GSM

Jean Baptiste Poquelin, notre Molière national, que représente-t-il à présent ?
 
Cet auteur acteur et Directeur de troupe, nous a laissé un héritage fabuleux. Toutes ses pièces, lorsqu'on les relit attentivement, peuvent très bien s'appliquer à la société contemporaine.
 
Certes, comme toute oeuvre, elle est basée sur l'exagération, afin d'accentuer les travers qu'il décrit.
 
Car en fait, il montre les défauts de la société du XVII ème siècle.
 
Mais pour nous aujourd’hui, nous pouvons tout à fait retrouver dans notre entourage, les mêmes comportements que ceux qu'il nous narre.
 
Qui n'a pas connu des diagnostics et des prescriptions aberrantes de la part de Médecins qui se contredisent souvent (Le médecin malgré lui, Le malade imaginaire).
Qui n'entend pas au quotidien le parler "correct" de certains, dont on se demande si le snobisme ne prévaudrait pas plutôt sur le contenu de la locution (Les précieuses ridicules, Les femmes savantes).
 
Qui n'a pas en voyant son voisin, son patron, dit "la peste soit des avares et des avaricieux" (L'avare).
 
Enfin, qui dans "Le Bourgeois gentilhomme" ou dans "Les fourberies de Scapin", n'a pas reconnu quelque personne fourbe, ou quelque naïf roulé dans la farine ?
 
Molière a tout abordé : La jalousie (La jalousie du barbouillé, Dom Garcie de Navarre ou le Prince jaloux, La jalousie du Gros-René), les rapports amoureux, le mariage arrangé, Le cocufiage, la misanthropie, les donneurs de leçons, les étourdis, les abus de pouvoir, etc...
 
En fait, la cour s'est fortement reconnue dans ces pièces écrites à l'acide, au grand amusement du Roi.
Molière est, et restera, un auteur subversif. Subversif par le rire, certes. Mais on peut dire qu'il a atteint sa cible.
 
D'ailleurs, il est à remarquer, que bien souvent les pièces de Molière sont interdites dans les régimes totalitaires, car rire des autorités et pouvoirs établis serait dévastateur et la boîte de Pandore ouverte...
 
Relisons Molière, ce n'est pas que pour les enfants...
 
J’ai écrit dans un de mes article : Le théâtre est une arme de guerre. Cela est totalement applicable à l'œuvre de Jean Baptiste Poquelin...