GSM

Cette nuit, j’ai fait un rêve et, c’est un fait rarissime, je m’en souviens.
Un rêve c’est un peu comme un film. Nous sommes acteurs et nous subissons ce que le rêve nous inflige. Le pire c’est que souvent nous ne savons pas où est le piège, qui nous le tend, ni pourquoi, alors que pourtant, c’est toujours notre cerveau qui joue tous les rôles, du producteur à l'acteur
Différentes zones de notre cerveau doivent certainement jouer une partition différente en défendant chacune son intérêt…
 
Or donc, je me rendais à un entretien pour un emploi. J’ai du coucher à l’hôtel (c’était probablement loin de chez moi ?). Déjà là, le test était déclenché, mais je ne le savais pas.
 
On m’avait communiqué l’adresse du rendez-vous, mais finalement elle s’est révélée très, très imprécise et même vague. Et c’est en faisant appel à beaucoup de capacités de déduction que j’ai trouvé le lieu, finalement très proche puisqu’il était dans les dépendances de l’hôtel, au bout d'un véritable labyrinthe…
 
Là, on m’a montré que tout mon comportement avait été filmé. Ensuite, le recruteur s’absentant brièvement, j’ouvrais discrètement son dossier et m’aperçus qu’il connaissait mon CV au-delà de tout ce qui se fait normalement, mes pathologies, mes ordonnances et même mes idées politiques étant incluses dans ses renseignements ! A son retour le chasseur de tête m’informa que je venais d’être filmé. Grrrr… J’avais pourtant regardé partout autour de moi !
 
Ensuite, je fus reçu à un second entretien (j’aurais plutôt appelé cela un nouveau test), dans un bâtiment industriel. Le vaste open-space était partiellement compartimenté par des demi-cloisons…
 
Le même recruteur me reçut. Il faisait semblant de classer son dossier et feignit chercher son agrafeuse… Il me demanda d’aller chercher une agrafeuse dont il prononça le nom si bas et en bredouillant que je ne compris rien, sauf qu’il cherchait à me piéger. Il avait désigné l’endroit « par là » en l’accompagnant d’un signe de tête. Je me plantai alors en vis-à-vis devant lui et lui demandai fermement : « Veuillez répéter à haute et intelligible voix ! ». Ce qu’il fit !
 Je me dirigeai alors vers l’endroit désigné pour chercher l’objet dont je connaissais maintenant le nom du modèle. Il y avait des agrafeuses en pagaille de tous modèles sauf celui demandé, comme de bien entendu. Trois personnes me surveillaient amusés, du coin de l’œil. Je ne trouvai pas, cependant je m’acharnai…
Puis certain de ne rien trouver, je décidais que son mouvement de tête pouvait très bien désigner le compartiment d’à coté. Je m’y dirigeais et je n’eus aucun mal à découvrir l’objet recherché. Au moment où je remis l’accessoire entre les mains du recruteur, il arbora un sourire et je me réveillai en sursaut…
 
Je ne saurais jamais si j’allais être embauché…
 
Est-ce que ma curiosité, quand j’ai visité le dossier du chasseur de tête, a été appréciée ? Elle ne le serait pas si j’avais postulé dans un poste de gardien. Mais je pense que oui dans mon cas, le poste recherché étant à haute responsabilité.
Est-ce que mon initiative, ma débrouillardise, ma ténacité et mon autonomie auraient pu l’emporter ?
Est-ce que le fait de ne pas avoir demandé des précisions sur l’endroit, soit au recruteur, soit à l’un des ‘observateurs’, m'auraient disqualifié au motif d’un manque d’esprit d’équipe et de communication ?
Mais peut-être aussi, que mes demandes aux autres n'auraient pas eu de réponse et auraient été vues comme des signes de faiblesse ?
 
Je cherche la réponse à toutes ces questions que mon "moi" pose à mon autre "moi", mais je ne la trouve pas.
 
Finalement, mon comportement dans (j’allais dire ce film) ce rêve, reflète exactement mon caractère. Mais ce qui est vraiment bluffant, c’est qu’une partie de mon cerveau ait su me piéger à ce point !
 
Pourquoi cette partie de cervelle n’a-telle pas gouverné toute ma vie, plutôt que de se planquer dans un coin pendant toute une vie ?
J'aurais eu un tel potentiel et celui-ci oserait se révéler à moi, beaucoup trop tard, dans un rêve, alors que je suis maintenant totalement hors-circuit. Merde alors !