GSMEcrit le 17 décembre 2015

Malgré l'attentat qu'a subi la Turquie, le positionnement de ce pays, n’est toujours pas clair. C’est le moins que l’on puisse dire !
Depuis longtemps, la Turquie affiche une complaisance certaine et avérée vis-à-vis des organisations terroristes opérant en Syrie (pays frontalier) et en Irak.
 
Cela va en réalité beaucoup plus loin. Taxes, rançons, ventes d’œuvres d’art… l’état islamique se finance de différentes manières et beaucoup des chemins qui profitent à Daesh, en finances, en armes, en effectifs, passent par Istanbul, à commencer par la contrebande de pétrole.
Le gouvernement turc était soupçonné de tolérer la concrétisation des transactions de pétrole volé par l’EI en Syrie et en Irak… De nombreux journalistes indépendants, qui enquêtaient sur les collusions possibles entre l’état turc et Daesh, ont d’ailleurs été emprisonnés ou tués…
La preuve officielle du double jeu mené par Ankara a été apportée, lors du fameux raid mené par les forces spéciales américaines conte Abou Sayyaf en Syrie en mai dernier. Ce dernier, tué lors du raid, était l’une des principales figures de l’EI et faisait office de ministre des finances.
Les documents trouvés lors de l’opération, montrent clairement qu’il était en relation directe avec des officiels turc.
Abou Sayyaf avait notamment pour mission, la vente au profit de Daesh, sur le marché noir, de pétrole et de gaz, ce qui représentait des revenus pouvant atteindre 10 millions de dollars par jour ! Les documents saisis révèlent de façon indéniable les liens existants entre la Turquie et Daesh…
On sait que cette contrebande est une des sources principales de financement de l’Etat Islamique. On sait aussi que si le gouvernement turc fermait ses frontières avec la Syrie, Daeh serait rapidement étouffé financièrement…
 
Par ailleurs, le véritable rôle de la Turquie dans le conflit est remis en question par le bilan des opérations militaires. Si depuis son pseudo ralliement officiel à la coalition internationale à l’été 2015, l’armée turque a mené quelques frappes contre des positions sans importance de l’EI, elle en a surtout profité pour cibler les combattants du PKK, c'est-à-dire les troupes Kurdes qui, eux, se battent bien contre Daesh…
 
Dans la région, tout le monde sait qu’il suffirait de libérer les forces actuellement mobilisées face aux troupes turques, principalement Kurdes de l’YPG (parti de l’union démocratique) en Syrie et du PKK (parti des travailleurs du Kurdistan) en Irak. Celles-ci sont actuellement les principales forces combattant Daesh sur le terrain. La Turquie, par son attitude amoindrit  ainsi l’action contre Daesh, en divisant les forces Kurdes…
 
C’est sans compter sur les positions officielles d’Erdogan… En août dernier, l’YPG revigoré par ses victoires de Kobané et de Girê Spî, était sur le point de reconquérir Jarabus, la dernière ville sous contrôle de Daesh sur la frontière turque et point de ravitaillement essentiel pour sa capitale Raqqa, en armes, matériel et recrues. Une fois Jarabus reprise, la chute de Raqqa aurait été inévitable… Mais le président turc a réagi en déclarant que Jarabus constituait une ligne rouge : Si les Kurdes attaquaient, l’armée turque interviendrait contre l’YPG…
 
La ville reste à ce jour aux mains des terroristes, de facto sous protection militaire turque…
 
En outre, c’est avec l’appui des services de renseignement turcs que des milliers de turcs radicalisés ont été recrutés dans les camps de Daesh, que des camps d’entraînement ont été dressés et que des hôpitaux les ont accueillis…
 
Enfin, quant aux armes achetées par l’Arabie Saoudite et par le Qatar, une grande partie a été acheminée vers la Turquie pour être remise à l’Etat Islamique…
 
La Turquie est une planche pourrie qui profite de son appartenance à l’OTAN pour perpétrer ses mauvais coups…
 
Ceci dit, les dirigeants occidentaux, sont bien inconscients de ne pas exclure la Turquie de l’OTAN, de vouloir poursuivre les négociations d’adhésion des turcs à l’EU, de continuer à vendre des armes aux pays du golfe…