09 septembre 2017

La main de Valparaiso (3)

GSM

L’exercice est difficile et je crois que je vais m’asphyxier à tout moment…
A chaque fois que je vide mes poumons, je fais si peu descendre les cordes !...
Enfin ! J’ai réussi à concentrer les spirales de cordes autour de ma ceinture… Je suis essoufflé et je risque l'hyperventilation… Je parviens à faire venir par secousses la corde qui lie une main, jusqu’à ma bouche. Les rombiers doivent monter l’échelle de coupée…
Enfin une main, puis l’autre… Maintenant tourner la corde autour de cette tôle, vite… Il ne manquerait plus qu’ils m’attrapent maintenant…
 
Je m’échappe non sans me prendre les pieds dans ce sac de nœuds… Je me relève et je fonce vers l’arrière du vapeur… J’avise un canot à tribord…
 
Je grimpe par l’extérieur du bossoir, défais la sangle et je me hisse sous la bâche…
 
J’attends… Et je tâche de calmer ma respiration essoufflée… J’attends qu’ils viennent, j’attends qu’ils passent, j’attends qu’ils ne me devinent pas, j’attends aussi le pire…
 
Ce sentiment je ne le connais que trop… Ce temps qui passe vite et que l’on vit pleinement, où l’on a même le loisir de revivre sa vie…
C’est une de ces périodes remplies de l’instinct de conservation, sans peur je crois, car on n’a pas le temps pour cela… C’est un moment pendant lequel l’organisme est capable de performances exceptionnelles…
Pendant que j’entends résonner le pas et les voix des deux porte-flingues, pendant que je maitrise ma respiration et mon immobilité, pendant que je pense à la possibilité d’être découvert et flingué, ma pensée est sous les rafales en Afrique un 19 mai, les gerbes d’impact autour de moi, je tire avec application, froidement, jusqu’à réduire tout à fait le danger qui est face à moi…
Comment expliquer cette accumulation de processus d’instinct de survie et cette survenue de souvenirs enfuis ? Comment expliquer ce temps qui semble s’arrêter face au danger ?
 
J’en suis là de mes pensées, tendu comme la corde d’un arc, quand je les entends distinctement, immobiles à quelques mètres de mon refuge dire, que je devais déjà être loin et se plaindre du savon qu’ils vont prendre par « el comandante » Manterola… Puis les pas s’éloignent…
 
…………
 
L’air sur le quai ne m’a jamais paru si bon que maintenant… J’exagère ! Il était très bon hier avec Evita…
Par contre, mon petit doigt me dit que l’air ne sera bientôt plus très bon pour ce José Manterola, ni pour ces deux idiots dès que j’en aurai fini avec eux.
L’initiative est maintenant de mon côté et je compte bien en profiter…
 
Il y a quelques heures je ne savais pas par quel bout commencer ma mission et maintenant, j’entre à deux pieds dans l’univers de la pieuvre de Valparaiso…

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03 septembre 2017

(24) Comme une vie en ténèbres

GSM

" Il est long le jour sans toi, comme une vie en ténèbres,
comme une vie qui se traîne, dans un froid mur de sanglots.
Vas-tu donc me revenir ? Je t’ai aperçue au loin.
Tu cachais mal ton chagrin. Je t’ai abordée confiant.
Lui, il t’a abandonnée, comme tu l’avais fait pour moi.
Si tu peux me revenir, j’ouvrirais si grand mes bras…
Mais je n’ai su te le dire et j’ai caché mon émoi…
J’attends, j’attends que tu sonnes, prenant mon mal en patience.
Je t’aime toujours petite conne, mais ne te le dirais pas
Mais si tu reviens alors, Je te couvrirais de mots,
de mots d’amour pour ton cœur, de mes baisers pour ton corps…
 
Alors, reviens…
Je suis là,
Je t’attends, avec la clé de ton cœur… "
 
Mais le silence efface les cris de l'être écrasé par des sentiments inutiles... La descente aux enfers de l'individu qui ne sait maitriser son environnement fut-il amoureux est le plus méprisable des destins...

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20 août 2017

(23) Reviens-moi

GSM

" Reviens-moi… Ton absence a brisé ma vie. Reviens-moi. Ton souffle est le souffle de ma vie.
Sans toi, je ne suis plus rien. Sans toi, je n’ai plus d’envie. Sans toi tout est gris. Si sombres sont mes pensées…
 
Dis, pourquoi es-tu partie ? Pourquoi m’as-tu quitté ? Nous avions deux cœurs, je n’en ai plus du tout. Tu m’as abandonné, ton absence me rend fou.
 
Reviens-moi… Dans mes yeux j’ai gardé ton sourire, dans mes bras j’ai gardé l’empreinte de toi et lorsque je ferme les yeux, je crois que tu es encore là.
 
Je rêve si fort de toi, que tout va se réaliser, que tu me reviendras et que l’amour pour toujours renaîtra…"
 
Il reste dans le silence le seul tic tac de l'horloge, imperturbable et éternel, sans amour, sans problème...

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16 août 2017

Le pays du néant 7

GSM

Ils avaient voulu tuer ce monde.
Ce monde s’était écroulé.
Le pouvoir happé par la foule,
les états furent désintégrés.
Les nantis étaient morts de faim,
assis sur des sacs de billets,
croulants sous de pesants lingots.
Hommes d’état, couards, corrompus,
responsables de tout cela,
tous fuirent au bout de la planète.
Mais leur passé les rattrapait.
Les monstres qui dormaient partout,
profitant du désordre ambiant,
se réveillaient et saccageaient,
ce qui restait de la planète,
de ses hommes et de ses moyens,
au nom d'un dieu sanguinaire
qui voulait imposer son ordre.
Ce dieu du mal et de la mort
mangea la main et le corps
de ceux qui possédaient tout
et pactisaient avec le diable.
……….
Les pillards joignaient leurs effets,
aux lessivages des derniers sols,
par les éléments déchainés.
Argent,richesses et pouvoir,
n’avaient plus de valeur sur terre.
Seuls la soif, la faim et le crime,
étaient l’obsession de chacun.
Les plus forts tuaient les plus faibles,
chair et sang devenaient repas.
Riches et pauvres étaient victimes,
ou bourreaux perfides et lâches.
Toute vie alors disparut.
Terre et ciel étaient astres morts.
.

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