GSM

Ecrit le jeudi 6 février 2014.

 

Les abstentions lors des dernières Européennes ont étés diversement interprétées, quand à la nature des abstentionnistes, à leur motivations ou plutôt non-motivation, à leur appartenance d’idées. Mais quoiqu’il en soit, beaucoup de lecteurs écrivent aux journaux pour manifester leur désappointement à ce sujet.

 

Lu sur Marianne la lettre d’un lecteur M. B. Brun :

 
J’ai mal à l’Europe, mal à la France, à la démocratie, à la non utilisation de leur bulletin de vote par tous ces citoyens de toutes tendances politiques. Soixante pourcents des Français n’ont pas voté. Quatre-vingt-un pourcent des jeunes de 18 à 34 ans ne se sont pas déplacés au bureau de vote. Mais quel avenir veulent-ils ? Le sort politique de moutons qui subissent ?
Combien d’hommes dans le monde aujourd’hui aimeraient pouvoir voter. Je respecte les abstentionnistes et je reconnais qu’ils sont libres de faire ce que leur conscience leur dicte. Mais j’ai envie de leur poser une question : Comment vos idées, vos rêves, vos projets, vos convictions aboutiront-ils aux oreilles de gens qui se moquent déjà de vous, sauf en cas de vote massif ? Le « non-vote », ces Messieurs de Bruxelles s’en moquent. Au contraire, le noyau dur des droites néolibérales est renforcé. Cette droite néolibérale va accentuer les dérégulations, le démantèlement des services publics (santé, éducation, etc.) et les inégalités.
 
Pour m’être déjà exprimé sur le sujet, je partage bien évidemment cette indignation… Dans ma famille même, mon fils ainé ne m’a pas laissé de procuration rebuté par la démarche y afférente, quand à mon cadet, il a presque fallu que je le traîne au bureau de vote. (Je précise que je ne sais pas pour qui il a voté : Je ne donne pas de consigne en la matière).
Il est vrai que je n’ai jamais endoctriné mes enfants, leur laissant leur libre arbitre…
Il faut bien reconnaître aussi, qu’ils ne cherchent pas à recueillir l’information quelle qu’elle soit, leur écran télé servant quasi-exclusivement aux jeux sur consoles…
 
Et c’est là le danger : Cette dépolitisation de la jeunesse qui les spolie ipso-facto de leurs droits à faire respecter leurs droits, puisqu’ils ne les connaissent même pas…
Alors bien que je n’aime pas les parents qui endoctrinent leurs enfants dans une idéologie, je pense qu’il est de notre devoir, de transmettre ce qui a été l’évolution sociale, les luttes de nos aïeux, et ce que nous avons connu comme progrès en la matière, afin, qu’ils puissent au moins juger de la pertinence ou non-pertinence des mesures prises actuellement.
Mais combien de parents sauront-ils expliquer qu’une autre politique est possible ? Combien ont lu Keynes, Marx, Stiglitz ? Combien connaissent l’histoire de la grande dépression ? Certains ne sauront guère expliquer que ce que nous vivons n’est pas inéluctable et que la politique peut changer, pour peu que l’on se donne la peine de comprendre et de voter !
 
C’est pourquoi, depuis le 7 juin 2009, j’explique la politique à mes deux fils aînés, le cynisme de nos dirigeants et la nécessité de se battre contre de tels dénis de démocraties…
 
Je leur expose les failles de notre constitution et la nécessite d'en changer, la nécessité d'instituer des procédures permettant au peuple de contrôler et de sanctionner nos dirigeants en cas de manquement à leurs engagements, la nécessité qu'il y aurait de voter par nous-mêmes certaines lois essentielles, ou de les abroger par nous-mêmes lorsqu'elles se révèlent néfastes.
 
Alors s'agit-il d'un endoctrinement ? Je ne pense pas, dans la mesure où je ne prêche pas pour  une idéologie, mais seulement pour une démocratie véritable...