26 novembre 2018

Mémoires et radotages (191) – Gilets jaunes et désinformation

GSM

Je suis allé voir les gilets jaunes vers le 20 novembre, ceux de par chez moi… Ce sont de pauvres gens. Ils n’ont rien à voir avec ces abrutis dans leurs SUV, qui vous regardent de haut et qui envient leur voisin tentant d’avoir mieux que lui, pour l’impressionner et pour satisfaire leur ego, dans un gigantesque dénigrement de ces salauds de pauvres qui les empêchent de circuler librement pour profiter de week-end d’aise et de confort opulent…
Non, ceux dont je parle, ce sont des gens que je nomme 'les gens de peu' (et que Macron nomme "les gens qui ne sont rien", terrible sentence de mort sur un peuple en souffrance)… dont les soucis sont comment gérer le quotidien, pour lesquels demain est un autre jour, aussi difficile que je jour précédent… Je suis allé les voir… Ils ne sont pas nombreux et leur nombre a baissé un peu chaque jour…
 
Il faut bien se dire qu’aller faire le pied de grue par des températures proche de zéro en plein vent du nord-est, en plein brouillard glaçant… Il faut le faire… Il y avait des hommes des femmes, et même une handicapée sur son fauteuil roulant…
Aucun n’avait de violence, de haine… Des gens aux revenus modestes. Des retraités, des sans emplois, des qui avaient pris sur leurs congés pour manifester, … Après tout, que valait-il mieux ? Des vacances cloîtrées dans le HLM, ou bien tenter une action pour faire entendre leur désespoir ?
 
Je les ai trouvé déterminés et nobles d’une certaine manière, de cette noblesse que donne la fierté de ne pas mendier malgré le dénuement…
 
Et puis vendredi 23 novembre au soir, mon fils en bagnole, les a croisés sur un autre rond point sur le coup de minuit… Il faisait un froid de canard… Ils l’ont laissé passer… Il avaient été refoulé de leur précédent rond point par les gendarmes, parce que cela dérangeait le magasin Leclerc et s’étaient repliés sur ce petit rond point secondaire où personne ne passait ou presque… Quel courage ! Personnellement, je n’aurais pas eu la volonté de tenir en pleine nuit, en plein froid, comme ils l’ont fait…
 
Ils avaient un espoir fou… Qu’on les entende, que Macron démissionne, qu’on cesse de faire augmenter le coût de leur vie sans leur donner la possibilité d’agir sur leur destin… C’était des cris d’espoir au milieu du désespoir…
 
Ils étaient bien conscients que gêner les autres Français n’était pas leur but, mais aller à la préfecture, c’était loin… Et l’Elysée encore bien plus… Alors que faire d’autre ?
 
J’ai été ravi de voir que cette idée du 17 novembre de tenter d’aller sur l’Élysée s’est reproduite le 24… « Pas de champs de Mars, on est chez nous dans toute la France » !
 
Hélas, c’était à prévoir, les casseurs se sont invités à la fête…
 
La désinformation que nous avons subie !!! Castaner, cet ancien voyou, suivi par un historien de pacotille et de « marcheurs » de tous poils, qui nous parlent de casseurs d’ultra droite, puis d’extrême droite, puis de Marine Le Pen… Est-ce qu’on nous prendrait pour des cons ?
 
Quel intérêt aurait Marine a se tirer une balle dans le pied ?
 
Quel intérêt auraient des « ultras droite » à casser des vitrines et à attaquer les forces de l’ordre ?
Si il y avait eu une manif de gauche, ou une manif pro immigration, ou LGBT… Il serait logique que cela attire des extrémistes de droite, admettons !
 
Mais casser des vitrines de commerçants et attaquer des forces de l’ordre, c’est s’en prendre au système et c’est plus vraisemblablement l’œuvre d’anarchistes, de nihilistes, d’autonomes en un mot l’ultra-gauche que l’on nomme les « black blocks »…
 
Bref, décrédibiliser les gilets jaunes, diaboliser Marine Le Pen à l’approche des élections européennes, voilà les avantages que la clique au pouvoir cherche à tirer  de ce mouvement de mécontentement populaire !... On finirait bien par se demander si les casseurs n’auraient pas été « téléguidés » par disons… un pouvoir qui veut diviser pour continuer à régner…
Je vais peut-être trop loin. Disons que ce n’est pas impossible… A tout le moins, il a laissé faire...
 
Je tiens néanmoins à accorder une mention à Ruth Elkrief qui, sauvant l’honneur des journalistes, a su dire le contraire de ce qu’exprimait la bande à Castaner : Parler de la non violence des gilets jaunes et de la présence de l’ultra-gauche… Elle prend des risques…
 

Posté par zalandeau à 09:47 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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