GSM

Écrit début avril 2007
 
Je n’ai révélé mes « Vacances au Katanga » à ma compagne et à mes enfants, que depuis mi-février 2007, en leur donnant à lire mes 3 premiers chapitres.
 
Réactions :
-          Mes enfants ont trouvé que j’écrivais à peu près bien, quoique avec un style original et depuis, ils ne veulent plus lire la suite, ça ne les intéresse pas. Dommage, parce que l’action la plus dure se situait surtout dans tous les autres chapitres qui suivirent !
-          Ma concubine m’a dit « beau roman », tu aurais du choisir un thème plus pacifique.
Elle m’a dit que si j’avais vécu ça, je lui en aurais parlé avant. J'ai laissé dire...
 
Tout ça, ça m’a rappelé, toutes proportion gardées, les reportages sur les survivants des camps de concentration, à qui l’on reprochait ne pas avoir raconté, et qui disaient : « Soit, les gens étaient gênés, soit, ils trouvaient les faits exagérés, en tout cas ils ne voulaient pas écouter ! ».
 
Je n’ai pas de véritable traumatisme. Mais il fallait que je raconte ce que j’ai retenu en moi si longtemps.
Après tout, cette opération a empêché le massacre de toute la population de Kolwezi.
Si la France avait fait la même chose au Rwanda, pour empêcher le massacre des Tutsis au lieu de laisser faire !!!
 
Moi, j’ai écouté mon Père, le jour où, cinquante ans après, il m’a raconté sa vie d’orphelin et surtout sa guerre. Il ne l'avait jamais raconté avant et ne le racontera plus jamais après...
Parce que moi aussi j’avais un non-dit à garder pour moi, j’étais à même de le comprendre.
Mon Papa ne l’a raconté qu’à moi, même pas au reste de la famille. Il a commencé ce jour là à 16h00 et a fini son récit à 04h00 du matin. Il racontait bien, avec des détails drôles ou émouvants. Mon frère m'a rabroué le jour où j'ai tenté de raconter la vie de notre Papa... "C'est n'importe quoi, je le saurais"... Alors j'ai fermé ma gueule !
J’ai regretté de ne pas avoir un magnétophone sous la table le jour où Papa s'est confié. Je lui ai demandé plus tard de l’enregistrer, mais il n’a jamais voulu le faire.
 
Depuis ce jour, mon admiration pour mon Père a décuplé, sachant les épreuves qu’il a traversées, toujours la tête haute. Et je suis heureux d’avoir eu un homme tel que lui, comme père.
 
Quant à moi... On finit par mettre son mouchoir dans sa poche, par dessus ce qu'on refoule...