16 février 2018

2040, Tenir, tenir !

GSMJ’écris pour toute chose. J’écris pour dire. J’écris sur mon carnet pour laisser la trace de ce que fut notre époque. Les avions de l’Axe passent en rase-mottes et je me baisse pour écrire et écrire encore…
Le bruit sourd des bombardements lointains couvre ma pensée d’un voile de tristesse. Je sais que la fin est proche.
 
La petite radio que j’écoutais ce matin, collée à l’oreille, m’a dit que l’Amérique résistait en Nouvelle Zélande, contre les attaques aéronavales des marines Sino-Indonésiennes. La guerre dans le pacifique fait rage et les Américains y déploient toutes leurs forces.
 
Les Anglais, à part un petit corps expéditionnaire envoyé sur le continent, ont gardé leurs 3 millions d’hommes pour protéger leur île…
Paris n’existe plus depuis cette nuit.
 
Il n’y aura pas de secours à attendre, cette fois.
Il n’y a pas de bouteille à jeter à la mer. Il n’y a plus que des armées fantômes, dans les Alpes, dans les Pyrénées, dans les Balkans, dans le Massif central et en Grèce…
 
Les seuls territoires encore épargnés sont les Pays Nordiques, les îles et la Grande Bretagne.
 
Nous sommes 100 millions de réfugiés dans le sud de la France.
Nous avons la chance d’être au contact de l’ennemi sur un territoire peu vaste. Nous ne risquons donc pas une attaque nucléaire de l’Axe, qui sacrifierait des dizaines de millions de leurs soldats autour de nous.
 
Que nous résistions ou pas, notre sort est scellé. C’est la mort qui nous attend, comme elle a frappée toutes les populations massacrées sur les territoires envahis.
Partout une odeur de chair brûlée nous rappelle ce que sera notre futur. Futur bien proche, je le crains…
 
Nos dirigeants n’ont jamais voulu comprendre ce qui adviendrait. D’ailleurs ne se sont-ils pas réfugiés aux Etats-Unis pour sauver leur peau ?
 
Je range mon carnet dans ma poche gauche sur ma poitrine, comme si ce carnet pouvait empêcher les balles ennemies d’atteindre mon cœur…
Je me lève, remets mon harnais, ramasse mon MiniMI et je repars vers le sud, vers les miens que je n’ai pas vu depuis plus d’un an…

Posté par zalandeau à 09:47 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
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