03 février 2018

La meilleure petite maman du monde, seule pour attendre la fin

GSMEcrit en Juillet 2010

 

Je suis allé voir Maman avec mon fils mardi 20 juillet, dans cet hôpital de Lozère...
Nous avons été très émus. Toto a éclaté en sanglots. Il m'a fait promettre de ne pas le dire à sa mère...
 
Finalement Maman essaie de communiquer mais il est très difficile de comprendre... Elle ne sait pas répondre par oui ou non. Dans les deux cas cela donne "Buuu", ou même pas de réponse. Elle ne sait plus hocher de la tête non plus...
 
Ma sœur, qui par hasard était là, a traduit quelques paroles, car elle est davantage habituée que nous... Mais elle est cependant loin de comprendre tout...
 
Maman se rend compte qu'on ne la comprend pas, je crois.
Elle m'a demandé des nouvelles de mes 3 enfants (le signe 3 étant fait par sa main gauche, seule valide)...
 
Elle ne pleure plus... Elle rit, à la place... Elle rit aussi quand elle ne comprend pas et peut-être aussi quand elle comprend. Car on ne sait pas toujours si elle a compris...
 
Mais pour qui l'observe, on voit qu'elle est parfois triste... Elle savait que nous allions partir mercredi matin... Même si son attention retombe très vite... Il parait qu'elle sait encore lire... Je vais donc lui écrire...
 
Mais il ne faut pas faire compliqué...
 
Toto et moi, sommes heureux de l'avoir revue, car c'est toujours la merveilleuse mamie et la bonne maman que nous avons toujours connue. Nous avons été réconforté qu’elle nous ait reconnus… Mais la prochaine fois ? Ce ne sera peut-être plus le cas. D’ailleurs y aura-t-il une prochaine fois ?
 
La mort est si injuste, qu’elle nous prend petit à petit, les êtres que l’on aime, dans un naufrage qui n’en finit pas…
 

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28 janvier 2018

Mémoires et radotages (20) – Kikson et Nono

GSMEcrit le 11 novemre 2015

Kikson (suite) : Et puis… Je réalise que le RSA étant dégressif… à chaque fois qu’il déclare ses 200 euros de gains… il en touche 80 de moins en RSA… Travailler tant pour si peu… Quel courage il a !… Affichant un abord décontracté et nonchalant… Mon grand fils… Pourquoi je t’ai laissé faire ces études de merde ?... Pourquoi je t’ai laissé te foutre dans cette branche sans avenir… A moins d’un coup de chance… Beaucoup d’appelés… Peu d’élus… Ah, que je voudrais tant qu’un jour, tu deviennes réputé dans la bande dessinée… et que tu gagnes plein de sous… Et que tu pisses au cul de tous ces enculés qui t’exploitent actuellement…
 
Et j’ai encore mon benjamin derrière… Il ne faut pas que Nono soit le dindon de la farce !
 
Toi mon tit Nono, dépêche-toi d’avoir ton permis alors que je peux encore te le payer… Et trouve un boulot… Je t’ai promis de te payer une bagnole… une occase, bien sur… une vieille chiotte… le jour où tu auras un taf !... Oui, parce que pour l’entretien, l’assurance, etc… Ce sera à toi d’assurer… Mais dépêche-toi ! Car j’aide tes frères et… Bon… J’espère que je pourrais tenir ma promesse ! Bon ! Toto, je ne l’aiderais plus… pour le moment, il est tiré d’affaire… Mon tit Nono… Je me fais vieux, j’ai peur de ne pas tenir le coup… Si ta mère restait seule, elle ne pourrait pas tenir ma promesse…
 
Il y a deux jours, ou trois, j’ai cru que j’allais revivre 2007… Je n’ai rien dit à personne… Cela n’allait pas bien du tout… Les mêmes symptômes… Enfin… c’est ce que j’ai cru… Et toi, tu n’as pas besoin de savoir et je ne t’en parlerai pas… Je me souviens quand ton Papy est mort, comme tu pleurais caché dans un coin quand je suis revenu des obsèques. Certes tu n'avis ue treize ans, mais je te sais très sensible… Alors… Il vaut mieux que personne ne sache… Même le toubib nie ce que j’ai… Ah, ça, pour soigner mon diabète il est fort !... Mais pour le reste, il fait un déni sur l’AVC… Je ne risque pas d’avoir un traitement… Il n’obéit même pas aux consignes que la Pitié Salpêtrière lui avait transmises… Il est gentil… Il m’aime bien, ce médecin… Mais quel con !
 
Il m’aime peut-être mieux mort que vivant… va savoir…
J’avoue que quand j’ai eu ces malaises l’autre jour… j’ai eu peur… Je me suis dit que rien n’était carré… Mes objectifs n’étaient pas atteints… Partir maintenant était prématuré, tant que tu n’es pas casé mon Nono… Mon petit dernier préféré… Comme j’ai un cadet préféré et un aîné préféré…
 
Parviendras-tu à valoriser ton BTS ?... Maudit monde pourri !

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25 janvier 2018

Mémoires et radotages (19) – Kikson suite

Ecrit le 07 novembre 2015
Mais en revGSManche, je crains que mon Kiki, soit un peu écrasé par la personnalité de sa chérie… Et qu’à terme, cela sème la discorde, une fois que son cœur aura retrouvé la vue…
 
Car il est fragile, sous son air détaché… Je me souviens son ‘premier amour’… comme il avait été très abattu, lorsque que la fille l’a largué, parce qu’elle voulait continuer et réussir ses études et faire un beau mariage avec un friqué de sa condition et ne pas rester avec un garçon sans diplôme et sans métier, qui de plus ‘faisait’ l’ouvrier à la chaine…
Qu’est-ce qu’il avait souffert mon Kiki ! Il avait, quoi… Vingt, vingt et un ans à peu près…
 
Et la fois où il a fini ses ‘études’ dans l’école privée de dessin et qu’il est le seul à être sorti sans ‘diplôme’… Enfin, disons que diplôme est un bien grand mot s’agissant d’une école privée non habilitée à délivrer un vrai diplôme… Mais disons qu’il a été le seul à chercher un travail sans pouvoir exhiber un bout de papier devant d’éventuels employeurs…
 
Là aussi, il était resté abattu pendant longtemps et a eu du mal à s’en remettre !
 
Monsieur Pivaut patron de l’école Pivaut de Nantes, avec ses tarifs à 4000 euros l’année à l’époque… cet enculé qui avait pris mon fils comme souffre-douleur… Ne lui avait même pas donné une attestation d’études… Et pourtant mon fils avait d’honnêtes résultats en arts graphiques…
Total, ses camarades de classe ont réussi à intégrer des emplois, certes mal rémunérés, mais en CDI ou à des rémunérations sécurisées.
 
Kiki rame depuis sa sortie de l’école, bouffant des nouilles ou du riz, ayant du mal à renouveler ses outils de travail informatiques… Nous lui payons son électricité et parfois, il ne peut rembourser son loyer à sa mère qui le lui avance sur son indemnit de licenciement…
 
Cette année (2015) il a du rembourser 5 loyers sur les premiers dix mois… Ma femme n’a plus de sous… Et lui, le voilà, tout feu tout flammes, prêt à jouer le matamore avec de l’argent qu’il n’a pas, tout simplement parce que les contingences matérielles ne sont pas dans son acquis personnel…
 
J’ai peur, j’ai si peur… On n’a plus les moyens… On ne peut plus ! Il dit qu’il se débrouillera avec sa copine… Je suis très dubitatif !
Sait-il qu’il est le seul de mes enfants à qui j’ai donné une double chance ? Aucun de ses frères n’aura cette possibilité. Il n’a jamais su qu’il m’a coûté dix fois plus cher que son cadet et que… ben y’a presque plus d’sous !
 
Pourvu qu’il ne se retrouve pas dans la merde si un jour, ils se séparent !
Et quant à l’avenir de mon aîné… Quelle retraite, avec un RSA et un petit boulot à 1 euro de l’heure ?... En fait, à trente deux ans, il n’a qu’un an de vraies cotisations dans une usine…
 
Putain de stress !

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23 janvier 2018

Mémoires et radotages (18) – Kikson

GSMEcrit le 07 novembre 2015

On entend tant de prétentieux, privilégiés, parfois arrivistes, parfois nés avec une petite cuillère en or dans la bouche, dire : « J’ai l’argent et j’ai le pouvoir »… Comme signe de leur importance dans la société des humains… Je leur crache à la gueule, je leur pisse à la raie !... Pauvres loques humaines… Vous avez l’argent et le pouvoir, mais en aucun cas, ce ne sont des qualités humaines…
 
Je préfère penser à mes petits, mes chers petits qui sont devenus si grands… et… en si peu de temps…
 
Mon ainé…
 
On commençait à être relativement tranquille ! Il avait décroché un contrat contraignant, mais avec un éditeur connu, qui lui assurait un travail peu rémunérateur, mais au long cours, ce qui était une sorte de sécurité dans la pauvreté, quoi !
 
Voilà qu’il se met à la colle avec une petite gonzesse, artiste comme lui… Bon, c’est vachement bien ça ! Quoique ma femme, elle… elle est bien entendu jalouse qu’on lui pique son fils… C’est bizarre ce que les belles-doches ont tendance à jalouser et à haïr leur bru…
 
Mais moi, ce qui m’inquiète, c’est que cette frénésie de se mettre ensemble débouche sur un déménagement imminent dans un appart plus spacieux, dans un immeuble neuf, nécessairement plus cher en loyer, bien qu’étant un logement social… Certes j’ai beau comprendre qu’ils éviteront un loyer (puisque chacun d’eux habitait chez lui ou elle)… Je calcule… Les deux RSA vont baisser, à partir du moment où ils se déclarent en couple, le chauffage individuel, vu la configuration des lieux va être fort onéreux, etc, etc… Je m’inquiète, je m’inquiète… Il ne sait pas compter et visiblement… elle non plus !... C’est un peu normal : Ce sont des artistes tous les deux ! Alors l’arithmétique et eux… ça a l’air de faire trois !
Leur organisation est bordélique, le petit boulot de mon fils (900€ gagnés en tout, en 4 mois de travail à 10 heures par jours) en pâtit, car il prend du retard (il me l’a avoué)… Bon et puis les démarches, plus les heures de baise, plus le dessin, la nuit… Il ne dort que 4 heures par jours… Ca m’inquiète, ça m’inquiète…
 
Il est d’un incroyable optimisme… l’optimisme créé par l’amour… Ce sentiment idiot qui rend les hommes aveugles… Ce sentiment qui les rend si cons au point de les faire tomber dans les filets de ces demoiselles… Car, je le vois bien, ce que femme veut… c’est, comme par hasard, devenu ce que Kikson veut…
 
Je suis sur qu’elle commence à porter la culotte… Elle a une autorité incroyable ! Les récents voisins de mon fils, foutaient un bordel, que personne dans l’immeuble ne parvenait à faire cesser, pas même mon fils !... Elle y est allée… Elle leur a parlé comme une pionne le fait au lycée (C’est sa petite activité à temps partiel)… Elle leur a tant fait peur, qu’ils sont depuis, muets comme des carpes et sages comme des images ! Ça c’est une gonzesse !

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30 décembre 2017

La meilleure maman du monde

GSM

Ecrit en 2011.
 
Nous avons eu une chance fabuleuse. Avoir des parents si aimants, si attentionnés. J’ai vu mon Papa pleurer lorsque ma sœur avait des convulsions. J’ai vu ma mère passer des nuits entières au chevet de l’un de nous.
 
C’est Maman qui nous donnait notre argent de poche. Nous n’étions pas riches, mais le peu qu’elle nous donnait valait plus que tout. De combien d’habits, de plaisirs et de distractions nos parents se sont-ils privés, par amour pour leurs enfants ? Nous ne nous rendions pas compte à quel point cela était extraordinaire ; mais maintenant, après avoir vu toutes ces familles aux comportements indignes, je m’aperçois pleinement de l’abnégation de Papa et de Maman.
Ils avaient leurs défauts, bien sur, mais ils nous ont donnés tant d’amour…
Nous ne les avons pas adorés comme ils le méritaient et je m’en repens aujourd’hui…
 
Maman ne s’est jamais plainte. Elle a toujours tout fait pour nous, jusqu’aux pull-overs et autres habits qu’elle tricotait et cousait pour nous, tant l’argent faisait défaut. Nous avons toujours mangé à satiété. Même si nous ne savions pas ce qu’était le restaurant ou les salles de spectacle…
 
Nous, en échange, nous sommes partis faire notre vie, leur tournant le dos, les oubliant à moitié…
Je sais que c’est la vie qui veut ça. Mais que je regrette de ne pas leur avoir été plus présent, de ne pas leur avoir dit que je les aimais ! Je l’avais dit à Papa la veille de sa mort ; il m’avait répondu « Moi aussi »… Je l’ai dit à Maman le 29 août ; m’a-t-elle compris ? Je ne sais pas. Tout ce que je regrette, c’est de ne pas lui avoir dit un milliard de fois pendant qu’il était encore temps…
 
Il me revient une phrase que Papa faisait dire à mon petit frère : « Merci, mon petit Papa Chéri pas vari, on le met dans la poche ». Il me revient le bonbon à l’orange acidulée que Maman me donnait à la sortie de la maternelle. Une fois, j’ai fait tomber le bonbon dans une grille d’égout. J’ai pleuré, j’ai pleuré… Non pas pour le bonbon, mais parce que c’était le bonbon que me donnait ma Maman…
 
Il n’y aura plus de bonbon à la sortie de l’école. Maman est sur son lit de mort, sous perfusion, sous oxygène. Elle ne peut plus parler, elle ne peut plus bouger... Elle ne se plaint toujours pas… Elle a toujours ses beaux yeux bleus et tente parfois de sourire...
 
Je t’aime Maman et je t’aimerai toujours…

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25 décembre 2017

Mémoires et radotages (152) – Joyeux Noël mon Toto

GSM

Cela se passait dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 décembre 2017.
Il était environ minuit… Le téléphone sonne. Il affiche le nom de Toto. Un pressentiment… A cette heure il devrait déjà être arrivé chez nous ! Mon cœur ne fait qu’un tour quand je décroche ! Il m’annonce qu’il est sorti de la route mais qu’il n’a rien… Trop tard, je tremble déjà de partout : les mâchoires, les membres, le corps tout entier et je suis glacé d’effroi… Il faut croire que froid et peur présentent les mêmes symptômes…
 
Je m’habille, j’ai du mal à le faire car je continue de trembler et Nono me dit qu’il va m’accompagner…
 
J’ai enfin réussi à me maîtriser et nous sommes allés récupérer Toto dans la neige à une trentaine de kilomètres… Sa voiture avait glissé sur une plaque de verglas, fait un tête à queue et s’était retrouvée dans un champs à quatre mètres en contrebas…
 
J’ai déjà parlé de mes plus grandes peurs… Je crois que cette nuit-là, j’ai eu la plus grande peur de ma vie, une peur encore plus grande que la dernière plus grande peur que j’avais eue…
 
Ma tension le samedi 9 était encore à 16 voire 17… J’ai eu des angoisses pendant une semaine… Et il m’a fallu une bonne dizaine de jours pour que ma tension redescende à une valeur normale de 10 à 12… Mon petit Toto n’avait rien eu du tout, bien calé dans son siège… Il m’avait pourtant dit qu’il n’avait rien, mais ma peur a été la plus forte, une peur rétrospective pour mon petit garçon de 28 ans…
 
Le dimanche nous avons trouvé un agriculteur fort aimable qui a tiré la voiture hors de ce futur champ de blé… Elle était roulante, bien que l’avant fût arraché, nous l’avons ramenée avec Toto.
 
Après une semaine de dépôt de la voiture chez un carrossier, sans aucune intervention ni estimation de coût de sa part, le lundi 18 décembre, je la récupérais et j’entrepris de la restaurer…
Enfin, samedi 23, après 6 jours de travail éreintants, j’avais rafistolé le bouclier, les phares, remplacé 4 pièces cassées par des pièces neuves et confectionné une douzaine de pièces en alu pour compléter la fermeture du dessous de caisse et les fixations arrachées du bouclier et des phares…
 
J’ai mal partout, je suis moulu de toutes ces acrobaties qui ne sont plus de mon âge… mais Toto a pu reprendre son véhicule pour Noël…
 
Joyeux Noël mon Toto… Je t'aime.
 

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24 décembre 2017

Douce France

GSM

J'avais un tablier bleu et je fredonnais les chansons de l'époque qui étaient déjà et qui sont encore bien plus maintenant, des chansons d'autrefois...
 
C'était une douceur après ces années noires. Insouciant, je suivais le bouchon de liège emporté par la pluie dans le caniveau jusqu'au bas de la rue, c'était le bateau dont j'étais le capitaine...
 
Je collais mon nez à la vitrine du droguiste. Je salivais devant ce révolver de cow-boy en plastique que je n'ai jamais eu...
 
Je revenais les genoux écorchés pleins de gravillons et de bitume avec des rêves de vengeance ou bien des lauriers de la victoire...
 
Derrière les palissades du terrain vague, j'étais le gendarme ou l'indien et nous courions à en déchirer nos tabliers aux épines des ronces...
 
J'écoutais une voix, l'oreille collée au poste à diodes, qui disait "Je vous ai compris", qui parlait d'avenir et de France...
 
Je me jetais sur un bonbon acidulé en forme de quartier d'orange que me tendait ma Maman avec un grand sourire de Madone, à la sortie de l'école, ...
 
Toutes les sonnettes de ma rue n'avaient jamais autant servi que depuis que j'habitais dans le quartier ? Elles m'ont appris à courir plus vite que l'invective, plus vite que les tirages d'oreilles...
 
Et ce grand, un "blouson noir", que mon père avait soulevé par le col et accroché à la grille des voisins, parce qu'il m'avait à moitié étranglé ? Avait-il changé de quartier pour éviter mes pieds-de-nez ? Ou bien ?...
 
Ces temps-là, ne reviendront plus : Ils sont effacés, disparus, cachés dans un coin de ma mémoire...
Mais j'y pense parfois et mon regard se trouble et mon cœur se gonfle...
 
Quelle était douce la France, qu'elle était douce !...

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14 décembre 2017

Bulletin N° 13 - A ma Maman - Date : 26/10/2006

GSM

A ma Maman
 

  Santé
Suite à notre entretien téléphonique, j’espère que tu t’adaptes à ton nouveau lieu de vie.
J’espère que tu fais soigner cette toux persistante.
Tu me dis que tu espères revenir dans ta maison, mais tu sais bien que ce n’est pas possible. Tu es dépendante Tu ne peux ni marcher ni te lever ni te coucher toute seule et as besoin d’aide en permanence. D’ailleurs c’est toi qui as réclamé à cors et à cris d’aller dans une maison de retraite ! Et lorsque tu étais dans ta maison, ta fille a foutu toutes les aides soignantes et ménagères à la porte, cette salope ! (Papa m'avait dit que s'il partait le premier, ma soeur te ferait chier comme pas permis... Il avait raison, comme toujours).
Mon frère n’a pas l’air de s’inquiéter, mais moi je suis très anxieux, avec tous mes petits problèmes en plus de ta situation qui me tracasse énormément.
 
 
  Ta fille
As- tu des nouvelles de ta fille ?
Sais-tu où elle réside ?
 
FINANCES
Vu l’argent qu’il te reste, il va falloir vendre ta maison, pour financer la maison de retraite.
Il faut que tu nous donnes ton accord sur ce point.
Car une maison, ça ne se vend pas en 8 jours !
Je me fais beaucoup de soucis, parce que si on n’ obtient pas l’argent nécessaire à temps, ils vont se retourner contre nous (mon frère et moi). Quoique, vu ce qu'on gagne, ce n'est pas sur qu'ils nous mettent le couteau sous la gorge...
Il faut que l’argent de la vente de ta maison soit réservé à payer ta maison de retraite et non pas à graisser la patte de ma sœur. Une sorte de compte sous séquestre, quoi (Vu avec le notaire)...
Je n’ai pas envie de me retrouver à la rue parce que tu auras gaspillé le pognon pour ta fille et ta petite fille comme tu l’as fait depuis la mort de Papa. Je te rappelle que tu n'as que 850 €  par mois de retraite seulement...
Mon petit frère, moi et le Notaire t’avions dit de garder le peu d'argent que tu avais au cas où…
Ce cas est arrivé.
Mais tu as la tête dure et tu n’en as fait qu’à ta guise.
Moi j’ai gardé ce que tu m’as donné parce que je savais que tu pourrais en avoir besoin, ce qui n’est pas forcément le cas de mon frère et certainement pas le cas de ma sœur ni de ma nièce.
 
TON ACCORD
Il nous faut ton accord rapidement afin de nous organiser, mon frère et moi, pour entreprendre les démarches et actions nécessaires à la mise en vente de ta maison.
 
Je te fais un gros bisou.

  Ton fils ainé.

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02 décembre 2017

Des remords (mars 2011)

GSM

Quand pourrais-je parler avec toi des problèmes essentiels ? Pourquoi ne l’ai-je pas fait ? Étais-je si superficiel, trop pudique, trop coincé ? Pourquoi ne t’ai-je pas demandé conseil, à toi qui avais atteint la sagesse ? Certes tu n’avais pas pu le faire toi-même, car tu étais orphelin. Mais moi, qui ne l’étais pas, moi qui avais la chance de pouvoir te consulter, de pouvoir échanger avec toi, ai-je des excuses ? Etais-je à ce point écervelé ?
 
Quand tu m’avais appelé, en proie au chagrin et à l’angoisse, lors de l’hospitalisation de « ta petite poule » (notre maman), c'était dans les années 90 je crois, pourquoi n’ai-je pas abandonné mon boulot pour aller te soutenir, pour te tenir compagnie, alors que, sans le dire, tu criais au-secours ? Mais je ne t’ai pas entendu, je ne t’ai pas compris. Je n’ai pas compris que j’avais et que je n’aurais jamais d’autre papa le plus formidable du monde.
 
Il faut que j’atteigne l’âge où je t’ai perdu pour sortir de l’enfance et de l’inconscience. Je commence à comprendre que j’aurais du te donner de l’amour filial et que la pudeur est imbécile.
 
Comment pouvais-je avoir bonne conscience, alors même que j’étais un mauvais fils ? Mais je ne le savais pas. Je ne me rendais compte de rien. Aujourd’hui, je ne peux revenir en arrière pour tenter de réparer. Je n’aurais pas de deuxième chance. Je vivrais avec des remords. Il ne me reste qu’à souhaiter que tu me pardonneras, de là où tu es maintenant.
 
Je ne mérite pas la chance que j’aie d’avoir des enfants qui m’aiment. Cet ancien petit bout de chou qui maintenant mange un bâtard à son goûter, me montre chaque jour son amour, mais si demain il part sans se retourner, comment pourrais-je lui en vouloir ? J’aurais la punition que je mérite, juste retour des choses de la vie.
 
Titbout, viens faire un bisou à Papa ! Chut ! Mais non. Ce n'est plus Titbou... C'est mon grand fils...

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28 novembre 2017

Bulletin N° 12 - A ma Maman - Date : Samedi 14/10/2006

GSM

Ce que tu es sourde !
Qu’est-ce qu’on a du mal à communiquer avec toi !
Quand te décideras-tu à prendre un sonotone moderne plutôt que ton vieil appareil pourri ? C'est vrai, on n'a pas les moyens...
C’est très fatiguant de répéter plusieurs fois la même chose, en gueulant, alors que tu demandes si la communication est coupée !!!
 
Le résultat, c’est que quand tu demandes si ça va, je réponds oui, parce que toute autre réponse me ferait rentrer dans des explications que tu me ferais répéter indéfiniment !
 
Comment nous allons ?
Je profite de cet écrit, pour te dire comment ça va :
Les petits garçons vont bien (plutôt grands garçons d‘ailleurs).
Amandine ne trouve pas de travail et n’a plus droit à aucun chômage.
Bon ! Jusqu'ici, je ne t'ai jamais parlé de mon travail, mais puisque tu insistes, pour une fois, je fais une exception :
Moi, en ce moment, je fais un boulot de merde qui ne m’intéresse pas, sans responsabilité, mais ça ne va pas durer.
Je n’ai pas été augmenté depuis mon embauche voici cinq ans, je gagne donc de moins en moins avec les augmentations de prélèvements sur salaires.
Je ne sais pas comment je vais pouvoir financer les études de Toto. Quant à Nono, le pauvre...
Je suis très angoissé pour l’avenir de mes enfants.
Je ne sais pas comment boucler mon budget pour l’année prochaine.
Je recherche de temps en temps un autre emploi, mais avec ce travail, je n’ai pas beaucoup de temps pour rechercher.
Le peu de candidatures que j’ai envoyé m’ont rapporté deux entretiens pour trois candidatures en moyenne. Mais à chaque fois, un candidat plus jeune a la préférence.
Ma dernière candidature m’a valu deux entretiens. Sur 10 candidats convoqués au deuxième entretien, nous étions que deux retenus, mais en finale l’autre, plus jeune, a eu la préférence.
C’est la deuxième fois qu’une place était aussi bien faite pour moi !
J’en ai été abattu pendant deux semaines, tellement je pensais avoir le poste et tellement j’ai été déçu.
 
La santé :
Amandine a toujours sa coxarthrose et ne la soigne pas.
J’ai été en arrêt maladie du 10 mai au 9 juin à cause d’une tension artérielle trop élevée (26).
Outre les hernies discales, j’ai toujours mal à l’épaule droite et j’ai du mal à bouger mon bras droit.
Mon médecin a un diagnostic, le médecin de l’IRM en a un autre.
Enfin, je suis allé voir ma Chiropraticienne, qui a un troisième diagnostic : « la coiffe des rotateurs abîmée ». Elle pense pouvoir faire quelque chose.
En tout cas je ne peux plus faire de gymnastique ni de natation et suis en train de perdre le peu de muscle que j’avais pu me reconstituer.
Je travaille à l'aéroport de Roissy (tu sais, le terminal qui s'est effondré), ce qui m’occasionne 7h40 à 8h00 de trajet par jour en transport en commun.
Je suis crevé dès le mardi, et je dors presque tout le Week-end.
Ma tension remonte. Tout de suite j’ai 17/9.
Avec la fatigue du travail, je n’ai plus de force pour effectuer de la marche à pied, seul sport que je pouvais encore pratiquer.
 
Comment va t-on faire ?
J’ai essayé par téléphone d’ avoir Mme TESTON pour une famille d’accueil mais elle ne répond pas le Week End.
 
J’espère qu’elle va venir te voir à l’Hôpital rapidement comme je lui ai demandé. Elle m’a dit avoir une place pour toi.
 
Je m’occupe à chercher des places dans des maisons de retraites, puisque c’est ce que tu souhaites.
Je vais contacter plusieurs maisons de retraite pour avoir plus de chance d’avoir une place pour toi. Déjà j’ai des contacts par chez moi, si ça te dis.
 
Ta fille :
Je te répète que ta fille t’a laissé tomber comme une vieille chaussette.
 
Ta petite fille :
Ta petite fille n’a pas voulu se déplacer le jour où tu restais coincée sur ta chaise et pourtant je lui ai dit que tu allais probablement dormir sur ta chaise.
Elle a fait du cinéma auprès du Maire de ton village, pour se faire plaindre, et nous a fait passer (moi et mon frère) pour des fils indignes, alors qu'elle habite à 10 km et nous à 700, c’est le bouquet ! Elle oublie tout simplement que c'est toi qui l'a élevée à la place de ta fille et qu'elle te doit autant qu'à une vraie mère...
 
Elle nous a dit qu’à trente ans, elle avait sa vie à faire et invoqué des tas de prétextes pour ne pas aller t’aider.
 
Je sais qu’elle a quelques problèmes, mais quand même ! Son jules pouvait garder ses petits pensant une courte absence !
 
Ton Voisin Serge :
Ce Gitan si mielleux par devant, est allé se plaindre par derrière, au Maire, de tes appels.
Tout ce qui l‘intéresse c‘est de dévaliser ta maison de ce qui l‘intéresse, dans ton dos.
 
Le Maire de ton village :
Il a donné la consigne à tes voisins de ne pas te répondre au téléphone.
 
Ma pauvre Maman :
J’ai beaucoup de peine de voir tes misères, sans pouvoir y apporter remède.
 
Ta fille t'a abandonnée.
Ta petite fille a « sa vie à vivre ».
Mon frère et moi habitons si loin.
 
Je pense beaucoup à toi et je suis malheureux de l‘embarras dans lequel tu es.
 
Je t’embrasse très fort.
Je t’aime ma petite Maman.

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