18 février 2017

Le ciel est gris, comme un ciel de mort (5)

GSMEcrit en octobre 2014.

 

Et pourtant si le taulier m’avait dit « préparez vous à partir, mon copain sera votre successeur. Vous aurez vos indemnités de licenciement », j’aurais dit OK ! Je lui aurais même dit « à la prochaine fois si vous avez besoin de moi » et j’aurais fait mon boulot consciencieusement jusqu’à mon départ, sans stress, sans guerre, sans me faire voler mon diplôme. J’en étais si fier de mon diplôme. Du coup il ne sera jamais accroché au mur du salon…
 
Les patrons ne connaissent jamais leurs employés. Ils préfèrent jouer du conflit et de la faute grave, pour licencier. Avec moi, il n’a pas réussi, alors son « NON » lui a évité le risque du prudhomme et du procès. Il ne pouvait savoir que je ne suis pas du genre à manger de ce pain là…
 
C’est pour cela que je suis pour le licenciement sans fausse faute, sans mise au placard, sans harcèlement… Mais faudrait-il encore que le code du travail change !
 
Je me demande encore comment j’ai eu la force de faire mon boulot, de faire celui de la larve qui ne foutait rien, de résister, de contre-attaquer et de garder suffisamment d’énergie mentale pour monter mon projet de SARL et le mener à bien et ce, sans la manne des indemnités de licenciement ( Heureusement que mon ami M m’a aidé )… J’étais vraiment un dur, je crois, à l’époque…
 
Si mon cadet avait ne serait-ce que la moitié de mon obstination… Il a dit à sa mère que lui il savait que sa vie après nous ce serait dehors couché sur un carton… C’est bien ce que je redoute au fond de moi, quand je le vois à l’œuvre.
Quand je lui ai dit hier pour la énième fois qu’il fallait qu’il garde la traçabilité de ses recherches d’emploi (lettres, réponses, mails, noter ses relances téléphoniques…) Il m’a dit « Oui, mais »… Gêné mais sans explications parce qu’il n’y a pas d’explication.
 
Si un employeur voyait son inorganisation, il en déduirait un ‘je-m’en-foutisme’ qui le dissuaderait de l’embaucher. D’ailleurs, quand il continue à mettre ses timbres à gauche, à agrafer ses pages n’importe comment et à montrer peu de motivation ciblée sur ses lettres de candidatures spontanées ou pas, je suis sur que les recruteurs l’ont déjà catalogué…
Mais il ne veut toujours pas prendre modèle sur mes lettres, cette tête de cochon ! Et pourtant elles avaient ‘marché’, mes lettres… Que faire ? Il est résigné, fataliste, défaitiste.
Il n’est pas de mon sang ce garçon là ! Ni mon caractère, ni mon groupe sanguin, ni mes cheveux, ni rien de physiquement comparable…
 
Il est bourru et velléitaire. Jamais content ! D’ailleurs quand lundi matin il a lu l’écriteau dans la salle de bains ‘Douches & bains interdits. Lavages aux gants only’, il a fallu qu’il râle. Du coup il ne s’est pas lavé de la journée ! Parce que Môssieur a l’habitude de se laver à la douche tous les jours… Il m’a dit que c’était comme chez Papy-Mamie : Lavage au gant parce que la douche c’était trop cher. Seulement une fois par semaine, la douche…
 
J’ai expliqué qu’ils avaient raison. Avec mille euros de retraite à eux deux, le gaspillage était un luxe qu’ils ne pouvaient se permettre.

Posté par zalandeau à 09:36 - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :