GSM

Hier soir, il était si content de la revoir, sa petite Colinette. Il a souri, elle s’est précipitée dans ses bras et elle a pleuré… Longtemps.
Il ne lui a rien demandé. Si elle lui avait inventé on ne sait quelle histoire à dormir debout, sûr qu’il aurait piqué une colère et serait parti. Mais elle n’a rien dit. Lui non plus.
Ils se sont couchés, elle était dans ses bras. Il n’avait nul désir sensuel. Seul le bonheur de son retour et qu’elle soit dans ses bras.
 
Aujourd’hui, il est comme anesthésié par ces quelques jours de grande souffrance et par cette retrouvaille. Il n’éprouve rien. C’est bien. Pas de souffrance, pas d’amour. Cette douche écossaise affective a sécrété comme un anti-douleur, qui fait encore son effet en ce moment.
 
Si elle lui avait expliqué mieux, peut-être qu’il n’aurait pas souffert. Comment comprendre qu’elle puisse être son amie, alors qu’elle ne le connaissait que virtuellement à part pour le plaisir des sens et qu’elle ne le comptait précisément pas dans ses amis réels ? Elle avait une liste trop longue, mais elle en gardait certains et pas lui. Il a compris qu’il n’avait jamais été son ami. Que comprendre d’autre ? Son amitié était, croyait-il, un pilier fidèle, mais qui soudain s’effondrait… Pourquoi revenait-elle ? Les autres n’étaient pas disponibles ?
 
Avec Colinette, depuis longtemps leurs relations ont des hauts et des bas et il s’attend chaque jour à une désertion. Heureusement, finalement, qu’elle ne lui a pas mis un mot avec des prétextes fallacieux de son absence, hier. Il l’aurait mal pris.
 
Début avril, il n’était pas dans l’état d’esprit de ces derniers jours, sinon, il ne serait jamais revenu d’Afghanistan. Il n’aurait pas eu l’envie de survivre, pour ce que cela sert...
 
Là, cela va, pas de sentiment, ni dans un sens, ni dans l’autre. Mais il sait que cela ne durera pas. Que va-t-il arriver quand son affect va reprendre pied ? Joie ? Souffrance ? Et dans combien de temps ?