14 septembre 2018

Mémoires et radotages (188) – Passionnément ou à la folie ?

GSMEcrit le 09 septembre 2018

Je me pose une question depuis fort longtemps. « Est-ce que j’aime mes enfants passionnément ou bien à la folie ? ».
Je ne parviens pas à répondre. Je les aime tellement, j’ai tellement peur pour eux, je m’inquiète pour leur avenir, pour leur sécurité quand ils sortent le soir et quand ils sont sur la route. Si je le pouvais, je serais leur chauffeur, travaillerais à leur place, je prendrais les risques à leur place et je les protègerais contre tout, le armes à la main s’il le faut. Je donnerais ma vie pour sauver la leur…
 
Alors, bien sûr, je m’abstiens de faire tout cela, parce qu’ils n’admettraient pas que je les étouffe. Et je m’efforce, comme lorsqu’ils étaient enfants, à les regarder vivre sans les perturber trop dans leurs occupations.
 
Je me contente des petits bisous du matin et du soir, quand ils sont là. Je me limite à leur dire « sois prudent, tu sais, ça glisse sur la route, y’a longtemps qu’il n’a pas plu », « envoie un texto quand tu seras arrivé » (pour nous rassurer)… De temps en temps je leur réponds par SMS ou de vive voix « je t’aime »… Mais je fais cela en dosant, en me retenant, parce que trop d’attentions, trop de répétition, ça les ferait chier (Tant pis pour les lecteurs qui fustigeraient ce verbe pourtant présent dans le dictionnaire) !
 
Je sais, on dira, « l’amour rend aveugle »… Et bien non ! Je connais leurs qualités qui sont très grandes en matière d’amour, de fidélité, de générosité et d’amitié, mais je connais aussi leurs défauts, parfois importants. Bordéliques ou coléreux ou inorganisés, mais avec toujours les défauts de leurs qualités : Naïveté en amitié, Confiance excessive en ceux qui ne la méritent pas, trop grande gentillesse… Je ne suis pas aveugle en amour de mes petits… Mais leurs qualités sont si étonnantes que je les admire pour cela… Moi, je n’avais pas ces qualités à un point aussi développé que chez eux et donc, ce qu’ils sont, comme ils sont, me satisfait pleinement au point qu’ils soient les trois soleils qui illuminent ma vie…
 
Je sais de plus, que je suis aimé par eux, comme peu de pères le sont. C’est inestimable, même si parfois je me demande si je mérite cela, si j’ai été un bon père, si j’ai assez fait ce qu’il fallait pour eux… Car je ne suis pas satisfait de la condition précaire que je leur ai faite sur terre en contribuant à leur venue dans ce monde injuste et inhumain. Et cela engendre dans tout mon être, un désarroi et une tristesse très profonds…
 
Mon père et ma mère ont également souffert d’inquiétude pour leurs enfants. Je ne suis pas unique dans mon cas, je le sais… Il y a tant de questions que je voudrais leur poser sur ce phénomène de l’amour parental et filial, pour échanger nos idées à ce sujet… Hélas ils sont partis, bien avant que leur attardé de fils aîné ne commence à comprendre ce qui est essentiel dans la vie…
 
Je veux dire à chacun de mes fils « Je vous aime et je vous aimerai toujours, où que je sois, où que vous soyez. Préservez cet amour fraternel qui vous unit et qui fait de vous des êtres humains exceptionnels ».
 
Finalement, je crois que je les aime à la folie, mes petits… Ils le sauront peut-être, si un jour, ils lisent ces quelques lignes…
 

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07 septembre 2018

Mémoires et radotages (187) – Une explosion de bonheur (3)

GSM

Écrit le 03 septembre 2018.
 
Mon petit Nono cherchait du boulot depuis longtemps, je ne sais pas de quelle façon, bien que je lui avais donné des conseils (qui sont bons à donner, mais jamais à prendre, comme chacun sait)… mais toujours pas de travail à 26 ans, aucun résultat, que dalle…
 
Quand deuxième semaine de juillet, il écrit trois lettres de candidatures spontanées, il va en porter une à l’entreprise, en envoie une autre à un autre destinataire et garde la troisième en réserve, si les deux premières ne produisaient pas d’effet (malgré mes conseils de tout envoyer pour multiplier ses chances en début de période estivale : Mais les conseils comme je l’ai déjà dit, il se les met…).
 
Mais cette fois, j’ai pu lire le texte de ses lettres de motivation… Franchement, c’était très bien écrit, très motivé… J’avoue qu’à son âge, je ne savais pas écrire de pareilles lettres, (ce qui m’aurait facilité mes recherches d’emploi) et j’en suis resté complètement baba !
 
Et miracle, une des deux boites le rappelle et lui donne rendez-vous pour le lundi suivant ! Je l’emmène repérer l’emplacement le dimanche… Ce n’était pas inutile, nous avons mis beaucoup de temps à repérer les ateliers de l’usine. Cela lui a permis de ne pas être à la bourre le lendemain…
 
Le lundi 16 juillet, il y va. Finalement il est proposé pour travailler dans un autre établissement de l'entreprise, plus proche de chez nous. Il appelle la responsable de cet établissement et sur ses conseils, il s’inscrit chez l’agence d’intérim qui va bien… Je l’emmène le mardi repérer les lieux et s’entretenir avec la boite d’intérim… En pure perte, ces jeunes gonzesses, sont habituées à ne communiquer que par le site de la boite d'intérim, par email et par SMS… Enfin, on daigne quand même verbalement, lui indiquer les pièces manquantes dans son dossier de candidature, insistant que ce genre de question se pose sur internet sans venir à l'agence ! Ah, que les communications réelles sont dépassées !!! Et moi je suis complètement dépassé par la connerie humaine…
 
A part un petit couac au niveau de l’entreprise, qui n’a pas compris que Nono était libre à partir du 23 juillet… Il est vrai que j’étais très inquiet de ce silence… le vendredi 27 très tard, mon fils reçoit un sms l’invitant à signer son contrat d’une semaine commençant le 30 juillet. La boîte croyait que Nono n’était libre qu’à compter de cette date et avait donné les ordres tardivement à l’intérim !
 
Après deux semaines de taf, la boite a fermé deux semaines et le directeur d’exploitation lui a dit de revenir à la rentrée, le 27 août… le vendredi 31 août, après une semaine de taf, on lui dit que le contrat est fini… A peine rentré à la maison, il reçoit un appel pour continuer la semaine suivante. Ouf ! (La boite est complètement débordée par l'absentéisme et l'arrivée anarchique des commandes)...
 
Il en est maintenant à sa quatrième semaine de contrat… Bien sur, c’est de l’intérim, bien sur, c’est au smic, bien sur, il n’est qu’aide opérateur, alors qu’il est Technicien Supérieur… Mais j’ai découvert en Nono, un garçon courageux, qui n’hésite pas à se lever à 5h30, qui fait son boulot en allant plus vite que les cadences indiquées, qui est soigneux et consciencieux, qui rattrape en fin de poste, sans heures supplémentaires payées et sans rien demander, les temps perdus, quand le matin c’est le bordel et que le travail n’est pas encore distribué…
 
Je suis si fier de mon Nono ! C’est vraiment un homme, maintenant, enfin ! Il s’implique vraiment !
 
Un fils en CDI, deux en intérim… J’ai moins d’inquiétude, pour leur avenir… Et j’ai découvert un littéraire en la personne de mon petit dernier, qui fait des lettres de motivations du tonnerre de Dieu !
 
Depuis, Nono a reçu un appel intéressé concernant sa deuxième candidature… Il garde les coordonnées au cas où ? La troisième lettre est toujours en réserve…
 
A ce propos : « Aide-toi, le ciel t’aidera »… Merci mon Dieu, pour mon petit !

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31 août 2018

La fainéantise

GSM

Ecrit le jeudi 1 août 2013.

 

Mes deux cadets disent vouloir m’aider, mais concrètement, ils ne sont pas courageux. Hier j’ai essayé de les faire lever à 8 heures, ils se sont levés à 9h1/2 et 10h. Aujourd’hui je viens de tenter à 10h1/2 de les réveiller, mécontents et de mauvais poil…
Comment va-t-on bétonner la fondation de l’escalier aujourd’hui ? Demain la fouille sera inondée par les orages annoncés.
Je leur avais pourtant expliqué que l’on ne peut faire un travail de terrassement et de maçonnerie de 15h à 17h. Comment aller à la décharge et chez le marchand de matériaux dans un créneau horaire pareil ? Comment éviter la pluie dans la fondation si les travaux s’échelonnent sur des semaines alors que ce travail devrait être fait en une ou deux journée ?
 
Ils étaient prêts à m’aider, mais les limites de leur bonne volonté est leur manque de courage.
Ils sont fainéants.
 
Et ça, c’est la nouvelle mauvaise nouvelle. Comme si j’avais besoin de cette révélation : Mes fils ont l’un des défauts que j’exècre le plus.
 
A 21 et 24 ans, ils sont difficilement récupérables.
 
Comment ai-je pu avoir des enfants comme ça ? La fainéantise est la mère de tous les vices.
 
Je n’avais pas besoin de ça, pour assombrir à nouveau mes pensées et couler tous les espoirs que j'avais pour eux. Il va falloir qu'ils changent !!!
 
NDLA : fait suite à l'article :
 

Quel bonheur de pouvoir à nouveau bricoler (2013) - zalandeau

Ecrit Dimanche 28 juillet 2013. Une bonne nouvelle quand même depuis début Juillet. Mon dos ne se bloque plus comme avant pour le moindre faux mouvement. Bien sur j'ai mal et de la peine à me relever, mais... pas de blocage ! J'ai commencé début Juillet à rénover mon escalier qui commençait à devenir une ruine...

http://zalandeau1.canalblog.com

 
 

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29 juillet 2018

Pélerinage 2015

GSM

Ces premiers jours de juin 2015, laissent en moi une floraison d’images, d’impressions et de sentiments. Le voyage (1900 km), la chaleur rencontrée, les paysages lumineux, le recueillement et le souvenir plein d’émotion.
 
Mes chers parents; je suis content d’être allé vous voir. J’ai hélas constaté que personne n’était venu depuis deux ans. J’ai gueulé à cause de ma sœur qui avait foutu une bougie que la chaleur avait fondue, dégueulassant ainsi votre dernière demeure. J’ai pesté d’être obligé de m’agenouiller, pour nettoyer comme j’ai pu, cette tache marron sur la moitié du marbre.
 
J’espère que vous me pardonnerez d’avoir proféré les pires injures à l’attention de votre fille. Le ciel l’a par ailleurs bien punie pour ses méfaits envers Maman.
 
Quant à ma nièce, que vous avez entièrement élevée, elle n’est pas venue vous voir depuis 2011, alors qu’elle habite à moins de 6 km… Quelle ingratitude !
Et je serais allé la voir, elle ? Et bien non, je ne suis pas passé chez elle, parce que mes propos n’auraient sûrement pas été très amènes…
 
Je vous ai rajouté un petit pot de fleurs en tissu, les autres étant très abîmés par les années. La prochaine fois, je commencerai à remplacer les fleurs en lambeaux, je repeindrai le socle en bois tout écaillé de la dernière plaque de marbre et j’essayerai de nettoyer le reste des traces de la tache.
 
Une fois rentré chez moi, il faudra que je téléphone pour demander un duplicata de la concession de 99 ans, car la mairie était fermée ce jour là.
 
On a discuté, ce jour-là. Certes, personne n’était là pour entendre mon monologue. Mais moi, j’ai entendu vos réponses et après tout, c’est l’essentiel.
 
Je vous ai promis de revenir, mais peut-être pas l’année prochaine ; c’est si loin et cela coûte si cher. Mais cela devrait pouvoir se faire, d'après mes calculs.
 
Vous m’avez suggéré que vous étiez tout le temps avec moi, de toute façon…

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22 juillet 2018

C’était le 21 février 2005. Plus de treize ans déjà !

GSM

Que n’es-tu encore là ? C’est à la période de ma vie où je te comprends enfin, où j’aurais le plus besoin de parler avec toi, que je ne peux plus le faire.
Comment as-tu géré la séparation avec tes enfants ? Combien tu souffrais à chaque fois que nous partions ? L’inquiétude que tu avais pour notre santé et notre réussite ?
 
J’ai mille questions à te poser, mais tu n’es plus là. Toi, le roc, l’icône, en qui j’avais une foi immuable, une confiance absolue.
Je ne t’ai pas vu vieillir. Tu m’as dit en 2004 «  Tu vois, cette fois le bon Dieu ne sauvera pas ma vie une troisième fois. Pour moi, c’est bientôt l’heure du départ ».
J’ai hypocritement répondu « Mais non Papa »… Que ne t’ai-je pas serré dans mes bras ? Que ne t’ai-je dis « Tu me réserveras une place là haut mon Papa », plutôt que de nier une évidence que tu étais prêt à affronter…
 
Mais ce 21 février 2005, à vingt heures et 17 à 20 minutes, j’ai senti ton âme qui s’envolait. Je sais depuis ce jour, que tu es éternel. Je sais que je te reverrais. Et même si tu me manques maintenant, même si tes conseils et ta sagesse me font défaut, je sais que nous nous reverrons bientôt.
 
Mon Papa, tu es aux cieux ;
Que ton nom soit sanctifié ;
Que ton repos soit éternel ;
Que tes conseils me parviennent du haut de ton ciel.
Donne-moi aujourd’hui ta force pour demain.
Pardonne mes offenses et apprends-moi à pardonner à ceux qui m’ont offensé.
Ne me laisse pas succomber à la tentation.
Et délivre-moi du mal.
Je t’aimerai toujours,
Mon Papa.
 

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21 juillet 2018

Une explosion de bonheur (2)

GSMSuite de : http://zalandeau1.canalblog.com/archives/2018/07/08/36534857.html

 

Nous sommes fin août 2015.

 

Mon fils cadet a commencé son travail dans le " Nooooord ", le 1er Juillet. Une semaine et demie à jouer l’esclave de la machine qui va très vite et qui demande à manger en permanence.

 

Crises de colères dans l’atelier du genre « Qu’est-ce que je fous là ? C’est bien la peine d’avoir fait autant d’études ! », heureusement couvertes par le bruit des machines…

Mais malgré tout, ses colères sont entourées d'une envie de s'obstiner et non d'abandonner...
 
Puis deux semaines en Allemagne pour être formé aux nouvelles machines… Tranquilos, à l’aise Blaise, michto benez !
 
Puis, affectation depuis la dernière semaine de juillet dans son usine, avec deux autres gus. Manque de pot, le retard des travaux de construction, de l’installation technique, des réglages, fait que le client a retiré des pièces livrées, pour les usiner lui-même…
 
Or, sans pièces, pas de réglage possible et sans réglage, pas de pièces…
 
Comment va se terminer cette affaire ? Déjà deux jours à la maison au mois d’août (certainement non payés)…
Déjà 24 jours de trajets, parce qu’il n’a pas pris le risque de chercher un studio (il est en période d’essai, oui, mais il est le seul à se taper 150 bornes par jour…) et parce qu’il n’ose pas demander un créneau libre à cause de ses horaires au jour le jour (Difficile de prendre un rendez-vous dans ces cas-là ; il faudrait peut-être qu’il ait des c……. au c..)…
 
Toto a changé ! Il est rebelle et taciturne comme un adolescent… Enfin, il y a quand-même un progrès : il est moins enfant, mais pas encore un adulte dans sa tête…
 
Je m’implique un maximum pour lui chercher des logements, j’en ai trouvé 6, mais au-delà, je ne sais pas faire : C’est à lui qu’il faut que cela plaise, c’est à lui de visiter (même si je suis prêt à le conseiller en la matière, à sa demande)… C’est un homme et je lui laisse prendre ses responsabilités.
En fait c’est un petit homme qui se comporte sur certaines choses comme un enfant.
 
Quand je pense qu’à seize ans je me démerdais seul pour mes démarches, n’ayant recours à mes parents que pour les documents ou autorisations que seuls eux détenaient…
 
Enfin, il s’endurcit, même s’il ne fait pas toujours les bons choix dans ses décisions…
 
Les bons conseils sont ceux que l’on donne, mais jamais ceux que l’on reçoit, c’est en cela que je vis sa période d’adolescence attardé…
 
On est là pour toi, mon bonhomme, mais on s’efface, pour que tu t’affirmes…

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08 juillet 2018

Une explosion de bonheur

GSM

C’était le 21 mai 2015. Je l’avais emmené dans ce pays du Nord, ce " Nooooord " que décrit Galabru dans " Bienvenue chez les Chtis ".
Comment exprimer combien nous avons été étonnés de l'hospitalité et de la chaleur humaine dans le bistrot de cette petite agglomération ? Tous les gens nous avaient serrés la main, sans nous connaitre, tout le monde disait bonjour et au-revoir, comme nous le faisions nous-mêmes… C’était un rêve éveillé. Tout l’opposé de la région féodale où nous avons le malheur d’habiter. Quand une personne que l'on ne connait pas, nous serre la main par chez nous, on dit qu’il doit être simplet ; quant à la politesse, elle n’existe pas… Alors que là-bas, dans le " Noooord ", c’est la politesse, le respect, l’humanité vraie et sincère que nous rencontrions et concernant mon fils, c'était certainement la première fois.…
 
Toto était ensuite allé à son entretien. Je l’avais attendu fébrilement dans la voiture, dédaignant même d’aller me baguenauder pour me changer les idées dans le magasin Aldi, dont j’occupais une place de parking. Je suis resté à l’attendre et j’ai beaucoup pensé à mon fiston, à cette chance qu’il ne devait pas louper. Mon pauvre grand bonhomme aux idées suicidaires. J’étais comme en symbiose, espérant que questions et réponses, motivations et appréciations seraient favorables : " Pourvu qu'il réponde ceci, pourvu que...".
………………..
Puis il y a eu cet appel du 9 juin, espéré, attendu dans l’angoisse, depuis trois semaines, mais aussi depuis quatre ans…
 
Il a été retenu. Cela faisait quatre années sans travail, quatre années qu'il cherchait le précieux emploi sans rien trouver ! Il a envoyé les éléments demandés pour la déclaration préalable à l’embauche. Stage dans le nord peut-être, d'ici quelques semaines, puis stage spécifique en Allemagne, puis Boulot en principe en province, dans un bâtiment industriel qui est en train de se construire… Et puis même si c’était ailleurs, qu’importe…
 
Il n’y a plus qu’à attendre…
 
Mon Toto est beaucoup mieux dans sa tête ; cela se voit au premier coup d’œil… Quant à mon stress, il est passé de 2,5/3 à 1,5/3… Je vais beaucoup mieux. Moi aussi je vais pouvoir me reconstruire un peu.
J’avais tant de désespoir, je portais en moi tant de responsabilité d’avoir donné le jour à trois malheureux exclus de la mondialisation et du droit à vivre, sans pouvoir rien y faire…
Certes, c’est une place d’ouvrier, mais aucun travail n’est déshonorant et surtout le travail est une denrée si rare ! Le travail donne sa noblesse à l’homme, sa raison de vivre.
Mon fiston va pouvoir commencer à se fixer des objectifs et enfin vivre sa vie, comme tous ses camarades de la région où nous habitons.
 
Il aura conquis son travail sans piston et sans le réseau mafieux de notre région pourrie, dont il est exclu, parce que son père n'est pas du sérail… Quant à ses « amis » dont je dis qu’ils sont des faux-amis, parce qu’ils se délectent de ses déboires en comparant leurs situations à la sienne, il pourra leur faire un bras d’honneur. Du moins, c'est ce que j'aurais fait, à sa place...
 
Je sais qu'il ne le fera pas... Il est si naïf et si gentil...
 
Enfin un nuage se déchire et laisse place au soleil de l’espoir. Cela se passait en 2015

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01 juillet 2018

Que ferais-tu ?

GSM

Ecrit le 16 mars 2015
 
Depuis quand ne t’ai-je pas parlé ? Si longtemps, trop longtemps…
J’ai tant de choses à te demander. J’ai toujours remis à plus tard, ce n’était pas urgent à l’époque, j’avais tout mon temps. Tant de questions me vrillent le cerveau…
 
Comment as-tu vécu le devenir de tes enfants ? Comment as-tu surmonté les coups du sort et les déceptions ?
Est-ce que, comme moi, tu ne savais plus ce qui s’était passé avant, est-ce que cela ne te préoccupais plus ? Pouvais-tu être tellement stressé par le non-avenir de tes enfants ? Cela te causait-t-il bien du tourment, bien du tracas, comme à moi ? Se passait-il un matin où tu ne pensais pas à leur vie future sans emploi, sans espoir ? As-tu fait un cauchemar dans lequel un kidnappeur te donnait le choix entre donner le nom d’un de tes enfants qu’il tuerait en laissant la vie aux deux autres ou bien il tuerait les trois, si tu ne disais rien ?
Est-ce que pendant des semaines tu faisais des insomnies avec toutes sortes de pensées noires pendant de longues heures d’éveil ?
 
T’est-il arrivé de prendre un vieux cachet de somnifère, dans une boite périmée depuis quatre ans ?
J’ai bien dormi, mais je suis dans les vapes ce matin et mes idées sont toujours aussi noires.
Parvenais-tu à dormir, en pensant à tes enfants ? T’es-tu reproché de les avoir mis au monde ? Tu me dirais peut-être que je ne suis pas coupable, mais je me sens quand même responsable de leur venue en ce monde pour lequel je n’ai pas su les préparer, pour lequel je ne leur ai pas donné de clé. Je ne leur ai pas donné le bon patrimoine génétique…
 
Comment as-tu réagi aux dérives de ma sœur ? Est-il normal de culpabiliser ? Que dois-je faire pour ne pas replonger dans la dépression, car je sais que cette fois, si c’est le cas, ce sera un voyage jusqu’à la fin…
Je crois que je n’ai plus la force, plus l’envie de continuer, plus d’espoir, plus de but…
 
Que ferais-tu à ma place ? Comment as-tu fait Papa ?
 
Oui, je sais, Papa, cela ira mieux demain, s’il fait plus chaud et s’il y a du soleil… Mais tout comme aujourd'hui, il sera trop tard pour te poser ces questions... Et je n'aurai pas davantage de réponses...

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16 juin 2018

Rendez-moi mon Paris

GSM



J’avais dix ans en 1960. Mes parents m’avaient envoyé à Paris, par le train, pour un mois de vacances chez mes grands parents. Il n’y avait pas de TGV à l'époque. C’était ces wagons à compartiments, dont le bruit régulier des roues sur les jonctions de rails endormait comme une berceuse, accompagné par la mélodie des croisements, des aiguillages et des tunnels…
Le compartiment était plein. Une sœur en cornette lisait son missel en face de moi.
Je dormais entre chaque gare, terrassé par cette lancinante berceuse. A chaque arrêt, je me réveillais et demandais si on était arrivé, toujours inquiet d’avoir dépassé ma destination. La réponse des grandes personnes était toujours négative. J’ignorais que Paris était le terminus et que je ne pouvais pas le manquer.
Cependant, aux alentours de midi, une odeur de pain frais, de charcuterie et autres camemberts bien faits, vint flatter mes narines et me réveilla.
Tous les passagers étaient affairés à manger avec leur serviette, leur couteau, tout un tas de bonnes choses, à part deux qui avaient du aller au wagon restaurant…
La sœur en face de moi s’appliquait à manger lentement un petit sandwich de 15 cm de longueur…
Affamé, je me ruais sur mon sac de voyage et je dévorais les deux gros sandwichs que ma maman m’avait préparés.
Tout le monde avait fini de manger depuis longtemps, les deux voyageurs manquants étaient revenus, mais la sœur continuait inlassablement à déglutir doucement son sandwich… De la voir et de sentir l’odeur, me redonnait faim…
J'allai donc dans le couloir et y restais, guettant le moment où elle aurait fini de ruminer, avant de revenir m’asseoir à ma place…
D’annonce de départ en sommeil, de sommeil en annonce d’arrivée, je finis par arriver à Paris gare de Lyon…
Mes grands parents étaient là pour m’attendre, vêtus sur leur trente et un. Les effusions furent réelles et partagées…

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09 juin 2018

Tu es un homme, mon fils

GSM

Ecrit en juin 2009.
 
Hier, j’emmenais mon fils cadet à son lieu de stage comme chaque jour. Je pris la décision de lui parler, car c’était le seul moment de la journée où nous étions un quart d’heure ensemble. J’éteignis la radio…
 
« Tu sais Toto, tu viens d’avoir vingt ans, tu es un homme… Quand ton Papy approchait de la cinquantaine, j’en avais donc moins de dix-huit… Un jour, il est tombé dans les pommes, comme ça, évanoui, sur le carrelage de la salle à manger. Ta Mamie était inquiète mais forte. Nous, les enfants, étions en larmes à part ton oncle qui était trop petit et qui ne comprenait pas. Cela lui est arrivé plusieurs fois. Mais étant artisan, il n’avait pas les moyens de se payer le médecin…
Plus tard, sur un chantier, ton Papy m’a dit : Les hommes ont une forte mortalité entre cinquante et soixante ans. Passé ce cap, ça va. Rappelle-toi de ça un jour !…
 
Les conditions de vie ont évolués. Mes problèmes ont commencés plus tard, vers cinquante sept ans. Tu as vu l’autre jour !… Les médecins ne comprennent pas tout. Cela pourrait m’arriver un jour. On ne sait jamais. Certes, je me repose beaucoup, je suis en arrêt, mais tout est possible…
 
Alors, je voulais à mon tour te dire que si ça arrivait, je compte sur vous les deux ainés, Kiki et toi, pour vous occuper du Petit Nono, il est très sensible… Et je compte aussi sur vous trois pour ne pas abandonner votre Maman qui serait dans le plus grand désarroi, notamment financier »…
 
Je jetais des coups d’œil furtifs à Toto en conduisant. Il était silencieux et son œil brillait, mais il acquiesçait frénétiquement de la tête. Je comprenais que sa gorge était nouée et qu’aucun son ne pouvait sortir, sauf à dévoiler un sanglot qu’il cherchait à réprimer à tout prix.
 
Très ému, il évitait mon regard… J’énumérais donc le catalogue des ressources dont ils disposeraient : Assurance vie, Assurance décès, la nécessité d’entamer très vite les démarches, vu les longs délais de paiements… Ce qui lui donnât le temps de se reprendre…
 
Nous allions arriver, quand il me dit « Tu n’as pas un sujet plus gai, par hasard ? »
 
« Oh, mais tu ne vas pas te débarrasser de moi comme ça, je ne suis pas encore canné ! »
Nous arrivâmes à destination.
« Bonne journée mon fils. Travaille bien ! »
« A ce soir Papa ! »
 
Dans mon fort intérieur, j’espérais fortement le revoir encore ce soir-là…
 

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