Et puis merde ! Ils sont devant moi, dans la petite lucarne. Alignés au garde-à-vous, ils disent aux journalistes qu'ils ont choisi leur métier, que c'est leur vocation...
 
Ai-je choisi ? Ai-je exercé ma vocation ?...
Certes j'ai choisi, mais j'ai toujours mal choisi. Je n'ai pas exercé ma vocation. Car, je crois que j'ai eu une vocation, mais ne l'ayant pas réalisée, je ne le saurai jamais.
 
En fait, pour les grands carrefours de ma vie, j'ai très mal choisi. Je me suis laissé influencer, beaucoup trop influencer, par des gens plus vieux que moi et dont je pensais que l'expérience était bonne conseillère...
 
Mais depuis, je sais que c'était bien souvent des cons et que je n'aurais pas du les écouter. J'ai appris depuis, que certains n'apprennent rien avec l'expérience.
Les jeunes n'écoutent pas les conseils et ils ont raison : Les conseils sont bons à donner, mais pas bons à prendre.
Mais quand c'est moi qui donne des conseils, j'aimerais qu'ils soient écoutés. Étrange paradoxe !
Il faudrait quand on est jeune, savoir quels conseils écouter et lesquels ne pas écouter. Mais cela signifierait que l'on a de l'expérience. Or, quand on est jeune, on n'a pas d'expérience...
C'est pour cela que la jeunesse est l'action avec tout ce que cela comporte de bon et de mauvais, d'héroïsme et de bêtise, de force et de fragilité...
..........
Finalement, si je recommençais, je ferais très exactement ce que j'aurais du faire, sans me laisser influencer. Mais on ne recommence pas, sauf s'il existe une réincarnation. Mais je n'y crois absolument pas. Il y a peut-être, ça je le pense intensément, une vie après la mort, dans un autre monde, une existence immatérielle de rédemption, mais sans action, sans choix, sans carrière, sans haine, sans instinct...
..........
Putain ! Quel est le vieux radoteur qui a écrit ces conneries ?