31 octobre 2017

Service public de distribution d'eau

GSM

Ce texte est d'un ingénieur des services techniques d'une commune en Ile de France. Il sera utile pour les abonnés à l'eau potable en proie au dictat des concessionnaires d'eau et des élus municipaux qui ignorent la loi.
_________________________________________________________
Novembre 2010, le sujet du mois :
 
Service public de distribution d’eau ou comment transférer sur le dos
des abonnés une partie des fuites du réseau.
 
La distribution d’eau potable est une obligation de service public (Code général
des collectivités territoriales : article L2224-12 et suivants.). La collectivité territoriale,
propriétaire du réseau, établit un Cahier des Charges et le Règlement du Service
des Eaux. Puis, elle délègue généralement l’exercice de ce service à une société
chargée de l’exploitation. Les élus locaux sont donc bien ordonnateurs et contrôleurs
de cette gestion.
 
Terminée l’époque où un agent de la compagnie des eaux passait tous les deux
mois relever votre consommation !
 
Aujourd’hui, l’index du compteur est relevé au moins une fois par an et au maximum
deux fois !
 
Certains appellent cela la modernisation et le progrès. Et pour ne pas vous déranger,
ils décident de déplacer le compteur de votre sous-sol vers le domaine public, sans
oublier de vous préciser que les fuites en partie privative sont à votre charge.
D’ailleurs, des contrats d’assurances couvrant les risques de fuites vous sont
proposés dès le lendemain du déplacement.
 
« On ne fait qu’appliquer le Règlement du Service des Eaux ! »
 
Ah, bon ???
 
Ce règlement vous a-t-il été fourni ? Ses modifications vous ont-elles été notifiées ?
 
Le déplacement du compteur a-t-il été soumis, avant exécution, à votre approbation
écrite ?
 
La canalisation entre l’ancien emplacement et le nouveau (sous le trottoir) a-t-elle été
rénovée par le service des eaux lors de ces travaux de déplacement ?
 
Dès 1982, la Commission des clauses abusives et le Conseil d’Etat (en 2001)
ont dénoncé les nombreuses clauses illégales que contiennent ces
Règlements du Service des Eaux.
 
Les élus ne peuvent ignorer ces clauses abusives donc réputées non-écrites,
mais ils préfèrent fermer les yeux, jouer l’inertie et ne pas résister à la pression
de lobbys.
 
Le scandale est là, dans le comportement de décideurs élus ! Ainsi des
millions de mètres cubes d’eau partent dans des fuites, souvent invisibles,
dont les abonnés sont rendus responsables alors qu’ils n’ont même pas les
moyens de les détecter.
 
Avant-propos pour comprendre : qui fait quoi et
où sont les limites de responsabilités ?
 
La distribution d’eau potable est une obligation de service public (Code général
des collectivités territoriales : article L2224-12 et suivants.). La collectivité territoriale,
propriétaire du réseau, établit un Cahier des Charges et le Règlement du Service
des Eaux. Puis, elle délègue généralement l’exercice de ce service à une société
chargée de l’exploitation.
 
Les élus locaux sont donc bien ordonnateurs et contrôleurs de cette gestion.
 
Le réseau de distribution : L'eau est délivrée à l'usager par un réseau de
distribution intérieure qui se compose de deux parties distinctes :
 
- Les branchements : partie comprise entre la canalisation et le compteur individuel.
Le branchement se trouve pour l'essentiel dans le domaine public.
 
- Les conduites d’eau : (par opposition aux canalisations), situées sur la partie
privative après compteur et qui se prolongent jusqu'au robinet individuel.
 
A noter : Le branchement est un ouvrage public qui appartient à la collectivité, y
compris pour sa partie située à l’intérieur de propriétés privées.
La notion d’ouvrage « public » est primordiale car elle interdit à l’abonné d’intervenir
sur celui-ci ou limite son action à fermer le robinet avant compteur en cas de fuite.
 
Oui ! Votre analyse est juste ! Le branchement n’appartenant pas à l’abonné, en cas
de fuite située sur la partie privative et avant compteur, la surconsommation ne peut
lui être imputée, pas plus que le coût des travaux en propriété privée.
 
Avant les années 1980, le compteur était le plus souvent installé en sous-sol de
maison ou dans le jardin avec obligation pour l’abonné de le protéger du gel. Un
employé relevait la consommation tous les deux mois. Il était donc facile de détecter
une fuite, même non visible.
 
Un texte a cadré cependant l’organisation de ce service public. Il s’agit du décret du
17 mars 1980 portant approbation d'un cahier des charges type pour l'exploitation
par affermage d'un service de distribution publique d'eau potable. Ce cahier des
charges type devait permettre aux collectivités d’établir de nombreuses règles du
service de distribution de l’eau dont certaines étaient très contestées ou dénoncées
par les instances juridiques.
 
Bien évidemment, des « décideurs bien-pensants » trouvèrent anormal que la
réparation d’une fuite en domaine privé soit à la charge de la collectivité pourtant
propriétaire du branchement. Il fallait donc inventer une formule (via le règlement)
pour se décharger de cette responsabilité et son coût. C’est ainsi qu’a été introduite
dans les règlements la notion de partage des responsabilités sur le branchement
selon sa situation en domaine public (fuite à charge de la collectivité) ou en domaine
privé (fuite à charge de l’abonné).
 
Cette astuce permettait insidieusement de transférer l’entretien d’une bonne partie
du réseau (20 à 50 % selon le contexte) à l’abonné et de déclarer hypocritement que
le service s’améliore, puisque les fuites de réseau « en domaine public » sont en
forte diminution.
 
Un ange passe à notre secours : La Commission des clauses abusives.
 
Cette commission s’est penchée, dès 1982, sur les nombreuses dérives et abus
constatés, sous couvert de la mise en application du décret du 17 mars 1980. Elle
publie un rapport incluant 10 recommandations et 13 règles à éliminer des
règlements du service des eaux. Ce rapport porte le nom de Recommandation n°
85-01 et est complété en 2001 par la Recommandation n° 01-01 .
 
Il est possible de lire l’intégralité de ces travaux de la Commission sur le site de la
CCA
 
Ainsi pour répondre au problème de fuite en partie privative, la Commission
demande très clairement :« B-- Que soient éliminées des règlements du service
proposés par les collectivités ou sociétés qui assurent la distribution d'eau les
clauses ayant pour objet ou pour effet :
3° d'exclure toute responsabilité du service des ea ux pour les conséquences
dommageables d'accidents survenus sur la partie du branchement située au-delà
du domaine public ; »
 
Collectivités locales et sociétés déléguées ne pouvaient ignorer le caractère abusif
de certains points du Règlement du service des eaux. Mais elles préfèrent faire la
sourde oreille. Un arrêt du Conseil d’Etat (CE : 11.7.01) confirme pourtant les
recommandations de la Commission :
 
Les relations entre l'usager et le distributeur d'eau potable sont régies, non
seulement par le contrat d'abonnement, mais aussi par le règlement du service de
distribution des eaux. En l'espèce, le règlement précisait que le service des eaux
prendrait à sa charge tous les frais de réparation directe du branchement.
 
En revanche, pour les dommages résultant de l'existence et du fonctionnement du
branchement, le règlement faisait une distinction entre ceux résultant de la partie du
branchement situé entre la conduite de distribution publique et le point d'entrée dans
la propriété du client abonné, à la charge du service d'eau et ceux résultant de la
partie du branchement situé entre le point d'entrée sur la propriété privée et le
compteur, à la charge de l'abonné, sauf s'il apparaissait une faute du service public.
 
Suite au sinistre consécutif à une rupture du branchement particulier desservant
l'immeuble en eau potable, et en application du règlement, c'est la responsabilité de
l'abonné qui était mise en cause.
 
Le Conseil d'Etat, considérant qu'une telle clause peut conduire à faire
supporter par un usager les conséquences de dommages qui ne lui seraient
pas imputables, à moins qu'il n'arrive à prouver une faute de l'exploitant du
réseau de distribution d'eau potable, la qualifie de clause abusive et par
conséquent non écrite.
 
Le juge relève trois éléments pour considérer la clause comme étant abusive :
-Le service est assuré en monopole ;
 
-La clause a pour effet de faire supporter à l'usager les conséquences d'un
dommage auquel il peut être étranger ;
 
-La clause n'est pas justifiée par les caractéristiques du service public.
 
Toute victime d’une fuite de branchement en partie privative se reconnaît dans cet
arrêt.
 
Comment les décideurs (élus et sociétés) contournent-ils les clauses
abusives qu’ils ne peuvent évidemment ignorer ?
 
En jouant l’inertie, en ne modifiant pas le règlement ou en ne transmettant pas à
chaque abonné toute modification de ce règlement.
 
Mais surtout, ils décident unilatéralement de placer « en priorité » le compteur
sous domaine public, sans informer l’abonné qu’il peut garder ou exiger le
compteur en domaine privé (par exemple dans un sous-sol pour en faciliter la
surveillance et la lecture). Bien entendu, pour justifier ce déplacement, toutes sortes
d’arguments sont invoquées. Mais quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit
vite que ce choix est tout bénéfice pour le service des eaux et au détriment de
l’abonné. Cette clause de priorité est abusive si on se réfère au Code de la
consommation, article R132-1 – alinéa 3 et 5 :
 
Dans les contrats conclus entre des professionnels et des non-professionnels ou des
consommateurs, sont de manière irréfragable présumées abusives, au sens des
dispositions du premier et du troisième alinéa de l’article L. 132-1 et dès lors
interdites, les clauses ayant pour objet ou pour effet de :
3° Réserver au professionnel le droit de modifier unilatéralement les clauses du
contrat relatives à sa durée, aux caractéristiques ou au prix du bien à livrer ou du
service à rendre ;
 
5° Contraindre le non-professionnel ou le consommat eur à exécuter ses obligations
alors que, réciproquement, le professionnel n'exécuterait pas ses obligations de
délivrance ou de garantie d'un bien ou son obligation de fourniture d'un service ;
 
Pourtant aucun texte n’oblige à positionner le compteur en domaine public, y compris
le décret n° 2007-796 relatif au comptage de la fou rniture d’eau froide. Ce décret
précise : « Dans les immeubles dont le permis de construire est postérieur au 1er
novembre 2007, chaque logement doit être doté d’un compteur individuel d’eau
froide permettant d’effectuer des relevés de consommation sans avoir à y pénétrer
(art. 59 de la loi du 30 décembre 2006, décret 2007-796 du 10 mai 2007) ».
 
Ce décret n’impose pas le placement du compteur en limite de propriété, il impose la
possibilité de relever de l’extérieur sans avoir à pénétrer dans le logement,
donc soit par télé relève ou autre système agréé.
 
Concernant les branchements existants, le prétexte de la suppression des
canalisations en plomb (la directive européenne du 3 novembre 1998 fixe la teneur
maximale en plomb dans l'eau destinée à la consommation à 10 microgrammes par
litre au 25 décembre 2013) et/ou la nécessité de rénover des réseaux anciens ont
offert une opportunité unique à nos décideurs pour imposer le déplacement des
compteurs sous la voie publique. Les abonnés ont été mis devant le fait accompli. Il
ne leur a surtout pas été demandé s’ils souhaitaient garder leur compteur au
même emplacement, ils n’ont pas été informés qu’ils en avaient la possibilité.
 
Le déplacement d’un compteur équivaut à une modification du contrat, donc l’accord
écrit de l’abonné est indispensable. Plus grave, chez de très nombreux abonnés, la
canalisation entre ancien et nouvel emplacement n’a pas été changée malgré son
état ou sa vétusté.
 
Voilà comment les décideurs transfèrent sur le dos des abonnés une partie de leur
réseau en mauvais état et donc susceptible de fuites à court terme. Par contre, dès
la fin des travaux, ils n’oublient pas d’informer (prospectus dans les boîtes à lettres)
les abonnés qu’ils peuvent souscrire une assurance couvrant les fuites sur la
canalisation dont ils ont hérité en l’état et contre leur gré. Assurance gérée bien
évidemment par le groupe financier auquel appartient la société déléguée.
 
Il est difficile d’évaluer l’eau perdue après déplacement de compteurs et mise à la
charge de l’abonné au lieu du service des eaux. Le nombre de fuites est
impressionnant (plusieurs dizaines par an sur nos communes) et elles sont souvent
découvertes lors du relevé annuel ou bisannuel.
 
Un exemple étiollais : un ami reçoit une facture de 30 000 € avec une consommation
de 12 000 m3. La pression au robinet n’a jamais diminué et l’eau ne surgit nulle part.
Le compteur, déplacé sous le trottoir, est ouvert et tourne de manière continue, donc
fuite depuis au moins 6 mois. !!!
 
Pour détecter des fuites non visibles, le service des eaux a le culot de demander à
ses abonnés de surveiller des compteurs placés en domaine public (sous les
trottoirs). Et nos élus ont accepté que des personnes (en bonne santé ou âgées ou
handicapées) doivent se mettre à quatre pattes pour lire un compteur enfoui à 1
mètre de profondeur, soient responsables de ce manquement et soient contraintes
de payer des factures de consommations et de travaux qui vont, pour certaines,
grever leur budget de plusieurs mois de revenus ou de pensions. Là aussi, une telle
clause est abusive.
 
Il est extrêmement regrettable de voir que les élus sont plus sensibles aux arguments
des lobbys de la distribution d’eau qu’aux intérêts de leurs administrés. Ils en oublient
que c’est une obligation de service public qui doit défendre d’abord l’intérêt général
des usagers et non pas les intérêts financiers de groupes de pression.
 
Tout cela ce sont des mots, mais comment les transformer en actes en cas de fuites
après déplacement de mon compteur ?
 
N’oubliez pas que le branchement est un ouvrage public qui inclut, y compris en
domaine privé, la canalisation en amont du compteur. Cette canalisation est donc
propriété de la collectivité. Si le compteur est déplacé sans votre accord écrit,
vous ne pouvez intervenir sur cette canalisation qui appartient toujours à la
collectivité puisque aucun acte de cession ou de déclassement en ouvrage
privé ne vous a été soumis pour accord. Vous ne pouvez être tenu responsable
de l’entretien d’un objet qui ne vous appartient pas et qui de plus est inaccessible.
 
Donc en cas de fuite dans ce contexte :
 
- Prévenez la société chargée du service des eaux et demandez-lui de réparer
rapidement ;
 
- Si elle vous renvoie vers un plombier agréé, refusez en lui rappelant ses obligations
contractuelles et demandez-lui d’apporter la preuve que le déplacement du compteur
a été fait avec votre accord écrit,
 
- Si nécessaire prenez des photos des dégâts ou faites constater par huissier,
 
- Envoyez une mise en demeure de réaliser les travaux avant x jours,
 
- Contactez les élus (en charge du service des eaux ou représentants de la
commune au syndicat des eaux) en leur précisant que la canalisation concernée
reste un ouvrage public propriété de la commune, puisqu’aucun acte ou avenant au
contrat ne prouve que du jour au lendemain vous en êtes devenu propriétaire.
 
Et surtout, rappelez à ces élus qu’ils sont les décideurs de tous ces abus puisqu’ils
établissent et votent le Règlement du Service des Eaux, le Cahier des charges et
choisissent la société déléguée. Ils sont donc responsables au 1er degré et il leur
appartient de prendre toutes mesures pour que ce service public se fasse dans
l’intérêt des abonnés et non de groupes financiers. En tout cas, vous vous saurez en
tirer les conséquences.
 
Henri EDON
Vice-président de Soisy-Etiolles Environnement

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30 octobre 2017

Histoire de France - Sarkozy le complexé qui prend sa revanche

GSM

Note de zalandeau : Paru dans Marianne en Février 2008, sous la plume de Bénédicte Charles :

 

Quand les psys se penchent sur le cas Sarkozy

 

Bénédicte Charles | Vendredi 22 Février 2008
 
De très sérieux universitaires planchent à l'Université Paris VII, sur le psychisme de notre Président. Marianne2 y était. L'exposant a parlé d'action et de masturbation.
 
Même le Washington Post (édition du 15 février dernier) le dit : la France entière ne bruisse que d’une question. Et cette question, ce n’est pas : « Carla Bruni va-t-elle tomber enceinte ? », contrairement à ce que croit la presse de notre côté de l’Atlantique. Non, que ce soit au bistrot, au boulot ou dans le métro, ce que les Français — les « vraies gens », quoi — se demandent, c’est : «Sarkozy a-t-il toute sa tête . Il n’est donc guère surprenant de trouver, dans les programmes de l’UFR de Sciences humaines Cliniques de l’université Paris VII, un séminaire de psychanalyse intitulé «Sarkozy, le symptôme – Lecture de l’inconscient». Le psychiatre et psychanalyste Hervé Hubert, qui anime le cours en question, a prévu de consacrer 9 séances au «cas» Sarkozy sur la base de Témoignage, le livre que Nicolas a publié en 2006 et dans lequel il raconte sa vie, de l’enfance à la candidature. Nous avions raté le premier cours— dont la conclusion était, en gros : le principe fondamental du sujet Sarkozy, c’est qu’il nous dit la vérité et qu’il nous aime (enfin, c’est ce qu’il croit. Mais en psychanalyse, c’est ce que croit le patient qui est important, pas la réalité). Voici le résumé du deuxième.
 
Martyr, prédateur, barbare
L’enfant Sarkozy est un enfant souffrant. Pas beau, pas sportif, se croyant mal aimé, et vraiment abandonné par son père. D’où l’ombre de l’enfant qui plane sur les décisions du président : enfant martyr (de la Shoah, de la pédophilie) ou enfant prédateur, barbare (enfant de sans-papiers qu’il faut chasser, racaille des cités qu’il faut éradiquer). On note également l’importance de la notion de puissance phallique chez un masturbateur forcené qui doute, justement, de sa puissance. On apprécie aussi le fait que Nicolas, apprenant à 18 ans que son défunt arrière grand-père était un bijoutier juif de Salonique, se lance immédiatement dans la quête… de sa part d’héritage grand-paternel perdue : il se rend à Salonique pour réclamer 4000 francs (et à l’époque, ce n’est pas rien). C’est que Nicolas, à moitié abandonné par son père qui ne veut même pas verser la pension alimentaire, a décidé que désormais, il se servirait. Dont acte. Mais tout ça, nous dit-on, n’est que quête d’amour…
 
L'action ne doit jamais cesser
L’amour est, avec l’action, le moteur de super Nico. Chez lui, l’action vaut tout. Elle remplace l’acte qui, lui, suppose un avant et un après, une réflexion sur les conséquences, une portée symbolique. L’action, c’est juste le mouvement. Je pense à un truc, je le dis, je le fais. Je réfléchis après. Pour Sarkozy, l’action ne doit pas cesser, ou l’amour ne doit pas cesser, sinon, c’est la destruction. Alors, puisque les Français ne l’aiment plus, Nicolas agit. Et c’est là que son inconscient parle. « Qui parle ? Ça parle », comme dirait l’autre.
Exemple : je vois dans mon agenda que je dois aller au dîner du Crif ce soir. Je me dis qu’il faut trouver quelque chose à dire (action). Puis, je sais pas, l’inspiration sans doute, je dégote ce truc d’enfant de la Shoah. Action encore. Eh bien non : l’enfant de la Shoah, c’est mon inconscient qui me l’a dicté. C’est le petit enfant souffrant en moi qui parle.
Très bien. Mais alors qui, en Nicolas Sarkozy, s’exprime quand il décide de toiletter la loi de 1905, quand il laisse sa directrice de cabinet expliquer que la Scientologie, ce n’est guère plus menaçant qu’un club de bridge ? L’adolescent qui se masturbait en s’imaginant jouer le rôle de Tom Cruise dans Top gun ?

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29 octobre 2017

Où est passée l’honnêteté après le Général ? (3 - Fin))

GSM

Ecrit par Michel Psellos.

 

Coups de pouce appréciés

 

En attendant et pour revenir aux questions de rémunération, la faiblesse des primes à l'Élysée aboutit à la situation anormale d'une rémunération du secrétaire général moins élevée que celle des directeurs de cabinets ministériels : l'habitude fut prise d'y remédier en nommant parallèlement le secrétaire général à une présidence non exécutive d'entreprise publique, assortie d'une modeste rémunération. C'est ainsi qu'Édouard Balladur présida la société du tunnel du Mont-Blanc, qui lui valut ultérieurement quelques déboires médiatiques non mérités (il fut un excellent président qui mit en place un financement particulièrement sain de la nouvelle autoroute blanche). Quant à Jean-Louis Bianco, secrétaire général de l'Élysée sous François Mitterrand, il présida l'Office national des forêts.

 

La réélection de Jacques Chirac, après l'élimination de Lionel Jospin au premier tour des élections présidentielles par Jean-Marie Le Pen, donna au nouveau Premier ministre Jean-Pierre Raffarin l'occasion de réformer enfin le système pour remettre la rémunération des membres du gouvernement en adéquation avec leur niveau de responsabilités.

 

La rémunération des ministres et du Premier ministre fut augmentée d'environ 70% par la loi de finances rectificative du 6 août 2002. Il n'y eut pas de protestation notable, du fait de la torpeur estivale et de la crainte de la gauche d'attiser les ressentiments populistes dont se repaît l'extrême-droite, et les ministres - parmi lesquels le nouveau ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy -, furent heureux de constater le quasi-doublement de leur rémunération à partir du mois d'août 2002.

 

Restait à corriger la rémunération du président de la République. Jacques Chirac choisit de ne pas la modifier en août 2002 pour éviter toute polémique, car le cumul de son ancienne formule avec ses retraites d'ancien conseiller référendaire à la Cour des Comptes, d'ancien député ou ministre et d'ancien maire de Paris suffisait à lui assurer une rémunération globale supérieure à celle de son Premier ministre.

 

Il laissa ainsi un héritage empoisonné à son successeur : pour éviter d'être moins bien payé que François Fillon, Nicolas Sarkozy, qui ne touche aucune retraite, n'eut pas d'autre choix à son arrivée en mai 2007 que d'achever le réalignement de la rémunération du président de la République sur celle du Premier ministre en l'augmentant d'environ 70%, ce que Jacques Chirac aurait dû faire dès 2002 en accompagnant cette mesure de la suspension de ses propres retraites.

 

Nicolas Sarkozy paracheva la réforme en regroupant dans un budget unique l'ensemble des dépenses de l'Élysée, ce qui aurait dû être fait depuis longtemps, mais aussi en accordant à certains de ses collaborateurs des primes hors de proportion avec la rémunération normale d'un fonctionnaire, ce qui passa inaperçu dans un premier temps.

 

Les polémiques n'ont pas manqué sur l'augmentation de la rémunération personnelle du président. Mais la palme en ce domaine revient à Nicolas Sarkozy lui-même, qui essaya de détourner les attaques dans une interview au Parisien du 26 février 2008 en affirmant que l'augmentation de l'ordre de 70% du traitement du Premier ministre, de 12.000 euros à environ 20.000 euros par mois, avait été effectuée... par Lionel Jospin en 1997 et non par Jean-Pierre Raffarin en 2002.

 

Cette affirmation a acquis un statut de vérité officielle malgré les démentis de Lionel Jospin bien peu repris dans la presse, ce qui a permis à Nicolas Sarkozy de la renouveler en 2012.

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28 octobre 2017

Où est passée l’honnêteté après le Général ? (2)

GSM

Ecrit par Michel Psellos.

 

Petites attentions entre amis

 

Jusqu’à la réélection de Jacques Chirac au mois de mai 2002, un seul incident mérite d’être signalé : le décès de Georges Pompidou en 1974 laissa sa veuve fort démunie, car son mari, bien qu’ancien banquier, avait vécu comme l’oiseau sur la branche et n’était pas propriétaire de son logement sur l’Ile Saint-Louis.

 

Son successeur Valéry Giscard d’Estaing régla le problème en faisant verser à Mme Pompidou un complément de pension sur le budget de l’Élysée, sans que les textes le prévoient. Lors de la passation des pouvoirs à François Mitterrand, en mai 1981, VGE lui demanda le maintien de cet arrangement, ce que le nouveau président accepta sans barguigner. L’arrangement fut bien entendu prolongé par son successeur Jacques Chirac, ancien collaborateur fidèle de Georges Pompidou, jusqu’au décès de Mme Pompidou en 2007.

Lors de la même passation des pouvoirs, en 1981, VGE demanda le reclassement de son secrétaire général sortant de l’Élysée, Jacques Wahl, inspecteur général des finances. François Mitterrand accepta et le fit nommer directeur général adjoint de la BNP quelques mois plus tard.

 

L’ironie de l’histoire est que VGE lui-même avait refusé en 1974 de reclasser le secrétaire général sortant, Édouard Balladur, conseiller d’État, qui avait fort bien tenu l’Élysée pendant la maladie du président Pompidou mais avait eu le tort de mal s’entendre avec le ministre des finances VGE. L’insistance de l’entourage de l’ancien président conduisit finalement VGE à lui proposer le poste d’ambassadeur auprès du Vatican. Édouard Balladur le refusa et se souvint longtemps de l’humiliation.

 

Ajoutons que le secrétaire général sortant de François Mitterrand, Hubert Védrine, conseiller des affaires étrangères, ne fut pas non plus reclassé comme ambassadeur en 1995 par le nouveau Président Jacques Chirac (il ne sera nommé ministre des affaires étrangères que deux ans plus tard, sur proposition de Lionel Jospin après la dissolution de 1997), de même que le secrétaire général sortant de Jacques Chirac, Frédéric Salat-Baroux, conseiller d’État, ne fut pas reclassé par Nicolas Sarkozy : le sectarisme n’est pas toujours là où l’on croit.

 

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27 octobre 2017

Où est passée l’honnêteté après le Général ? (1)

GSM

Écrit par Michel Psellos.
 
Michel Psellos nous éclaire sur ce sujet anecdotique mais représentatif des mœurs et de l’exercice du pouvoir sous la Ve République.
 
La règle initiale concernant la rémunération du président de la République a été fixée à l’arrivée du général de Gaulle à l’Élysée le 8 janvier 1959 : bien que les responsabilités du poste aient décuplé ou centuplé, le chef de l’État décide de ne rien modifier et conserve la même rémunération que celle de son prédécesseur René Coty, alignée sur le traitement de base du vice-président du Conseil d’État qui est le plus haut fonctionnaire français.
 
Le Général au régime
 
En ce qui concerne le régime de retraite, le Général ne prévoit rien d’autre que le droit pour les anciens Présidents de la République de siéger à vie au Conseil Constitutionnel.
 
Enfin, il refuse de regrouper dans un budget unique les dépenses de l’Élysée, et préfère maintenir la tradition d’une prise en charge de l’essentiel des dépenses de fonctionnement et de personnel par les ministères : la plupart des conseillers au secrétariat général de l’Élysée sont des fonctionnaires qui restent rémunérés par leur corps d’origine (Inspection des Finances, Ponts et Chaussées, etc…), les autres bénéficient d’un emploi de complaisance auprès d’entreprises publiques comme Air France ou EDF, tandis que les huissiers, serveurs ou jardiniers viennent principalement du ministère de la défense.
 
La rémunération des membres du gouvernement, dont les responsabilités n’ont pas changé par rapport à la IVe République même si le rôle constitutionnel du chef de gouvernement diffère, n’est pas non plus modifiée à l’arrivée de Michel Debré à Matignon : le Premier ministre voit comme le président de la République son traitement aligné sur celui du plus haut fonctionnaire français sans les primes (ce qui correspondrait aujourd’hui à une rémunération d’environ 10.000 euros par mois), les ministres viennent un cran en-dessous, les secrétaires d’État encore un cran plus bas.
 
La pratique des fonds spéciaux de Matignon et des enveloppes en liquides pour les primes des membres des cabinets ministériels permet aux ministres d’améliorer l’ordinaire et d’être un peu mieux payés que leurs fonctionnaires les plus chevronnés, mais il n’en demeure pas moins qu’on ne s’enrichit pas avec un traitement de ministre, sauf cas de prévarication avérée.
 
On raconte que Marcel Dassault, reçu un jour dans le bureau de De Gaulle à l’Élysée et impressionné par le décorum, n’aurait pu réfréner sa curiosité et lui aurait demandé en sortant : «Combien ça gagne, un président de la République ?». La légende ne dit pas si le Général prit la peine de lui répondre.
 
Il faut ajouter pour être complet que le traitement du président de la République n’est que de l’argent de poche, puisque le titulaire de la fonction est entièrement pris en charge par l’Élysée et dispose de plusieurs autres demeures à Rambouillet, Brégançon... dans lesquelles le couvert et la domesticité sont fournis par la République.
 
Le général de Gaulle n’en usa guère car il préférait passer week-ends et vacances dans sa maison de Colombey-les-deux-Églises, mais il répondit un jour à qui lui proposait de supprimer ces autres demeures présidentielles qu’il préférait les garder pour ses successeurs, afin qu’ils aillent en vacances «chez eux et non chez les autres» pour éviter d’être redevables de quoi que ce soit à plus fortuné qu’eux...
 
Sa veuve se contenta jusqu’à la fin de la réversion de sa retraite de général de brigade à titre temporaire, dont le montant ne lui permettait pas d’entretenir convenablement la gentilhommière de Colombey. Celle-ci est toujours la propriété de la famille et, n'étant pas classée monument historique, n'a jamais reçu un sou de l'État. Ses travaux d'entretien sont financés par les visites et, occasionnellement, l’association nationale pour la fidélité au général de Gaulle.

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26 octobre 2017

Bulletin N° 9 Dimanche, 30 juillet 2000

GSM

Rubriques du bulletin
 
 1  Travail
 2  Moral
 
Travail
 
J’ ai fini lundi 24 chez l’escroc.
Six jours de travail gratuit.
C’était trop beau pour être vrai !
 
J’ai fait mon enquête...
   
Cette boite est en redressement judiciaire, on me l’avait caché.
Le gérant n’a pas fait de déclaration préalable à mon embauche, ainsi qu’il aurait du le faire.
Il ne m’a pas donné de contrat d’embauche comme je l’exigeais.
Il ne m’a pas présenté au personnel comme je l’exigeais.
Deux de ses sous-traitants n’existent pas officiellement, n’ont pas de Numéro Siret et n’ont pas de téléphone fixe!
 
Avant moi, beaucoup de prédécesseurs se sont succédés à un rythme effréné.
Certains étaient même partis en emportant une partie des dossiers; je présume que ces procédés ne se pratiquent que par des salariés en fort contentieux avec leur employeur.
 
Lorsque j’ai pris le gérant à part pour lui dire qu’il aurait du me dire la situation de son entreprise, il m’a répondu qu’il avait oublié !
Sa secrétaire chargée de me faire un contrat, que je n’ai jamais eu, m’a annoncé que le gérant m’embauchait 1000 f plus cher que prévu alors que je ne demandais rien qu’un contrat...
J’ai dit “bizarre, bizarre” ? Comme c’est étrange !..
Il voulait faire un procès à un ancien cadre et prétendait ne pas régler le solde d’un autre. Pas rassurant pour un successeur à cet emploi...
Tous les gens des bureaux n’avaient qu’une ancienneté de 8 jours à un mois et aucun n’avait eu droit à un contrat d’embauche.
Le chef de chantier non plus, lui qui avait déjà perçu une paye  comportant une “erreur” de 3000f en moins sur le brut mensuel.
J’étais un peu méfiant avant d’accepter ce poste, mais pas assez.
En effet, j’aurais du me renseigner avant et non après avoir commencé ce poste.
 
 
Moral
 
Du coup je n’ai toujours que trois mois de travail salarié derrière moi. Il me manque un mois, un tout petit mois, pour avoir droit au chômage. Pas que je souhaite être chômeur, mais ça m-aiderait à tenir pendant mes recherches d'emplois... Le pognon file en attendant... 6 jours de déplacement sans rémunération...
Décidément qu’il est difficile d’être salarié et d’avoir cinquante ans.
Je comprends pourquoi j’avais trouvé cette place inespérée.
De toute façon ce gérant ne pouvait pas m’écarter à cause de mon âge, puisqu’il ne paye plus de cotisations depuis 2 ans, et de plus ma paye et mon destin aurait été à sa guise.
Je devrais plaindre également ceux qui y sont encore et qui se feront avoir dès la paye.
J’ai recommencé à chercher un emploi  mais la saison ne s’y prête pas.
Mon père râle au téléphone et me dit que je n’avais qu’ à ne pas courir deux lièvres à la fois. (Si mon père râle, c’est qu’il va mieux !)
 
      
 
Je me demande si je n’ai pas rêvé tout cela.
Vais-je un jour me réveiller dans un monde où tout va bien et se passe normalement ?
Heureusement que je me confie à ce bulletin parce que sinon, quelle soupape pourrais-je bien actionner ?

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25 octobre 2017

Mémoires et radotages (143) – Libéralisme à fond la caisse - Macron

 

GSM

Écrit le 24 octobre 2017.
 
Nous avons une crise du beurre… Avec la suppression des quotas de production, les prix baissent et les producteurs de lait ne gagnent pas leur vie… La demande Mondiale en beurre augmente, l’offre est insuffisante, la spéculation sur le beurre monte en flèche ! Moralité, le beurre (et le lait) : C'est toujours les mêmes qui font le leur. Trop de lait : Marge arrière maximale... Pas assez de beurre : Spéculation sur la rareté...
 
Déjà dans le temps, avant l’UE telle qu’on la connaît actuellement, des importateurs Français avaient importé du bœuf de Pologne… 2% de la consommation Française… Ce n’était pas grand-chose pourrait-on dire… Sauf que c’était 2% de trop ! Le prix du bœuf s’était effondré de 50%, acculant les éleveurs Français à de très sévères problèmes de survie. Dans l’autre sens (sous-production), c’est l’inverse : Il manque un peu de beurre et les prix à la tonne sont passés de 2.500 euros à 7.000 ! Accessoirement, les consommateurs, informés par des médias aux ordres des spéculateurs, se précipitent sur les stocks de beurre accélérant et aggravant la pénurie… Certains de nos voisins ont une dizaine de kilos de beurre chez eux, par peur de manquer… C’est exactement la même situation que pour le carburant : On annonce qu’il pourrait y avoir des problèmes de blocage des raffineries et c’est immédiatement des queues de voitures devant les pompes !
 
Quand je pense que le Vietnam est le seul pays qui n'a pas souffert lors de la crise du riz il y a quelques années !... Le gouvernement Vietnamien avait interdit la mise sur le marché international et interdit toute exportation de riz... Les Vietnamiens n'avaient pas manqué de riz et les prix fixés n'avaient pas flambés... Et quand la crise a cessé ils ont remis le riz sur le marché...
 
Comme quoi la régulation a du bon pour les consommateurs (comme en France, après guerre, où les prix étaient fixés pour les denrées de base)... Mais depuis que l'Europe prend de la puissance, la PAC n'est plus qu'un souvenir, les régulations n’existent pas ou bien sont très mal conçues (parce qu’être technocrate n’est pas gage d’intelligence, ni d’honnêteté) et la spéculation fonctionne comme jamais !
Macron veut que les producteurs fixent leurs prix en lieu et place des grands distributeurs (cela concerne aussi bien la production de lait). Quelle louable intention, Monsieur Macron ! Comment, lui qui est si porté sur le libéralisme et le marché, peut-il être aussi naïf ? Les petits ne dicteront jamais leur loi aux grands ! Seuls l’état (après un Frexit) ou l’UE pourraient imposer un prix de vente plancher du lait par les producteurs, aux transformateurs et aux distributeurs ! Ce qui ne se fera donc pas, parce que la rgulation n'est pas dans leurs gènes !
 
….......
 
Le bio : on ne peut savoir si un produit est bio que si on réside près de chez l'agriculteur qui produit ce qu'on achète. Ainsi, on peut contrôler de visu... Sinon ? Allez savoir !...
Le bio dans les magasins, n’ont de bio, bien souvent, que le mot qui est écrit sur l’emballage… Et puis le prix : Parfois trois fois plus cher !
D’ailleurs il faudrait qu’on nous explique pourquoi en Allemagne le bio est-il que 15 % plus cher alors qu’en France on fait la culbute ? Cela laisse à penser que la qualité du produit n’est pas liée à son prix… Qu’en est-il donc de cette « qualité BIO » ? 
 
On crèvera tous du cancer ! Finalement cela arrangera le « monde d’en haut » : Moins de soins (puisque médecins insuffisants), plus de morts, moins de retraite à distribuer... De toute façon le travailleur aura donné tout son jus pendant sa carrière professionnelle et ne coûtera plus rien après. Son remplacement est déjà prévu par la masse migratoire et le travail détaché… C’est tout bénéfice ! Dans le même esprit, on supprimera les allocations : Pourquoi encourager la natalité, alors que l’on a des milliards de pauvres, dans le monde, prêts à venir se faire exploiter ?
 
……….
 
Macron ‘veut’ réguler le travail détaché (Oui, parce qu’en général le travail ça tache)… A priori, il peut apparaître sympathique aux Français kleenex (ceux qu’on jette après usage)…
Mais va-t-il réussir son pari ? Personnellement, je le souhaite !… Mais trop de pays ont intérêt à faire perdurer ce système de concurrence déloyale !
 
J’ai la conviction que ce « Président de mes deux » a surtout l’intention de jouer sur l’ambiguïté d’une volonté sociale progressiste affichée, destinée à redorer son blason auprès d’un électorat populaire, espérant tout au fond de lui que tout sera refusé et qu’ainsi il pourra proclamer la main sur le cœur, haut et fort « Et pourtant, vous voyez, j’ai tout essayé »… On sait très bien que la seule façon d’obtenir une mesure non-libérale de l’UE, c’est de la lui arracher en la menaçant (Par exemple de Frexit)…
Il se peut qu’il obtienne de très légères modifications… Mais de grande victoire il n’y aura sans doute point !
 
Ou bien alors, si je me trompe, je féliciterais Macron !

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24 octobre 2017

Escroquerie des concessionnaires d'eau potable + le maire

GSM

Jeudi 24 avril 2014,
 
Chers voisins,

 

Vous n’êtes pas sans savoir que la Mairie a prévu une « remise aux normes » de nos branchements individuels en eau potable. 
 
Je vous engage à lire le document qui suit (édité par un habitant de l’Essonne), avant de poursuivre la lecture ci-dessous. 
 
………….
 
La mise en place d’un compteur dans la rue implique de manière cachée le report de deux responsabilités financières sur chacun d’entre nous :
 
1°) En cas de fuite sur le tronçon qui va de l’espace public à vos maisons en traversant vos terrains, les réparations vous seront imputées et cela coûtera fort cher. Ne dites pas « ça n’arrivera pas sur une installation neuve » (on voit bien le nombre de fuites réparées lors des travaux neufs qui ont eu lieu sur ce réseau dans l’espace public). La qualité n’est plus ce qu’elle était. 
 
2°) Toujours en cas de fuite sur ce tronçon, vous paierez les mètres cubes fuités et cela vous coûtera encore plus cher (Vous l'avez lu dans le texte joint).
 
En conséquence, je conseille à tous de : 
 
-Refuser collectivement  le déplacement du compteur. Aucune loi ne l’oblige ! La mairie peut demander à un retraité de la commune d’aller de maison en maison relever les compteurs ce qui ne coûtera rien au concessionnaire d’eau (c’est son prétexte pour vous obliger à déplacer le compteur). Quant au règlement du service des eaux, qui d’entre vous l’a eu ? Pas moi en tous cas ! Il ne nous est donc pas opposable. 
 
-Ne donner aucun accord verbal.
-Ne signer aucun document (descriptif de travaux, autorisation de travaux, acte de déclassement en ouvrage privé, cahier des charges, règlement du service des eaux).
Ils ne pourront l’être éventuellement qu’après examen attentif et suppression des Clauses abusives. 
 
-Agir collectivement auprès de l’élu Municipal pour que le caractère public de la fourniture d’eau soit respecté, que la responsabilité financière du service des eaux sur l’ensemble du branchement soit maintenue et que nos compteurs restent positionnés en leurs places actuelles.
 
Il parait que la mairie nous enverra un courrier et organisera une réunion en Mairie. Je compte sur vous tous pour que nous fassions bloc contre cette mesure qui semble abusive et dont nous devons nous défendre en obtenant des réponses écrites et contractuelles satisfaisantes...
 
Cordialement, 
 
 Les documents suivants sont disponibles sur internet :
-Code de la consommation Art L132-1
-Distribution d'eau, recommandation 85-01, Commission des clauses abusives.
-Contrats de distribution d'eau, recommandation 01-01, Commission des clauses abusives.
-Arrêt du Conseil d’Etat, Section, 11 juillet 2001, n° 221458, Société des Eaux du Nord
 
Hélas, je commence un combat, dont je sais pertinemment qu'il est perdu d'avance. Je sais que personne ne me suivra, parce que certains seront incrédules, d'autres ne comprendront rien, ceux qui ont voté pour le maire me détesteront, ceux qui ont du fric s'en foutront et que le courage n'est pas du tout une notion qui a été inventée dans cette région... Alors je ne me fais aucune illusion. Ils se feront baiser, mais moi aussi par la même occasion, car c'est le combat du pot de terre contre le pot de fer...
Au moins j'aurais essayé. Le résultat sera une haine envers moi de la part de la clique au pouvoir...
 
Je suis mal barré... Allez, au boulot !

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23 octobre 2017

Convoqué chez le patron

GSM

Première décennie du 21ème siècle...
 
Je ne regrette qu'une chose, c'est de ne pas avoir pensé à utiliser mon dictaphone.
 
Car je suis très fier de moi. C'est la fierté inutile de ceux qui ne possèdent que peu de choses, à part la fierté de proclamer leur liberté et de montrer leur témérité dérisoire. Cela donne la joute verbale dont je narre le déroulement...
 
En face de moi le Directeur d'affaire et le patron.
 
J'ai gueulé plus fort qu'eux.
Je leur ai fait le coup, comme je l'avais annoncé, de leur demander d'emblée de parler de mon augmentation.
Comme prévu, le patron s'est mis à hurler à la mort, comme si on lui arrachait son âme.
 
A part son motif de convocation concernant mon habillement, son leitmotiv, c'était :"  Je vous ai donné une voiture de service, vous en connaissez beaucoup des patrons qui auraient fait ça ? Si vous n'êtes pas content, la porte est ouverte ". (Il doit faire des opérations portes ouvertes, ma parole !)...
 
(Il m'avait "donné" une voiture parce que ça lui revenait moins cher que les indemnités kilométriques avec les nouvelles dispositions fiscales...). Manque de pot pour moi, l'investissement dans l'achat de mes véhicules n'était pas amorti. Je m'asseyais sur 26.000 €.
Je le lui ai dit ! Silence de mort ! Ils étaient devenus subitement sourds l'un comme l'autre...
 
Et dans la foulée j'ai répondu : " Puisque vous ne me donnez pas d'augmentation, vos reproches bidons, ne m'intéressent aucunement ".
Comme je me levais pour partir, le commercial m'a dit : " Vous êtes malpoli de partir. Je lui ai rétorqué : non je suis pas malpoli puis que je vous dit au revoir M. XXX Au revoir M. YYY ".
 
Je suis quand-même resté, (puisque j'avais droit à un rappel de la foule en délire), pour les agonir de vérités...
 
Mes propos furent (En vrac), car je ne me souviens pas dans quel ordre je les ai dit, mais disons que c'était à chaque fois pour en rajouter une couche en rebondissant sur leurs jérémiades :
 
" Vous avez un système de management de merde, basé sur la délation et l'épée de Damoclès et ce n'est pas comme cela que vous fidèliserez et motiverez vos équipes ".
 
" On peut faire 1000 choses bien, il n'y a jamais un compliment, par contre, vous cherchez la petite faille afin d'avoir un motif de refus d'augmentation, alors ne me chantez pas la messe, je la connais ".
 
" Vos véhicules ne durent que 120.000 km, parce que votre personnel vous baise les pieds par devant et vous crache dessus dans le dos et pour se venger, ils massacrent vos véhicules, c'est le seul moyen qu'ils ont de se venger en vous faisant perdre votre bien le plus précieux : le fric...
Mon véhicule tiendra 300.000 km, sauf accident, parce que moi, je ne sabote pas le matériel... "
 
" Vos reproches oiseux sont du niveau maternelle. "
 
" Savez-vous à qui vous parlez ? Vous avez embauché une bande de courtisans et de lèche-culs, mais des vrais hommes vous n'en avez pas vu beaucoup. Il y en a un devant vous, profitez-en ! Je n'ai pas peur de vous. J'ai été patron avant vous et votre cinéma, vous savez ce que j'en fait ? "
 
" Où j'habite ? Vous le saviez depuis mon embauche, c'est inscrit dans vos fiches. Alors épargnez-moi votre interrogatoire de police. Nous ne jouons pas dans la même cour. "
 
" Que je m'habille comme un ingénieur ? Tiens, vous vous rappelez que je suis ingénieur quand ça vous arrange ! Alors n'oubliez pas de le rajouter sur ma feuille de paye que je suis ingénieur, quand vous me vendez comme tel sur une mission, sinon je leur montrerai ma feuille de paye où vous avez omis ce mot. Je leur dirais que vous les avez escroqué... "
 
" Profitez-en de l'ingénieur ! Parce que là non plus, il n'y en pas beaucoup autour de moi (J'ai senti un froid chez le patron qui n'est non seulement ni ingénieur, ni ingénieux, ni doué, ni même intelligent)... "
 
" Et à propos de paye, quand vous me payerez une vraie paye d'ingénieur, je m'habillerai comme un ingénieur. Avant d'entrer chez vous j'avais costume trois pièce laine et soie, cravate et chemise en soie.
Vous savez que je m'habille maintenant aux puces, pantalon 15 euros, chemise 5 euros. Je n'ai jamais été aussi mal habillé que depuis que je travaille chez vous. "
 
" J'ai perdu 0,55 smic de pouvoir d'achat en 7 ans.
Sans compter toutes les dépenses professionnelles que j'ai engagées pour votre boite et que vous ne m'avez jamais remboursées. Vous êtes le patron le plus pingre que j'ai rencontré. Vous faites coeff 2,5 sur le coût salarial chargé de ma mission. Alors hein ! "
 
Là, il s'est calmé.
 
Et il a dit (le patron) : " Bon, faites ce qu'on vous dit et on verra... "
Et il s'est cassé...
 
C'est tout vu ! Il me l'a déjà fait plein de fois, y compris quand il m'a filé la voiture de service et où il m'avait promis une "petite augmentation" pour compenser, qu'il ne m'a bien sur jamais donné...
(C'est à dire que pour chacun d'entre nous "petite" à une signification quantitative variable, mais pour lui, ça doit valoir zéro Euro)
On croirait voir l'Avare de Molière, ou de Funès dans la folie des grandeurs.
 
Quand au grand ancien lieutenant colonel de mes deux, ci-devant responsable commercial également toujours de mes deux, dont les opérations militaires les plus spectaculaires ont été d'inviter à danser la fille de Madame la Générale de Brigade, au bal du "Génie", (dont il est d'ailleurs totalement dépouvu), il m'a dit qu'il allait m'envoyer une lettre sur ce rappel à l'ordre vestimentaire...
 
Je vais bien voir les termes de sa lettre...
Et suivant les termes, je vais lui balancer de ces missiles littéraires en retour, car en matière épistolaire, je ne crains personne et surtout pas lui...
 
Affaire à suivre...
 
Enfin... J'ai quand même  dominé le set verbal en simple contre une équipe qui jouait en double... ( deux piètres joueurs)... Mais comme chacun sait : Le patron a toujours raison, puisque c'est lui qui tient les cordons de la bourse...
 
Quand je suis sorti, au bout du couloir tout le personnel était groupé pour écouter (La porte étant restée ouverte. J'ai été  félicité chaudement par tous ces gens qui rêvaient que quelqu'un fasse ce qu'eux mêmes n'osaient pas faire...

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22 octobre 2017

Histoire de France - Sarkozy, ébauche de psychanalyse

GSM

Note de zalandeau : Ci-dessous une ébauche d’analyse comportementale de Sarkozy, Roy des Francs et surtout des €uros.
 
Libération. 7décembre 2007
 
«Le souci de Sarkozy c'est de toujours vouloir faire la preuve de son existence»
 
Pour Jean-Pierre Winter, psychanalyste, le sentiment d'agitation perpétuelle que donne le chef de l'Etat naît de ce qu'il est constamment dans le «vouloir être», au détriment de la pensée.
Jean-Pierre Winter, psychanalyste, de formation philosophique, est notamment l'auteur de « Les hommes politiques sur le divan » (Calmann-Lévy, 1995) répondait aux questions de Libération.
 
Comment peut-on interpréter l'hyperactivité de Nicolas Sarkozy sur le plan psychanalytique?
 
C'est drôle parce que le mot hyperactivité est très à la mode chez les enfants. Donc c'est un peu comme si vous me demandiez s'il faut donner de la Ritaline à Sarkozy. Je ne suis pas psychiatre, je ne sais pas. Le terme est un peu réducteur, parce qu'il contient déjà une réponse. Ce qui m'interroge chez Sarkozy, c'est la différence entre l'acte et l'agir. Tout se passe comme s'il y avait une espèce de confusion entre les deux. Faire un acte politique, c'est une chose, agir en est une autre. Un acte, c'est par exemple ce qu'a fait De Gaulle avec l'appel du 18 juin. Un acte s'inscrit durablement, tient compte de plein de paramètres pas immédiatement lisibles par tout le monde, ce n'est pas juste un mouvement d'humeur. Dans le cas de l'appel de De Gaulle, il a mesuré les forces en présence, c'est un savant calcul de stratège.
 
Nicolas Sarkozy, par opposition, serait plutôt dans l'agir?
 
Quand on lit le livre de Yasmina Reza (L'aube le soir ou la nuit, récit-portrait du candidat Sarkozy, ndlr), on voit bien qu'il y a chez Sarkozy une profonde défiance à l'égard de la pensée. Dès lors qu'il s'agit d'élaborer la position qui est la sienne, il se fie plus à son intelligence intuitive qu'à une élaboration de ce qu'il est en train de dire, s'en remettant pour cela à des gens comme Guaino (Conseiller spécial du chef de l'État) ou Kouchner (ministre des Affaires étrangères). Quand on le voit s'agiter, du verbe agir cette fois, comme il le fait depuis six mois, on se demande à quel moment il pense à ce qu'il fait, à quel moment il élabore. Il y a une fuite dans l'acte.
Alors c''est vrai qu'il s'entoure, par le biais des commissions, de gens qui se donnent le temps de penser. Mais en même temps il ne leur donne pas le temps de penser puisque les délais sont très court, totalement inhabituels sous la Ve République. C'est ce qui donne ce sentiment d'agitation, c'est qu'on a l'impression qu'il «squeeze» le temps.
 
Tout cela est-il calculé, ou relève-t-il parfois de mouvements d'humeur?
 
Sur le plan politicien, je ne doute pas que ce soit calculé. Il s'est engagé à faire des réformes, il sait que le temps lui est compté, sa crédibilité est en jeu. Sur le plan politique, au sens noble du mot, je ne pense pas que ce soit calculé suffisamment. Sur les effets par exemple de ses réformes menées tous azimuts, dont chacune efface la précédente.
 
Nicolas Sarkozy a l'habitude de tutoyer, et dit «je» à tout bout de champ. Comment faut-il l'interpréter?
 
Il n'y a pas besoin d'être psychanalyste pour constater qu'il personnalise complètement l'action gouvernementale, qu'il se substitue à tout le monde, qu'il fait preuve d'une certaine ubiquité. On peut prendre les choses soit du côté d'une espèce d'hyper-narcissisme, mais ça serait un peu de la psychologie sans grand intérêt, soit il pense qu'il y a besoin d'un chef. Et ce qu'il faut alors interroger c'est l'idée qu'il se fait d'un chef. Or, dans une démocratie, un chef c'est d'abord quelqu'un qui a une grande capacité à déléguer. Et là il y a effectivement un problème. S'il était dans un système tyrannique, finalement il serait très à l'aise... Mais il est bridé par le système dans lequel on est.
Sur le plan psychanalytique, on peut se référer à Paul Valéry, qui n'était pourtant pas psychanalyste mais qui disait: «De temps en temps je pense, de temps en temps je suis». Quand on pense, on n'est pas dans l'être et quand on est dans l'être, on n'est pas en train de penser. Chez Sarkozy, le sentiment qu'il donne est de vouloir être toujours dans l'être. De vouloir toujours faire la preuve de son existence. Tout le temps.
 
A-t-il toujours été comme ça, «dans l'être», ou est-ce depuis son accession au ministère de l'Intérieur puis à l'Élysée?
 
Je pense qu'il a toujours été comme ça, et c'est pourquoi il est si fascinant pour beaucoup de gens, et notamment pour les intellectuels, qui eux ne sont au contraire que dans la pensée. Donc quand Sarkozy, avec sa politique d'ouverture, leur offre l'occasion d'être dans l'action, ils se précipitent, comme toujours dans l'histoire depuis Platon, et plus récemment Heidegger. Les deux seuls qui ont résisté à ça, d'une manière assez courageuse il faut dire, ce sont BHL et Finkielkraut. Sans exprimer d'antipathie profonde, ils ont su rester à la place qui est la leur.

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