03 août 2019

Le «vrai» déficit commercial de la France (5)

GSM


 
 
Le tableau 4 donne une estimation de la balance commerciale en volume de la France en 2008. On peut lire sur ce tableau, que cette balance commerciale en volume était en déficit de 161,3 milliards d'unités réelles de biens et services, pour ce qui concerne les échanges de biens manufacturés avec tous les pays du reste du monde, et de 122,1 milliards d'unités réelles de biens et services, pour ce qui concerne les échanges de biens manufacturés avec les pays émergents.
 
Tableau 4. Balance commerciale en volume de la France en 2008 (Volume réel des biens échangés, par sens de l'échange, catégorie des biens échangés, et région partenaire de l'échange, en milliards d'unités réelles de biens et services)
 
Une estimation des contenus en emplois des exportations et importations de la France.
 
Le tableau 5 donne, pour diverses branches d'activité, plusieurs indicateurs concernant la France en 2008, utiles pour apprécier la balance commerciale en volume. Les sources de ce tableau sont les tableaux précédents et l'OCDE (sa base de données STAN).
 
Tableau 5. Valeurs de divers indicateurs concernant la France en 2008 (Valeur de l'indicateur, par indicateur et catégorie de biens et services produits par la branche concernée)
 
Le tableau donne d'abord une estimation de la valeur ajoutée, calculée en volume, faite par les acteurs de la branche concernée durant l'année. La valeur ajoutée en volume faite par des acteurs d'une branche de l'économie, est le volume réel des biens et services qu'ils ont produit, auquel on retranche le volume réel de leurs consommations intermédiaires. Le PIB en volume est la somme des taxes sur la consommation, divisées par le niveau des prix, et de la valeur ajoutée en volume de toutes les branches d'activité. L'unité de mesure est le milliard d'unités réelles de biens et services. Sur le tableau, on peut lire qu'en France, les acteurs appartenant à la branche produisant des biens manufacturés, ont fait une valeur ajoutée de 183 milliards d'unités réelles de biens et services, et que le PIB en volume de la France est de 2116,2 milliards d'unités réelles de biens et services. Les 161,3 milliards d'unités réelles de biens et services, de déficit commercial en volume de la France, pour ce qui concerne les échanges de biens manufacturés, représentent donc 7,6% de son PIB en volume.
Le tableau donne ensuite le nombre d'emplois dans la branche concernée. L'unité de mesure est le million d'emplois. On peut lire qu'il y a dans la branche des biens manufacturés, 2,6 millions d'emplois en France en 2008.
Puis le tableau donne la productivité annuelle, calculée en volume, des acteurs de la branche. La productivité en volume des acteurs d'une branche, est la valeur ajoutée en volume faite en moyenne par chaque acteur de la branche : elle se calcule en divisant la valeur ajoutée en volume de la branche, par le nombre d'emplois dans la branche. L'unité de mesure est l'unité réelle de biens et services. On peut lire que la productivité en volume des acteurs de la branche des biens manufacturés, est de 69901 unités réelles de biens et services par an et par travailleur.
Le tableau donne ensuite une approximation plutôt sommaire, du contenu en emplois, calculé en volume, des biens exportés de la catégorie concernée. Une manière sommaire de le calculer, est de diviser le volume des biens exportés, par la productivité en volume des travailleurs de la branche des biens exportés. L'unité de mesure sur le tableau est le million d'emplois. On peut y lire que pour produire les biens manufacturés exportés, il a fallu mobiliser en France 5 millions d'emplois en 2008.
Puis le tableau donne une approximation sommaire du contenu en emplois calculé en volume, des biens importés de la catégorie concernée. On peut le calculer en divisant le volume des biens importés, par la productivité en volume des travailleurs de la branche des biens importés, dans le pays où les biens sont importés. L'unité de mesure sur le tableau est le million d'emplois. On peut y lire que pour produire les biens manufacturés importés en 2008, il aurait fallu mobiliser en France 7,3 millions d'emplois.
Enfin le tableau donne le solde de la balance en emplois, calculée en volume, pour les biens de la catégorie concernée. La balance en emplois calculée en volume, recense les contenus en emplois calculés en volume, des biens importés et exportés. Son solde est le contenu en emplois des biens exportés, auquel on retranche le contenu en emplois des biens importés. Sur le tableau, l'unité de mesure est le million d'emplois. On peut y lire que, pour les biens manufacturés, la balance en emplois calculée en volume de la France en 2008, a un déficit de 2,3 millions d'emplois.
 


01 août 2019

Le «vrai» déficit commercial de la France (4)

GSM


 
 
Une estimation de la balance commerciale en volume de la France.
 
Pour calculer une balance commerciale en volume à partir d'une balance commerciale en valeur, il faut calculer les volumes réels des quantités de biens échangés, dont les valeurs marchandes sont recensées dans la balance commerciale en valeur. Le volume réel d'une quantité de biens peut se calculer à partir de sa valeur marchande, en utilisant le niveau des prix dans le pays de production de ces biens. Le niveau des prix dans un pays, est le prix auquel on peut y acheter une unité réelle de biens et services. Une unité réelle de biens et services, peut être par exemple le volume réel de biens et services que l'on peut s'acheter aux USA, avec 1 dollar. Le niveau des prix dans un pays, peut alors être le nombre de dollars qu'il faut échanger contre de la monnaie du pays, étant donnés les taux de change du moment, pour pouvoir s'acheter dans ce pays une unité réelle de biens et services, c'est à dire ce que l'on aurait pu s'acheter aux USA avec 1 dollar. Le volume réel d'une quantité de biens et services, est donc considéré comme égal à sa valeur marchande en dollars, divisée par le niveau des prix dans le pays de production de ces biens et services.
 
Le tableau 3 donne une estimation des niveaux des prix dans divers pays du monde, en 2008. Cette estimation est donnée par le FMI (dans sa base de données World Economic Outlook). Sur ce tableau, on peut lire qu'étant donnés les taux de change de 2008, si l'on voulait acheter en France ce que l'on pouvait acheter aux USA pour 1 dollar, il fallait détenir une quantité d'euros que l'on pouvait acquérir en échange de 1,35 dollars. On voit sur ce tableau, que les taux de change sont loin d'être ceux d'une situation de parité des pouvoirs d'achat, où le niveau des prix serait le même dans tous les pays. D'un pays à un autre, le niveau des prix peut varier du simple (en Inde : 0,37) au quadruple (en Suisse : 1,58).
 

Tableau 3. Niveaux des prix dans le monde en 2008 (Prix d'une unité réelle de biens et services, par pays, en dollars)
 
Pour que l'estimation du volume réel d'une quantité de biens et services, à partir de sa valeur marchande, soit plus vraisemblable, on pourra considérer que les niveaux des prix donnés dans le tableau 3 concernent les biens et services de toutes les catégories, à l'exception de celles des biens naturels agricoles ou issus des sous-sols, et des biens manufacturés énergétiques. Pour les biens de ces catégories, on pourra considérer que même s'ils sont produits à l'étranger, leur prix serait le même pour nous s'ils étaient produits en France : une unité réelle de biens de ces catégories, vaudrait donc pour nous 1,35 dollars, quel que soit son lieu de production. Le prix du pétrole brut ou raffiné, ou du métal brut, est à peu près le même d'un pays à l'autre. Les pays où le coût du travail est bas, sont souvent aussi si mal dotés en équipements agricoles, que leurs coûts de production de biens agricoles ne sont finalement pas si inférieurs que cela, à ceux des pays riches.

 

30 juillet 2019

Le «vrai» déficit commercial de la France (3)

GSM



 
 
La balance commerciale en valeur de la France.
 
La balance commerciale en valeur de la France en 2008, est donnée dans le tableau 1. Les sources principales de ce tableau sont l'OCDE (sa base de données STAN, à la rubrique "Industrie et Services"), et la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects. Sur ce tableau, on peut lire que la France a exporté pour 473,6 milliards de dollars de biens manufacturés, dont 106,4 milliards vers les pays émergents. Elle a aussi importé pour 500,8 milliards de dollars de biens manufacturés, dont 124,4 milliards en provenance des pays émergents. La balance commerciale en valeur de la France était donc en déficit de 27,2 milliards de dollars pour ce qui concerne les échanges de biens manufacturés avec tous les pays du reste du monde, et de 18 milliards de dollars pour ce qui concerne les échanges de biens manufacturés avec les pays émergents.
Tableau 1. Balance commerciale en valeur de la France en 2008 (Valeur marchande des biens échangés, par sens de l'échange, catégorie des biens échangés, et région partenaire de l'échange, en milliards de dollars)
Dans le tableau 1 et les suivants, les biens et services sont regroupés dans la catégorie des biens mobiliers, et dans celle des biens immobiliers et des services. Les biens mobiliers sont ceux qui peuvent s'exporter ou s'importer. La catégorie des biens immobiliers et des services, comprend la construction, la vente et la location de terrains construits, le commerce et le transport, les services d'intermédiation financière, et les services non financiers, individuels ou collectifs. Les biens mobiliers sont regroupés dans la catégorie des biens naturels, et dans celle des biens manufacturés. La catégorie des biens naturels, est plus exactement celle des biens naturels, alimentaires ou énergétiques. Elle comprend les biens agricoles (comme du blé, du raisin, du coton ou du bois brut), les biens manufacturés alimentaires (comme du pain ou du vin), les biens extraits des sous-sols (comme du métal brut ou du pétrole brut), les biens naturels énergétiques (comme de l’électricité, du gaz ou de l’eau), et les biens manufacturés énergétiques (comme du pétrole raffiné). La catégorie des biens manufacturés, est plus exactement celle des biens manufacturés non alimentaires et non énergétiques (comme des vêtements, des meubles, de la pierre taillée, des produits métallurgiques, des produits chimiques, des machines, des appareils électriques, des matériels de transport). Ces catégories de biens et services, peuvent facilement être mises en correspondance avec celles définies par l'ONU (dans sa nomenclature ISIC 3).
Les pays du reste du monde aussi, sont regroupés dans des régions du monde, dont les plus étendues sont celle des pays émergents (Europe centrale, Asie du sud et du sud-est, Amérique latine, Maghreb et Turquie), celle des pays pauvres (Afrique sub-saharienne, proche et moyen Orient, Europe orientale, Caucase et Asie centrale), celle des pays d’Europe occidentale (du nord et du sud), et celle des autres pays riches (Amérique du nord, Japon et Océanie).
 
Le tableau 2 donne, pour diverses branches d'activité, la valeur ajoutée, calculée en valeur, faite par les acteurs de la branche concernée, en 2008. La valeur ajoutée en valeur faite par des acteurs d'une branche de l'économie, est la valeur marchande des biens et services qu'ils ont produit, à laquelle on retranche la valeur marchande de leurs consommations intermédiaires, c'est à dire des biens et services qu'ils ont utilisé lors de leur activité productive. Le PIB en valeur est la somme des taxes sur la consommation, et de la valeur ajoutée en valeur faite par toutes les branches d'activité. La source de ce tableau est l'OCDE (sa base de données STAN). Sur ce tableau, on peut lire qu'en France, les acteurs appartenant à la branche produisant des biens manufacturés, ont fait une valeur ajoutée de 247,1 milliards de dollars, et que le PIB en valeur de la France était de 2857 milliards de dollars. Les 27,2 milliards de dollars de déficit commercial en valeur de la France, pour ce qui concerne les échanges de biens manufacturés, représentent donc 1% de son PIB en valeur.
 
Tableau 2. Valeur ajoutée en valeur de la France en 2008 (Valeur marchande des biens et services produits, nette de la valeur marchande des consommations intermédiaires, par catégorie de biens et services produits, en milliards de dollars)

29 juillet 2019

Le «vrai» déficit commercial de la France (2)

GSM



 
 
Le déficit commercial en volume est la pleine mesure de la non réciprocité des échanges entre la France et le reste du monde. Il faudrait mobiliser en France beaucoup plus d'emplois pour produire ce que nous importons, qu'il faut y mobiliser d'emplois pour produire ce que nous exportons. Le nombre d'emplois mobilisés pour produire les biens exportés, porte le nom de contenu en emplois, calculé en volume, des biens exportés. Et le nombre d'emplois qu'il aurait fallu mobiliser en France pour produire les biens importés, porte le nom de contenu en emplois, calculé en volume, des biens importés. Ce nombre peut être différent du nombre d'emplois qui ont été effectivement mobilisés à l'étranger, pour produire les biens importés, puisque les pays étrangers peuvent ne pas avoir les mêmes niveaux d'équipement et de qualification des travailleurs qu'en France. On verra qu'à partir de la balance commerciale en volume, il existe une manière simple et sommaire de calculer ces contenus en emplois. On verra aussi que ce calcul aboutit sur une différence de 2,3 millions d'emplois, entre le contenu en emplois des biens manufacturés exportés et celui des biens manufacturés importés.
Le déficit commercial en volume est aussi la pleine mesure de l'érosion de l'appareil de production, notamment industrielle, de la France, qui est pourtant la seule source à long terme de sa prospérité et de sa puissance. En effet la différence entre le volume de biens et services que nous consommons, et le volume de biens et services que nous produisons, est ce déficit commercial en volume. Ce n'est pas parce que nous consommons moins de biens manufacturés, ou parce que nos techniques de production se sont améliorées, que nous consacrons environ deux millions d'emplois en moins à l'activité industrielle qu'il y a quelques décennies : c'est plutôt, comme il était naturel de le pressentir, parce que nous importons aujourd'hui beaucoup plus de bien manufacturés que nous en exportons.
Le déficit commercial en volume est enfin la véritable mesure de la longueur du chemin de reconstruction que notre économie devra parcourir, quand il viendra l'envie au reste du monde, de cesser de nous vendre comme aujourd'hui, beaucoup plus de biens qu'il ne nous en achète. Ou bien, quand il viendra l'envie au peuple français de s'engager de manière solidaire dans une relation au reste du monde, sans laisser les travailleurs français exposés à la concurrence des pays émergents, sans emploi ou avec des salaires soumis à une pression à la baisse. A ce moment là, les forces qui maintiennent les taux de change très loin de la parité des pouvoirs d'achat, et qui maintiennent l'euro dans son état de surévaluation, s'affaibliront. Par exemple, la banque centrale chinoise cessera d'intervenir pour maintenir la sous-évaluation de son yuan par rapport à l'euro. Ou bien, le peuple français décidera de dévaluer sa monnaie par rapport aux autres monnaies, et/ou mettra en place des droits de douane et éventuelles subventions aux exportations. La puissante force exercée par le déficit commercial en volume de notre pays, aura alors libre cours, et fera baisser la valeur de l'euro, pour la ramener vers la valeur qu'il aurait s'il y avait parité des pouvoirs d'achat. Le déficit de la balance commerciale en valeur se rapprochera alors du déficit commercial en volume, bien plus accentué. Les réserves de change de notre pays fondront alors plus vite, et l'inflation sera plus forte. En un mot, ce sera comme un lent dégonflement, ou un brusque éclatement, de la bulle qui consisterait en la surévaluation de l'euro et en notre déficit commercial en volume. Les échanges commerciaux revenant alors, doucement ou brusquement, vers leur valeur fondamentale que serait l'équilibre des balances commerciales en volume, et les taux de change revenant vers leur valeur fondamentale qui serait un état de parité des pouvoirs d'achat. Plus nous attendrons sans rien faire, sans avoir recours à des droits de douane, éventuelles subventions aux exportations, et/ou à des dévaluations, et plus la bulle qui se dégonflera ou éclatera sera alors volumineuse, et plus longue sera pour nous la reconstruction.
 
En 2008, le déficit commercial en valeur de la France, représentait 3,6% de son PIB en valeur. Selon l'estimation que j'ai faite, cette même année 2008, le déficit commercial en volume de la France représentait quant à lui 10,9% de son PIB en volume.
Pour ce qui concerne seulement les échanges de biens manufacturés de la France avec les pays émergents, le déficit en valeur de la France représentait 0,6% de son PIB en valeur, alors que son déficit en volume représentait 5,7% de son PIB en volume.
Enfin, pour ce qui concerne seulement les échanges de biens manufacturés, mais cette fois avec tous les pays du reste du monde, le déficit commercial de la France représentait par rapport à son PIB, 1% en valeur, et 7,6% en volume.
Dans la suite de ce texte, je donne le détail de la balance commerciale en valeur de la France en 2008, ainsi que le détail de l'estimation que j'ai faite de sa balance commerciale en volume cette même année. Ce faisant, je montre aussi comment une estimation de la balance commerciale en volume, peut se calculer à partir de la balance commerciale en valeur. Puis je montre comment on calcule le nombre d'emplois mobilisés en France pour produire les biens exportés, et le nombre d'emplois qu'il aurait fallu mobiliser en France pour produire les biens importés. Enfin, j'essaie de voir comment, au delà d'une compréhension intuitive du concept de volume réel, il est possible de lui donner une définition précise, et j'essaie d'évaluer la qualité des approximations que j'ai calculées.

27 juillet 2019

Extrait d'un magazine Algérien de 2010

GSM

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26 juillet 2019

Le «vrai» déficit commercial de la France (1)

GSM


J’avais écrit en 2012 sur blog.fr, des comparatifs suggérant que la balance commerciale de la France était bien plus grave que ce que l’on nous le suggérait à longueur de médias.

Il n’en reste rien depuis que blog.fr a disparu.

Un  seul texte est demeuré (écrit sur Word) que j’ai republié en 2016 et qui aborde très brièvement la parité de pouvoir d’achat dans le calcul du déficit de notre balance commerciale.

Sur Blogger :

La balance commerciale (Modèle Allemand de Nikola 1er)


Ainsi que sur canalblog :

La balance commerciale (Modèle Allemand de Nikola 1er)



Un auteur « Samuel », explique fort bien le mécanisme qui conduit notre pays à minorer notre déficit commercial afin de faire penser aux Français que la situation n’est pas si grave. Or elle est très grave. Et simplement par le calcul raisonnable et non faussé, on comprendra aisément que notre politique libérale va droit dans le mur.

Je vais donc publier ci après le texte de cet auteur paru sur Mediapart en 2011…


Le «vrai» déficit commercial de la France (1)






Dans le domaine du commerce international, comme dans celui de la production et des échanges au sein d'un même pays, et contrairement à ce que suggère la belle image de Jean-Baptiste Say, la monnaie n'est pas qu'un «voile» posé sur l'économie réelle, sans influence sur elle, et à travers lequel on pourrait en voir une image non déformée.


Comme le soulignent notamment les économistes postkeynésiens, et contrairement à ce que suppose la théorie néoclassique des « avantages comparatifs », les taux de change, c'est à dire les valeurs des monnaies les unes par rapport aux autres, ne sont pas de simples conséquences des échanges commerciaux internationaux. Ils peuvent aussi être influencés par les interventions des banques centrales, et aussi par les mouvements de capitaux, surtout quand ceux-ci sont libéralisés. Les taux de change peuvent alors influencer à leur tour les échanges commerciaux internationaux. C'est ainsi que, dans leur état actuel où par exemple l'euro est surévalué et le yuan est sous-évalué, ils maintiennent des déséquilibres commerciaux, bien reflétés se dit-on, par les déséquilibres des balances commerciales des pays.


Mais c'est ici justement qu'on oublie que la monnaie, en plus d'agir sur l'économie réelle, n'en laisse voir à travers elle qu'une image déformée. La balance commerciale, que l'on considère le plus souvent comme une image fidèle des flux commerciaux entrants et sortants d'un pays, recense les valeurs marchandes, exprimées en unités monétaires, des biens importés et exportés par le pays. Derrière cette balance commerciale, qu'on pourrait appeler plus précisément la balance commerciale en valeur, se cache une autre balance commerciale, qu'on pourrait appeler la balance commerciale en volume, qui recense les volumes réels des biens échangés par le pays, exprimés en unités réelles de biens et services. De même, derrière la valeur des biens et services produits dans un pays, c'est à dire derrière son PIB en valeur, se cache le PIB en volume de ce pays, volume des biens et services qui y sont produits, dont l'évolution est considérée comme le plus fidèle indicateur de la croissance de ce pays.

On donne le nom de niveau des prix dans un pays et à un moment, à la valeur dans ce pays et à ce moment, d'un volume de biens et services, qui sert d'étalon. Ce volume étalon peut être un panier type de biens et services, qui ne doit pas changer quand on change de pays ou de moment. Le niveau des prix peut être exprimé dans une unité monétaire internationale, comme le dollar. Pour évaluer le niveau des prix dans un pays et à un moment, on regarde quelle est la valeur dans le pays et à ce moment, du volume étalon de biens et services, qu'on exprime en unités monétaires du pays, puis on convertit cette valeur en unités monétaires internationales, selon les taux de change du moment.

Dès lors que le niveau des prix change d'un pays à un autre, ou autrement dit, dès lors que les taux de change ne sont pas dans un état de parité des pouvoirs d'achat, les balances commerciales en valeur et en volume ne sont plus identiques. De même, dès lors que dans un pays, le niveau des prix change au cours du temps, c'est à dire dès lors qu'il y a de l'inflation ou de la déflation, les évolutions des PIBs en valeur et en volume ne sont plus identiques.


Dans ce texte, je donnerai la balance commerciale en valeur de la France en 2008, ainsi qu'une approximation que j'ai faite à partir de chiffres donnés par le FMI, de sa balance commerciale en volume cette même année. On verra que le déficit commercial en volume de la France est bien plus accentué que son déficit commercial en valeur.

Cela n'a rien d'étonnant, puisque par rapport à un état de parité des pouvoirs d'achat, l'euro est fortement surévalué par rapport à la plupart des autres monnaies. La valeur des biens que nous exportons est globalement surévaluée par rapport à celle qu'ils auraient s'il y avait parité des pouvoirs d'achat. Et la valeur des biens que nous importons est globalement sous-évaluée. En effaçant ces surévaluations et sous-évaluations, on obtient de plus petits volumes de biens exportés, et de plus grands volumes de biens importés.

19 juillet 2019

Immigration : quand la vérité des chiffres émerge peu à peu (3)


GSM

Gérard-François Dumont, Arnaud Lachaize (suite)

 

Généralement, les données sur l’immigration donnent lieu soit à des analyses idéologiques plaquées sans nuances sur la réalité, soit à un commentaire descriptif dépourvu d’analyse de fond. Comment expliquer ces deux tendances ? Comment éviter ces deux écueils et traiter avec pertinence et précaution ces statistiques ?

 
Gérard-François Dumont : D’abord, derrière les mêmes mots employés – migrants, immigrants, réfugiés, étrangers, solde migratoire, regroupement familial… - se cachent souvent des définitions implicites différentes. En conséquence, les concepts que recouvrent ces mots, pourtant bien définis et ne comportant aucune ambiguïté, sont malheureusement souvent utilisés de manière inappropriée, ce qui accroît la confusion et ne facilite pas les échanges.Ensuite, les discours sur l’immigration en France se trouvent souvent idéologiques tout simplement car il est difficile de bénéficier de données satisfaisantes et sérielles sur lesquelles s’accorder. Ainsi, il est extrêmement difficile de reconstituer les flux migratoires au fil des années en allant sur le site de l’Insee qui affirme pourtant pratiquer l’open data…Parfois, les données disponibles sur la France sur le site Eurostat sont incomplètes, diffèrent de celles publiés par l’Insee ou ne figurent pas sur le site de l’Insee. Le recensement dit rénové mis en œuvre depuis 2004, qui repose sur des enquêtes dans les communes de 10 000 habitants ou plus et sur des calculs statistiques pour neuf dixièmes des communes, comprend différents biais sur lesquels il conviendrait de se pencher. En outre, les informations sur le nombre de demandeurs d’asile déboutés qui, pourtant, restent dans leur grande majorité en France, ou sur les régularisations au fil de l’eau sont pauvres. Bref, il faudrait un système d’information statistique continue des flux migratoires qui permettrait de mesurer précisément les évolutions au fil des années. Et ce système devrait livrer des données décentralisées, ce qui permettrait de connaître les populations des communes et les migrations entre elles grâce à la création de registres communaux de populations, comme cela existe dans de nombreux pays.
 
Faute d’un outil statistique livrant régulièrement des données semblables et détaillées, il n’est pas possible pour les Français de s’accorder sur des référents communs objectifs. Des discours idéologiques peuvent alors s’y substituer et être largement diffusés, même s’ils sont totalement erronés. Par exemple, ceux qui utilisent l’expression « grand remplacement » risquent de masquer le fait majeur que l’État traite de façon inégale les territoires et les populations, ce dont a témoigné le mouvement des gilets jaunes.
 
Autre exemple, si vous écrivez « Europe-forteresse »sur Google, vous ne trouvez pas moins de 50 300 occurrences alors que cette formule n’a aucune véracité. L’Europe est une très grande région d’immigration, davantage certaines années que l’Amérique du Nord.Ceci est attesté notamment par trois éléments. D’abord, les pays les plus peuplés de l’Union européenne à 28 (UE) ont continûment des taux d’accroissement migratoire positifs (Sardon, Jean-Paul, « La population des continents et des pays », Population Avenir, n° 740, novembre-décembre 2018). Ensuite, le nombre d’immigrants nés dans un pays non-membre de l’UE et résident dans un des pays de l’UE est de 38,2 millions en 2018 contre 33,5 millions en 2014. En troisième lieu, depuis le milieu des années 2010, la population de l’Union européenne n’augmente qu’en raison de l’entrée d’immigrants, puisque son solde naturel est négatif avec plus de décès que de naissances (Dumont, Gérard-François, « Union européenne : dépopulation ou dépeuplement ? », Population & Avenir, n° 743, mai-juin 2019).Les décisions prises dans certains pays pour réguler l’immigration n’empêchent pas l’Europe de demeurer une région ouverte à de nombreux types de flux réguliers, par exemple en application de la convention de Genève ou de la Convention européenne des droits de l’homme que tous les pays de l’UE appliquent au risque d’être condamnés par la Cour européenne des droits de l’homme et qu’aucun pays européen n’a dénoncé.
 

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18 juillet 2019

Immigration : quand la vérité des chiffres émerge peu à peu (2)


 

GSM

Gérard-François Dumont, Arnaud Lachaize (suite)

 

Dans son discours de politique générale, parmi les enjeux de l' "acte II" du quinquennat Macron, Edouard Philippe a souligné l'importance de l'immigration. La politique du gouvernement à l'égard de l'immigration et de son impact sur le marché du travail et la croissance était-elle jusque-là adaptée aux réalités de l'immigration en France ?

 
Arnaud Lachaize : Non, sûrement pas. La France compte 3 à 5 millions de chômeurs selon les modes de décompte, 9 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, 3,4 millions de sans domiciles ou de mal logés. La situation de ses quartiers sensibles où vivent environ 6 millions de personnes est désastreuse, violence, échec scolaire, chômage massif. Dans ces conditions, il est irréaliste d’accueillir chaque année plusieurs centaines de milliers de personnes, souvent sans qualification, non francophones, de modes de vie et de valeurs différents, alors qu’on n’a pas les moyens de leur fournir des conditions dignes de travail, de logement, de scolarisation.
 
Les chiffres annuels ne s’additionnent pas forcément mais ils donnent un ordre de grandeur : d’une part 250 000 « premiers titres de séjour délivrés », (dont 100 000 pour raison familiale et 80 000 étudiants), d’autre part 120 000 demandeurs d’asile, plus 80 000 Européens, sans compter les clandestins qui ne se manifestent pas par une demande d’asile. Bien sûr certains repartent, notamment parmi les étudiants, mais la masse nette annuelle des nouveaux arrivants demeure élevée. On peut toujours se contorsionner, hurler au racisme ou au fascisme, dresser des bûchers, les faits sont là et ils s’expriment dans les statistiques.
 
A l’évidence le poids de cette immigration, en forte hausse depuis 20 ans (les chiffres explosent depuis 1997), excède les capacités d’accueil d’un pays en crise profonde.
 

Durant les vingt dernières années, les réponses politiques ont-elles toujours été adaptées à ces bouleversements démographiques ? Pourquoi arrivent-elles généralement trop tard ?

 
Gérard-François Dumont : Depuis 2015, la plupart des pays européens ont adapté leur politique migratoire à ce qu’ils considèrent être leurs intérêts. Par exemple,en 2016, l’Allemagne a renforcé les conditions du regroupement familial, puis décidé de considérer différents pays, dont ceux du Maghreb central (Algérie, Maroc, Tunisie), comme "pays sûrs », donc n’ouvrant pas de droits à déposer une demande d’asile. Sans doute face aux difficultés politiques rencontrées (Dumont, Gérard-François, « Allemagne. Géopolitique des migrations : les cinq actes de la tragédie de la chancelière Merkel », Diploweb.com, La revue géopolitique, 16 décembre 2018),l’Allemagne a, à nouveau, restreint les possibilités de regroupement familial en 2018. Le Royaume-Uni ne donne la possibilité aux personnes ayant le statut de réfugié de faire venir leur famille que si leur niveau de ressources est suffisant pour la prendre en charge et que si ces réfugiés peuvent attester d’une connaissance minimum de la langue anglaise. La Suède, qui avait le pourcentage de demandes d’asile rapporté à sa population le plus élevé en 2015, demandeurs venant principalement de Syrie, d’Irak, d’Érythrée et d’Afghanistan, a également limité le regroupement familial. Des mesures comparables ont été prises au Danemark ou à Chypre.
 
En conséquence, car l’information circule parfaitement auprès de ceux qui cherchent à migrer, la France est devenue plus attirante car elle est plus généreuse que les autres pays européens en matière de demande d’asile, de regroupement familial, ou pour des personnes souhaitant pouvoir bénéficier de soins de santé.
 
En outre, il importe de considérer que l’immigration nourrit l’immigration (Dumont, Gérard-François, Géographie des populations. Concepts, dynamiques, prospectives, Paris, Armand Colin, 2018). Les précédents immigrants originaires de tel pays, de telle région, de telle ethnie, voire de telle confrérie musulmane, servent de pôle d’accueil pour des personnes ayant les mêmes origines. Les immigrants déjà résidents concourent donc à l’attractivité du pays, surtout si, en revanche, le pays de départ est répulsif pour des raisons d’insécurité ou de mauvaise gouvernance. En outre, la plupart des pays européens peuvent donc offrir des niveaux de rémunération éventuellement jugés faibles par les nationaux, mais appréciables par des immigrants soucieux d’envoyer à leurs familles restées au pays des remises qui représentent dans les pays de départ un pouvoir d’achat significatif.
 
Arnaud Lachaize : Dans l’ensemble, les politiques françaises conduites en la matière, depuis 20 ans, ne sont pas adaptées à cette réalité. Ce qui frappe, c’est l’hypocrisie qui écrase toute prise en compte de ce sujet. En dehors de quelques idéologues, les politiques de droite comme de gauche, savent pertinemment que le poids de cette immigration est un grave problème, l’un des plus fondamentaux de la France actuelle. Mais plutôt que de prendre le sujet à bras le corps, ils préfèrent soigner leur image médiatique et se draper dans une fausse générosité.
 
L’immigration est devenue l’otage des calculs politiciens, électoraux et des idéologies. Les uns prônent l’immigration zéro, ce qui est inconcevable dans un monde ouvert, sauf à entrer en autarcie. Les autres prétendent généraliser l’accueil en ouvrant totalement les frontières ce qui, compte tenu de la pression migratoire, des inégalités de richesse et de revenu, de la misère, de la réalité démographique au Sud de la Méditerranée (la population de l’Afrique passera de 1 à 4 milliards d’ici la fin du siècle), provoquerait un séisme dans les démocraties européennes.
 
La crise migratoire de 2015-2016 a donné un aperçu des dégâts causés par des phénomènes non maîtrisés, avec l’ébranlement politique de l’Europe. Pour s’en sortir, à terme, il faut être inflexible sur l’immigration illégale et sur la lutte contre les passeurs esclavagistes, il faut calquer strictement les règles de l’entrée et du séjour sur les capacités d’accueil et d’intégration de la nation en négociation avec les pays d’origine. En raison, des tabous, des calculs électoraux, de la lâcheté ambiante, de la peur du qu’en-dira-t-on, bref, de la lâcheté, cela ne s’est jamais vraiment fait. Nous payons le prix de la démission des pouvoirs publics. 

 

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17 juillet 2019

Immigration : quand la vérité des chiffres émerge peu à peu (1)


 

GSM

Gérard-François Dumont, Arnaud Lachaize

 

12 juillet 2019

 

Atlantico.fr : Mardi dernier, lors d’une séance à l’Assemblée Nationale, France Stratégie a dévoilé de nouveaux chiffres sur l’évolution de l’immigration au cours des vingt dernières années. D’après ces chiffres provisoires, "l’immigration est ainsi passée de 7,3 % de la population de la France en 1999 à 9,7 % en 2018." Sans parler de "grand remplacement", mot souvent porteur de fantasmes, comment caractériser le grand changement démographique qui s’opère depuis plusieurs années que l’on a encore du mal à chiffrer et à nommer ?

 
Arnaud Lachaize : Certains ne présentent que le solde migratoire de la France qui est effectivement assez faible et ne montre pas d’augmentation significative, son estimation annuelle ayant varié entre un minimum de 39 000 en 2014 et de 115 000 en 2006. Mais ce solde migratoire est le résultat de la différence entre les entrées sur le territoire qui nourrissent l’immigration et les sorties du territoire qui correspondent à l’émigration. Or, la nature de ces deux flux est fondamentalement différente. Le premier est essentiellement composé d’arrivées de personnes de nationalité étrangère ; le second comprend surtout des personnes de nationalité française qui quittent l’Hexagone pour bénéficier d’opportunités dans d’autres pays. Or la France connaît une hausse de l’immigration. Par exemple, sur le site d’Eurostat, le nombre d’immigrants annuels est autour de 300 000 dans la seconde partie des années 2000 ; il s’élève et dépasse 360 000 depuis 2015. Cette hausse témoigne de l’attractivité de la France qui se mesure principalement par l’importance du regroupement familial et l’augmentation du nombre de demandes d’asile.
 
Une seconde raison qui a conduit ou conduit au « refus de voir », pour utiliser la formule de mon maître Alfred Sauvy, la hausse de l’immigration tient au fait que l’Allemagne a été, en 2015, particulièrement attractive lorsque la chancelière Merkel a annoncé l’ouverture des frontières et la suspension provisoire de l’application des règles européennes par l’Allemagne en matière d’entrée dans l’espace Schengen ; plus de 1,5 million d’immigrants sont entrés en Allemagne en 2015, puis 1 million en 2016. Ceci a donné l’impression que, en comparaison, la France n’était guère un pays d’immigration. Sauf que depuis, l’Allemagne a multiplié les décisions limitant l’immigration. En conséquence, la France est devenue plus attractive, ce qui est illustré par le fait que les demandes d’asile en France de l’année 2018 sont triples de celles déposées en Allemagne.
 
Arnaud Lachaize : Il est très curieux de constater comment, depuis des décennies, sous couvert de vérité scientifique, les démographes les plus réputés s’acharnent à nier l’augmentation de l’immigration en France. M. Hervé le Bras expliquait ainsi doctement dans Sine Mensuel, en décembre 2013, que « le nombre d’immigrés est stable depuis 2001 ». Or, les vrais chiffres sont pourtant bien connus, ils proviennent de l’INSEE lui-même : le nombre d’immigrés, c’est-à-dire celui des personnes nées à l’étranger, de nationalité étrangère à leur naissance, résidant en France comme étrangers ou bien naturalisées, est bel et bien en nette augmentation : plus d’un million environ depuis 2000.
 
Les tabous ou l’aveuglement volontaire sur le sujet relèvent de l’idéologie. Pour prouver que « l’immigration est une chance », il faut faire croire qu’elle est maîtrisée et stabilisée. Or, tout le monde sait que telle n’est pas la réalité. Tout le monde le sait sauf les scientifiques et experts sur le sujet… Ce rapport de France stratégie a un intérêt particulier : il est exceptionnel qu’un rapport officiel reconnaisse la simple réalité, les faits : le nombre des immigrés est en nette augmentation depuis 20 ans. 

 

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09 juin 2019

Le changement, c'est pour quand ?

GSMPublié le 31 janvier 2016

50 ans, à peine, se sont écoulés... Qu'est-ce que ce sera dans 50 ans au rythme où ça va?

NOS ENFANTS VONT AVOIR LE MÊME PROBLÈME QUE DANS TOUS LES PAYS
DONT ON PARLE PLUS BAS…
 
Si une image vaut mille mots que valent toutes ces photos ?
J'ai peur de la xénophobie, mais j'ai encore plus peur des fanatiques...
C’est un peu long mais ça vaut la peine d’en prendre connaissance.
Les photos ci-dessous montrent comment le monde a changé en 50 ans :
IRAN 1970
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 IRAN 2012
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 AFGHANISTAN
 
ÉGYPTE (Université du Caire) 1959
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ÉGYPTE (Université du Caire) 2012
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PAYS-BAS (Amsterdam) 1980
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PAYS-BAS (Amsterdam) 2012
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... et des personnes ne voient pas de raison de s'inquiéter pour l'avenir.
 
Il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir !!!
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Ceci se nomme « amputation croisée » : main droite et pied gauche.
C'est l'application de la loi coranique : la charia.

C’est monstrueusement inhumain !
Mais grâce à nos politicards «progressistes», ce sera demain, par effets du laxisme de la démocratie, en application en France et en Belgique !
Les prisons seront-elles enfin moins peuplées ?

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Nous irons comme cela jusqu'à la fin de notre civilisation, ou bien ?

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