GSM

Ecrit en 2011.
 
Nous avons eu une chance fabuleuse. Avoir des parents si aimants, si attentionnés. J’ai vu mon Papa pleurer lorsque ma sœur avait des convulsions. J’ai vu ma mère passer des nuits entières au chevet de l’un de nous.
 
C’est Maman qui nous donnait notre argent de poche. Nous n’étions pas riches, mais le peu qu’elle nous donnait valait plus que tout. De combien d’habits, de plaisirs et de distractions nos parents se sont-ils privés, par amour pour leurs enfants ? Nous ne nous rendions pas compte à quel point cela était extraordinaire ; mais maintenant, après avoir vu toutes ces familles aux comportements indignes, je m’aperçois pleinement de l’abnégation de Papa et de Maman.
Ils avaient leurs défauts, bien sur, mais ils nous ont donnés tant d’amour…
Nous ne les avons pas adorés comme ils le méritaient et je m’en repens aujourd’hui…
 
Maman ne s’est jamais plainte. Elle a toujours tout fait pour nous, jusqu’aux pull-overs et autres habits qu’elle tricotait et cousait pour nous, tant l’argent faisait défaut. Nous avons toujours mangé à satiété. Même si nous ne savions pas ce qu’était le restaurant ou les salles de spectacle…
 
Nous, en échange, nous sommes partis faire notre vie, leur tournant le dos, les oubliant à moitié…
Je sais que c’est la vie qui veut ça. Mais que je regrette de ne pas leur avoir été plus présent, de ne pas leur avoir dit que je les aimais ! Je l’avais dit à Papa la veille de sa mort ; il m’avait répondu « Moi aussi »… Je l’ai dit à Maman le 29 août ; m’a-t-elle compris ? Je ne sais pas. Tout ce que je regrette, c’est de ne pas lui avoir dit un milliard de fois pendant qu’il était encore temps…
 
Il me revient une phrase que Papa faisait dire à mon petit frère : « Merci, mon petit Papa Chéri pas vari, on le met dans la poche ». Il me revient le bonbon à l’orange acidulée que Maman me donnait à la sortie de la maternelle. Une fois, j’ai fait tomber le bonbon dans une grille d’égout. J’ai pleuré, j’ai pleuré… Non pas pour le bonbon, mais parce que c’était le bonbon que me donnait ma Maman…
 
Il n’y aura plus de bonbon à la sortie de l’école. Maman est sur son lit de mort, sous perfusion, sous oxygène. Elle ne peut plus parler, elle ne peut plus bouger... Elle ne se plaint toujours pas… Elle a toujours ses beaux yeux bleus et tente parfois de sourire...
 
Je t’aime Maman et je t’aimerai toujours…