21 juillet 2017

Mémoires et radotages (116) – Une politique de mensonges, de renoncements et d’échecs !

GSM

Egotisme, incompétence en négociation, psychologie nulle, parole de pute, promesses intenables et non budgétées… Voilà le tableau pour ceux qui croyaient au « miracle » Macron…
 
Après son renoncement, devant l’UE, au début de son mandat, de mettre sur la table les vrais sujets pour lesquels il s’était engagés à faire les réformes nécessaires en coopération avec ses homologues européens, son premier échec, au moins temporaire… Il continue… comment dirais-je ?... je vais rien que pour Macon, inventer un néologisme basé sur le mot échec : le mot" échecqueur ", plus approprié à l’incompétence du locataire de l’Elysée !!!
Or donc, il vient de subir un échec une nouvelle fois dans son G5 du 2 juillet à Bamako en obtenant la bagatelle de 50 millions d’€ de nos partenaires européens, alors que notre soutien promis aux Sahéliens est à un niveau de 350 millions supplémentaires !!!
Belle incompétence économique du monarque Français et à nouveau, belle incapacité de persuasion du petit rond de cuir qui a cru impressionner des dirigeants européens, au seul motif qu’il avait réussi à impressionner le peuple de veaux déboussolés du pays de France… Mais le G5, n’est pas un veau…
 
A nouveau il essuie un échec avec le chef d’état major de l’armée Française… Et ce coup-ci, ce n’est pas seulement de l’incompétence, mais une faute grave, due à son comportement de petit chef !
-Après avoir promis des efforts financiers pour l’armée, annoncer une diminution de 3 % (850 millions) du budget de la défense pour 2017, dans un contexte difficile de guerre asymétrique extérieure et d’insécurité nationale intérieure, juste après avoir envisagé un effort supplémentaire au Sahel, c’est un comportement de comptable à la petite semaine, complètement irresponsable.
-Réagir comme un petit coq de basse-cour, aux propos, certes fleuris, du Général de Villiers en commission parlementaire à ce sujet, en lui signifiant qu’il n’est finalement qu’un pion destiné à obéir, au lieu de s’entreteni et de négocier en privé avec lui, cela montre une immaturité psychologique et une incompréhension d’un monde militaire où l’esprit de corps est prépondérant et indispensable aux bons résultats ! Il a ainsi montré un mépris pour ceux qu’il flattait en les visitant sur tous les fronts et qui déchantent maintenant… Preuve s’il en était besoin, de son peu d’empathie réelle pour l’armée.
-D’un autre coté, il a réussi à se débarrasser d’un général avec lequel il ne pouvait s’entendre et le général est content de partir pour ne pas être la caution d’un régime qu’il n’approuve sans doute pas…
-Gageons que son remplaçant, le Général 4 étoiles François Lecointre saura servir la France, en " fermant sa gueule ", saura accomplir des missions sans le budget nécessaire, saura faire accepter nos pertes ou notre manque de réussite en en prenant l’entière responsabilité, sans jamais faire de récrimination sur le manque de moyens que par ailleurs il saura ne pas avoir l’outrecuidance de réclamer…
 
Pauvre pays, où on n’a plus le droit d’exprimer l’avis qu’on nous demande en commission parlementaire, où le chef suprême des armées se prive de l’avis professionnel de son armée, confondant son pouvoir avec la monarchie absolue d’un pouvoir autoritaire qui a tant fait de dégâts à la France par le passé, par manque de concertation avec les gens compétents…
 
Macon, prouve que sa communication quand elle vient sur le plan des négociations est totalement nulle… Elle était bien meilleure au stade des promesses faites en l’air !
Parions qu'il va encore une nouvelle fois faire la danse du ventre devant les militaires pour tenter de leur faire oublier ce que ceux-ci prennent pour une rebuffade démotivante...
 
Macon, " l’échecqueur " est arrivé ! Bonne dégustation ! Hélas la cuvée du Quinquennat se révèle un mois après sa sortie, être de la piquette ! Vous avez choisi un mauvais vigneron, sauf si vous aimez le vinaigre !

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20 juillet 2017

Mémoires de mon père (3)

GSM

Pas de difficulté en classe, malgré que j’crevais de faim… Et, voilà. Quand j’étais bien nourri, ben…
A l’âge de onze ans, en r’venant d’l’école à midi, j’suis tombé par terre. J’ai pas pu me relever… Et mon frère Jean, en retournant à l’école après manger, m’a trouvé au bord du fossé, là. Il m’a ramassé, il m’a emmené… Il m’a emmené chez ma marraine… Et pendant huit jours, ils ont fait venir une fois l’docteur. J’étais entre la vie et la mort, hein !
J’avais une fièvre, j’ai eu une très grosse fièvre pendant une semaine… Et puis, à la fin c’était… J’avais grandi d’un seul coup, je sais pas, heu… parce que quand je me suis levé au bout de huit jours, une bonne semaine, tous mes vêtements étaient trop petits.
 
Enfin personne n’y a rien compris, l’toubib non plus et moi non plus. C’est comme ça !... Ouais !...
 
Aie-aie-aie ! Et pis ma foi, j’ai vécu là, quelques années, chez ma Marraine… Malgré qu’il y  avait sa fille Gabrielle et Ernestine qui me piffraient pas trop… Passque ma Marraine me donnait toujours raison. Elle avait quand même pitié d’un môme qu’avait pas d’parent, tout ça !
 
Les autres, ils s’en foutaient, hein !... Ca les embêtait qu’elle m’avait, moi. Moi, je la considérais un p’tit peu… qu’elle me remplaçait ma mère, hein ? Voilà !
 
J’ai fait ma communion chez elle. J’ai été baptisé la veille. Cette pauvre Marraine. Elle, elle, elle est descendue pour, pour mon baptême, pour me servir de Marraine, mais quand elle est arrivée, c’était fini. C’était déjà fait depuis ! Pauvre…
Le lendemain, j’faisais ma communion, enfin, bref ! Tout ça !
 
J’ai passé mon certificat d’études et, voilà ! Au lieu de continuer mes études, pour être instituteur, ben, j’ai préféré partir avec mon frère Jean… S’en aller parce que je me sentais trop seul ! Je voulais être près de mon frère Jean ! Comme ça… Remarque si c’était à refaire, je pense que j’serais, J’aurais été comme si…j’aurais continué mes études. Parce que mon frère Jean, j’m’en suis aperçu beaucoup trop tard, il était absolument égoïste ! J’l’aimais tellement, que ça m’en aveuglait. J’le voyais même pas. Enfin, voilà, c’que c’est qu’la vie !
 
J’ai passé toute mon enfance, à Heugueville, dans la Manche, sans avoir jamais eu un jouet… Et, je me… fabriquait moi-même… les jouets… avec des boites de cirage comme j’ai dit, des morceaux de bois, des… des, tout c’qu’on veut, quoi !
 
Et puis… Si ! Je portais l’lait chez madame Rouland, tous les matins puisque ma Marraine, elle avait des vaches, des lapins et elle avait pas mal de poules, tout ça ! Elle m’a jamais fait travailler, elle, hein !
Elle m’a jamais forcé à travailler, alors hein, c’était une femme fantastique ! Pauvre, mais bon cœur !... Et, elle vendait son lait à madame Rouland, qu’était à coté d’l’école, l’épicerie. J’portais tous les matins et elle me donnait dix sous la semaine… Dix sous la semaine ! Et… un p’tit paquet d’bonbons, des p’tits œufs, que j’donnais à ma marraine, parce que… j’aimais bien les bonbons aussi, comme tous les gosses, mais, j’trouvais qu’ma Marraine était tellement… formidable, fantastique ! Pauvre comme elle était, elle me gardait quand même. Alors je lui donnais les bonbons. Comme ça, elle suçait les bonbons, elle se faisait bonne bouche en se couchant la nuit. Elle aimait se faire bonne bouche de temps en temps et j’les lui donnais, moi. Bon, bref !

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19 juillet 2017

Le pays du néant 3

GSM

On voit un imprudent paysan qui chemine,
une arme automatique, le rassure sur son sort.
Mais deux qui l’aperçoivent, se délectent d’avance,
et lui courent après, fugitives ombres.
……….
Dominant le coteau, au détour d’un chemin,
sans fusil, sans cartouche, munis de deux poignards,
ils désarment le gueux, et l’accrochent par les pieds,
à un rocher pointu, récupérant le sang,
dans un seau tout rouillé, où ils boivent goulument.
Arrachant les entrailles du mourant qui glapit,
ils rient cruellement, des atroces douleurs,
jusqu’à ce que la mort ait fini son ouvrage.
Partout, dans ce pays et sur toute la terre,
la folie des carnages abreuve les sillons,
d’une terre qui n’est plus que sable et abandon,
stérile et inféconde et que le vent emmène,
que personne du reste, ne cherche à cultiver.
……….
Quelques os cramoisis et un lambeau de lien,
sur des taches écarlates, le lieu est si tranquille.
La mort est donc passée mais elle est toujours là.
.

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18 juillet 2017

Par cheu moué

 

GSM

- Par cheu moué, les voitures ne mettent jamais leurs clignotants pour changer de direction… Les concessionnaires avaient été obligés de mettre les clignotants en option, pour pouvoir vendre en modèle basique.

 

- Par cheu moué,  y faut jamais jeter un pedzouille en l’air, il retombe pas… Il reste accroché au plafond.

 

- Par cheu moué, y’a pas d’merde sur les trottoirs… Pour faire des économies, les ploucs mangeraient leur merde…

 

- Par cheu moué, dès l'annonce de l'augmentation du gaz, tous les péquenauds ont fait la queue dans les 3 points de vente de bonbonnes de gaz...

 

Plus de gaz pendant 4 jours...

 

- Par cheu moué, quand on annonce une augmentation de carburant, c'est la cohue aux pompes...

 

(Heureusement que les pedzouilles ne savent pas stocker le 220 volts !...)

 

 

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17 juillet 2017

(18) Sa nature reprend le dessus

GSM

Il pense si fort que l'on entend ses pensées :
" Ta nature reprend le dessus. Autrement dit, quand tu es gentille, c'est que tu te retiens...
Tu as commencé à m'entreprendre, d'un ton agressif, sur un sujet d'une insignifiance totale : C'est encore moi, qui vais être obligée...
Je t'ai fait remarquer ton attitude et t'ai dit : Pourquoi ne me dis-tu pas en souriant : Mon amour pourrais-tu... ? Je ferais tout de suite ce que tu me demandes, tellement content de te faire plaisir. Alors que, sur le ton où tu me parles, je vais t'envoyer sur les roses et je ne ferai rien...
Tu t'es calmée, car tu te rends compte que j'ai raison..."
 
Il pense qu'elle a un besoin de se défouler sur quelqu'un, alors que lui, il a besoin de tendresse pour compenser le stress du quotidien. Ils ont donc, deux façons diamétralement opposées de se comporter...
 
Il lui a fallu quatre mois, pour faire ce constat navrant...
 
"Navrant, car je t'ai dit que j'ai quitté une personne qui était un roquet et que ce n'était pas pour en supporter une deuxième en remplacement...
 
Ça doit être la région qui veut ça ???
Il est vrai que prendre une fille qui vivait seule, ça sous-entend pas mal de choses, entre autres qu'elle ne s'entend avec personne ou inversement...
 
Ce ne sais pas si j'y arriverais, mais tu vas être dure à apprivoiser, je dirais même à dresser...
 
Tu ne te rends pas compte qu'en te comportant ainsi, tu risques de te retrouver seule à nouveau "...
 
Et lui, quand il revient harassé, il attend et espère de l'amour mais pas de l'agressivité. Il n'est pas masochiste...

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16 juillet 2017

Macron très, très, très éloigné des Français

 Pourquoi Macron ainsi que tous les élus de tous bords, décident-t-il de n'en faire qu'à leur tête  ? Faudra-til être ponctionnés davantage pour payer l'addition de ces JO, véritables gouffres financiers ? Faudra-t-il que pendant un mois les Francilliens ne se rendent pas à leur boulot ? Faudra-t-il attirer toutes sortes de tentatives d'attentats que les foules nombreuses ne manqueront pas de provoquer ?

Avez-vous encore le moindre doute sur le fait que nos politiciens, ne serviront jamais les intérêts de la France ?

 

 

GSM

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http://www.mesopinions.com/sondage/politique/emmanuel-macron-souhaite-accueillir-jo-paris/6936

 

Emmanuel Macron souhaite accueillir les JO à Paris en 2024 : votre opinion ?

16.409 participants.
C'est une bonne idée
 
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C'est une mauvaise idée
 
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2 %
 
Aucune des réponses ci-dessus ? Réagissez en commentaire !
 
2 %
 

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15 juillet 2017

Pensées chaotiques du 21 juin 2010 - Le ciel était déjà gris comme un ciel de mort (Archives)

GSM

Pourquoi penser ? La terre est bien trop grande pour moi. Je pense à toi qui fut et sera toujours mon modèle. Tu sais je voulais ranger le garage et puis clac ! J’ai le dos bloqué avant de commencer. J’ai honte ! j’ai la haie à tailler qui pousse plus vite que moi… Je suis devenu faignant. Je n’ai plus de volonté. Est-ce que mes enfants auraient pensé à la fête des pères si leur mère ne leur en avait pas parlé ? Moi je n’y avais pas pensé, non plus, alors ?…
 
Tout est devenu une montagne devant moi… Je suis comme un handicapé avec ces 3 hernies discales… Et handicapé du raisonnement… Je suis seul dans une bulle où je n’entends que des brouhahas de paroles… J’ai marre de faire répéter, car je sais que ça n’est pas plaisant pour ceux qui ont à le faire… Alors je reste dans ma solitude. Je dis oui, quand il faudrait dire non ou inversement…
 
Je crois que vous m’aimez mes petits. Mais je n’ai pas su vous élever… J’ai peur pour votre avenir. Votre mère me bat froid aujourd’hui… Je n’ai pas de goût à rien…
 
Sans amour, la vie ne vaut rien… J’ai honte de t’avoir dit je t’aime hier soir, car tu ne m’as pas répondu, alors que tu ne dormais pas…
Oui j’ai honte de te donner mon amour gratuitement sans espoir de retour… Qu’est-ce que j’ai fait ? Justement rien ! Rien de ce qui fait qu’un homme est un homme ! La vie devrait s’arrêter quand on n’a plus de dignité, quand on n’a plus d’utilité…
 
Que puis-je faire pour Maman ? J’ai beaucoup cherché, mais je n’ai pas trouvé… Ma sœur a réussi à bloquer toute la mécanique… C’est sa méchanceté qui a gagné, elle nous a eus à l’usure… Et toi frérot, tu m’as laissé régler les problèmes tout seul quand je lui avais trouvé une maison de retraite… Ce serait à ton tour de trouver des solutions, mais tu préfères faire l’autruche…
 
J’ai démissionné de mon rôle avec toi, Kiki ! J’étais traumatisé parce que ta mère t’a révélé ton vrai père et on voit le résultat maintenant…
Et vous Toto et Nono, vous êtes bien plus proches de votre mère… Je ne suis que le Papa que l’on craint et que l’on respecte mais de qui on a honte, avec qui on ne veut pas s’afficher…
Je ne suis pas celui à qui on se confie, ni le complice de vos secrets… je ne suis donc rien…
 
Soleil ou pluie, rien ne change, seuls les jours défilent de plus en plus vite…
 
Mon nom : La femme dont je divorce veut le garder mais celle que je veux épouser n’en  veut pas ! Tu veux être incinérée, alors que je voulais que nous soyons enterrés l’un près de l’autre… Pourquoi vouloir t'épouser ? Par devoir, ce satané devoir...
 
Et ma mère qui est à 400 km de la tombe de Papa… si tu décèdes Maman, dans cette Lozère, comment vais-je financer ton rapatriement dans le lot et Garonne ? Parce que je crois que frère et sœur s’en foutront ! Et pourtant 59 ans de vie commune, je pense qu’il serait criminel que je te laisse enterrer loin de Poupa…

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14 juillet 2017

Le pays du néant 2

GSM

Aux flammes de l’enfer, en ce désert maudit,
lueurs de vies damnées, aux intentions mortelles,
les forçats de la mort, détruisent toute vie.
Alors, la haine est aux aguets,
et l’on surprend les imprudents,
on les dépouille, on les détruit.
Les arbres poisseux et grenat,
les marguerites écarlates,
la végétation maculée,
nourris par le sang des humains,
survivent dans le sable mort.
On les voit ces bouchers, ils massacrent autrui ;
tendus, fiévreux, hagards, ils sont tous faméliques,
tuant et dévorant, leur vie en est rythmée.
Pourquoi sont-ils des bêtes ? Nul ne cherche à savoir.
Tuer ou être tué, survivre ou bien mourir,
destin de la nature, qui meurt et disparaît,
tout ce qui vit se bat, en inutiles efforts.
.

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13 juillet 2017

Mémoires de mon père (2)

GSM

Elle me donnait pas grand’chose (à manger), c’est pour ça que j’avais oublié de grandir. Et puis il fallait aller à l’école, hein !.. A trois kilomètres… Aller le matin, retour le midi et repartir à une heure pour revenir le soir… J’parlais pas Français… Je pouvais même pas demander la permission d’aller au petit coin, puisque… Alors j’faisais parfois dans mon pant… enfin… dans ma… dans ma culotte, c’est ça ?
Et évidemment, la volée en arrivant…
 
Et puis tous les soirs, il fallait encore en plus, en rentrant d’l’école, aller cueillir de l’herbe pour ses lapins. Oh, et puis un panier que j’pouvais même pas soulever. Si par hasard il était pas plein, elle me foutait au lit sans manger, hein !
 
Et puis alors, il y avait parfois des gens qui me donnaient une tartine de beurre. Fallait pas que la nourrice, elle le sache. Parce que sinon elle allait l’engueuler pour plus qu’on me donne quoi que ce soit… Ouais !... J’en ai vu de toutes les couleurs, avec elle. Elle s’acharnait sur moi, hein ? Quand je touchais des vêtements neufs, elle les donnait à ses petits-enfants et moi j’restais toujours avec des vieux… des vieux vêtements tous fripés, tout… en mauvais état, quoi !
 
Et puis alors il fallait que je mange un tas de saloperies que j’trouvais : Des pommes de terre avec la pelure toutes crues. Quand je trouvais des carottes avec des fanes, je mangeais tout, moi. De l’oseille sauvage… Jusqu’au moment où j’ai mangé des feuilles en me trompant, que ça m’a brûlé l’estomac, la gorge et la langue, la bouche, tout… Aussi, des boules de sureau, que j’me tapais ! Des boules de lierre, jusqu’à me faire tomber malade… Enfin, j’avais dit à Maman (Papa nommait ainsi son épouse), tout c’que j’mangeais : Les fleurs, tout c’que j’trouvais, pour m’mettre dans l’estomac, les pommes vertes, tout c’que j’trouvais…
 
Enfin bref, j’étais son souffre-douleur… Ouais ! Et pis, elle me donnait jamais à manger que toujours le dessus de la marmite, c'est-à-dire le bouillon, la flotte, quoi !
 
Jamais, jamais… Alors, pensez dans l’état que j’étais. Je grandissais pas. J’pouvais pas grandir, hein !
 
Et après, quand je… j’ai su un peu lire, il fallait que je…j’apprenne mon ‘cathéchisse’. Du cathéchisme, que j’avais du mal à apprendre, vu que, j’étais pas très calé en Français… Elle me gardait jusqu’à une heure du matin, debout, à coté de son lit. J’étais haut comme trois pommes. J’étais même pas si haut… pas plus haut que la table de nuit. J’m’en souviens. Et si jamais j’m’endormais un peu, si elle s’réveillait, elle me filait une bonne tape pour me réveiller, mon vieux ! Terrible, hein !...
 
Heureusement que l’bon Dieu l’a bien punie, hein ! Elle est morte après dix jours de maladie, pt’être. Je pense qu’elle avait que soixante deux ans…
 
Et moi, comme j’étais parti chez une autre nourrice, chez madame… Lemaresquier qu’elle s’appelait. On l’appelait Marraine… Et quand ç’a été… quand les cloches ont sonné l’enterrement (on m’avait dit d’aller à l’enterrement) de mon autre nourrice, j’ai refusé. J’me suis sauvé, hein, dans les champs. J’ai été me cacher dans les champs, pour ne pas aller à son enterrement… parce que… Ah non, je…je n’pouvais plus, je n’pouvais plus…
Je n’pouvais plus. J’en avais, j’avais trop souffert chez elle !... Ouais… Et… à un point que…
 
Chez ma nouvelle nourrice, j’étais bien nourri, hein ! Et puis, je pouvais mettre mes vêtements neufs quand j’en touchais… et tout et tout, voilà !
Et puis, comme j’étais quand même espiègle, elle me… elle me disputait pas trop, hein !
Elle m’a jamais frappé, elle, hein !
Elle était très très pauvre… C’est pour ça que j’disais tout à l’heure dans les chansonnettes (Papa avait enregistré des chansonnettes), qu’elle ne pouvait me donner qu’un sucre d’orge… le jour de Noël, quoi !... C’était pas mal, par rapport à l’autre bon’femme, là ! A un point que j’étais bien nourri.
 
A l’âge de onze ans, c'est-à-dire longtemps, longtemps après, des années ; j’me souviens que j’avais onze ans… Parce que j’me rappelle pas des années… Quand t’as pas le cerveau… t’es… J’me rappelle à peu près qu’à partir de mon âge de neuf ans, vers neuf ans, parce qu’avant je me rappelle pas des âges, ni rien. J’étais… quand on est maltraité comme ça, on n’peut pas réfléchir, on n’peut pas savoir. On apprend c’qu’on te dit à l’école, mais…
 
Parce qu’à onze ans, j’étais dans la classe du certificat, malgré tout. J’étais un gamin qui était très éveillé, qui apprenait bien.

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12 juillet 2017

Carte postale égarée retrouvée 37 ans plus tard

GSM

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