GSMEcrit le 09 septembre 2018

Je me pose une question depuis fort longtemps. « Est-ce que j’aime mes enfants passionnément ou bien à la folie ? ».
Je ne parviens pas à répondre. Je les aime tellement, j’ai tellement peur pour eux, je m’inquiète pour leur avenir, pour leur sécurité quand ils sortent le soir et quand ils sont sur la route. Si je le pouvais, je serais leur chauffeur, travaillerais à leur place, je prendrais les risques à leur place et je les protègerais contre tout, le armes à la main s’il le faut. Je donnerais ma vie pour sauver la leur…
 
Alors, bien sûr, je m’abstiens de faire tout cela, parce qu’ils n’admettraient pas que je les étouffe. Et je m’efforce, comme lorsqu’ils étaient enfants, à les regarder vivre sans les perturber trop dans leurs occupations.
 
Je me contente des petits bisous du matin et du soir, quand ils sont là. Je me limite à leur dire « sois prudent, tu sais, ça glisse sur la route, y’a longtemps qu’il n’a pas plu », « envoie un texto quand tu seras arrivé » (pour nous rassurer)… De temps en temps je leur réponds par SMS ou de vive voix « je t’aime »… Mais je fais cela en dosant, en me retenant, parce que trop d’attentions, trop de répétition, ça les ferait chier (Tant pis pour les lecteurs qui fustigeraient ce verbe pourtant présent dans le dictionnaire) !
 
Je sais, on dira, « l’amour rend aveugle »… Et bien non ! Je connais leurs qualités qui sont très grandes en matière d’amour, de fidélité, de générosité et d’amitié, mais je connais aussi leurs défauts, parfois importants. Bordéliques ou coléreux ou inorganisés, mais avec toujours les défauts de leurs qualités : Naïveté en amitié, Confiance excessive en ceux qui ne la méritent pas, trop grande gentillesse… Je ne suis pas aveugle en amour de mes petits… Mais leurs qualités sont si étonnantes que je les admire pour cela… Moi, je n’avais pas ces qualités à un point aussi développé que chez eux et donc, ce qu’ils sont, comme ils sont, me satisfait pleinement au point qu’ils soient les trois soleils qui illuminent ma vie…
 
Je sais de plus, que je suis aimé par eux, comme peu de pères le sont. C’est inestimable, même si parfois je me demande si je mérite cela, si j’ai été un bon père, si j’ai assez fait ce qu’il fallait pour eux… Car je ne suis pas satisfait de la condition précaire que je leur ai faite sur terre en contribuant à leur venue dans ce monde injuste et inhumain. Et cela engendre dans tout mon être, un désarroi et une tristesse très profonds…
 
Mon père et ma mère ont également souffert d’inquiétude pour leurs enfants. Je ne suis pas unique dans mon cas, je le sais… Il y a tant de questions que je voudrais leur poser sur ce phénomène de l’amour parental et filial, pour échanger nos idées à ce sujet… Hélas ils sont partis, bien avant que leur attardé de fils aîné ne commence à comprendre ce qui est essentiel dans la vie…
 
Je veux dire à chacun de mes fils « Je vous aime et je vous aimerai toujours, où que je sois, où que vous soyez. Préservez cet amour fraternel qui vous unit et qui fait de vous des êtres humains exceptionnels ».
 
Finalement, je crois que je les aime à la folie, mes petits… Ils le sauront peut-être, si un jour, ils lisent ces quelques lignes…