15 janvier 2017

Que restera-t-il ?

GSM

Que restera-t-il de moi ? Pas un ouvrage, pas un bouquin, pas une œuvre, pas une action, rien.
 
Je comprends que certains hommes à des postes de responsabilités élevés éprouvent, à un moment cardinal de leur vie, le désir irrépressible de laisser une empreinte dans le futur. Ils n'ont alors aucune peine à marquer leur présence par une loi à laquelle s'attache leur nom, par un bouquin rédigé par un nègre, par un bâtiment aussi prestigieux qu'inutile. Oui, c'est parfaitement humain, finalement. Et quand ils ne le font pas, c'est la caste à laquelle ils appartiennent qui donne leurs noms à des rues ou boulevards, histoire de dire "soutenons-nous entre gens de bonne société"...
 
Mais pour moi, dira-t-on "Il a contribué au management pour la construction de tel et tel ensemble de bureaux" ?. Dira-t-on "Il a animé l'avant-garde nord-est de la drop-zone et repoussé l'assaillant" ?. Dira-t-on "Il a enseigné la technique de la progression invisible en territoire hostile" ?. Dira-t-on "Il a rétabli la rentabilité de tel et tel service par un management juste et équitable" ?. Dira-t-on "Les clients voulaient travailler avec lui, parce qu'ils avaient confiance dans le sérieux de ses travaux, l'honnêteté de ses prix et de son comportement" ?. Dira-t-on "C'était un chef juste et équitable, ses équipes ont été heureuses de travailler avec lui" ?
 
Non, on ne dira rien. Comme pour mon père et mes aïeux venus de la perfide Albion pour conquérir un pays dont ils se sont épris et auquel ils ont donné leur patriotisme, nulle épitaphe ne subsistera.
 
Je laisserai un souvenir dans la mémoire des vivants jusqu'à leur propre disparition. Je pense surtout à mes fils... Mais sinon, nulle épitaphe pour la postérité...
 
Ma gloire est celle que je porte en moi, souvent remise en cause par le doute et la vacuité dont j'habille la destinée.
 
Rien ne sert à rien. On nait seul, on vit seul et on meurt seul, emportant nos secrets, nos doutes et nos rancœurs dans (peut-être) un autre monde !

Posté par zalandeau à 09:20 - Commentaires [6] - Permalien [#]
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