10 décembre 2017

L'esprit de corps

GSM

L’esprit de corps, l’individualisme et le panurgisme sont les trois ingrédients qui composent l’homme en dehors de l’affect pur.
L’évolution de l’esprit de corps et de l’individualisme est la cause des bouleversements que connait l’humanité, pour le mieux ou pour le pire.
 
L’individualisme libéral (partie la plus mauvaise de l’intelligence de l’individu) a voulu casser l’esprit de corps du salariat (esprit de classe) et y est parfaitement parvenu. Mais cet individualisme libéral a ses propres solidarités (des intérêts communs) qui constituent son esprit de corps momentané, destiné à écraser l’individualisme des classes populaires qui sont ainsi divisées.
La gauche, dans son esprit de classe s’est associée à ce mouvement de casse en s’acharnant à supprimer le patriotisme, sorte d’esprit de corps de niveau national, qui lui semblait être source de guerre et donc contraire au pacifisme qu’elle prônait (Cela partait d’un bon sentiment).
La suppression du service national (Chirac) a également contribué à supprimer l’esprit de corps, dans ce qu'il avait de plus positif, c'est-à-dire l’esprit d’entraide que tous les hommes, anciens conscrits, conservaient leur vie durant. Il y a maintenant des agressions dans des endroits publics, où peu d’hommes interviennent, favorisant ainsi leur prolifération. La peur l’emporte. Chacun sait qu’il sera seul s’il intervient, alors que dans le passé les réflexes d’entraide donnaient du courage.
On constate d’ailleurs souvent maintenant, que les femmes sont plus courageuses que les hommes dans ces circonstances.
 
La société autochtone se désagrégeant (démantèlement de l’esprit de corps confessionnel, professionnel, militaire, social, etc), elle devient éminemment vulnérable face aux phénomènes de puissance de l’argent qui eux sont relayés par un esprit de corps plutôt négatif, parce que très intéressé, totalement motivé par l’intérêt personnel et non par une entraide purement généreuse.
 
Bien sur il existe encore des esprits de corps totalement corporatistes, uniquement mus par l’intérêt, mais qui ne peuvent que résister sans véritables victoires contre les forces du capital.
 
Suite à cet effondrement du sentiment d’appartenir à une entité et de l’envie de solidarité collective, on a vu l’émergence de communautés plus réduites, en général confessionnelles.
Celles-ci, fortes de leur solidarité sont conquérantes et ne rencontrent que peu d’obstacle à leur extension, aidées en cela par le laxisme de doctrinaires qui voyaient un ennemi dans la solidarité nationale, mais ne perçoivent pas les dangers de communautés à tendance extrémistes, bien plus redoutables.
 
Seule une certaine unité de la population peut résister à la prédation de certaines entités motivées, solidaires et nuisibles.
C’est pourquoi, afin de désamorcer les replis identitaires auxquels nous assistons, il serait nécessaire de ré-insuffler un sentiment d’appartenance à un groupe national qui s’appelle la république Française, la démocratie, la citoyenneté, en inculquant dès l’enfance les valeurs humaines et morales qui ont construit nos sociétés.
 
La gauche va bien être obligée de réviser son logiciel et d’accepter de réinjecter du ‘savoir enseigner’ à la mode ‘hussards de la république’, sans doctrine politique (sauront-ils le faire ?), sans enseignement confessionnel…
 
Une morale laïque pour créer l’esprit de corps du citoyen de la république…

Posté par zalandeau à 09:06 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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