22 février 2018

2040 : Voyage vers l'arrière

GSM

Je marche à travers bois et forêts, évitant les routes et chemins d’où pourrait surgir le danger.
Les collines du Morvan se succèdent. Je suis parfois à découvert. Je presse alors le pas pour rejoindre des zones moins risquées.
 
Lorsque je rencontre de  nombreux campements de fortunes, c’est que je ne suis pas loin d’une ville, d’un village, voir d’un hameau.
Je fais alors un détour pour éviter toute rencontre éventuellement inopportune.
 
Les jours passent… Je suis dans le massif central… J’observe au loin par ma lunette de visée l’autoroute que le Génie fait sauter en de nombreux endroits et notamment tous les ouvrages d’arts.
 
Il me faut faire attention. Ma décision de retrouver les miens sera considérée comme une désertion par l’armée alliée. Ma chance réside dans le fait que l’on ne me recherche pas.
Je vais poursuivre ma route jusqu’au soir avec pour but de gravir cette montagne herbeuse propice au pâturage. J’y rencontrerai peut-être un troupeau de mouton…
 
En fait, arrivé sur le plateau, un berger près de ses moutons m’accueille d’un ton bourru, mais avec toute l’hospitalité bienveillante des gens de la campagne.
Le soir n’est pas encore tombé. Nous mangeons autour des braises du feu qui achève de se consumer. Le berger a compris, sans que je ne lui dise rien, ma situation.
 
Il se lève, piétine le feu, le recouvrant de terre afin de l’étouffer « Faudrait pas qu’on nous repère ! », me lance-t-il.
 
Il me fait signe de le suivre. Il dirige avec son chien, son cheptel vers un versant abrité des regards, pour ne pas être repéré par les vols de reconnaissance de l’Axe. Nous rejoignons son campement de fortune à couvert sous la frondaison. Il m’explique que sa cabane, que nous avons laissée derrière nous, fait l’objet de tir à chaque fois que les avions ennemis passent.
 
Je m’installe et je m’endors terrassé de fatigue.
 
Le lendemain matin après un bon casse-croûte, je prends chaleureusement congé de mon hôte, qui m’a donné des provisions et souhaité une bonne route.
 
Il s'est démuni de nourriture, pour moi, ce n'est pas banal en cette période de guerre... Je suis content d’avoir rencontré un être humain…
 
Suivant les indications verbales de l'homme rude du plateau, j'emprunte les sentiers qu’il m’a recommandés…

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16 février 2018

2040, Tenir, tenir !

GSMJ’écris pour toute chose. J’écris pour dire. J’écris sur mon carnet pour laisser la trace de ce que fut notre époque. Les avions de l’Axe passent en rase-mottes et je me baisse pour écrire et écrire encore…
Le bruit sourd des bombardements lointains couvre ma pensée d’un voile de tristesse. Je sais que la fin est proche.
 
La petite radio que j’écoutais ce matin, collée à l’oreille, m’a dit que l’Amérique résistait en Nouvelle Zélande, contre les attaques aéronavales des marines Sino-Indonésiennes. La guerre dans le pacifique fait rage et les Américains y déploient toutes leurs forces.
 
Les Anglais, à part un petit corps expéditionnaire envoyé sur le continent, ont gardé leurs 3 millions d’hommes pour protéger leur île…
Paris n’existe plus depuis cette nuit.
 
Il n’y aura pas de secours à attendre, cette fois.
Il n’y a pas de bouteille à jeter à la mer. Il n’y a plus que des armées fantômes, dans les Alpes, dans les Pyrénées, dans les Balkans, dans le Massif central et en Grèce…
 
Les seuls territoires encore épargnés sont les Pays Nordiques, les îles et la Grande Bretagne.
 
Nous sommes 100 millions de réfugiés dans le sud de la France.
Nous avons la chance d’être au contact de l’ennemi sur un territoire peu vaste. Nous ne risquons donc pas une attaque nucléaire de l’Axe, qui sacrifierait des dizaines de millions de leurs soldats autour de nous.
 
Que nous résistions ou pas, notre sort est scellé. C’est la mort qui nous attend, comme elle a frappée toutes les populations massacrées sur les territoires envahis.
Partout une odeur de chair brûlée nous rappelle ce que sera notre futur. Futur bien proche, je le crains…
 
Nos dirigeants n’ont jamais voulu comprendre ce qui adviendrait. D’ailleurs ne se sont-ils pas réfugiés aux Etats-Unis pour sauver leur peau ?
 
Je range mon carnet dans ma poche gauche sur ma poitrine, comme si ce carnet pouvait empêcher les balles ennemies d’atteindre mon cœur…
Je me lève, remets mon harnais, ramasse mon MiniMI et je repars vers le sud, vers les miens que je n’ai pas vu depuis plus d’un an…

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08 février 2018

2040, les bas instincts

GSM

Comment parvenir à rejoindre ma famille ?
 
Je rassemble mes forces et mes affaires, je me lève… Je regarde longuement de chaque coté des ruines où je suis en m’aidant de la lunette infra rouge de mon arme. Rien, du moins apparemment.
 
Je ne pourrai bientôt plus me servir de la fonction infrarouge faute de batterie. Nous allons tous perdre l’avantage que la technologie nous procurait. La suite de la guerre sera une suite de duel à un contre vingt. Autant dire que notre fin est proche…
..........
Je trottine courbé, avec mon arme à deux mains. Il me faut éviter tout contact avec les soldats de l’Axe.
 
Je passe la nuit à éviter toute zone éclairée, que ce soit des incendies ou des campements. Le contournement de ces zones me fait faire beaucoup de chemin pour ne guère avancer. Je suis obligé de ramper très souvent.
Je ne connais plus l’heure depuis que j’ai cassé ma montre, il y a un mois.
 
Je marche en progressant d’obstacle en obstacle. Je n’en peux plus…
Cela doit bien faire deux heures que je ne rencontre que des villages en feu. Je les contourne avec moins de précaution. Je pense avoir passé les lignes ennemies.
 
Je fais la jonction avec nos lignes au petit matin, non sans avoir échangé quelques rafales par méprise réciproque, avant que mon identité soit reconnue.
 
Triste spectacle que ces soldats dépenaillés, sales, hirsutes et hagards. Je pense que mon aspect doit être semblable. La troupe qui est là, est composée des restes d’unités décimées de différentes nationalités.
 
Je demande des munitions à la cantonade « Do you have ammunitions five fifty six ? ».
 
Un Oberleutnant Allemand me désigne un petit bâtiment. Je me dirige vers la porte dont je tourne la poignée…
 
Le temps que mes yeux s’accommodent à la pénombre et je vois des soldats à l’uniforme russe violer à plusieurs une femme bâillonnée qu’ils maintiennent. Je crie d’arrêter et je m’approche de celui qui a son pantalon sur les pieds. Je l’assomme d'un coup de crosse…
 
Je reçois ensuite la trempe de ma vie…
 
Plusieurs heures après je reprends connaissance dans l’hôpital de campagne. Mes cocards m’empêchent de voir clair et j’ai des pansements…
 
J’apprends que j’ai eu tort d’intervenir et qu’il faut laisser nos alliés s’amuser un peu…
 
Ainsi, ils ne valent pas mieux que les autres, que ceux d'en face…
Après avoir mangé avec difficulté, récupéré mon arme et des munitions, je m’en vais en catimini et surtout sans prendre congé, en profitant d’une alerte aérienne. Je suis affaibli et dégoûté …
 
Qu’ils aillent tous se faire foutre !
 

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04 février 2018

Je vous prie

GSMNDLA : Ce n'est que de la fiction...

Même la nature n'a plus le goût du printemps. Le froid désert glacé  de l'amour qui s'enfuit, me laisse un goût amer, je suis vide au dedans.
Aimer est un puits noir où l'on tombe sans fin. Et mes veines qui saignent à la mourante vie, terrorisent mon cœur pour un nouveau matin. Il me faut réapprendre la cuirasse d'acier, qui me protégera de l'amour et d'aimer. Ô toi, Seigneur tu m'as tant donné ! Neuf semaines de joie intense et de bonheur. Pourquoi ta volonté est-elle, de m'enlever matin, ce que tu m'as donné ? Me faut-il à présent retourner au malheur, qui me poursuit sans cesse, est-ce donc mon destin ?
Les souffrances qui me rongent, je les avais bien oubliées. Je croyais, pour toujours le bonheur ineffable, mais je m'étais trompé, ce n'était qu'une fable.
 
Mon Dieu, je vous prie, oui, je suis égoïste. Ramenez mon amour, la vie ne m'est plus rien. Je ne veux plus jamais être un équilibriste, entre la vie et la mort, entre rien et puis rien...
 

La compagne et amie, qui faisait mes beaux jours, mon Dieu rendez-la moi, j'ai faim de son amour.

 

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01 février 2018

2040, Sauver ceux que j’aime

GSM

« Lorsque l'on voit
Loin devant soi 
Rire la vie 
Brodée d'espoir 
Riche de joies
 Et de folies
 Il faut boire jusqu'à l'ivresse 
Sa jeunesse
 
Car tous les instants
De nos vingt ans
Nous sont comptés
Et jamais plus
Le temps perdu
Ne nous fait face
Il passe
 
 Souvent en vain
On tend les mains
Et l'on regrette
Il est trop tard
Sur son chemin
Rien ne l'arrête
On ne peut garder sans cesse
Sa jeunesse… » *
 
J'ouvre les yeux…
 
La nuit est probablement tombée. Je me réveille avec cette chanson dans la tête…
 
Que s'est-il passé ? J'ai du m'endormir, épuisé par la peur…
 
Je n'entends que le crépitement des brasiers que cette guerre allume partout sur son passage. Il n'y a plus de mouvement perceptible. Je me redresse doucement sans faire de bruit. J'ai mal partout, d'avoir dormi sur ces gravats…
 
Qui aurait dit qu'un jour, tout ce que je connaissais du monde serait impitoyablement détruit ?
 
Je pense à mes enfants, à ma femme, que sont-ils devenus ? Sont-ils encore vivants ?
 
Je me dois de les retrouver, si je peux ! Je ne sais pas où se trouve mon unité, si elle existe encore… Rien ne me lie plus à cette solidarité d'armes. Pour moi, à cet instant, plus rien ne compte que de tenter de retrouver ma famille, pour les protéger jusqu'à mon dernier souffle…
La providence m'a épargné cette fois encore. Je crois que c'est pour réaliser ce seul et simple but : aller protéger ceux que j'aime. Je pense un moment à tous ces gens que j'ai connu. Amis, (faux-amis), connaissances… Ce qu'ils sont devenus, après tout que m'importe… Ils étaient des gens cyniques, veules, égoïstes… Si le monde s'écroule, c'est bien de leur faute ! Je ne vois pas pourquoi je porterais leur deuil !
 
Il me faut penser uniquement à sauver mes êtres les plus chers, s'il est encore temps…
 
2040, Que s'est-il passé ?
 
Nous sommes en 2040. Je repense à tout ce qui s'est passé depuis la fin du 20ème siècle…
 
L'Europe qui commençait à se structurer, n'a jamais réussi à s'unir vraiment. Financièrement, oui. Mais l'Europe est restée une entité sans aucune union politique, militaire, ni diplomatique. L'abandon de souveraineté de chacun des membres s'est fait sans contrepartie. L'Europe, démocratie, n'a de moins en moins su ni eu envie de faire respecter les principes fondamentaux des démocraties. Elle n'a pas su empêcher les guerres en Europe (Ex Yougoslavie), elle n'a pas su appliquer un droit d'ingérence qu'elle avait pourtant su adopter. Elle n'a pas su se faire respecter. Elle a commercé avec des dictatures, n'ayant que l'intérêt marchand comme principe moral. Et surtout l'Europe n'a pas vu qu'elle était engagée dans une guerre économique et n'a pas compris que si elle perdait cette guerre elle perdrait toutes les autres. L'Europe a évidemment perdu la guerre économique parce qu'elle n'a pas compris que tous les coups sont permis.
 
Six blocs se formèrent au fil des années :
 
-L'Europe (sans la Russie).
-La coalition Indonésienne qui regroupe la Birmanie, la Malaisie, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge, le Vietnam, l'Indonésie, les Philippines, la Nouvelle-Guinée.
-La Chine, avec ses possessions Mongole et Tibétaines à laquelle se sont réunies la Corée du nord et le Kazakhstan.
-L'Inde avec ses alliés un peu contraints, Bengladesh et Népal
-La coalition ou ligue Musulmane qui va du Maroc au Pakistan et comprend également le Sri Lanka et le Soudan
-Le continent Américain qui est, bon gré, mal gré derrière son leader : les USA.
 
Les guerres de conquêtes commencèrent dans les années 2025.
 
C'est ainsi que tombèrent La Corée du sud, Taïwan et le Japon tout récemment (à force de rester dans la démilitarisation forcenée), dans le Giron Chinois.
 
Parallèlement La coalition Indonésienne signa un pacte tripartite avec la coalition musulmane et la Chine. « L'Axe Arabo-Asiatique ». Fort de sa puissance nouvelle l'Axe s'empara de l'Australie et des Pays sub-sahariens.
 
Mais les Blocs Occidentaux Américains et Européens affaiblis, manquants de sources d'énergies, ne prirent que trop tard la mesure de la menace qui pesait sur eux.
 
La Russie en 2038 signait avec l'Europe un traité de défense mutuelle. Il n'était que temps pour elle de le faire. L'Occident commençait à réarmer, mais en manquant de matière première, la sidérurgie ayant disparu depuis longtemps…
 
La situation en 2038 était la suivante :
 
Les Forces Militaires Occidentales regroupaient l'Amérique avec 30 millions d'hommes et l'Europe-Russie qui pouvait compter sur 36 millions de soldats ayant une moyenne d'âge de 36 ans.
 
Les Forces de l'Axe Arabo-Asiatique comptaient 180 millions d'hommes de 23 ans d'âge moyen.
 
L'Inde mobilisait 50 millions d'hommes.
 
Depuis 2039, l'Inde avait fort à faire contre les attaques de l'axe (sans déclaration de guerre) sur toutes ses frontières et face au blocus maritime imposé par la marine de guerre Indonésienne. Dans tout l'occident, des attentats étaient commis par la cinquième colonne fanatisée de la coalition musulmane.
 
C'est en mai 2039 également, que la Russie fut attaquée en Sibérie, sur toutes ses frontières avec la Chine, le Kazakhstan, l'Ouzbékistan, l'Iran et la Turquie.
 
Le déferlement de 80 millions de soldats chinois renforcés par 6 millions d'Arabes et 4 millions d'Indonésiens, soit 9000 divisions, anéantirent en 3 mois les 600 divisions Russes.
 
Pourquoi trois mois ? Parce que les distances à parcourir sont considérables pour les forces de l'Axe. Ces trois mois furent le seul délai de grâce accordé à l'Europe.
 
Il y a un an l'Axe attaquait l'Europe et les survivants de l'Armée Russe sur 4000 km de front (Est, Sud-est, Sud-ouest).
 
Depuis un an nous reculons partout. Les poches de résistance s'organisent en milieu montagneux.
 
En plaine, les cohortes de réfugiés sont souvent dépassées et anéanties par l'ennemi.
 
Les pertes civiles sont atroces, plusieurs capitales ayant subi le feu nucléaire. L'Armée Française peut s'enorgueillir d'avoir anéanti la deuxième attaque Chinoise par l'emploi des bombes à neutrons. Mais les troisième et quatrième vagues d'assaut Sino-arabe ont débordé le dispositif Européen…
 
Après avoir reculé de plusieurs milliers de kilomètres, je suis seul au milieu de nulle part. Où sont les autres ? Il n'est aucune âme qui vive et je veux tout simplement aller retrouver les miens…
 
Note : Mon post va déclencher une avalanche de lectures cybernétiques. Cela proviendra des algorithmes d'espionnage qui vont détecter les mots clés et je peux dire qu'il y en a beaucoup dans le texte ci-dessus…
 
* Chanson de Charles Aznavour.

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31 janvier 2018

(19) Une histoire d'Amour

GSM

Laissons-le raconter lui-même sa passion...
 

« Mon amour, je crois que cette nuit, le cours de notre histoire a basculé... Basculé, vers l'Amour véritable...
 
Nos bouches nos mains et nos sexes, ont dansé un ballet de volupté... Mieux que les autres fois, ta gorge s'est offerte, tes reins se sont cambrés, plus ouverte que jamais à la douceur de mes caresses.
 
Sous la lune complice, nous avons vu des gerbes d'étoiles, comme mille soleils de notre amour...
 
J'accélérai et ton visage crispé, ton souffle court, décuplaient mon désir. Je ralentissais, tes yeux en attente me suppliaient... Puis mes cuisses sur ta croupe, la chaleur de nos corps, près du plaisir ultime, me firent comprendre, que cette fois, je t'avais bien conquise, ramenée dans l'envie de moi, dont j'avais peur qu'elle te quitte...
 
Tu as dit, mais t'en souviens-tu, au moment ultime "Tu es un merveilleux amant, je t'aime"...
Aphrodisiaques puissants, tes mots enfiévrés ont précipité l'orgasme commun, si apaisant...
 
Je crois que j'ai gagné la partie et que ton amour m'est acquis. Fallait-il que ton amour pour moi, passe par la sensualité et la volupté ?.. Sans doute... De fait ta tendresse est venue ensuite...
 
Mon parcours est inverse. La tendresse et les sentiments m'amenèrent au désir de toi...
 
Qu'importe. L'essentiel est que j'aie trouvé le chemin de ton coeur. Il passe par la volupté de l'orgasme...
 
Tu m'a prodigué, nombreux, dès ce petit matin, des mots d'amour, des mots tendresse, que j'ai apprécié, même si mon esprit vaincu par la fatigue, les percevait dans un semi coma féerique...
 
Oui, j'ai gagné, nous avons gagné cette bataille de l'amour.
 
En nous levant, je t'ai demandé, non pas " Alors Heureuse ? ", mais plutôt " Es-tu heureuse avec moi ? ". Tu m'as répondu " Merveilleusement heureuse, mon amour ! Je t'aime ". J'ai compris que j'avais enfin percé toutes les barrières qui nous séparaient.
 
Nous avons gagné cette bataille mais pas la guerre de la vie. Nous n'aurons plus qu'à entretenir chaque jour ce feu enfin devenu brasier, par cette tendresse, ces attentions que je revendique, comme absolument nécessaires...
 
Je pense à ce jour au loin, où je devrais te rendre ta liberté, où notre écart d'âge sera obstacle à ta plénitude, ou même au jour où je perdrais l'ultime combat de la vie...
 
Il me faut fixer des objectifs. Mais ne t'ai-je pas trompé en gardant pour moi ce que j'aurais du révéler ? Je crois être égoïste, je n'ai pensé qu'à mon bonheur et pas à ton avenir...
 

Oui, je vais te rendre heureuse, en sachant maintenant qu'un jour, je te causerai du tourment...
 
Et c'est à ce moment crucial que je prends conscience de tout cela... »

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27 janvier 2018

2040, Le début de la fin

GSM

Les sacrifiés.
 
Il n’est plus de bonheur, il n’est plus d’espoir. La vie les effaçait en même temps que la vie s’effaçait elle-même, dans un élan morbide d'autodestruction.
Et le bout du tunnel était toujours devant.
On les voyait arriver harassés, hirsutes, couverts de boue, sales…
Ils passaient devant nous. Les plus jeunes, trop tôt arrachés à l’enfance, avaient le regard terrifié, de ceux qui ont vu la mort en face.
 
A les regarder, nous éprouvions un sentiment d’angoisse grandissant.
Au loin le fracas des canons se rapprochait sournoisement, mais sûrement.
 
L’horizon rougeoyait et nous envoyait d’âcres fumées, teintées de l’odeur de cette mort qui venait vers nous.
 
Un instant nous crûmes que la guerre s’éloignait alors que le fracas s’apaisait. Mais tout n’était que répit fallacieux. Les longues cohortes des soldats étaient désormais derrière nous. Maintenant il n’y avait qu’un espace de temps et de distance entre l’ennemi et nous.
 
Certains grillaient, en la savourant, leur dernière cigarette. D’autres, fébriles, remontaient le mécanisme de leur arme après l’avoir soigneusement nettoyé.
 
Je me penchais en arrière pour laisser couler sur ma langue, la dernière goutte de ce flacon de Cognac. Trop vite fini.
 
Probablement comme notre destin qui allait s’achever. Nous savions que les forces de la coalition étaient colossales. Chacun de nous comprenait que ses heures étaient comptées.
 ..........
Derrière le mur, j’entends passer les hordes sauvages.
Il fait jour, il fait nuit, je ne sais pas. Une odeur âcre flotte sur la ville en flamme. Une odeur de chair calcinée et de toutes matières enflammées qui prend à la gorge et se répand sur les campagnes où les moissons brûlent, elles aussi. La fumée est si dense qu’elle obscurcit le ciel.
 
Combien reste-t-il d’entre nous ?
Je pense un instant à ces nuées ardentes qui effacèrent Pompéi et Saint Pierre. J’envie cette mort si rapide que des milliers d’humains avaient eu.
Nous, cela fait des mois que nous battons en retraite. Cela fait des mois que nous perdons, bataille après corps-à-corps, escarmouche après embuscade, tous les combats que nous livrons. Certes nous avons infligés de lourdes pertes aux forces de la coalition. Mais ils sont si nombreux que le rapport de force est de plus en plus en leur faveur.
 
Ils ont constamment des troupes fraiches, nombreuses, bien équipées, pour assurer la relève. Nos troupes sont décimées, fatiguées, démoralisées. Nous commençons à manquer de munitions. Les manufactures d’armes ont été prises par l’ennemi. Il ne reste que quelques dépôts cachés. Si un de nos hommes tombe entre leurs mains, nous tâchons de l’abattre afin qu’il ne révèle le secret de nos maigres réserves.
 
Ma gélule de cyanure à la main, j’attends fébrilement, alors que passent à quelques mètres de moi, des ennemis pressés d’en finir avec nous. Si je suis découvert, je sais ce qu’il me reste à faire. J’ai peur. J’ai très peur. Je regarde tout autour de moi. Il ne s’agirait pas que l’on m’attrape vivant. Je sais que je ne résisterai pas à la torture et j’ai très peur de la souffrance qu’ils pourraient m’infliger. J’ai peur de mourir aussi, mais le cyanure sera le moindre mal.
 
Je crois que je tremble de tous mes membres, que j’ai froid, que je grelotte… En même temps, je suis trempé de sueur.
Ce mois d’Août sera mon dernier été, sera le dernier été pour moi, pour mes camarades, pour tous ceux que j’aime. Je n’aurai pas été capable de protéger ma famille…

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08 janvier 2018

La main de Valparaiso (3)

GSM

L’homme qui vient d’entrer rejette les pans de sa cape sur ses épaules.

« Je suis Henri de la Tour d’Auvergne, Capitaine des Chevaux légers du Roy, à charge héréditaire ! Veuillez annoncer ma visite à Monsieur le surintendant des finances ! ».
Le petit clerc engoncé dans son costume sombre tente bien de demander quelques explications. Mais devant l’attitude fermée du Capitaine, il renonce dans un soupir « Bien Monsieur le Capitaine ! », se tourne et part en claudiquant annoncer la visite à son maître…
Le visiteur ombrageux, regarde la pièce alentour dont, malgré les dorures et les tapisseries, il trouve le décor banal et de fort mauvais goût. Il esquisse une moue de dégoût. Pourquoi fallait-il donc que l’on lui confia cette mission ?

Le boiteux revint, la bedaine en avant et pria l’officier de sa Majesté de le suivre…
Henri le suivit et entra dans une pièce sombre. Il ressenti une vive douleur et s’affala sans un cri…

………………..

Je me réveillais en sursaut… Putain ! Que j’ai donc mal à l’occiput !… Pendant que j’entreprenais de faire cesser cette douleur et le carillon qui sonnait dans ma tête, en me tenant le crane à deux mains, les souvenirs me revenaient un à un…
Je mis un certain temps à y mettre de l’ordre… Avec ce foutu cauchemar !…

Alors… Oui c’est cela… J’avais entrepris de suivre les deux hommes de mains dans le port… La filature m’avait conduit dans les petites rue du vieux Valparaiso, traversant les odeurs de tortillas et de feijoada, qui témoignaient du passé colonial varié de cette ville légendaire…

Les deux zigotos s’étaient engouffrés dans l’entrée discrète d’une petite impasse…
Je résolus de ne rien tenter et de rester à distance suffisante par prudence. Ainsi donc je m’approchais de Manterola. Je ne laisserais pas passer cette chance. Il a gagné la première manche, la seconde sera pour moi !

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20 décembre 2017

L'histoire du vieux fol (fin)

GSM

L’onirique vision qu’il eut cette nuit là, l’emmena en un siècle fort différent et lui fit vivre la vie d’un personnage qui avoit existé. Toute une vie, dont, à son réveil il se souvint encore. Il lui étoit permis de revivre durant la journée dans son esprit cette vie d’un autre, à seule fin de soulager sa peine. La seule condition à lui imposée étoit de ne point succomber aux appels du malin…
 
De fait il se mit à vivre et à ressentir l’existence de ce grand personnage en resve entrevu… Et pendant dix jours, ses tourments ne l’accablèrent plus, tant son existence à travers celle d’un autre lui rendoit une énergie pour affronter les mille tracas de sa courante vie.
 
Hélas, le malin savoit se cacher et prendre toute forme. Notre pauvre homme, n’y voyant nul mal, commerça avec le roi des ténèbres. Instantanément, toute cette vie par procuration qu’il étoit censé vivre, disparut en un instant de sa mémoire emportant en même temps l’énergie et le bonheur éphémère qui lui avoit été accordé.
 
Cette chute brutale fit replonger le vieil homme dans un état pire qu’avant. De plus les questions des nombreux « amis » qu’il se fit pendant ce court laps de temps furent nombreuses.
Il s’aperçut que ces questions étoient parfois fort inquisitrices, parfois entachées de curiosité malsaine.
Il compris qu’encor une fois, les amis, n’étoient pas de vrais amis. Amis seulement pour la joie qu’il leur avoit apporté, mais pas pour le soutenir dans le tourment où il étoit retourné et où l’on préféroit l’enfoncer davantage.
 
Le vieil homme, qui accusant le coup, sembloit (semblait) vieilli un peu plus, prit une décision, dans l’urgence où la situation le tenoit. Il s’en fut loger tel un troglodyte en une modeste grotte loin des lieux habités, afin de préserver ce qu’il lui restoit de vie.
 
Chaque jour il prioit le ciel de ne point revivre semblables évesnements.
 
De fait, il ne refusoit point la civilisation, car des promeneurs, il ne pouvoit éviter les venues éventuelles. Il tenoit simplement à se protéger. Cela n’empeschast (n’empêchât) point certaines anciennes connoissances de venir quérir de ses nouvelles, afin de colporter ragots et méchancetés.
 
Depuis lors, le vieil homme aigri essaya de réapprendre à parler tout seul, de faire ce qu’il vouloit, blanc le matin ou noir l’après-midi, sans avoir de compte à rendre à tel ou tel seigneur, à tel ou tel mécréant. Si quelques passants, manants ou gueux, venoient lui rendre visite, il les recevoit céans en son logis, se réservant le droit de les expulser, si leur comportement n’étoit pas conforme à la politesse des lieux.
 
Bien des tourments l’assailloient, surtout depuis que le haut mal s’étoit emparé de sa cervelle.
 
Sa seule devise dorénavant, fut « Il vaut mieux estre seul que mal accompagné ! »

 

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19 décembre 2017

Dans la chaleur de harlem (suite)

GSM

A la manière de Spillane...
 
- Qu'est-ce qui vous fait croire que vous abattrez l'homme de fer ?
- J'ai un régime à base d'épinards !
La p'tite pute s'imaginait p'têt pas qu'elle avait affaire avec le plus redoutable des privés de New York. En tous cas le lendemain, elle ne s'imaginait plus rien allongée dans les ordures, pour un sommeil définitif...
Je n'avais aucune piste à part l'homme de fer, auquel je décidais de rendre une petite visite de courtoisie...

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