GSM

Je devais avoir sept ans. Nous étions partis en pique nique, un Dimanche, à la montagne au dessus de Nice avec ma petite sœur qui avait un an environ.
Il faisait beau.
Mais, soudain la température de ma sœur est montée à 41°C (ma mère avait toujours un nécessaire médical dont le thermomètre faisait partie). Ma sœur faisait une convulsion thermique. C’était impressionnant. On ne voyait plus que le blanc de ses yeux. Ses heures étaient comptées.
Nous sommes redescendus à une vitesse incroyable. Les pneus de la voiture crissaient à chaque virage de cette route en lacets. Mon père doublait les gêneurs avec une habileté insoupçonnée.
Nous nous arrêtions dans chaque village. Mon père tambourinait à chaque pharmacie, chez chaque médecin.
Au 4ème ou cinquième arrêt, enfin, un médecin entrouvrit ses volets, en disant que c’était dimanche et qu’il était de repos.
Mon père, fut si convaincant, (et c’est un doux euphémisme), que le Médecin, motivé par la peur, plus que par la conscience professionnelle, s’exécuta promptement, d’autant que mon père entreprenait de défoncer la porte.
Ma sœur fut sauvée…Ma sœur ne peut s’en souvenir, mais moi, je m’en souviens…
 
Je me souviens surtout de la panique de mes parents, de leur angoisse, de cette course folle dans la 203 noire, de ces menaces, de ce ton méchant et déterminé de mon père, prêt à tout pour sauver sa fille, à l’encontre de ce médecin sans conscience…