GSM

Doit-il s’épancher ? Certainement pas ! Outre l’impudeur, dont il se fiche, chacun fuit les ennuis des autres et il le sait, mais qu’importe ? D’ailleurs, il fuit bien ses propres ennuis en se réfugiant sur cette feuille blanche, en rigolant parfois, en posant le fruit de sa réflexion sur le monde cruel que l’on nous impose.
 
Pourtant, il s’épanche quelquefois, bien qu’il ne faille pas le faire. Et aujourd’hui il va recommencer à nouveau. Parce que, lorsque la cocotte minute monte trop en pression, il faut retirer la soupape coincée, afin d’éviter l’explosion.
 
Tous les jours, oui, tous les jours, la haine de sa compagne, ses propos hargneux, ses aboiements de roquet, difficile à supporter, lui vrillent le cerveau et le cœur…
 
Il parvient souvent à lui dire « ma chérie, demande le moi, gentiment et je le ferai », ou quelque chose dans ce genre, pour désamorcer son agressivité. En pure perte.
 
Elle redouble alors son ire venimeuse, ses attaques sans fondements, ses sous-entendus paranoïaques, ses prétextes fallacieux.
 
En général il tourne les talons quand il sent que la moutarde lui monte au nez…
D’autres fois, il lui répond en gueulant plus fort qu’elle :
« Tu es têtue comme une bourrique », « Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi con », « Tu me fais chier », « Je vais te faire enfermer chez les dingues », « Tu va fermer ta gueule », sont quelques unes de ses velléités contre-offensives.
En fait, ça lui fait fermer son clapet. Elle lui fait alors la gueule, mais il n’est pas soulagé pour autant…
Car elle continue sournoisement. Elle ferme la porte de la salle à manger, pour l’isoler du reste de la maison. Elle s’en va de la cuisine, dès qu’il vient se servir un verre d’eau. Elle ferme sa porte au sous-sol, afin de lui signifier qu’elle ne veut pas le voir. Elle met ses bouteilles vides dans la salle à manger… Bref, le catalogue est trop long…
 
Comment lui faire fermer son claquemerde définitivement ?
Comment être débarrassé d'elle ? Deux possibilité : Elle meurt ou bien il se suicide ! L'un deux est de trop...
 
S’il lui avait mis quelques beignes, elle ne se conduirait peut-être pas ainsi.
Mais il s’est juré de ne pas taper des êtres plus faibles que lui. Il n’éprouverait que mépris de lui-même s’il le faisait…
C’est ça sa grande faiblesse : Ses principes !
Il sait qu’elle profite du fait qu’il ne la frappera pas pour le harceler tous les jours, en toute impunité.
 
Alors ? Il n’espère plus que la mort de l’un d’eux rapidement, afin qu’il soit enfin libéré de sa présence, de ses ondes maléfiques, de sa hargne, de ses TOCs, de sa saleté, de sa crasse, de sa paranoïa.
Peu lui importe s’il part le premier du moment que ce soit sans elle… Qu’il avait bêtement tant aimé…
 
Voilà, ça lui fait du bien d’avoir laissé échapper la vapeur… Jusqu’à la prochaine fois…