Écrit le 12 août 2009
 

GSM

                                                                                                                                          
 
Enfin une journée non agressive ! Une journée où l’on peut laisser le temps au temps, pour dormir, apprécier cette chaleur, siroter un grand verre avec trois glaçons, sans pression d’un harcèlement quel qu’il soit…
 
 
C’est une journée comme elles devraient toutes être : calmes, l’esprit libre de s’envoler vers les chimères ou les souvenirs, pour rêver d’un ailleurs qui n’existe pas ou qui n’existe plus, pour retrouver l’inspiration au bout des doigts et l’envie de dire, l’envie d’exprimer ces sentiments enfouis et ces mots d’autrefois que la bataille de la vie a refoulés comme autant d’obscénités face aux conventions d’une société garde-chiourme de l’immobilité et de la bêtise.
 
 
Ce soleil et ce ciel bleu, silencieux, comme une après-fin du monde, est ce monde que je désire : Celui qui sans humain, est pur et merveilleux, débarrassé de la perversité et du mal…
 
 
Je pense seulement à mes fils, si extraordinaires, si honnêtes, qui se sentent si forts, prêts avec la foi téméraire de la jeunesse à dévorer le monde, mais que je sais si vulnérables, si mal préparés à affronter la noirceur de leurs contemporains et de cette société qui les guette pour les engloutir. Mais ce monde de haine, n’est pas là aujourd’hui. Il est tapi au-delà des collines et des champs, hors de ma perception, certainement endormi par la chaleur. Et bien qu’il y reste ! Aujourd’hui, humains maudits, laissez cette nature vierge de vous m’envelopper, me bercer de douceur, de soleil, de ciel et peut-être même de bonheur…
 
 
De ce bonheur, le même que cet après-midi de mai, où nous dégustions notre gauloise sans filtre, après quelques minutes de poussée d’adrénaline, si heureux de respirer, après l’embuscade.
 
 
De ce bonheur d’avril, une tache rouge à l’avant bras, réalisant que nous avions été attaqué et que le problème était déjà réglé, sans que je ne me soit rendu-compte de rien…
 
 
Le bonheur est là où l’agression est écartée, au moins provisoirement…