08 juillet 2018

Une explosion de bonheur

GSM

C’était le 21 mai 2015. Je l’avais emmené dans ce pays du Nord, ce " Nooooord " que décrit Galabru dans " Bienvenue chez les Chtis ".
Comment exprimer combien nous avons été étonnés de l'hospitalité et de la chaleur humaine dans le bistrot de cette petite agglomération ? Tous les gens nous avaient serrés la main, sans nous connaitre, tout le monde disait bonjour et au-revoir, comme nous le faisions nous-mêmes… C’était un rêve éveillé. Tout l’opposé de la région féodale où nous avons le malheur d’habiter. Quand une personne que l'on ne connait pas, nous serre la main par chez nous, on dit qu’il doit être simplet ; quant à la politesse, elle n’existe pas… Alors que là-bas, dans le " Noooord ", c’est la politesse, le respect, l’humanité vraie et sincère que nous rencontrions et concernant mon fils, c'était certainement la première fois.…
 
Toto était ensuite allé à son entretien. Je l’avais attendu fébrilement dans la voiture, dédaignant même d’aller me baguenauder pour me changer les idées dans le magasin Aldi, dont j’occupais une place de parking. Je suis resté à l’attendre et j’ai beaucoup pensé à mon fiston, à cette chance qu’il ne devait pas louper. Mon pauvre grand bonhomme aux idées suicidaires. J’étais comme en symbiose, espérant que questions et réponses, motivations et appréciations seraient favorables : " Pourvu qu'il réponde ceci, pourvu que...".
………………..
Puis il y a eu cet appel du 9 juin, espéré, attendu dans l’angoisse, depuis trois semaines, mais aussi depuis quatre ans…
 
Il a été retenu. Cela faisait quatre années sans travail, quatre années qu'il cherchait le précieux emploi sans rien trouver ! Il a envoyé les éléments demandés pour la déclaration préalable à l’embauche. Stage dans le nord peut-être, d'ici quelques semaines, puis stage spécifique en Allemagne, puis Boulot en principe en province, dans un bâtiment industriel qui est en train de se construire… Et puis même si c’était ailleurs, qu’importe…
 
Il n’y a plus qu’à attendre…
 
Mon Toto est beaucoup mieux dans sa tête ; cela se voit au premier coup d’œil… Quant à mon stress, il est passé de 2,5/3 à 1,5/3… Je vais beaucoup mieux. Moi aussi je vais pouvoir me reconstruire un peu.
J’avais tant de désespoir, je portais en moi tant de responsabilité d’avoir donné le jour à trois malheureux exclus de la mondialisation et du droit à vivre, sans pouvoir rien y faire…
Certes, c’est une place d’ouvrier, mais aucun travail n’est déshonorant et surtout le travail est une denrée si rare ! Le travail donne sa noblesse à l’homme, sa raison de vivre.
Mon fiston va pouvoir commencer à se fixer des objectifs et enfin vivre sa vie, comme tous ses camarades de la région où nous habitons.
 
Il aura conquis son travail sans piston et sans le réseau mafieux de notre région pourrie, dont il est exclu, parce que son père n'est pas du sérail… Quant à ses « amis » dont je dis qu’ils sont des faux-amis, parce qu’ils se délectent de ses déboires en comparant leurs situations à la sienne, il pourra leur faire un bras d’honneur. Du moins, c'est ce que j'aurais fait, à sa place...
 
Je sais qu'il ne le fera pas... Il est si naïf et si gentil...
 
Enfin un nuage se déchire et laisse place au soleil de l’espoir. Cela se passait en 2015

Posté par zalandeau à 08:59 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :