, qui lui portait toujours des… de quoi bouffer.
Et moi, il m’a, il m’a enlevé les vœux, il m’a placé avant-dernier, hein ! Mais ça n’fait rien. J’lui en ai voulu, hein ! Il m’a fait, j’ai eu la communion à réciter, hein ! « Ô cœur sacré de Jésus, humblement prosterné à vos pieds »… Enfin, bref ! De c’temps-là, gamin, j’lui en ai voulu longtemps. Il a fallu que, que j’me marie et que j’devienne adulte et que j’m’en aille loin d’Heugueville, que je sois , comment on appelle ça ?... des gens qui s’expatrient si on veut quoi, de sa Normandie, pour reconnaitre que… ça m’a p’t’être porté, ça m’a porté certainement chance dans ma vie, d’avoir été parler directement au cœur de Jésus, Ouais ! Enfin bref !

Posté par zalandeau à 09:06 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

27 juillet 2017

Mémoires de mon père (4)

GSM

Et aussi j’avais… alors j’économisais des sous, mes dix ronds, au moins, de madame Rouland.
Tous les ans, je m’rappelle, à la fête du, dans l’bourg, quoi… J’m’achetais un wagon. Un wagon des p’tits trains… La locomotive, j’pouvais pas l’acheter, j’avais pas assez d’argent, ça coûtait trop cher !
 
Parce qu’avec mon argent, fallait que j’me paye des sabots. Parce que ma nourrice, elle avait l’droit d’m’en payer une paire par an… mais il m’en fallait deux paires.
Alors, la deuxième paire j’me la payais parce que l’hospice me donnait… l’hospice me donnait que du tissu pour faire mes culottes et mes chemises, enfin et pis mes sarraux…
Et les sabots, fallait que… Parce qu’on avait droit à une paire de « Trélots », qu’on appelait ça : Des chaussures à semelles en bois et pis… une paire de sabots. Et pis j’avais quand même une paire de chaussures pour le dimanche, pour aller à la messe, pour être propre. Et un petit costume marin, tous les ans, quoi ! Chez elle, j’pouvais mettre mes habits neufs quand j’voulais… Mais, mon vieux, après les vêpres, fallait les enlever, hein ! Pour les tenir propres ! Et puis remettre le sarrau qu’était sale de la semaine passée. Et le lundi matin, on partait avec un sarrau tout propre !
 
Hé oui, voilà ! C’était ça la vie de campagne… Hein ! Et puis après j’suis parti travailler, comme j’ai dit, avec mon frère Jean, dans la ferme… Chez Monsieur Homet, hein !
Et après, plus grand j’suis parti… Je voulais être coiffeur ! Y’avait pas d’boulot à Coutances et nulle part.. ; Fallait payer le patron, pour qu’il nous apprenne notre métier !
 
Et j’me suis décidé d’partir pour Paris. Et puis ainsi de suite ! Enfin tout ça, c’est, c’est autre chose, hein !
 
J’ai aussi oublié de vous dire que, à l’école, mon vieux, hein, y’a eu deux maitres.
J’ai eu deux maîtres. Le premier, quand je suis arrivé en France, il s’appelait Monsieur Le Hérissey… C’était un très, très gentil… Monsieur. Il… Comprenait c’que c’était que des enfants sans… qui n’avaient pas de famille, tout ça ! Non, non, non, il était vraiment très gentil… Mais il est parti à la retraite.
 
Après il est venu un autre Monsieur, un autre instituteur qui s’appelait Monsieur Fromage… Fromage, et… Alors lui, qu’est-ce qu’il m’a mis sur la gueule !
Parce que, j’étais son souffre-douleur, hein ! Il buvait, il se saoulait la gueule ! Parce que sa femme, y’avait une histoire, une histoire entre lui et sa femme, enfin, bref !
Et bien c’est toujours moi qui prenais. Il buvait, il était à moitié rond tous les jours…
Qu’est-ce qu’il m’a mis comme trempes, à coups de galoches dans les reins, dis-donc ! Il m’soulevait par les oreilles de terre !
Y’m’foutait au coin ! Il fallait que j’aille sarcler son jardin. Y’m’punissait tous les jeudis, pour qu’j’aille travailler chez lui… faire son ménage, faire… nettoyer ses poules et ses cages à poules, ses chiottes et tout… cirer ses galoches, ses sabots, les chaussures d’sa femme. Enfin bref, faire toutes les corvées.

Posté par zalandeau à 09:01 - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :


20 juillet 2017

Mémoires de mon père (3)

GSM

Pas de difficulté en classe, malgré que j’crevais de faim… Et, voilà. Quand j’étais bien nourri, ben…
A l’âge de onze ans, en r’venant d’l’école à midi, j’suis tombé par terre. J’ai pas pu me relever… Et mon frère Jean, en retournant à l’école après manger, m’a trouvé au bord du fossé, là. Il m’a ramassé, il m’a emmené… Il m’a emmené chez ma marraine… Et pendant huit jours, ils ont fait venir une fois l’docteur. J’étais entre la vie et la mort, hein !
J’avais une fièvre, j’ai eu une très grosse fièvre pendant une semaine… Et puis, à la fin c’était… J’avais grandi d’un seul coup, je sais pas, heu… parce que quand je me suis levé au bout de huit jours, une bonne semaine, tous mes vêtements étaient trop petits.
 
Enfin personne n’y a rien compris, l’toubib non plus et moi non plus. C’est comme ça !... Ouais !...
 
Aie-aie-aie ! Et pis ma foi, j’ai vécu là, quelques années, chez ma Marraine… Malgré qu’il y  avait sa fille Gabrielle et Ernestine qui me piffraient pas trop… Passque ma Marraine me donnait toujours raison. Elle avait quand même pitié d’un môme qu’avait pas d’parent, tout ça !
 
Les autres, ils s’en foutaient, hein !... Ca les embêtait qu’elle m’avait, moi. Moi, je la considérais un p’tit peu… qu’elle me remplaçait ma mère, hein ? Voilà !
 
J’ai fait ma communion chez elle. J’ai été baptisé la veille. Cette pauvre Marraine. Elle, elle, elle est descendue pour, pour mon baptême, pour me servir de Marraine, mais quand elle est arrivée, c’était fini. C’était déjà fait depuis ! Pauvre…
Le lendemain, j’faisais ma communion, enfin, bref ! Tout ça !
 
J’ai passé mon certificat d’études et, voilà ! Au lieu de continuer mes études, pour être instituteur, ben, j’ai préféré partir avec mon frère Jean… S’en aller parce que je me sentais trop seul ! Je voulais être près de mon frère Jean ! Comme ça… Remarque si c’était à refaire, je pense que j’serais, J’aurais été comme si…j’aurais continué mes études. Parce que mon frère Jean, j’m’en suis aperçu beaucoup trop tard, il était absolument égoïste ! J’l’aimais tellement, que ça m’en aveuglait. J’le voyais même pas. Enfin, voilà, c’que c’est qu’la vie !
 
J’ai passé toute mon enfance, à Heugueville, dans la Manche, sans avoir jamais eu un jouet… Et, je me… fabriquait moi-même… les jouets… avec des boites de cirage comme j’ai dit, des morceaux de bois, des… des, tout c’qu’on veut, quoi !
 
Et puis… Si ! Je portais l’lait chez madame Rouland, tous les matins puisque ma Marraine, elle avait des vaches, des lapins et elle avait pas mal de poules, tout ça ! Elle m’a jamais fait travailler, elle, hein !
Elle m’a jamais forcé à travailler, alors hein, c’était une femme fantastique ! Pauvre, mais bon cœur !... Et, elle vendait son lait à madame Rouland, qu’était à coté d’l’école, l’épicerie. J’portais tous les matins et elle me donnait dix sous la semaine… Dix sous la semaine ! Et… un p’tit paquet d’bonbons, des p’tits œufs, que j’donnais à ma marraine, parce que… j’aimais bien les bonbons aussi, comme tous les gosses, mais, j’trouvais qu’ma Marraine était tellement… formidable, fantastique ! Pauvre comme elle était, elle me gardait quand même. Alors je lui donnais les bonbons. Comme ça, elle suçait les bonbons, elle se faisait bonne bouche en se couchant la nuit. Elle aimait se faire bonne bouche de temps en temps et j’les lui donnais, moi. Bon, bref !

Posté par zalandeau à 09:44 - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags :

13 juillet 2017

Mémoires de mon père (2)

GSM

Elle me donnait pas grand’chose (à manger), c’est pour ça que j’avais oublié de grandir. Et puis il fallait aller à l’école, hein !.. A trois kilomètres… Aller le matin, retour le midi et repartir à une heure pour revenir le soir… J’parlais pas Français… Je pouvais même pas demander la permission d’aller au petit coin, puisque… Alors j’faisais parfois dans mon pant… enfin… dans ma… dans ma culotte, c’est ça ?
Et évidemment, la volée en arrivant…
 
Et puis tous les soirs, il fallait encore en plus, en rentrant d’l’école, aller cueillir de l’herbe pour ses lapins. Oh, et puis un panier que j’pouvais même pas soulever. Si par hasard il était pas plein, elle me foutait au lit sans manger, hein !
 
Et puis alors, il y avait parfois des gens qui me donnaient une tartine de beurre. Fallait pas que la nourrice, elle le sache. Parce que sinon elle allait l’engueuler pour plus qu’on me donne quoi que ce soit… Ouais !... J’en ai vu de toutes les couleurs, avec elle. Elle s’acharnait sur moi, hein ? Quand je touchais des vêtements neufs, elle les donnait à ses petits-enfants et moi j’restais toujours avec des vieux… des vieux vêtements tous fripés, tout… en mauvais état, quoi !
 
Et puis alors il fallait que je mange un tas de saloperies que j’trouvais : Des pommes de terre avec la pelure toutes crues. Quand je trouvais des carottes avec des fanes, je mangeais tout, moi. De l’oseille sauvage… Jusqu’au moment où j’ai mangé des feuilles en me trompant, que ça m’a brûlé l’estomac, la gorge et la langue, la bouche, tout… Aussi, des boules de sureau, que j’me tapais ! Des boules de lierre, jusqu’à me faire tomber malade… Enfin, j’avais dit à Maman (Papa nommait ainsi son épouse), tout c’que j’mangeais : Les fleurs, tout c’que j’trouvais, pour m’mettre dans l’estomac, les pommes vertes, tout c’que j’trouvais…
 
Enfin bref, j’étais son souffre-douleur… Ouais ! Et pis, elle me donnait jamais à manger que toujours le dessus de la marmite, c'est-à-dire le bouillon, la flotte, quoi !
 
Jamais, jamais… Alors, pensez dans l’état que j’étais. Je grandissais pas. J’pouvais pas grandir, hein !
 
Et après, quand je… j’ai su un peu lire, il fallait que je…j’apprenne mon ‘cathéchisse’. Du cathéchisme, que j’avais du mal à apprendre, vu que, j’étais pas très calé en Français… Elle me gardait jusqu’à une heure du matin, debout, à coté de son lit. J’étais haut comme trois pommes. J’étais même pas si haut… pas plus haut que la table de nuit. J’m’en souviens. Et si jamais j’m’endormais un peu, si elle s’réveillait, elle me filait une bonne tape pour me réveiller, mon vieux ! Terrible, hein !...
 
Heureusement que l’bon Dieu l’a bien punie, hein ! Elle est morte après dix jours de maladie, pt’être. Je pense qu’elle avait que soixante deux ans…
 
Et moi, comme j’étais parti chez une autre nourrice, chez madame… Lemaresquier qu’elle s’appelait. On l’appelait Marraine… Et quand ç’a été… quand les cloches ont sonné l’enterrement (on m’avait dit d’aller à l’enterrement) de mon autre nourrice, j’ai refusé. J’me suis sauvé, hein, dans les champs. J’ai été me cacher dans les champs, pour ne pas aller à son enterrement… parce que… Ah non, je…je n’pouvais plus, je n’pouvais plus…
Je n’pouvais plus. J’en avais, j’avais trop souffert chez elle !... Ouais… Et… à un point que…
 
Chez ma nouvelle nourrice, j’étais bien nourri, hein ! Et puis, je pouvais mettre mes vêtements neufs quand j’en touchais… et tout et tout, voilà !
Et puis, comme j’étais quand même espiègle, elle me… elle me disputait pas trop, hein !
Elle m’a jamais frappé, elle, hein !
Elle était très très pauvre… C’est pour ça que j’disais tout à l’heure dans les chansonnettes (Papa avait enregistré des chansonnettes), qu’elle ne pouvait me donner qu’un sucre d’orge… le jour de Noël, quoi !... C’était pas mal, par rapport à l’autre bon’femme, là ! A un point que j’étais bien nourri.
 
A l’âge de onze ans, c'est-à-dire longtemps, longtemps après, des années ; j’me souviens que j’avais onze ans… Parce que j’me rappelle pas des années… Quand t’as pas le cerveau… t’es… J’me rappelle à peu près qu’à partir de mon âge de neuf ans, vers neuf ans, parce qu’avant je me rappelle pas des âges, ni rien. J’étais… quand on est maltraité comme ça, on n’peut pas réfléchir, on n’peut pas savoir. On apprend c’qu’on te dit à l’école, mais…
 
Parce qu’à onze ans, j’étais dans la classe du certificat, malgré tout. J’étais un gamin qui était très éveillé, qui apprenait bien.

Posté par zalandeau à 09:40 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

06 juillet 2017

Mémoires de mon père (1)

GSM

(transcription de K7 audio)
Votre Maman elle m’a dit que je devrais enregistrer… un p’tit moment de ma vie, lorsque j’étais enfant… Là, ça va être un peu long et un peu triste, hein ! J’vais le faire pour lui faire plaisir… Elle le fera écouter à ses enfants, si elle veut, mais pas en ma présence parce que franchement, je… j’n’aime pas beaucoup remuer toutes ces choses qui étaient plus tristes que gaies…
 

1938 01bis

Voilà ! Quand je suis… j’ai du être né à Lang-Son, à la frontière de Chine… Et ma mère avant de mourir, quand elle était à l’hôpital, m’a fait emmener moi et mon frère qui avait deux ans de plus que moi… mon frère Jean, à l’orphelinat d’Hanoï, par mon frère ainé Léon…
 
Parce qu’il y avait aussi François… mais enfin… Et… quand elle est morte, je pense que c’est mon frère François, qui l’a enterrée… Bon !
 
Et il est venu un moment où… A un moment donné, il a fallu partir en France, vu qu’on avait plus de parents ni de famille là-bas… Et j’étais très-très jeune. Je ne me souviens plus de l’âge que j’avais, mais… je me disais « Tiens, on nous met dans un train, avec d’autres enfants de l’orphelinat » et moi, j’ai compris de suite… que je quittais la… le pays où j’étais né et que j’m’en allais en France, dans ce si beau pays, mais qui n’était pas le mien… Et que je quittais… mon frère Léon et mon frère François…
 
J’m’en allais avec mon frère Jean… et tous les deux on était seuls dans l’train, accompagnés bien sûr par quelqu’un, mais on était tellement nombreux, on était peut être une trentaine. Et il y avait des… Il y avait des gosses qui étaient accompagnés par leur mère et nous, tous les deux on était blottis… sur une banquette… Et je me rappelle qu’on pleurait, surtout moi !
 
Enfin, on est arrivés à Haïphong… On nous a embarqués dans le train, dans le bateau, pardon ! On a monté la coupée, j’me souviens… Il y avait le monsieur qui nous accompagnait… l’accompagnateur. Et sur le pont avec lui, je ne voulais pas lui lâcher la main, parce que je ne voulais pas quitter… Je ne voulais pas m’en aller ! Et il l’a bien vu !
Mais, j’me suis endormi sur le pont…
 
Et le lendemain quand je me suis réveillé, on était au large, en mer. Il y avait plus d’accompagnateur, il y avait plus rien. Et c’est là que j’ai compris que… Pour moi, j’étais perdu, quoi !
 
J’me souviens, vous voyez, des choses qui sont très tristes, qu’on se rappelle, plus facilement que les bonnes choses. Parce que les bonnes choses, il y en avait pas encore eu dans ma vie ! Alors je pouvais me rappeler que des… des souvenirs qui m’ont vraiment frappés ! Enfin…
 
Arrivé à Marseille, forcément, la traversée avait été très très dure, parce que dans l’océan Indien j’étais malade, malade, malade, pendant toute la traversée. Peut-être une semaine, je ne sais plus.
Enfin, on à mis vingt et un, vingt-deux jours pour arriver à Marseille Et à Marseille on m’a embarqué pour aller à Coutances, mais ils ont gardé mon frère Jean… pendant six mois pour l’acclima… l’acclim… l’acclimater ? Pour qu’il se… Parce que le climat ne lui convenait pas, quoi ! Et moi, j’ai bien supporté. Donc ils m’ont… Ils m’ont emmené à Coutances… A l’hospice.
 
Puis de là, je suis parti en nourrice. C’est une nommée madame Nicole… Une très mauvaise nourrice ! Au début on était trois : Moi et les deux frères XXXXX (Giquel ? Le son est mauvais). Et, comme je disais à Maman, tous les jours, je sais pas non plus encore l’âge que j’avais, puisque j’parlais ni Français, ni rien du tout… Et… le Français je l’ai appris à mes dépends, hein ! Parce que vous allez voir comment que c’était qu’elle me maltraitait, moi principalement, parce que je ne pouvais pas me défendre, je savais pas parler Français, je connaissais rien du tout. Tandis que les autres : Il y en avait un qui parlait Français, de Giquel, le frère ainé. Alors…
 
Mais on était tellement mal nourris. Moi, je me souviens, j’étais tellement maigre. Elle me donnait pas… pas à manger ni rien du tout.

Posté par zalandeau à 09:16 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

29 juin 2017

Matteï… et la RC4, la route de la mort

GSM

Le Capitaine Matteï commandant la 4ème compagnie du 3ème REI, a laissé son nom en 1950 dans l’histoire, pour avoir prévenu sa hiérarchie du dispositif Vietminh entre Cao-Bang et Langson, qu’il connaissait dans ses moindres détails, grâce à son réseau d’informateurs…
Son nom est d’autant plus connu, par l’absence de prise en compte de ces informations, par le Colonel Constans trop occupé à ses réceptions et qui n’y accorda pas la moindre attention.
Ainsi, la hiérarchie, complètement obtuse, enverra plusieurs convois de secours par la R.C.4. Ils seront exterminés par un ennemi en embuscade, disposant de 30 bataillons, parfaitement renseigné sur nos mouvements par des fuites au niveau du ministère à Paris...
La prise en compte des informations du capitaine Matteï, aurait pu épargner la vie de plusieurs milliers d’hommes de nos corps d’élites…
 
C’est certainement pour cela, que le nom de ce Capitaine fut choisi pour le commando Français qui opéra en avril 2008, dans les territoires hostiles des tribus fédérées au Nord-Ouest du Pakistan, dans la plus grande autonomie, avec discrétion et efficacité, montrant ainsi l’exemple à nos alliés Américains…

Posté par zalandeau à 09:22 - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags :

08 mars 2017

Mémoires et radotages (92) – souvenirs violents divers (suite)

GSM

J’avais 28 ans, en Angola, infiltré avec plusieurs rombiers dans le quatrième camp des rebelles Katangais, (lesquels sont endoctrinés, financés et armés par les Cubains)…
Un coup d'œil à l'angle : Merde ! Un Tigre (un Katangais) avec une kalach ! S’il me voit le premier, je suis mort ! Sil tire ou que je tire, tout le camp va nous tomber dessus à bras raccourcis. Plaqué au mur, je sors mon poignard… Mon cœur accélère… Je force ma colère à monter d'un coup. C’est ça ou la peur panique, je n’ai pas le choix… Il est en train d'allumer une cigarette lorsqu'il arrive à ma hauteur… Je m'élance, avant que, surpris, il n’ait le temps de réagir… Je l’empêche de crier, jusqu'à ce que ses muscles se relâchent…
Je commence à trembler… La colère ! Il faut que je garde la colère. C'est ma seule arme contre ces assassins et contre ma propre peur !...
Je récupère et j'essuie ma lame poisseuse sur les pans de sa chemise.
Ce n’est qu’au retour de cette mission achevée, que je ressens le contrecoup de cette peur rétroactive et que je m’écroule épuisé.
 
A Nice. Je devais avoir une quinzaine d’année. Un solex avec deux types frôla le trottoir et le passager à l’arrière me donna une tape en passant. « Ca va pas, non ! », m’exprimai-je. Ils firent instantanément demi-tour alors que j’avais déjà repris ma discussion avec mon copain Barberis… Bien évidemment comme on peut le deviner, c’était de la provocation. Le conducteur du Vélosolex me demande si je veux me battre… Pendant que mon futur ex-« copain » le fameux Barberis, dont je n’hésite pas à répéter le nom qui rime avec lâche, couard, empaffé… faisait une prudente retraite dans l’immeuble qu’il habitait juste à coté… Moi, comme un con j’acceptais… Oui mais voilà… Ce n’était pas à la loyale ! Ils étaient à deux ! Au cours de la bagarre, où j’avais réussi à cogner le petit, le grand avait réussi à me prendre les bras par derrière, pendant que le petit se mit à me lyncher littéralement le visage… Je tombais groggy sur le dos ! Je ne voyais plus rien. Je ne pouvais ni parler ni bouger… Mais par contre, j’entendais… Le bruit du cran d’arrêt… Le grand demanda au petit « On le finit ? »… J’ai eu une grande trouille, cette fois là : Me faire planter sans pouvoir me défendre… C’était foutu !
L’autre, le petit, répondit « Ca va ! Il a son compte ! »… Puis, pendant qu’ils s’éloignaient j’entendis : « L’enculé, il m’a déchiré ma veste en cuir ! » Il me fallut plusieurs minutes avant de récupérer mes facultés…
J’appris par la suite, que le grand avait 20 ans et le petit était majeur (la majorité était à 21 ans à l’époque)…

Un an plus tard, j’allais croiser un type dans une ruelle déserte. C’était le petit… Il stoppa net et s’enfuit à toutes jambes…

Posté par zalandeau à 09:13 - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : ,